mardi 22 septembre 2020

Chronique Express : Knuckle Puck - 20/20

Toujours placés mais jamais gagnants, les Knuckle Puck ne lâchent pas l'affaire et sortent 20/20, leur troisième album. Un style éprouvé, un songwriting de qualité, des mélodies entêtantes, bref tout le packaging du pop-punk qui fait du bien par où il passe. Shapeshifter les avaient vus se diriger vers quelque chose de plus pop tout en gardant le côté plus agressif de Copacetitc. Ici, la balance se fait très clairement en faveur du pop-punk à tendance poppy. Dès l'ouverture avec le morceau-titre, le constat est aisé. Knuckle Puck est passé du côté sunny du pop-punk. Avec un riff d'entrée plus pop que tout ce que le groupe a pu sortir de ses guitares, et un refrain en or massif plus tard, hopla, c'est fait, ça fonctionne, emballé, c'est pesé. ''Tune You Out" (le premier morceau présenté de cette nouvelle galette) reste un des morceaux les plus forts de ce disque où l'émotion des guitares feront dresser les poils, tandis que "Sidechain" est plus agressif avec ses choeurs énormes sur le pont qui finissent de nous achever. "Earthquake" fait clairement office de morceau radio par excellence (un peu à la manière de Yellowcard quand ils ont sorti "With You Around"). Le retour des grosses guitares ne se fait pas attendre bien longtemps avec la doublette ''RSVP" (et ses double voix dingues) et le tube absolu qu'est "Breathe" (avec en guest le chanteur de Mayday Parade). Le quintet de Chicago réussit à garder l'attention de l'auditeur jusqu'à la dernière note de la très belle "Miles Away" et surtout cette deuxième partie d'album offre l'un des plus beaux titres du répertoire de la bande avec "Green Eyes (Polarized)" qui fait vraiment beaucoup penser au The Maine de Lovely Little Lonley sur le couplet avant de balancer LE refrain du disque tout en atmosphère et émotion. Pas besoin de 50 écoutes pour savoir que ce 20/20 a de quoi cartonner, et ce serait amplement mérité. Immédiat, catchy comme pas deux, bien produit, un pop-punk dosé juste comme il faut, et leur force absolue avec ces échanges vocaux exécutés à la perfection. Knuckle Puck a donc tout pour faire un carton, dans un style ultra encombré. Mais avec un disque de cette qualité (on pourra toujours tourner autour du pot en disant que ce n'est pas original, c'est une évidence), on est dans le très haut du panier. A ne pas louper !

4/5
Recommandé si vous aimez :
Mayday Parade, The Story So Far, Real Friends

Guillaume W. 

dimanche 6 septembre 2020

Chronique Express : Biffy Clyro - A Celebration Of Endings

Le voici, le voilà ce huitième album pour Biffy Clyro. Un an après l'excellent Balance, Not Symmetry (qui a servi de bande originale au film portant le même nom) et surtout 4 ans après le plus que dispensable Ellipsis, A Celebration Of Endings marque le retour aux affaires de notre trio écossais préféré. Et dès l'intro et ce riff hyper alambiqué mais tellement typique de la bande, on sait déjà que "North Of No South" va envoyer du bois. Et on ne se trompe pas. Après un couplet calme où les trio de voix fait encore son effet, le refrain arrive et défonce tout sur son passage. Les frissons sont là, c'est bon signe et surtout, rien qu'avec ce morceau, Ellipsis semble un bien lointain (et mauvais) souvenir. Le piano et les cordes de "The Champ" et la voix superbe de Simon annonce le calme avant la tempête, avec encore une fois un riff du feu de dieu et cette triplette vocale digne de Queen. Et toujours ce refrain en béton armé. "Weird Leisure" continue sur cette même lancée, tandis que "Tiny Indoor Fireworks" se la joue poppy et imparable (essayez juste de ne pas reprendre le refrain pour voir), et que "Worst Type Of Best Possible" vous fera dresser les poils (même ceux du cul oui oui). On n'est à peine à la moitié de la galette qu'on sait qu'A Celebration Of Endings est un album vers lequel on va revenir. La suite ne nous fera pas mentir, et depuis Blackened Sky, Biffy s'est fait une spécialité pour envoyer des ballades plus belles les unes que les autres. Ici, "Space" et "Opaque" ont la lourde tâche de succéder à des morceaux comme "Scary Mary" ou "Folding Stars". Les cordes donnent un côté cheesy aux deux morceaux mais malgré tout, on s'en sort bien, surtout sur la première citée. Le reste de l'album se partage entre moments décomplexés et rentre dedans (''End Of", morceau le plus bourrin de la galette avec son côté carrément Foo Fighters sur l'énorme pont), passages radio (''Instant History" et son clavier qui a fait couler tant d'encre et qui avait surtout servi de présentation à l'album, laissant craindre un disque ultra pop, ultra produit et ultra calibré, mais qui dans le contexte de l'album entier passe bien mieux) et un final héroïque toujours avec ces cordes qui servent de fil conducteur à l'album. Ce huitième album est donc bien une renaissance pour Biffy Clyro. Sans se réinventer, ni revenir aux sources (cela reste surement un doux rêve des fans de la première heure), le trio vient de sortir son meilleur album depuis Puzzle, et cela fait un bien fou de les entendre à nouveaux énervés, faire rugir les guitares. Welcome back lads !

4/5
Recommandé si vous aimez :
Biffy Fucking Clyro !

Guillaume W. 

mardi 25 août 2020

Chronique Express : Ways Away - S/T

Samiam, Knapsack, Boysetsfire, Stick To Your Guns : voilà d'où viennent les membres de Ways Away. Déjà rien qu'avec un CV pareil, pas le droit à l'erreur et franchement ça calme direct. Et ça sonne comment ? Et bien, c'est simple : Sergie Loobkoff, guitariste/chanteur chez Samiam, Solea, ou encore Racquet Club a composé la quasi-intégralité de cet album. Du coup, et comme il le dit lui-même en interview, il ne sait composer que comme il le fait avec Samiam, il y a donc une certaine familiarité que l'on retrouve dans Ways Away. Mais étant donné que chacun des autres membres y a mis sa patte, on est loin d'avoir la sensation  d'écouter  des Faces B du groupe culte de Berkley, Californie. D'ailleurs dès "Dine On The Vine", l'auditeur est conquis, la voix de Jesse Barnett (chanteur de Stick To Your Guns) complétant parfaitement les velléités emo-punk de la bande. Le refrain est catchy, un bon mi-tempo pour lancer le disque, c'est juste ce qu'il faut. Et cet enchaînement avec "No Means, No Ends" un tube que Rise Against aurait rêvé d'écrire, plus agressif et qui n'a besoin que de 2 minutes 30 pour mettre tout le monde d'accord. Du coup, on navigue entre mid-tempo plus poppy (''Roam With A Ghost" tout en émotion, l'excellente "Savannah" qui aurait clairement pu se trouver sur Trips de Samiam et ce refrain jouissif bordel de nom de dieu !) et passages plus rentre dedans, mais toujours avec cette émotion dans les guitares ou dans les lignes de chant : les tubes plus imparables que l'imparable lui-même "Halfway Open" (cette ligne de basse qui reste scotchée dans le cortex frontal sans que l'on puisse s'en débarrasser) et l'excellente "Collarbone". Et réussir à terminer le disque sur  "What Are We Gonna Do About Matthew" l'un des morceaux les plus calmes de l'album, sans en faire retomber le soufflet, c'est quand même un gage de songwriting classieux. En 35 minutes, Ways Away montre déjà que ce projet en a sous le pied et prouve que le style a encore de beaux jours devant lui. Les morceaux sont simples et efficaces, sans artifices, mais construits avec une précision d'orfèvre et un sens de la mélodie bluffant, sonnant nostalgique, mais jamais daté ou dépassé. Un des gros coups de cœur de 2020 ! 

4/5
Recommandé si vous aimez :
Samiam, Solea, Rise Against


Guillaume W. 

dimanche 23 août 2020

Chronique Express : Only Sibling - Get Well Soon

Only Sibling, c'est un jeune quatuor de New York qui définit son son comme du rock de losers. Pas top comme effet d'annonce, non ? Alors qu'en fait, ce premier long jeu est tout sauf un truc de perdants. Mais vraiment. Signé par le label Other People Records, tenu par le chanteur de Stick To Your Guns et aussi la maison d'excellents groupes comme Ways Away, Modern Color ou encore Gleemer. Question style, c'est pile poil dans la mouvance actuelle, entre emo, grunge et shoegaze. Mais bon, être dans la mouvance c'est bien, mais il faut aussi savoir bien le faire. Et dans ces 34 minutes, Only Sibling fait preuve d'un savoir faire assez bluffant. Il suffira  d'entendre "Screen Door" pour en avoir la preuve irréfutable : guitares agressives, mélodie imparable et un très beau refrain, qui en 2 minutes et 36 secondes met (déjà) tout le monde d'accord. Et "Loser"qui le suit montre la deuxième facette de leur son, plus atmosphérique, avec une basse qui cogne et des guitares où le shoegaze prend le pouvoir. Du coup, les morceaux varient dans les deux styles. Plus rentre dedans et véloces d'un côté (''My Violet", "Closet", "Native" limite Nirvana atteint d'une fièvre shoegaze), plus mid-tempo d'un autre (''And I Hate It", la superbe "Mt. Molly"). Mais pas seulement. Le groupe part carrément en mode intimiste quand le morceau le suggère (la très belle "Lead Paint", où le chant s'envole et les guitares cristallines apportent une émotion folle) ou prend le parti de laisser l'auditeur sur le morceau le plus sombre et violent ("Corner Of The Bed" où le chant hurle de douleur et les guitares se déchaînent). Si l'originalité n'est pas de mise ici, les New Yorkais ont réussi à passer l'épreuve du premier album avec brio. A ne pas manquer. 


4/5
Recommandé si vous aimez :
Balance And Composure, Brand New, Gleemer, le rock  des 90's

Guillaume W. 

mercredi 12 août 2020

Chronique Express : PVRIS - Use Me

Après deux excellents albums, c'est peu dire que PVRIS était attendu au tournant. Ce Use Me aura su se faire attendre, pour finalement sortir officiellement le 28 août prochain, après deux reports successifs. Hallucinations, leur EP, sorti en fin d'année dernière, n'était finalement pas qu'une parenthèse, mais clairement une indication de l'évolution de leur son. Car oui, Pvris a toujours joué avec les machines, mais en gardant un son ultra organique et catchy au possible. Use Me enfonce le clou et propose 11 titres (dont 3 ont été récupérés de Hallucinations) où les machines ont pris le pouvoir, un peu comme dans Terminator. Et à la première écoute, on peine à retrouver ce qu'on aimait tant chez eux, cette émotion à fleur de peau, ces grosses guitares, cette batterie qui cogne, et ces refrains tellement accrocheurs. Les 11 morceaux passent et on est déjà à la fin du disque, et on a cette impression de n'avoir entendu que 2 ou 3 titres différents. Cette évolution synthpop/électro-rock laisse de marbre et il faudra plusieurs écoutes pour s'acclimater à cette direction. ''Gimme A Minute", qui sert d'ouverture à Use Me, est minimaliste au possible avec un refrain où  le titre est martelé tel un mantra. Les guitares sont en troisième rideau et la voix de Lynn, au demeurant, toujours aussi superbe, est devenu le centre de toutes les attentions et est mise en avant sur tout le disque (un hasard d'ailleurs de la retrouver seule sur la cover de l'album ?). ''Dead Weight'' poursuit le chemin embrayé par "Gimme A Minute", ''Stay Gold" permet de se rattacher à l'ancienne version de Pvris avec un belle émotion, tout comme ''Good To Be Alive'' et son beat hip-hop. Ce qui est à noter ici est la variété des morceaux et des ambiances proposées, notamment sur la fin de la galette : "Loveless" est une ballade acoustique simple à tomber par terre, tout simplement. ''January Rain" et "Use Me" (avec ces cordes sublimes sur le final) sont faites de ce même bois, et ces refrains bouleversants sont parmi les plus beaux du disque. Si les frissons ne sont pas présents à ce moment-là, c'est que vous n'êtes pas humains. Et finalement, on se rend compte que Use Me fonctionne en deux temps : une première moitié où les titres sont plus "agressifs" et une deuxième moitié où on sent toute la vulnérabilité et la sensibilité du groupe. Use Me n'est pas album qui s'écoute et se laisse apprivoiser de suite. Il faut du temps, des écoutes successives, pour en découvrir toutes les subtilités et au final, et même si on aura du mal à détrôner All We Know Of Heaven, All We Need From Hell. Et surtout, on espère que cette signature sur une major n'aura pas pour effet de transformer Pvris et de reléguer le reste du groupe à faire de la figuration.

3,5/5 
Recommandé si vous aimez : amo de Bring Me The Horizon s'ils étaient allés en mode full électro, Lights

Guillaume W. 

lundi 27 juillet 2020

Chronique Express : Neck Deep - All Distortions Are Intentional

Trois ans après The Peace And The Panic, les golden boys du pop-punk britannique sont de retour avec leur quatrième long jeu, All Distortions Are Intentional. Depuis leur formation, Neck Deep ne cesse d'accumuler le succès et ce nouvel album était logiquement l'un des plus attendus du genre de cette année 2020. Ceux qui avaient reproché au groupe de verser de plus en plus du côté poppy du pop-punk seront déçus, c'est un fait. Si vous cherchez un Life's Not Out To Get You partie 2, passez votre chemin. Le compte n'y sera clairement pas. En effet, on navigue encore une fois dans des eaux plus pop, plus radiophonique. De toute façon, la moitié de l'album ayant été dévoilée avant la sortie officielle, on repassera sur le côté surprise. Et les morceaux sortis donnent une très forte idée de ce à quoi il faut s'attendre à l'écoute de ces 12 nouveaux morceaux. "Lowlife" avait un poil effrayé par son côté ultra convenu, sauvé par un refrain catchy, et il s'agit d'un des moins bons titres proposés ici. Si vous cherchez du pur pop-punk, allez du côté de ''Sonderland" et de l'excellent "Telling Stories", qui raviront les fans de la première heure. Le reste se la joue plus mid-tempo, mais bordel de nom de dieu, il faut rendre à César ce qui appartient à César, la bande est capable de pondre des chansons accrocheuses dans son sommeil. De l'émotion et des grosses guitares (les énormes "Fall", "I Revolve Around You", "Sick Joke"  et la très belle "Empty House"), de la pop certaine de faire un carton en radio (''When You Know", "What Took You So Long") et deux morceaux à part : l'interlude limite hip-hop "Quarry" et la ballade acoustique tout droit sorti du répertoire de Yellowcard, "Little Dove". Et "Pushing Daisies" referme la galette sur des guitares furieuses, un morceau qui pousse vraiment leur son vers d'autres sphères. En 12 morceaux et 40 minutes, un concept basé sur l'histoire d'amour de Jet et Alice (les 2 personnages que l'on suit dans chacune des chansons), All Distortions Are Intentional est une réussite et ne fera que renforcer le succès de Neck Deep. Ce que le groupe n'a pas en originalité, il le comble avec une faculté à toujours réussir à sortir la mélodie qui fera mouche. C'est bien simple, chaque titre est un tube potentiel, et même si la partie punk de leur pop-punk s'est un peu fait la malle ici (la production de Matt Squire n'y est probablement pas pour rien d'ailleurs), on ne boudera pas notre plaisir car ce quatrième album sort pile au bon moment et se réécoute avec un plaisir non dissimulé. A ne pas manquer !

4/5
Recommandé si vous aimez : State Champs, New Found Glory, Yellowcard

Guillaume W.   

lundi 20 juillet 2020

Chronique Express : Bush - The Kingdom

Bush, c'est désormais Gavin et son orchestre, étant le dernier membre originel de la bande, après le départ du batteur Robin Goodridge en 2019. The Kingdom est leur album quatrième post-reformation et leur huitième opus. Bush, c'est des millions de galettes vendues avec deux premiers albums, Sixteen Stone et Razorblade Suitcase devenus des pierres angulaires du mouvement grunge. Et surtout c'est un groupe qui a longtemps été détesté en Angleterre (d'où ils sont originaires) mais qui a cartonné aux USA. Près de 30 ans après leur formation, Bush ne lâche pas l'affaire et fait tapis sur cette nouvelle livraison, que Rossdale (aussi ex-mari de Gwen Stefani) avait annoncé comme la plus agressive depuis les 90's. On ne peut pas lui donner tort, mais Black And White Rainbows était tellement long et ennuyeux que ça ne veut pas dire grand chose. Et il faut avouer que ça part vraiment pas mal. Le single, "Flowers On A Grave" est hyper catchy et c'est probablement le meilleur titre de cette nouvelle livraison. Assez proche de ce qu'ils ont pu proposer sur The Science Of Things en 1999, ça fonctionne bien. Les deux morceaux qui suivent ce même chemin, en amenant même une petite influence néo-metal bien sentie. "Ghosts In The Machine" sonne comme du Bush pur jus, "Quicksand" balance un gros riff et est rentre dedans comme il faut. On se dit que c'est un bon retour en forme au final. Mais c'est sans compter sur une deuxième moitié d'album en pilote automatique, où aucune mélodie ne ressort, où les morceaux passent sans qu'on ne puisse noter une différence réelle entre eux. On s'ennuie ferme et au final, oui ce retour est bien plus agressif, comme annoncé, mais les mélodies prenantes en moins, et une inspiration en berne. Si on ajoute à tout ça un artwork qui ne donne même pas envie d'aller plus loin, The Kingdom est un album où quelques titres valent le détour mais sur lequel on ne reviendra pas. On peut louer la persévérance de Bush de vouloir continuer à tout prix, mais malheureusement, cette huitième livraision ne réussit en aucun cas à faire bouger la hiérarchie établie dans leur discographie. A réserver aux fans inconditionnels du groupe ou aux nostalgiques des 90's/00's.

2,5/5
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un mix de post-grunge et de néo-metal 

Guillaume W. 

mardi 14 juillet 2020

Chronique Express : Picturesque - Do You Feel OK ?

Après un premier album sorti en 2017, Picturesque revient sur le devant de la scène avec son album sophomore, celui de tous les dangers, car entre l'envie de continuer à plaire à son public et d'évoluer musicalement, la frontière est souvent fine et franchement casse-gueule. Le groupe post-hardcore à la voix haut perchée tente le coup de l'évolution vers des sphères bien plus pop ce coup-ci. C'est un peu à la mode d'ailleurs, mais peu sont les albums qui ont réussi à passer le cap sans en faire des tonnes et sans finalement s'en sortir avec les honneurs. Et malheureusement pour Picturesque, que c'est laborieux. Entre passages électro-rock (''ATTN:'' et son solo indigeste au possible) et carrément électro-pop avec grosses guitares (''Swipe'' où la voix est difficilement supportable sur le refrain et des paroles dignes d'un enfant de CP :''She said she loves me / But she don't'')  ou tentatives désespérées de faire du Twnety One Pilots (''Crimes''), le groupe se prend bien les pieds dans le tapis et ne s'en relève finalement que lorsqu'il colle au son de son prédécesseur Back To Beautiful. ''Necessary'', "OK?" ou encore ''Glass House" arrivent à capter notre attention, mais les mauvais titres sont tellement mauvais, qu'on a un mal fou à revenir sur ce disque. Et ce n'est pas ''Day By Day", ballade sirupeuse à souhait qui fera changer d'avis. En 2017, Picturesque était un groupe de post-hardcore calibré, relativement catchy mais noyé dans la masse. En 2020, Picturesque est un groupe d'électro-pop-rock avec des relents emocore qu'on a envie de très rapidement oublier. Presque aussi insupportable que le navrant Gossip de Sleeping With Sirens (qui tutoyait les sommets niveau daubesque). NEXT !
2/5
Recommandé si vous aimez :
Sleeping With Sirens, Emarosa, Too Close To Touch

Guillaume W. 

vendredi 3 juillet 2020

Chronique Express : Wallflower - Teach Yourself To Swim

Wallflower, jeune quintet londonien, débarque avec son premier album, Teach Yourself To Swim. Un EP mise en bouche, Where It All Fell Apart (en 2017) et on fait le grand saut directement. Brand New vous manque et surtout vous voulez un Brand New sans prédateur sexuel, foncez sur Wallflower. C’est bien simple, les 5 reprennent les codes de la bande de Long Island. Mais pas que. Car Wallflower a des influences multiples : tour à tour emo-post hardcore ("A Parody Of", "Hungry Eyes" et ses doubles voix hyper ingénieuses sur le refrain, qui pourrait sortir d’un album de Thrice), indie-rock à grosses guitares ("Eat Away at My Heart", l’excellente "Dread", la sublime "Anacrusis" et son refrain qui vous filera les frissons), carrément grunge 90’s ("Blood And Stone’’ une sorte de Pearl Jam sans Vedder) ou tout simplement atmosphérique à souhait ("Doom In Your Head", "Passer By"). Wallflower a tout en stock. Du talent à revendre, des compos qui tiennent la route de bout en bout, prenant, émotionnel, varié, même si parfois encore un peu trop proche de leurs influences, les 5 lads vont faire un carton c’est sûr. Avec un disque de cette qualité (associé à un très bel artwork), c’est à n’en point douter. 

4/5 
Recommandé si vous aimez : Brand New, Thrice, Balance And Composure

Guillaume W. 

dimanche 28 juin 2020

Chronique Express : Witterquick - S/T

14 titres en 50 minutes... Y'a pas à chier Witterquick donne tout ce qu'il a sur son premier long jeu. De plus anciens titres côtoient des nouveautés et que dire si ce n'est pas que ça passe comme une lettre à la poste. Une sorte d'hybride entre emo-rock et pop-rock ultra calibré où les grosses guitares (''Run'' mettra tout le monde d'accord d'entrée, tout comme ''Violence And Riots" et ''Soldiers'') jouent des coudes avec des mid-tempo larmoyants mais bien foutus (''Girl", "Wayward Signs", "Demons"). La force du groupe est de réussir à créer des morceaux radio ready à la production immaculée et aux refrains plus imparables que l'imparable lui-même : la poppy et bien nommé ''Bubblegum" devrait faire un carton en radio, tout comme ''Only One". Mais honnêtement chaque morceau est un tube potentiel et chaque refrain fait son petit effet (''Sugar", l'énorme "Shattered Suns"). La performance vocale de Will est un bonus non négligeable et son aisance à passer d'un registre à l'autre est impressionnante (''I Need A Friend Tonight", ''Between You And I"), mais le reste de la bande n'est pas là pour faire de la figuration. Les natifs d'Exeter ont ce petit quelque chose d’héroïque dans leur musique et si l'ensemble est un poil répétitif et encore trop influencé, cet album éponyme a tous les atouts pour trouver son public et passer en boucle dans votre rotation ! C'est tout le mal qu'on leur souhaite en tout cas.
3,5/5
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Deaf Havana, Young Guns, Moose Blood

Guillaume W. 

mercredi 17 juin 2020

Chronique Express : WOLF CLUB - Runaways

Un an seulement après Frontiers, le trio electro pop 80's/new wave Notthingham fait son retour. Ce cinquième album de WOLF CLUB, Runaways, se veut exactement dans la continuité de son prédécesseur, atmosphérique, dansant et tubesque à souhait. Guitares cristallines pleines de réverb', batterie électronique, basse omniprésente, voix féminines, mélodies catchy à souhait et refrains imparables sont au programme ici. De l'intro full synthé de ''All We Live For" avec son refrain qui se scotchera à votre cortex en une seule écoute, en passant par la radio ready ''Fire'', l'ultra dansante ''New York'', le feeling new wave de "Rush" et son duel vocal masculin/féminin ou encore la plus sombre ''Runaways", le trio arriverait à sortir des tubes dans son sommeil tant on a la sensation que tout coule de source. Si vous êtes nostalgique des 80's, ou que vous voulez un disque rétro-pop tellement catchy qu'il vous hantera, emballé dans un artwork tout simplement sublime, foncez sur Runaways, vous ne serez pas déçus !

4/5
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la dance pop remplie de synthés, les 80's, les chansons plus catchy que catchy

Guillaume W. 

samedi 13 juin 2020

Chronique Express : New Found Glory - Forever And Ever X Infinity

A l'heure où Sticks And Stones fête ses 18 ans (sorti le 11 juin 2002), New Found Glory sort son 10ème album, Forever And Ever X Infinity. 15 morceaux pour 48 minutes... Et là première question à se poser est cella là : A t-on besoin d'un album de 15 titres du groupe en 2020 ? La réponse est non. Attention, cela ne veut pas dire que l'on n'aime plus la bande à Quentin (Tarantino), pardon, Jordan. Mais il faut bien avouer que cela fait quand même quelques albums que le groupe navigue à vue. Depuis Ressurection en 2014, le mode pilote automatique a été enclenché avec un album qui essayait de revenir aux sources, sans y parvenir car clairement pas assez accrocheur. Makes Me Sick tentait le coup ultra poppy bourré de claviers, et franchement c'était réussi. Pas sur tout le disque, mais la volonté de proposer quelque chose de neuf avait fonctionné, mais moins pour les fans qui l'ont boudé. Du coup, patatra, réaction à nouveau, Forever And Ever X Infinity tente le retour aux sources aka un pop-punk dont ils ne sont qu'une poignée à en avoir le secret, plein d'été, de coeurs brisés et de grosses guitares. Cette 10ème livraison se voudrait le juste milieu entre Sticks And Stones et Catalyst (un album largement sous-estimé d'ailleurs au même titre que Coming Home). ''Shook By Your Shaved Head'' et Himalaya" s'ouvrent sur deux gros riffs bien branlés il faut l'avouer et envoient du gros BPM. Ça fonctionne, mais malgré tout, on a ce sentiment mitigé que la bande n'offre vraiment rien de nouveau ici, et qu'elle a voulu faire plaisir aux fans de toujours. C'est louable, et il est vrai que la première moitié du disque fait le job entre passages ultra rapides et bien catchy (''Greatest Of All Time, l'un des meilleurs morceaux de la galette avec une référence aux dexuième Three-peat des Bulls de Jordan, Rodman et Pippen), tandis que ''Nothing To Say'' fait office de Face-B de Radiosurgery, et que ''Stay Awhile'' recycle/pique le refrain à ''All Downhill From Here". La deuxième moitié de l'album est du coup plus difficile à digérer, de la ballade cheesy (vraiment trop) ''More And More'' (et sa référence à Face Time) aux morceaux rapides et moins catchy, où seuls ''The Way You Deserve'' et "Slipping Away" (très beau mid-tempo de clôture) tirent leur épingle du jeu. C'est maigre, il faut bien l'avouer. Et si Forever And Ever X Infinity est loin d'être un mauvais album, il n'apporte rien et hormis le fait de nous donner de nous replonger dans Sticks And Stones ou Catalyst, c'est un disque sur lequel on ne reviendra que très peu.

3/5
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le pop-punk, la nostalgie, l'été et les paroles pour ados boutonneux

Guillaume W. 

jeudi 11 juin 2020

Chronique Express : Gleemer - Down Through

Troisième album pour Gleemer, deux ans et demi après le superbe Anymore. Le quatuor américain n’a pas choisi Will Yip pour produire ce nouvel album pour rien. Devenu incontournable dans la scène, Down Through bénéficie d’un son lumineux et aérien qui sied parfaitement au style shoegaze de la bande. Un chant éthéré, des guitares omniprésentes, des morceaux qui ne s’énervent jamais vraiment, mais à aucun instant on ne se lasse, car la bande sait varier les ambiances de titres en titres. En jouant sur les grosses guitares ("Brush Back", la magnifique "Take", "Casino"), sur les ambiances spatiales ("Leadings On", "Spread Out" et son refrain bouleversant ou le final lumineux avec le morceau-titre), ou encore en tissant les morceaux à partir d’une base entièrement acoustique ("TTX", la très belle ballade "Worth", la poppy "Held"), Gleemer arrive à toucher l’auditeur en plein cœur. 9 titres seulement au compteur mais cela suffit car on n’a envie d’y revenir encore et encore. Gleemer est encore trop méconnu, mais avec Down Through, cela ne devrait plus durer longtemps. Avec leur meilleur album à ce jour, une évolution par petites touches et des compositions d’une telle qualité, il faudrait être carrément sourd pour passer un côté de tel groupe. A ne pas louper ! 

4/5 
Recommandé si vous aimez : Balance And Composure, Moving Mountains, Turnover

Guillaume W. 

dimanche 7 juin 2020

Chronique Express : Vinnie Caruana - Live At The Black Heart

Vinnie Caruana, frontman de The Movielife et I Am The Avalanche, adore le Royaume-Uni. Il a d'ailleurs amené sa guitare acoustique et son sac à dos ''across the pond'' comme on dit et fait cette tournée acoustique qui s'est terminée avec ce show à Londres, dans la salle The Black Heart, le 15 décembre 2019. 15 morceaux en version coin du feu donc, passant en revue toute la discographie dont à fait partie le bonhomme, en faisant simplement l'impasse sur le premier album de The Movielife, This Time Next Year. Une belle communication avec son public (on a la sensation d'entendre une bande de potes), une interprétation sans faille (la voix de Vinnie est faîte pour ce genre de show) et une discographie bourrée de tubes, qui rendent du tonnerre même sans électricité. On sent que le bougre aime ses morceaux, et qu'il vit autant qu'il les chante. C'est d'ailleurs une occasion de les redécouvrir dans leur plus simple apparat, et on a encore une fois la preuve que ces titres ont passé avec brio l'épreuve du temps et on ne saurait que trop vous conseiller de vous jeter sur le dernier EP en date du bonhomme, Aging Frontman, qui contient certains de ses meilleurs morceaux, tout groupes confondus. A écouter sans modération.

4/5
Recommandé si vous aimez :
The Movielife, I Am The Avalanche

Guillaume W. 

vendredi 15 mai 2020

Chronique Express : Boston Manor - GLUE

Quand on voit le grand écart entre Be Nothing, sorti en 2016 et GLUE en 2020, on se demande bien si c'est bien Boston Manor qui a sorti ces albums. Be Nothing était un vrai album de pop-punk mélancolique, Welcome To The Neighborhood mettait presque entièrement de côté le son de son prédécesseur pour avancer à vitesse grand V vers un son plus grunge, lourd et atmosphérique. Et GLUE, bien que proche de cette ambiance, est encore une bête bien différente. ''Everything Is Ordinary" démarre sur les chapeaux de roues, agrippe l'auditeur pour ne plus la lâcher : les guitares sont tranchantes, les synthés et les parties machines sont sombres juste comme il faut, la mélodie est prenante et la voix bourrée de distorsion donne encore plus de puissance au morceau. "1's & 0's" suit le même chemin avec ce break complètement dingue et ce refrain hyper catchy. Et si on ne se fie qu'à ces deux premiers titres, cette faculté qu'a la bande à mixer les influences pour sortir quelque chose de personnel est complètement bluffant. ''Plasticine Dreams" ou encore ''Only1" et l'énorme ''Liquid" (avec Jon Floreani de Trophy Eyes) font ressortir un son grungy, toujours avec cette intelligence à trouver le refrain qui fait mouche à tous les coups. Et puis, dans cet album aux facettes multiples, ce sont les morceaux mid-tempo où les atmosphères sont mises en avant qui donnent encore plus envie de revenir vers GLUE. A ce petit jeu, les natifs de Blackpool sont très très forts. Le côté spatial de "On A High Ledge", qui démarre avec un synthé tout droit sorti de la BO d'Interstellar, pour se construire avec quelques notes de guitares et une ambiance glaciale, est tout simplement excellente. Et ce n'est pas ''Terrible Love" qui viendra inverser le tendance avec cette ballade à l'ambiance post-apocalyptique, qui est bien entendu une vraie réussite. Au même titre que la magnifique "Stuck In The Mud" où la voix de Henry est mise en avant et montre tout l'étendue de son registre. Rien à dire. Et comment faire pour refermer GLUE de la meilleure manière qui soit ? Et bien on balance le furieux "Monolith", qui mixe avec bonheur tous les ingrédients que les 5 ont en stock. On reste même sans voix devant la capacité du groupe à constamment se renouveler et à proposer un son à la fois familier et personnel. Boston Manor sonne comme Boston Manor, point barre. Et GLUE est leur meilleur album et un des meilleurs disques de 2020 !

4,5/5
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 le Daisy de Brand New qui aurait couché avec le Mechanical Animals de Manson pendant que le Refused de The Shape Of Punk To Come filmait tout ça

Guillaume W.

dimanche 10 mai 2020

Chronique Express : VAR - The Never-Ending Year

VAR, c'est un groupe islandais et The Never-Ending Year est leur premier effort. Le quatuor originaire de Reykjavik officie dans l'emo/post-rock et ces neuf titres vont vous bouleverser, c'est une certitude. "Moments" a à peine eu le temps de démarrer que la magie opère déjà. Une voix androgyne, une basse omniprésente, des guitares cristalline, une ambiance ultra atmosphérique et une émotion à fleur de peau, voilà les ingrédients que proposent le groupe. La suite ? Elle ne fera que confirmer l'énorme impression laissée par cette ouverture. ''Fearless" fait la part belle à la douceur avec une mise en avant des claviers, tandis que l'instrumentale "Drowning" sort tout droit d'un album de Sigur Rós. Mais VAR sait aussi se faire plus incisif quand le morceau l'exige comme sur ''Run'' et "Where To Find You" où les grosses guitares sont de sortie sur un refrain gigantesque, ou se faire encore plus doux avec les machines du Radiohead-esque "By The Ocean", avec toujours cette superbe voix qui navigue sur la musique. Et ce n'est pas le magnifique final de ''I Still Miss You" où cordes et guitares se mêlent dans une danse magique qui viendra inverser la tendance. Ces 4 minutes et 55 secondes d'éternité ne viennent que confirmer ce que l'on pensait déjà dès les premières notes. VAR a sorti un très grand album et The Never-Ending Year (titre tellement approprié à cette année 2020...) sera assurément très très haut sur les listes de fin d'année. A ne louper sous aucun prétexte.

4,5/5
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Guillaume W. 

mardi 5 mai 2020

Chronique Express : Chief State - Tough Love

Encore des nouveaux venus dans l'univers ultra bouché et cliché du pop-punk, Chief State débarque avec son nouvel EP 7 titres et le moins que l'on puisse dire, c'est que les 5 originaires de Vancouver ont bien progressé depuis leur première sortie. Les p'tits gars qui décrivent eux-mêmes leur musique comme du ''pop-punk pour jours de pluie'' ont plutôt trouvé une bonne définition à leur musique. On est loin du pop-punk ensoleillé, mais le point commun est le côté hyper accrocheur de leur musique. On ne perd pas de temps, les 7 titres sont envoyés en 23 minutes. C'est rapide (''Deciduous'', ''Reprise''), émotionnel (le refrain de ''Try Hard'', le mid-tempo ''Biding Time'', la très belle ''Choke'') et surtout, ça se retient en une seule écoute. Les refrains sont hyper catchy, les lignes de chant à la The Story So Far passent nickel et c'est assez varié pour que l'on ait envie d'y revenir avec plaisir. Même si ces morceaux sont encore trop influencés par les copains de la scène, Chief State ont tout ce qu'il faut en stock pour être la next big thing ! A découvrir !

3,5/5
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The Story So Far, Real Friends, Knuckle Puck

Guillaume W.  

lundi 13 avril 2020

Chronique Express : Brian Fallon - Local Honey

J'aurais aimé écouté ce troisième album solo de Brian Fallon avec mon père. Je me suis immédiatement fait cette réflexion lorsque j'ai entendu pour la première fois Local Honey. Mais la vie a fait que je ne pourrais jamais partagé ce moment là avec lui. Ce n'est pas pour faire dans le sentimentalisme que je raconte ça, mais simplement parce que je suis persuadé que ce disque est le trait d'union entre la musique que mon père écoutait (folk, rock, country) et ma culture musicale. En grandissant, j'ai clairement appris à apprécier certains artistes qu'il aimait tant, notamment Johnny Cash, et du coup, ce disque du frontman de The Gaslight Anthem (a-t-on encore besoin de le préciser ?) aurait probablement été un des disques qu'on aurait acheté tous les deux. Du coup, la première écoute de Local Honey a été douloureuse. Douloureuse, car elle a fait remonté énormément de choses en moi, auxquelles je me suis interdit de penser pour je ne sais quelles raisons. Et encore une fois, la magie opère. Alors que sur ses deux albums précédents, on restait dans un registre rock'n'roll proche de son groupe de toujours, ici Brian s'essaye à l'exercice de l'album country/folk rock intimiste. Et dès "When You're Ready", parfait morceau d'ouverture, tout en douceur, entre guitare acoustique, batterie discrète, et cette voix, douce et apaisée. "21 Days" qui suit, est une balade bouleversante, d'une beauté à couper le souffle où l'acoustique côtoie des percussions magnifiques et un refrain sublime. Des claviers (''Vincent"), des passages atmosphériques (''I Don't Mind (If I'm With You)"), une version fallon-esque de la country alternative (''Lonely For You Only''), pour terminer sur un chef-d’œuvre d'écriture (''You Have Stolen My Heart"). Avec seulement 8 titres au compteur, Local Honey pourrait paraître trop court. Mais en fait, ces 32 minutes montre encore une fois à quel point Brian Fallon est un songwriter de talent. Un talent qui le place désormais aux côtés de légendes que sont Johnny Cash, Bruce Springsteen et Bob Dylan. J'aurais aimé écouté ce troisième album solo de Brian Fallon avec mon père. Mais au final, il est encore là avec moi quand j'entends Local Honey. Et ça monsieur Fallon, ça n'a pas de prix. Merci. 

4,5/5
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Guillaume W. 

vendredi 10 avril 2020

Chronique Express : VNDALE - The Electric Night (EP)

VNDALE est un nouveau venu sur la scène parisienne. Enfin plus ou moins, car la moitié du line-up est issue de DEBUNK, dont il est la suite logique, mais nous y reviendrons plus tard. Tel un phénix, Tony (chant) et Arthur (batterie) se sont associés à Rico et JP, tous deux guitaristes et nous proposent une nouvelle version de leurs perspectives et ambitions. Pour ceux déjà familiers avec la musique de DEBUNK, vous ne serez pas dépaysés. Leur rock/metal alternatif à grand renfort de sonorités modernes est toujours de la partie, et The Electric Night, leur première réalisation en est le manifeste parfait. D'entrée de jeu le détonnant et expéditif "Igniter" nous balance un riff presque pop-punk easycore contrebalancé par des sons plus alternatifs, un pont aéré (une des nombreuses marques de fabrique du combo) et d'un solo de guitare mélodique très appréciable. L'oeuvre ayant pour thème principal le Japon (l'artwork ayant été shooté au pays du Soleil Levant), on retrouvera logiquement sur "UENO", premier single tiré de la galette, des harmonies occidentales intéressantes. Les choses se durciront avec "Out For Blood" aux forts relents nu-metal dans ses riffs plombés et encore plus avec "Moving On" et ses assauts de double pédale sur les couplets. Les fidèles de la troupe auront d'ailleurs reconnus "Redemption", sorti en clip il y a plusieurs années sous leur ancien patronyme, cependant ré-enregistrée et remise au goût du jour pour l'occasion. Et puis il y a la finale "Beating Me Down", qui clôt la galette. Et je m'arrêterais particulièrement sur ce titre car en plus d'être le plus émouvant de l'ensemble, il nous emmène dans des territoires plus sombres, plus travaillés et recherchés montrant pleinement le potentiel du combo, à grand renfort de superposition vocale qui vous colleront des frissons. Le retour est donc gagnant, et à travers les 5 titres que composent ce trop court EP, le quartet part de la meilleure des manières possibles.

3,5/5 
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Axel R.

jeudi 9 avril 2020

Chronique Express : Violent Soho - Everything Is A-Ok

Quatre ans après l'excellent WACO, les Australiens de Violent Soho reviennent avec leur cinquième album (et premier chez Pure Noise Records), Everything Is A-Ok. Violent Soho fait tout simplement partie de revival grunge qui sévit depuis plusieurs années maintenant. Et la bande fait très clairement partie du haut du panier. Avec 10 titres torchés en 35 minutes, on a choisi le simple et l'efficace. De l'autre côté de l'Atlantique, on appelle ça ''less is more'', et ça s'applique parfaitement à la musique du groupe australien. Hyper bien foutu, mélodique, tendu comme un string, catchy, et un poil nostalgique, car si ce disque était sorti en 1994, ça n'aurait pas fait débat, ça aurait cartonné sévère. Mais les chansons dans tout ça ? Pas de fioritures : basse, guitares, batterie, un chant nasillard qui fera penser à Billy Corgan (en moins clivant quand même) et un travail impressionnant sur les mélodies imparables. ''Sleep Year" mettra tout son monde d'accord en 3 minutes 28 secondes au chrono. Un seul titre et nous voilà déjà conquis. Mais ce morceau est l'arbre qui cache la forêt puisque les 9 morceaux restants sont du même calibre. Plus poppy (l'influence Smashing Pumpkins de ''Vacation Forever", les arpèges Nirvanesques de "Pick It Up Again"), ou hyper véloce ("Easy"), un poil de dissonance dans les guitares de ''Canada" et de l'excellent mid-tempo "Slow Down Sonic" et même un final country alternative des plus réussis (''A-Ok"). Avec toujours cette maîtrise absolue des codes couplets/refrains addictifs. Sans renouveler le genre, mais avec une efficacité à toute épreuve, Violent Soho envoie de la godasse et fait clairement parler la poudre avec ce nouvel album. A ne pas manquer.

4/5
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Guillaume W. 

lundi 6 avril 2020

Chronique Express : All Time Low - Wake Up Sunshine

17 ans après leur formation, All Time Low font désormais figure de vétérans dans la scène pop-punk et ont influencé bon nombre de groupes. Avec ce nouvel et huitième album, Wake Up, Sunshine, la bande fait ce qu'elle sait faire de mieux, à savoir un pop-punk où l'accent est mis sur le poppy et le catchy. Avec ces 15 titres au compteur pour 47 minutes, la bande donne tout ce qu'elle a en stock, tout en respectant le format des trois minutes : couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain. Une formule éprouvée, qui fonctionne pour eux puisqu'ils ne que peu dévier de leur trajectoire depuis leurs premières sorties. Le prédécesseur, Last Young Renegades les avait vus tenter des petites choses, tout en mettant en avant une facette pop et atmosphérique vraiment pas désagréable. Wake Up, Sunshine est un mix de ces deux facettes. D'un côté, des titres pop-punk /power-pop ensoleillés, et il faut bien l'avouer hyper accrocheurs (''Some Kind Of Disaster", "Sleeping In", "Gateway Green" et son petit côté New Found Glory, l'excellente et finalement très blink-182 "Melancholy Kaleidoscope") et d'un autre côté, des passages pop-rock où l'émotion prend le dessus (la très belle "Safe", "Favorite Place" ou encore "Glitter & Crimson") et qui ne feraient pas tâche sur un disque de Jimmy Eat World. On se rend finalement compte que ce disque est divisé en deux : une première partie plus pêchue (et ce morceau-titre bien rentre dedans) et une deuxième plus mid-tempo. Sur ces 15 titres, il y a forcément du déchet, car rares sont les groupes parvenant à tenir la distance sur un seul disque avec autant de morceaux. On se retrouve donc avec quelques titres bien plus dispensables (''Monsters", "Pretty Venom", ou encore "Basement Noise"), qui n'apportent rien de bien neuf et ne parviennent pas à se hisser au niveau des meilleurs compositions de cet album. Bien entendu, le côté adolescent est encore présent, notamment dans les textes, mais All Time Low fait preuve ici d'une maturité plus évidente que précédemment. Wake Up, Sunshine est donc un bon disque, bien écrit (franchement les types savent composer des chansons catchy au possible, aucun doute là-dessus) et qui arrive pile poil pour la belle saison. Sans rien révolutionner, mais dans le genre pop-punk radio, on peut faire un bien plus mauvais choix.

3,5/5
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State Champs, Jimmy Eat World, American Hi-Fi

Guillaume W. 

dimanche 5 avril 2020

Interview : Enter Shikari

Alors que Nothing Is True and Everything is Possible, le sixième album d’Enter Shikari sort le 17 avril, le groupe devait être présent à Paris le 16 mars dernier pour une journée promo. Pandémie mondiale oblige, les Anglais sont restés chez eux. Alternativ News a toutefois pu s’entretenir par téléphone avec Rob Rolfe, le batteur de la formation. Entretien à lire dans la suite.

jeudi 26 mars 2020

Chronique Express : Higher Power - 27 Miles Underwater

Deuxième album pour le quintet de Leeds, Higher Power. Et le moins qu'on l'on puisse dire, c'est que ce disque est un joyeux bordel. 27 Miles Underwater mélange les styles et les saveurs : hardcore 90's, néo-metal, metal alternatif et grunge. Trois ans après un Soul Structure plus que prometteur, mais un poil brouillon, cette fois-ci, les cinq ont mis les petits plats dans les grands : signature chez Roadrunner Records et surtout Gil Norton aux manettes. Juste le type qui a produit The Colour And The Shape des Foo Fighters, Doolittle, Bossanova et Trompe Le Monde des Pixies ou encore Futures de Jimmy Eat World. Pas un peintre donc. Et bon dieu, ça sonne gros ! Et le premier truc qui m'a sauté aux oreilles, c'est la voix de Jimmy, caméléon, entre screams et voix hyper mélodique un poil nasillarde. ''Seamless", qui fait office d'ouverture de la galette (et d'où vient le nom de la galette), montre l'étendue des influences du groupe: riffs néo en diable, cris sur le couplet hardcore 90's typé Snapcase (d'ailleurs cette voix y fait terriblement penser, quel groupe sous-estimé d'ailleurs auquel Turnstile a absolument tout piqué !)  un refrain Deftones-ien en diable, et bim, ça fonctionne. ''Shedding Skin'' et ''King Of My Domain" (et son solo) changent leur fusil d'épaule en prenant le parti d'aller vers Seattle et Alice In Chains en particulier avec un refrain hyper bien branlé, précédé d'un couplet néo comme il faut. Et à nouveau, contre toute attente, ça marche du tonnerre. ''Lost In Static'' et l'excellent ''Rewire (101)" accélèrent le tempo tout en restant accrocheurs comme pas possible avec cette basse qui cogne. Moment de répit  avec la ballade grungy ''In The Meantime" et son côté unplugged d'Alice In Chains, avant de repartir de plus belle pour finir en boulet de canon. 27 Miles Underwater est tout simplement l'album le plus 90's que vous écouterez en 2020 (jusqu'à l'artwork d'ailleurs). Mais là où les lads sont forts, c'est qu'à aucun moment on ne se dit que cela sonne daté. On pourra reprocher le manque de variété sur certains morceaux, mais bon sang, ce disque est bien pensé. Cette deuxième livraison est une réussite qui parvient à faire passer un mix pas forcément digeste dans un morceau de 3 minutes haut la main. Influencé certes, mais une bonne baffe dans la tronche, rentre dedans, tranchant et ultra catchy. 

4/5
Recommandé si vous aimez : Deftones, Snapcase (et pas les copieurs de Turnstile), Alice In Chains, Filter

Guillaume W. 

samedi 21 mars 2020

Chronique Express : Dogleg - Melee

Formé en 2015, et après plusieurs EPs bien accueillis, Dogleg, quatuor originaire de Detroit, passe enfin l'étape du premier album avec les 10 titres de Melee. Signés chez Triple Crown Records (maison de goût il faut bien l'avouer), les 4 sont clairement prêts à en découdre avec leur emo-punk teinté de post-hardcore. Pas assez pop pour être étiqueté pop-punk, mais ultra catchy malgré tout, on ne perd pas de temps. ''Kawasaki Backflip" est torché en à peine 2 minutes et 24 secondes, qui suffisent à mettre tout le monde d'accord : une production maison, brute, sèche et sans artifices, des guitares qui dégueulent littéralement leurs mélodies, une voix à l'arrache, une section rythmique du feu de dieu et un refrain hyper bien branlé. BOUM ! Ces mecs là jouent comme si leur vie en dépendait et à l'écoute de Melee, impossible de pas penser au Four-Minute Mile de The Get Up Kids, musicalement (en moins pop c'est certain), mais aussi au niveau de cet état d'esprit première prise et surtout pour cette voix éraillée. ''Bueno" continue sur cette lancée et envoie le bois comme jamais avec ces choeurs qui viennent des tripes et toujours cette efficacité redoutable. "Prom Hell" et "Headfirst" se la jouent plus alambiqué, ''Fox" et "Cannonball" sonnent comme un Weezer sous amphétamines, "Hotlines" aurait pu se retrouver sur le fabuleux Soundtrack To A Headrush d'Emanuel et ''Ender", du haut de 6 minutes 20 aurait pu facilement se casser la figure dans la longueur, mais non. Avec son finish tout en douceur (rempli de cordes qui contribuent à donner un côté atmosphérique hyper surprenant et apaisant tant on en a pris plein la poire jusque-là), Dogleg prouvent à qui veut bien les écouter, qu'il faudra compter sur eux. Melee est un album urgent, féroce, sans temps mort, mélodique, accrocheur et  d'une sincérité absolue. Et surtout un des gros coups de coeur de cette année 2020 !

4,5/5
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Guillaume W. 

mercredi 11 mars 2020

Chronique Express : Silverstein - A Beautiful Place To Drown

20 ans après sa formation, Silverstein continue son petit bonhomme de chemin et débarque aujourd'hui avec son dixième album, A Beautiful Place To Drown. Près de trois ans après le très bon Dead Reflection, le quintet canadien balance 12 titres aux allures de tubes. Si la bande n'a jamais vraiment changé son fond de commerce, un post-hardcore plus ou moins pop mais toujours hyper accrocheur, la forme elle évolue un peu à chaque fois. Et clairement, Silverstein n'a jamais sonné aussi moderne et radiophonique. La production est absolument explosive et tout sonne énorme. Et bordel, chaque morceau est un tube susceptible de défoncer les radios rock (ok, difficilement en France). On reconnaît tout de suite le son si caractéristique ("Bad Habits'' et son refrain qu'on retient en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, et son alternance screams/chant clair de Shane Told à la voix inimitable, accompagné d'Aaron Marshall d'Intervals), des riffs et des mélodies entêtants comme pas deux (''Burn It Down'' avec Caleb Shomo de Beartooth, ''Infinite" avec en guest Aaron Gillespie d'Underoath), de l'émotion, un poil cheesy, il faut le dire, mais encore une fois, c'est tellement accrocheur qu'on a du mal à ne pas succomber (''Shape Shift'', "Take What You Give" et son côté Yellowcard hyper bien foutu en compagnie de Pierre Bouvier de Simple Plan). Mais on a aussi droit à quelques surprises, et on sonne finalement près de ce qu'à pu faire Bring Me The Horizon avec amo l'an dernier : le saxo de ''All On Me'', le riff énorme et ce refrain tellement immédiat de ''Madness" (sur lequel on retrouve la chanteuse Princess Nokia). Pas de déchets, tout sonne fort, et si Silverstein ne surprend pas, le groupe arrive toujours à trouver la faille vers nos petits coeurs d'emokids. A Beautiful Place To Drown est une bien belle addition à la discographie désormais bien fournie du groupe. 

4/5
Recommandé si vous aimez :
votre post-hardcore poppy et ultra catchy

Guillaume W.