mardi 13 mai 2014

AN présente : And We Shelter

Aujourd'hui, Alternativ News vous fait découvrir And We Shelter un groupe de rock-wave en provenance de Metz. Direction la suite pour lire leur interview et en apprendre un peu plus sur eux.

Pouvez-vous nous raconter l'histoire du groupe ? 

Magali : Sébastien et moi avions déjà eu des groupes auparavant. Nous nous étions croisés quelques fois dans des soirées messines. Pour ce projet il avait déjà composé quelques morceaux et il cherchait une chanteuse pour former un duo. Il a posté le titre "Lucidy" sur un réseau social, je l'ai écouté et je suis tout de suite tombée sous le charme. J'ai écrit mon texte, je suis allée enregistrer mon chant dans son studio d'enregistrement, ça a bien collé et nous avons spontanément enregistré "ClaudiaVolta" dans la foulée. Motivés par cette première expérience, on a décidé de vivre cette aventure ensemble. And We Shelter était né. 
Nous avons ensuite travaillé sur les différents morceaux qui composent l'album. Hervé (notre violoncelliste) y a mis sa patte en participant à la composition de deux morceaux ("Roller Coaster" et "Blind Alley") et en enregistrant du chant sur trois morceaux. Romain (notre guitariste lead) a enregistré du chant sur un morceau ("Asleep", composé en partie par Louis aka Chapelier Fou) et nous a rejoint pour le live. Notre premier titre éponyme "19Ends" a été sélectionné pour faire partie de la compilation n°30 d'A Découvrir Absolument. Nous avons réalisé un clip avec notre ami Bertrand Ricciuti, "The Last Race", que vous pouvez visionner ci-dessous :
Nous avons fait notre premier concert à 4 aux Trinitaires à Metz pour la release party de notre album 19Ends. Nous avons créé notre propre structure/label, TryptikSound, avec David Rouby notre ingénieur du son, qui comprend les groupes Maven (post-rock), TohuBohu (electro), ShakeTheDisease (weird-blue-folk), One MPC One Man (DJWave) et Kaliayev (post-pop). Nous proposons dans le cadre de ce label un studio d'enregistrement, des professionnels du son, un local de répétition, et de l'aide à la promo/booking. 

Pourquoi votre nom ? 

Sébastien : La liaison, ou la conséquence qu'induit le « AndWe » est séduisante de part la réponse qu'elle suggère. Il y a la vie de tous les jours, nos expériences qui nous inspirent, « Et Nous » y répondons sous forme musicale. Les mots ont une connotation précise, une couleur en fonction du rapport qu'on a entretenu avec eux dans notre passé. « Shelter » engendre une réponse mélodique positive dans mon esprit, et je crois que c'est en partie dû au film « TakeShelter » qui m'avait impressionné par sa rigueur photographique. 

Magali : Nous avons longtemps cherché un nom qui pouvait nous correspondre. And We Shelter signifie « Et nous protégeons/abritons ». Nous mettons en avant la faculté que chacun a de se protéger d'un monde agressif et insupportable par moments, à travers une passion. Pour nous, la musique, la créativité, la composition, l'expression partagée nous donne une sensation d'abri, sûrement parce que cela donne du sens à nos expériences, notre vécu. Le côté un peu « tribu » du groupe aussi a quelque chose d'agréable, d'identitaire et de rassurant. 

Comment décririez-vous votre son et quelles sont vos influences ? 

Magali : Notre musique se situe à la croisée de The XX, Foals, Arcade Fire, ou encore Tristesse Contemporaine. En live nous allions images et son grâce à la présence de notre DJ Bertrand Ricciuti, et le groupe manie guitares, claviers, violoncelle, samples électroniques et chants (duo féminin/masculin). Dans nos phases de création la musique vient en général avant le texte, et selon ce qu'elle nous fait ressentir, nous choisissons un sujet qui nous touche. Pour travailler l'album nous avons passé des nuits à discuter, à échanger, et à travailler les personnages qui prennent vie dans nos morceaux. Il y a toujours un sujet de base, traité de façon métaphorique ou onirique. Séb a une voix grave et profonde qui fait écho à ma voix plus aiguë et acidulée. Les mélodies sont en avant et soutenues par des rythmiques électroniques solides ou feutrées. Les synthés et pianos sont au cœur de notre album dans lequel se marient des sonorités analogiques et arrangements plus classiques. 

Sébastien : Le son est un aspect primordial quand on veut composer de la musique dite indépendante. La qualité des textes est indissociable de la musique quand il s'agit de chanson française. Il en va de même entre la recherche sonore et notre type de musique. Mes albums cultes comme Pornography des Cure ou encore Unknown Pleasures de Joy Division, ont tous une identité sonore très forte, et je suis obsédé par cet aspect bien souvent négligé dans les productions actuelles. Bien évidemment, nous sommes encore loin du compte. Avant même d'avoir les idées pour le prochain album, nous avons déjà débattu de cette patte sonore future entre nous, de l'obsession organique vers laquelle on voudrait tendre. Après, il faut prendre conscience qu'on ne crée pas une identité sonore forte aussi simplement que des refrains. Je crois qu'elle est essentiellement tributaire des conditions extérieures, de l'état psychologique au moment du travail de composition. D'où ce fantasme, qui se réalisera peut être, de s'enfermer dans une cabane abandonnée au milieu de la forêt et de pouvoir s'adonner aux expérimentations sonores à plein temps, sans perturbations liées à nos environnements respectifs. 

Pourquoi les gens devraient-ils vous écouter ? 

Sébastien : La question est difficile. Il y a tellement de styles musicaux, d'entités mélodiques dans notre société actuelle, que j'ai l'impression que de dire à quelqu'un « tu dois écouter notre musique » revient à dire « j'aime bien le bleu, la couleur là est géniale , hein toi aussi ? » Plus concrètement, on peut simplement dire qu'il y a eu plusieurs mois de travail sur notre album : au niveau des structures, une forme d'angoisse de l'originalité aussi. Tous les textes de nos morceaux peuvent sembler assez simples mais rien n'a été écrit à la légère. Il y a eu des débats, aussi bien sur la forme que sur le sens, et la première lecture assez classique, cache systématiquement une démarche qui nous semble aboutie. 

Les plus beaux moments du groupe jusqu'à présent ? 

Sébastien : Ils sont certainement à venir. Le groupe est encore dans sa phase adolescente, avec tous les tâtonnements que cela peut impliquer. Nous n'hésitons pas à nous sacrifier jusqu'aux aurores pour (re)explorer cette phase étrange. Bon, avec quelques boissons aromatiques pour tenir je l'avoue. La cohésion qu'engendre nos échanges permanents a aussi une importance pour tout ce qui va suivre. Avec l'expérience, je pense qu'être un groupe qui partage les tournées, le stress de la scène, la récompense du public, cela revient grosso modo à faire partie d'une secte, qui génère ses propres codes. 

Magali : J'ai un très bon souvenir de notre première « nuit Shelter », dans notre local de répétition. On ne se connaissait pas encore tous très bien, et le but était d'écrire ensemble un morceau qui ferait partie l'album et dans lequel on aurait tous une part de création. On a pu tester notre capacité à composer ensemble, voir ce qui sortait de nous quatre dans un contexte fermé, avec des variations d'émotions, de fatigue, etc..
Notre premier concert aussi était une expérience intéressante : nous avions pris le temps de faire connaissance, puis répéter pendant des mois avant, partager des soirées... Et nous allions nous découvrir différemment sur scène. L'osmose a pris. 

Quels sont vos projets pour les mois à venir ? 

Magali : Nous venons à peine de sortir notre album 19Ends , nous allons donc essayer de le promouvoir à travers notre label, TryptikSound, et nous voulons surtout jouer, jouer, jouer ! On a une dizaine de dates prévues dans notre région jusqu'en juin. En juillet nous partons à Londres pour une petite semaine, jouer dans des chouettes endroits comme le Proud Camden ou The New Cross Inn, grâce au promoteur « ToeJam ». Nous nous sommes mis en relation avec eux et nous allons faire un échange en faisant jouer un groupe de leur structure en France. Pour la suite nous cherchons surtout à jouer dans un maximum d'endroits pour faire connaître notre projet et approfondir notre travail scénique. 

Sébastian D.

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