mardi 8 juin 2021

Chronique Express : Fiddlehead - Between The Richness

Le premier album du all-star band Fiddlehead (avec des membres de Have Heart ou encore Basement pour ne citer qu'eux) était une affaire cathartique, car les textes étaient en majorité portés sur le décès du père du chanteur. Springtime And Blind avait en tout cas fait tourner bien des têtes avec ses morceaux courts, intenses et hyper catchy: un mix de post-hardcore et de pop-punk. Trois ans plus tard, voici son successeur et cette fois, l'effet de surprise ne sera plus de mise puisque le groupe est désormais attendu comme le messie. Et ce Between The Richness n'est finalement que la suite logique de son prédécesseur, en moins sombre et moins rentre dedans. Attention, il y a des coups de boules bien sentis : "Eternal You" et son refrain hurlé en double voix va défoncer tous les pits qui se présenteront à lui, "Get My Mind Right" (toujours aussi bon que la version du 7" sorti en 2019), "Down University", la folie de "Life Notice" ou encore l'énorme morceau de clôture "Heart To Heart" (qui est d'ailleurs le seul à dépasser les 3 minutes et qui fait le lien entre l'intro "Grief Motif" avec un passage d'un poème de E.E. Cummings : "I carry your heart with me / I carry it in my heart / I am never without it / Anywhere I go you go"). Ailleurs, la bande ne s’embarrasse jamais de fioritures, et on balance les brulots en moins de 2 minutes 30 secondes. Et bordel, ça pleut du tube ! "The Years", "Millions Times ou les plus mid-tempo "Loverman" et "Joyboy" sont tout simplement irrésistibles et prouvent que la bande a bien plus d'une corde à son arc. 10 titres balancés en 26 minutes, c'est court mais les morceaux réussissent pourtant à se développer pleinement sans qu'on ai besoin de plus de temps. Les guitares font un boulot de dingue, pour tricoter des mélodies à la fois évidentes mais sinueuses malgré tout, la section rhythmique tient la baraque bien comme il faut et cette voix fait vivre les morceaux avec toutes ces émotions ("Heart To Heart" a d'ailleurs été écrite pour son fils). Fiddlehead a réussi le test exigent du deuxième album avec brio, sans changer le fond, mais avec un talent intact. 

4/5

Recommandé si vous aimez : Title Fight, Jawbreaker, Joyce Manor

Guillaume W.  

samedi 5 juin 2021

Chronique Express : Olivia Rodrigo - SOUR

Olivia Rodrigo, c'est une nénette Disney. Il y a quelques années, cela m'aurait directement fait ne pas écouter son premier long jeu. Mais comme on dit, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis. Pour la petite anecdote, je l'ai découverte un matin alors que j'avais pris la voiture de ma femme, sur une radio locale de Moselle (Direct FM pour ne pas les citer), et lorsque j'ai entendu "Drivers Licence", mon sang n'a fait qu'un tour. Pour tout dire, j'ai même pensé que c'était un morceau inédit de Julien Baker. Oui, à ce point. Du coup, à la sortie de SOUR, Je n'ai pas hésité même si j'avais une petite appréhension que ce single ne soit qu'un feu de paille. Mes doutes se sont envolés dès "brutal", un morceau qui commence avec des cordes avant de se lancer dans un riff que ne n'aurait pas renié les Pixies ! Et ce refrain, un peu gueulé avec un max de disto sur la voix fait carrément son petit effet. On emballe tout ça en 2 minutes 24, et si c'est 35 minutes sont de cet acabit, on va avoir droit à une galette de choix. Comme on pouvait s'en doute malgré tout, on navigue entre des eaux pop-radio, pop-rock, et aussi un peu pop tout court. "traitor" calme le jeu et prouve que la pitchoune a du coffre et que cette influence Julien Baker et son côté aride n'était pas dû au hasard. Quel beau titre, quel beau refrain, quelle émotion ! Et il faut ne pas avoir de cœur pour ne pas avoir les frissons sur "drivers licence", sur la ballade piano/voix "1 step forward 3 steps back", "enough for you" et comme il faut non plus oublier de secouer le cocotier, on balance des morceaux qui en ont sous la semelle ("good 4 U") ou encore ultra groovy comme "jealousy, jealousy" et "deja vu". Et puis, on termine en beauté avec "hope ur ok", qui montre à quel point on peut faire beaucoup avec peu. Et quelle putain de performance vocale ! Olivia est à l'aise dans tous les registres et on sent un caractère déjà bien affirmé dans ses compositions (qui ont été produites et co-écrites pour 8 titres sur 11 par Dan Nigro, qui n'est autre que le frontman des excellents et feu-As Tall As Lions, groupe indie-emo signé sur Triple Crown Records). SOUR est donc une belle promesse d'avenir et un album vraiment très bon. Bien entendu, c'est calibré (11 titres en 35 minutes) et léché, mais Olivia Rodrigo a mis les deux pieds dans le plat et ce disque est une excellente surprise. On a déjà hâte d'entendre la suite. 

4/5
Recommmandé si vous aimez :
Julien Baker, Taylor Swift, Paramore

Guillaume W. 

dimanche 23 mai 2021

Chronique Express : Citizen - Life In Your Glass World

On ne sait jamais à quoi s'attendre avec Citizen. On a même carrément l'impression qu'à chaque nouvel album, la bande prend le contre-pied de son prédécesseur. Life In Your Glass World ne déroge pas à la règle, et se veut un virage à 180° par rapport à As You Please, sorti il y a maintenant trois ans. L'expérience aidant, la tête pensante du groupe, Mat Kerekes a décidé de construire son propre studio chez lui, et de produire ces 11 nouveaux morceaux. Et un sentiment se dégage (qui se dégageait déjà des clips sortis en amont), c'est le côté très british et dansant de la grande majorité des titres. La production est brute, proche de l'os, met la section rythmique bien avant, avec cette basse qui pulse constamment. Dès l'ouverture et cette double pénétration auditive "Death Dance Approximately" (dont l'intro pue le At The Drive-In à plein nez d'ailleurs) et "I Want To Kill You" sont tout simplement deux tubes dansants à souhait aux refrains catchy as fuck, qui rappelle l'énorme début de Bloc Party, Silent Alarm. Cette influence parcourt une bonne partie des titres, mais la patte Citizen est tellement forte que cela ne fait que renforcer leur identité sonore. "Blue Sunday" donne dans le mid-tempo avec ces lignes à la limite du spoken word sur les couplets avant de nous filer le frisson sur le refrain, tandis que "Thin Air" se la joue carrément plus poppy (assez proche du Turnover de Good Nature) pour revenir sur le côté hyper groovy avec "Call Your Bluff" et l'énorme "Black And Red" (et ce riff piqué à Blur) et balancer des guitares énormes sur le plus expérimental "Pedestal" pour nous achever sur la sublime "Winter Buds". On a cette sensation que le groupe pourra partir dans n'importe quelle direction, ils arrivera toujours à sortir son épingle du jeu. C'est encore le cas avec Life In Your Glass World, qui est une vraie réussite, où la voix de Mat joue le rôle de fil conducteur tout au long de ces 38 minutes (d'ailleurs jetez vous sur son projet solo si ce n'est pas déjà fait). Le désormais trio continue son petit bonhomme de chemin, en se souciant seulement de ses propres envies, et en restant reconnaissable entre mille. Et cette quatrième réalisation est à nouveau une franche réussite, exigeante, aboutie et remplie d'émotions. 

4/5
Recommandé si vous aimez :
Bloc Party qui reprendrait Brand New

Guillaume W. 

vendredi 21 mai 2021

Chronique Express : We Were Sharks - New Low

Le voici le nouvel et deuxième long jeu des Canadiens de We Were Sharks. Le groupe se définit lui-même comme du True North Pop Punk (en référence à leur origine nord-américaine) et à l'écoute de New Low, difficile de les contredire. Il y a trois ans, la bande avait fait son apparition sur la scène avec un premier effort bien senti, Lost Touch. Des tubes à la pelle et une patate du feu de dieu, un poil noyé dans la masse, mais ça gardait largement la tête hors de l'eau bien comme il faut (après avoir brisé la glace bien entendu). On ne peut pas dire qu'on perd du temps en préliminaires avec New Low. We Were Sharks envoient 10 titres dans la demi-heure réglementaire. "Shameless" ouvre le bal et défonce tout sur son passage. Premier morceau présenté sur la toile, il fait toujours un bel effet avec ce refrain bondissant et ses guitares rugissantes : un tube emballé et pesé en 2 minutes et 48 secondes. Et vous en reprendrez bien une deuxième couche avec "Bring Me Down", tout aussi véloce et catchy que sa petite sœur. Ça part sur les chapeaux de roue, y'a pas à chier. Le reste de la galette se déroule sans encombres entre morceaux plus mid-tempo ("Problems" et son refrain weezer-ien, "Over This" plus modern pop-punk à la All Time Low mais au refrain toujours aussi contagieux, la ballade "Burning House") avant de repartir toutes guitares dehors avec "New Low" et toujours la science du refrain qui tue et qui vous fera bondir du canapé, pour terminer sur "Ready To Go" et ses chœurs énormes. Voila, c'est fini, et le signe qui ne trompe pas, c'est qu'on revient sur New Low avec plaisir. Les morceaux se retiennent en moins de temps qu'il ne fait pour les écrire et c'est du pop-punk comme on l'aime : ensoleillé, de la mélodie en veux tu en voilà, des refrains accrocheurs à tous les coins de rue, et où les codes du genre sont parfaitement respectés. Peut être même un peu trop car même si We Were Sharks savent où ils vont, et que les morceaux sont parfaitement exécutés, les Canadiens surfent sur une vague sans y apporter leur personnalité, et sonnent encore trop proche de leurs influences majeures. Ce n'est pas un mal, mais il faudra qu'à l'avenir ils puissent sortir de leur zone de confort pour tenir l'auditeur en halène au delà de l'été. En attendant, ne boudez pas votre plaisir car cette nouvelle livraison fait exactement ce que l'on attend d'elle. Un disque simple, fun et accrocheur. Pour les fans du genre, on peut largement faire un plus mauvais choix. 

3,5/5
Recommandé si vous aimez :
Hit The Lights, New Found Glory, All Time Low

Guillaume W. 

samedi 8 mai 2021

Chronique : Weezer - Van Weezer

Van Weezer, c'est le 15ème album de Weezer. Van Weezer est aussi l'opposé le plus complet à Ok Human, qui faisait plus dans le pop de chambre, hyper orchestré, et une belle surprise au final. Dès la pochette, au titre de la galette (référence à peine déguisée à Van Halen), aux singles postés, pas de surprise, Weezer a sorti les guitares du placard, solos compris et rend hommage au hard-rock et au metal des 80's. 

Quoi Weezer qui sort un album de metal ? Prenons une très grande inspiration avant de raconter n'importe quoi. Oui Weezer se la joue hard-rock/metal, mais bien entendu à la sauce Weezer. Impossible de ne pas reconnaître la patte Rivers Cuomo sur tous ses morceaux. Mais bordel, ça passe tellement bien. Il y a des riffs, des riffs, des riffs, des hommages à leurs idoles de jeunesse, et du refrain catchy à la pelle. Prenez "Hero" pour voir, et bien vous avez tous les ingrédients de ce Van Weezer. Un hard-rock/poppy FM (oui ça pique les yeux quand on y pense) que seul Weezer pouvait écrire. "All The Good Ones" s'ouvre sur un air de Def Leppard (un Def Leppard où le batteur aurait toujours ses deux bras), "The End Of The Game" se lance dans un tapping du feu de dieu, tandis que "I Need Some Of That" balance des coeurs Aerosmith-iens sur le refrain. Et le point commun des tous ces morceaux ? Qu'est ce que c'est accrocheur. 

Dès la première écoute, on connaît les refrains par coeur, on tape du pied, on bouge la tête, c'est fun, simple, court (31 minutes pour 10 titres) et Van Weezer ne fait clairement pas dans la dentelle et pompe même l'intro de "Enter Sandman" de Metallica sur "1 More Hit" et "Blue Dream" aime énormément "Crazy Train" d'Ozzy Osbourne. 

Mais vous savez quoi, on y trouve notre compte même si on est pas fan de tous ces groupes à qui Weezer veut rendre hommage, car on y retrouve toujours la patte de Weezer. "Sheila Can Do It" est du Cuomo 100% pur jus, "Beginning Of The End" est une version pleine de paillettes de Pinkerton, "She Needs Me" s'ouvre sur une mélodie d'un mid-tempo grunge 90's et "Precious Metal Girl" referme ce nouvel album sur une ballade guitare/voix simple et cheesy. 

Weezer est désormais connu pour être capable de tout, et parfois tout simplement n'importe quoi, à tel point qu'on ne sait plus jamais à quoi s'attendre à la sortie d'un de leurs albums. Et finalement ce Van Weezer est un tour de force, sans se réinventer mais tellement fun et accrocheur, et surtout taillé pour le live, avec des jets de flamme, des soutifs et des culottes qui volent sur scène. Et surtout qui donne méchamment envie de se lancer dans du air guitar. Weezer fait donc du Weezer, pour le meilleur et pour le pire. Et pour le coup, on a droit au meilleur. 

4/5

Guillaume W. 

jeudi 6 mai 2021

Chronique : Dropkick Murphys - Turn Up That Dial

Pour fêter leur 25ème anniversaire, les Murphys se sont offerts une bien belle galette. Pas celle au sarrasin, même si l'étroite relation entre l'Irlande et la Bretagne remonte au VIème siècle, non celle plutôt houblonnée où la sueur est indissociable de la bromance. De la verte Irlande, Dropkick Murphys nous balancent toujours la ferveur des pubs après quelques pintes. Ce dixième album, Turn Up That Dial, est dans le plus pur esprit des DKM : celtique, punk, festif et parfois légèrement subversif, même si la politique n’est pas au centre des boys de Boston, un peu plus léger aussi par rapport au dernier 11 Short Stories Of Glory And Pain (2017). 
 
« Nous espérons juste que cet album va permettre aux gens de s'évader ... Il y a 25 ans, un mec m'a parié 30 dollars que je ne pouvais pas former un groupe en trois semaines pour assurer sa première partie ... Notre message est donc très clair : lève ton poing et joue la musique à fond ! ». The boys are back ! L’album s’ouvre sur la chanson titre "Turn Up That Dial" et le moins que l'on puisse dire c'est que les gars sont bien de retour. Accordéon, mandoline, péchu, optimiste... le cocktail est bien présent pour festoyer avec les copains !!! "L-EE-B-O-Y" arbore fièrement la même recette festive, une ode écrite pour Lee Forshner, le joueur de cornemuse du groupe. 
 
L'influence celtique traditionnelle prend le dessus sur des morceaux comme "Queen Of Suffolk County", "H.B.D.M.F" et la petite pépite "City By The Sea" qui nous invite à retourner profiter de l'air iodé de l'Atlantique. Les sonorités punk ne sont pas oubliées avec "Smash Shit Up" et "Chosen Few", véritable appel à l'unité nationale et critiques acerbes des hommes politiques. Mention spéciale pour "Nick Jones Nicked My Pudding", où l'on apprend que Mick Jones, guitariste des Clashs adore les desserts, surtout ceux des autres... "Wish You Were Here" conclut l'album, un dernier adieu au père décédé d’Al Barr, Woody. 
 
Vous l'aurez compris, Turn Up That Dial se recentre sur le "cœur de métier" du groupe. Les Bostoniens ont su évoluer tout en en restant fidèles aux influences musicales de leur ADN. Je conseille vraiment cet album, peu importe qu’on soit seul chez soi ou à claquer des pintes entre potes, légende d’un autre temps… 

4/5

Romain B.

mardi 4 mai 2021

Chronique Express : Authority Zero - The Back Nine (EP)

Après avoir sorti sept album studio, les natifs de l'Arizona mettent sur le tapis un premier EP. Solidement enraciné dans le genre skate-punk, le quatuor propose un disque explosif tout en gardant le mélo qui le caractérise. Produit par Cameron Webb (Pennywise, Sum 41, Motorhead ...), The Back Nine veut pe(a)nser l'avenir comme le dit le Frontman Jason Devore "ce sont 5 chansons qui oscillent entre le bien et le mal, avec l'intention d'amener les gens vers un meilleur état d'esprit par rapport à la crise que l'on a connu ..." Le compte à rebours est lancé, 5 morceaux qui passent aussi vite que les platanes le long d'une départementale de province. Les très catchy "Ollie Ollie Oxen Free" "The Back Nine" et "Have you Ever" montrent une nouvelle fois qu'Authority Zero est au-dessus de beaucoup de groupes qui semblent se contenter de la formule - jouer trois accords vite- "Fire Off Another et "Seas And Serpents" se montrent plus mid-tempo avec un Jason Devore impeccable à la voix. Certes, on note une influence marquée de Bad Religion ou Pennywise mais servez vous, Authority Zero n'a besoin de personne pour livrer un discours intelligent au service de mélodies efficaces. Et ce n’est déjà pas rien.

3,5/5

Recommandé si vous aimez : Bad Religion, Pennywise, Face To Face

Romain B.

samedi 24 avril 2021

Chronique : Paerish - Fixed It All

Paerish
, c'est un quatuor parisien qui avait fait forte impression avec son premier long jeu fin 2016, Semi-Finalists. A l'époque, si l'album avait été produit maison, ils avaient déjà eu le nez creux en confiant le mastering au gourou de la scène shoegaze-grungy (mais pas que), Will Yip. Fixed It All va plus loin, et a mis les petits plats dans les grands puisque cette fois-ci direction les USA, Philadelphie plus précisément. Et puis, tant qu'à aller à Philly, autant se faire produire par le maître en la matière. 

Et cela ne trompe pas, puisque dès le riff d'intro du morceau-titre, on jurerait être sur un disque de Nothing, et bordel, ce n'est pas un petit compliment. Grungy avec des passages shoegaze, des guitares énormes et une section rythmique aux petits oignons. La suite ne se fera pas prié puisque la bande ne faiblit pas d'un pouce : "Archives" (et son superbe refrain), l'énorme "Journey Of The Prairie King", la mid-tempo "Albert Suffers" (un des plus beaux titres de l'album où on reconnaît l'influence des Smashing Pumpkins période Siamese Dreams) ou encore l'énervé "412". Mais Paerish sait aussi incorporer des influences plus pop sur certains morceaux, ne serait-ce que pour varier les plaisirs, comme en témoignent "Mike + Susan", ou encore "Violet" et "Water Doctor" qui font penser à un croisement entre Weezer et The Pixies. 

Et puis comme on ne néglige rien, on a aussi droit à un featuring du chanteur des excellents Movements sur "You & I" et Fixed It All se clôt sur la plus belle des manières avec "Hollow" qui reprend tous les ingrédients de la galette dans un seul et même morceau : lourd, mélodique et émotionnel. Que demander de plus ? 

Fixed It All est un disque moderne (ça ne sonne jamais daté) et nostalgique à la fois (on se revoit au lycée avec notre discman anti-shock 45 secondes bien calé dans le Eastpack). Comme beaucoup de groupes, ils ont puisé dans leurs influences adolescentes (celle des 90's) et y ont incorporé des sonorités proches des groupes avec lesquelles ils partagent la scène d'aujourd'hui. C'est aussi un album dans l'air du temps, hyper bien construit, accrocheur comme il faut, et bien évidemment produit à la perfection. Oui, bien sûr, d'autres groupes ont sorti et continueront à sortir des albums dans le genre, et oui, on sent leurs influences. Mais quel sens de la mélodie, et quel songwriting affuté ! Et puis, on n'est pas peu fier de se dire que c'est un groupe français, qui non seulement sonne à l'américaine, mais surtout et c'est assez rare pour être souligné, sonne aussi bien que les groupes américains. Si ce n'était pas déjà fait, on ne saurait trop vous conseiller de jeter une oreille, et même carrément les deux, à ce Fixed It All, car il y a de fortes chances qu'il se retrouve très bien placé dans les tops de fin d'année. Avec une galette de cette qualité, c'est même une évidence. 

4/5

Recommandé si vous aimez : Nothing, Superheaven, Title Fight

Guillaume W. 

vendredi 16 avril 2021

Chronique Express : Pale Waves - Who I Am ?

Deux ans et demi après My Mind Makes Noise, le quatuor de Manchester, Pale Waves est de retour avec Who I Am ? Et dès l'artwork, on a une odeur de 90's ultra prononcée. Avec les premières mesures de "Change", le constat est sans appel. Après avoir rendu hommage aux 80's (et notamment The Cure) sur leur prédécesseur, ici, on avance d'une décennie. Les 4, menés par la voix d'Heather, ne perdent pas de temps en fioritures et passent en revue le pop-rock radio qui faisait fureur dans les 90's. Et là où ils auraient du se prendre les pieds dans le tapis et finalement ne faire que parodier les artistes qui les influencent, on est dans l'hommage (parfois appuyé certes) et surtout dans le tube absolu. C'est bien simple, impossible de rester insensible à ces titres, à la fois charmants, bien foutus et surtout catchy as hell. La recette est simple et suit au gramme près le schéma couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain, c'est frais et complètement dans l'air du temps. On sait d'avance où vont aller les morceaux mais on arrive pas du tout à décrocher de ce disque (essayez juste "You Don't Own Me" et ce refrain qui restera scotché sans qu'il soit possible de s'en débarrasser), qui nous rend à la fois nostalgique d'une jeunesse désormais lointaine où Hartley Coeurs à Vif (Drazic bordel, Drazic, à cause duquel tous les mecs voulaient un piercing à l'arcade) et Dawson (Joey, bordel Joey, dont on était tous secrètement amoureux, en tout cas ça se voyait moins que chez ce gros lourdaud de Dawson) étaient nos rendez-vous télévisuels de collégiens/ados boutonneux. 34 minutes trop courtes, mais qui font un bien fou. A ne pas manquer !

4/5
Recommandé si vous aimez :
Avril Lavigne, Alanis Morissette, Natalie Imbruglia

Guillaume W. 

mardi 6 avril 2021

Chronique Express : Nothing, Nowhere - Trauma Factory

Depuis un an, une déferlante de rappeurs voulant absolument se mettre au pop-punk sévit dans la scène, avec peu de réussite (Machine Gun Kelly), et souvent même de manière catastrophique (Mod Sun). Au contraire, Nothing, Nowhere, Joseph Edward Mulherin de son petit nom, est un emokid pur jus qui aime le hip-hop. Et qui en fait d'ailleurs, car ce Trauma Factory est son quatrième album (le deuxième pour Fueled By Ramen), et probablement le plus varié. Du spoken word, du pop punk, du hip hop, du post hardcore, bref un sacré melting pot. Le morceau-titre qui sert d'introduction à l'album est un mélange de guitares atmosphériques et de parties parlées, avant de plonger tête première dans "Lights", un morceau que n'aurait pas renié The Weeknd, catchy à souhait, entre hip-hop et électro pop. Si la base rap est présente dans de nombreux morceaux, cela n'empêche pas le bonhomme de s'aventurer dans tous les styles qu'il affectionne. Plus rock sur "Buck" ou "Upside Down" (avec ses arpèges à la limite de l'emo-midwestern), quasi 80's sur "Love Or Chemistry", les excellentes "pain place" et "blood" (et sa basse new wave en diable), pure hip-hop grosse basse sur "exile", carrément pop-punk sur le tube "fake friend" et "nightmare", et même ultra bourrine sur "death" (très influencé par Fever 333 entre rap et hardcore). Ce mélange de styles totalement à l'opposé devrait forcément se casser la gueule à un moment ou un autre, mais pourtant, ça fonctionne, car il y en pour tout le monde. Et que derrière cette variété dans les titres, il y a une étrange cohérence et une atmosphère particulière qui se dégagent de Trauma Factory. Ce n'est pas un hasard si sur "barely bleeding" qui clôt la galette, on démarre sur une partie guitare/voix à la Dashboard Confessional (qui a d'ailleurs été l'invité du morceau "Hopes Up" sur l'album Ruiner) avant de passer à un pure moment d'emocore à la Finch. Si, si, vous avez bien lu ! Preuve supplémentaire que le bonhomme connaît ses classiques et ne fait pas ça par simple opportunisme (il est un fan absolu de Mineral et The Promise Ring), mais qu'il se donne la possibilité de faire entendre toutes ses influences dans un seul et même disque. Cette nouvelle livraison est en tout cas son album le plus abouti et le plus varié. Et si son plan se déroule sans accrocs, Trauma Factory devrait cartonner. C'est bien tout le mal qu'on lui souhaite. 

4/5

Recommandé si vous aimez : le hip-hop qui aurait trouvé ses influences dans l'emo 90's et 00's


Guillaume W. 

lundi 5 avril 2021

Chronique Express : Wayside - Shine Onto Me

Internet est un outil à double tranchant. Tellement d'infos, tellement de sources, tellement de possibilités qu'on s'y perd au final. Et puis, parfois, au coin du bois, LA découverte qui change tout. C'est un peu ça que l'on ressent à l'écoute de Wayside, et de leur premier long jeu, Shine Onto Me. Duo venant tout droit d'Australie, se décrivant comme un groupe de rock alternatif. C'est un peu vrai mais c'est aussi et surtout pile poil dans cette mouvance grungy-shoegaze qui cartonne en ce moment. Et dès les premières minutes de "Room 22", on se dit qu'on va prendre un pied pas possible. Alors oui, ça arrive qu'un album ait un ou deux singles qui défoncent tout, et puis un paquet de morceaux de remplissage. Mais pas ici. Car en 11 titres et 40 minutes maîtrisées de bout en bout, les deux compères offrent de la mélodie qui fait mouche, de l'émotion en veux-tu en voilà et des guitares atmosphériques à ne plus savoir où donner de la tête. Un son familier, planant et prenant de bout en bout. Le riff d'ouverture de "Room 22" vous fera bondir de votre chaise, les BPM s'affolent sur "Cherophobia", l'émotion atteint des sommets sur "Moonflower", le grunge prend le dessus sur "Ill Fate pt I" ou encore la rentre dedans "Perfume Days", et le shoegaze reprend ses droits sur le sublime morceau-titre. Bordel de nom de dieu, quelle grande classe. Sans inventer un son nouveau mais en y mettant tous les ingrédients avec une classe pas possible. Wayside est à coup sûr LA découverte de cette année 2021 et une des disques qui se fera une place très haut dans les listes de fin d'année (oui oui, déjà !). A ne rater sous aucun prétexte. 

4,5/5
Recommandé si vous aimez :
Rare de Hundredth, The Things We Think We're Missing de Balance & Compsoure, Earth Is A Black Hole de Teenage Wrist, NVM

Guillaume W. 

dimanche 4 avril 2021

Chronique Express : Erra - S/T

Erra is back baby! Trois ans après Neon, le quintet de l'Alabama est prêt à lâcher son cinquième album, éponyme celui-ci. Pas besoin de plus de quelques secondes pour reconnaître Erra : des guitares techniques, du tapping, des mélodies atmosphériques, un échange voix claire / voix hurlée à s'en péter la jugulaire, et des refrains qui font dresser les poils du cul (même si on n'en a pas d'ailleurs) et des breaks tout en 0's qui sont capables de défoncer tout un pit. En clair, Erra fait du Erra, un mélange de metalcore, de post-hardcore et d'emocore, avec une louche de progressif (les fans de Tool comprendront). Mais sur cette nouvelle livraison, la bande met encore plus en avant Jesse et sa voix claire tout simplement sublime. D'ailleurs, on sent que le projet solo du bonhomme, Ghost Atlas a eu une grosse influence sur ce disque, car sa touche est flagrante sur un paquet de titres. Prenez la triplette d'ouverture, "Snowblood", "Gungrave" et Divisionary", et vous avez le son Erra. C'est burné et puis ça vous cajole, et cette complémentarité vocale et vraiment LA force de la bande, tant c'est maîtrisé. Capable de coup de sang sur "House Of Glass", "Scorpion Hymn" (ce break !), "Eidolon" (et son riff Killswith Engage-esque) ou de passages entièrement mélodiques (ses guitares bon sang de bois) sur "Electric Twilight" ou la superbe "Vanish Canvas". Et ici, Erra réussit presque à gommer son principal défaut : le manque de variété au sein même de leurs albums. Ces 11 nouveaux morceaux sont les plus catchy de la carrière du groupe et si Saosin est en pause plus ou moins forcée depuis quelques temps, son remplaçant est tout trouvé ("Memory Fiction" qui clôt le disque en est une preuve de plus, tout en voix claire et en émotion). En plus rentre dedans, c'est un fait. Si les fans de la première heure reprochent justement cette tournure beaucoup plus mélodique, comment leur en vouloir quand c'est si bien foutu ? La technique n'écrase jamais la mélodie et on n'est pas dans la bête branlette de manche juste pour faire dans la démonstration. Ce S/T est accrocheur et bourrin, et un régal pour les oreilles. 

4/5
Recommandé si vous aimez :
Saosin qui auraient jammé avec Underoath


Guillaume W.  

samedi 3 avril 2021

Aaron Matts quitte Betraying The Martyrs et dévoile son nouveau groupe ten56

Après 10 ans de bons et loyaux services au sein du groupe français Betraying The Martyrs, quatre albums, une multitude de tournées et de prestations sur les scènes du Download Festival Paris ou du Hellfest, Aaron Matts tire sa révérence ! Le chanteur a annoncé son départ ce vendredi 2 avril, au grand regret des fans - qui attendent désormais de découvrir l’identité de son remplaçant au sein de Betraying The Martyrs. Mais qu’ils soient rassurés : quelques heures plus tard, le chanteur a dévoilé son nouveau projet, ten56. Alors certes, on pourrait se dire « Tiens, un énième nouveau groupe français qui va tenter de se faire sa place sous le soleil », mais cette formation-là a de quoi retenir notre attention. Au côté d’Aaron Matts, nous retrouvons Nicolas Delestrade de Novelists à la basse, Arnaud Verrier d’Uneven Structure à la batterie, Quentin Godet de Kadinja et Luka Garotin aux guitares. Rien que ça, oui. Un super-group made in France signé chez Out Of Line qui risque de faire rapidement parler de lui, et qui est d’ores et déjà prêt à dégainer les premiers sons enregistrés.


Le premier single du groupe, "Diazepam", sera dévoilé le 9 avril. En attendant d’en entendre davantage, voici dans un premier temps le visuel du single ainsi qu’une courte vidéo teaser que nous trouvons plutôt prometteuse - jugez par vous-mêmes.









WELCOME TO 'ten56.'! Thank you for sticking around and always showing support! DEBUT SINGLE / MUSIC VIDEO for 'DIAZEPAM...

Publiée par Ten56 sur Vendredi 2 avril 2021
Alors, curieux d’entendre ce que ça donne ? Comment imaginez-vous ce nouveau son ? 


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vendredi 5 mars 2021

Chronique : A Day To Remember - You're Welcome

Après un année et demie à nous faire tourner en bourrique, il est ENFIN là ce nouvel album d'A Day To Remember. On pourra dire que ce You're Welcome s'est fait attendre, mais bon si on est bienvenu, fonçons donc écouter ces titres. Alors, avec une certaine appréhension malgré tout, car il faut bien avouer que tous les singles proposés en amont de la sortie officielle n'ont pas été hyper rassurants. 

La chose qu'on peut leur laisser, c'est que la bande n'avait pas menti pendant les interviews lorsque Jeremy McKinnon annonçait qu'il s'agissait de leur album le plus varié. Difficile de faire plus grand écart en effet. Normalement, lorsqu'on écoute un album d'A Day To Remember, on pousse les meubles du salon pour mosher sans risquer de casser le mobilier. Là, on n'en aura pas franchement besoin. Oui, ils nous ont habitués à mixer le pop-punk ensoleillé avec le hardcore de bad boys, et d'ailleurs on s'est bien foutu de leur gueule au départ et quand on voit maintenant tous les groupes qu'ils ont influencés, ils avaient eu le nez creux. 

Et pourtant, ça commence plutôt pas mal avec "Brick Wall", qui, même si les parties s'emboîtent de manière étrange, le morceau possède un refrain catchy et un mosh part comme on les aime chez eux. Ca n'apporte rien de neuf, mais ça fonctionne bien malgré tout. "Mindreader", que l'on connaît aussi, joue clairement plus dans le registre pop-punk, mais pareil ça passe sans soucis, même si on a quand même l'impression d'entendre d'autres morceaux de la bande. Et la suite... Bah la suite, c'est "Bloodsucker", un vague morceau acoustique pop de plage que n'aurait pas renié Sugar Ray ou encore le Fall Out Boy des derniers albums. On n'avait pas dit qu'on laissait Sugar Ray bien loin dans nos mémoires ? Ils ont pas dû avoir le mémo les A Day To Remember. Le pire dans tout ça ? C'est que ce n'est pas le seul morceau dans cette veine. 

En fait, on a un morceau ultra pop, un morceau pure A Day To Remember, et ça s'enchaîne comme ça jusqu'au bout ou presque. Du coup, on n'arrive pas à se focaliser sur l'album en entier tellement on passe d'un extrême à l'autre. L'autre extrême, c'est le morceau qui suit, "Last Chance To Dance (Bad Friend)" (avec la très cool "Resentment"), certainement une des compositions qui auraient pu se trouver sur l'excellent (leur meilleur ?) Homesick, et une chose est claire, le mosh part final va défoncer plus d'un pit. Du A Day To Rememeber on ne peut plus classique mais ça fait du bien par où ça passe, y'a pas à tortiller du cul pour chier droit. 

Mais à peine a-t-on le temps de bouger les meubles de place, qu'on se fait à nouveau chier comme des rats morts avec "F.Y.M" (pour Fuck You Money), qui sonne tout simplement comme un morceau d'All Time Low. Pas mauvais en soit, mais on a l'impression d'avoir entendu ce genre de titres 1000x déjà. "High Diving" fait dans l'electro-pop (à nouveau pas éloigné du tout d'un All Time Low) avec un refrain que les Jonas Brothers ne renieraient pas. Oui on est là. "Looks Like Hell" et "Only Money" et leur loop de piano, sont à nouveau des pseudo-ballades que le Linkin Park de One More Light auraient pu écrire. Quelle chiasse bordel ! C'est cheesy à souhait, et même si la seconde passe mieux, purée on commence à se dire que ça ne sent pas bon du tout.

Heureusement, certains morceaux comme l'énorme "Permanent" (l'un des meilleurs passages de la galette), ou encore les plus pop-punk et New Found Glory-esque "Degenerates" ou "Viva La Mexico" réussissent à marquer des points, pas forcément parce que ce sont des morceaux fabuleux mais tellement au-dessus de certains autres qu'on prend le plaisir là où on peut. Et la désormais classique ballade acoustique "Everything We Need" clôture l'album comme on pouvait s'y attendre : sans surprise. 

Ils avaient reporté leur album pour quelles raisons déjà ? Peaufiner les détails et bosser sur l'artwork. Et ben bordel, si l'artwork de base était pire que celui-là, ça devait être quelque chose. Pourtant, rien qu'à ce niveau-là, les natifs d'Ocala ont toujours été plutôt au point. Là, c'est juste moche. 

A Day To Remember coche énormément de mauvaises cases avec ce septième album (faute de leur signature chez Fueled By Ramen ?). You're Welcome pousse le son du groupe dans tous les (mauvais) sens, et part dans beaucoup trop de directions pour qu'on arrive à s'y accrocher. Pris individuellement, on arrive à ressortir des chansons vraiment bonnes. Mais au final, même les bonnes chansons sont bien en-dessous de ce que le groupe a pondu par le passé. Et ce disque est handicapé par trop de morceaux chiants comme la pluie sur un velux un dimanche d'automne. Et quand on dit mauvais titres, You're Welcome comporte certainement les plus mauvaises compostions du groupe. 

Au final, on est peut être welcome avec le titre de la galette, mais on envie de se barrer très très loin à son écoute. Car en allant jusqu'à s'auto-parodier, A Day To Remember a sorti un disque on ne peut plus inégal et on skippera volontiers une bonne partie des chansons, car pas au niveau. Et puis, mêmes dans ses meilleurs moments, on a du mal à s'emballer car on a la sensation de connaître ces mélodies par coeur, en mieux. Bad Vibrations annonçait déjà un déclin de la part du groupe et You're Welcome ne fait malheureusement que confirmer la tendance. Et comme le disait New Found Glory "And It's All Downhill from here". Pour un des albums les plus attendus de cette année 2021, c'est une énorme déception. 

2,5/5

Guillaume W. 

mercredi 24 février 2021

Chronique : Architects - For Those That Wish To Exist

Architects tentent une Bring Me The Horizon. Ça pourrait presque être la seule phrase de cette chronique tant la comparaison a été martelée à chacun des nouveaux morceaux présentés en amont de la sortie officielle de leur  9ème album, For Those That Wish To Exist. 15 nouveaux titres à se mettre sous la dent pour prêt d'une heure de musique, c'est couillu de sortir un disque aussi long en 2021. 

Pour les fans de la première heure qui ont crié au scandale, il ne faudrait pas oublier le fait que la bande a déjà évolué par le passé, et pas qu'un peu. A la sortie de l'excellent The Here And Now en 2011, les 5 de Brighton avaient opéré un virage post-hardcore bien plus mélodique et proche d'un Alexisonfire. Et puis, soyons honnête, ça fait plusieurs albums que le groupe, même s'il reste extrêmement fort techniquement, commençait à méchamment tourner en rond et il devenait parfois difficile de différencier les titres au sein même d'un album. Cette nouvelle livraison est un sacré morceau à avaler, mais finalement pas tant que ça à digérer. Car là où Holy Hell était une agression quasi constante (peut être dû au fait qu'il s'agissait du premier disque depuis la mort de leur guitariste Tom Searle), For Those That Wish To Exist en est son opposé presque parfait. Attention, il y a des passages agressifs et bourrins comme il faut mais jamais en allant aussi loin. Bien au contraire. Et aucun des singles présentés, de la plus rentre dedans "Animals" à la plus mélodique et atmosphérique "Dead Butterflies", du très gros break de "Black Lungs" et à la heavy rock de "Meteor", ne peut se targuer d'être dans la violence pure. Architects n'est plus tout à fait le même groupe et a opté pour un changement de direction brutal. Pour les fans, mais aussi pour leur carrière.  

Car oui, Architects n'a jamais sonné aussi mélodique, et même radio-friendly par moment. Qui aurait pu imaginer ça, il y a encore quelques mois ? Peu de monde. On savait que Sam Carter était capable de chanter sans se péter la jugulaire à chaque ligne, mais une telle variété dans son chant est proprement impressionnante. D'ailleurs les parties réellement hurlées se font très rares. Et au final, ces singles sont représentatifs de l'album dans sa globalité. Il y a un peu de tout pour tout le monde. Du rock burné de "Giving Blood", l'atmosphérique et explosive "Discourse Is Dead", l'énorme "Impermanence" avec le chanteur de Parkway Drive, "Little Wonder" avec en guest surprenant Mike Kerr de Royal Blood et "Goliath" avec le chanteur de Biffy Clyro (ce riff et ce refrain bordel de merde !). Oui, le guest c'est cool, mais surtout ici puisqu'ils apportent un bonus au morceau. Et c'est parfaitement le cas. Et que dire de la sublime "Flight Without Feathers" qu'on croirait échappé de la partie Air de Alchemy Index de Thrice (influence qu'on retrouve d'ailleurs assez souvent sur ce disque) ? Si ce refrain ne vous file pas le frisson absolu, c'est à n'y rien comprendre. Et puis, finir ce disque sur le morceau le plus calme et orchestral que le groupe ait jamais pondu, c'était aussi quitte ou double. Et ça fonctionne, comme pour finir sur une bouffée d'oxygène après ce qu'on vient de prendre en pleine poire pendant les 14 titres précédents, tellement les changements de style sont nombreux, mais toujours en conservant une ligne directrice bien définie, et une cohérence malgré tout. 

Oui, Architects tentent une Bring Me The Horizon. Mais on est loin, très loin de amo en terme de son. il y a bien des passages qui font penser à la bande à Oli, c'est une évidence mais For Those That Wish To Exist reste vraiment ancré dans la scène, en variant les plaisirs, et surtout, 17 ans après sa formation, le groupe cherche à passer le dernier palier avant le boss final : le mainstream. Et c'est aussi pour cette raison qu'il est paradoxalement un album risqué. Certains diront que c'est un album facile. Ce n'est pas faux non plus, car là où le groupe nous avait habitué à des structures alambiquées, ici tout est millimétré. Le schéma de chaque morceau est optimisé et reste dans le classique couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain. On aura même du mal à les reconnaître par moments. Mais que c'est efficace ! Ajoutez à cela des invités de choix, et vous avez un des gros disques de 2021 : varié, rentre dedans, mélodique, spatial et extrêmement catchy, quitte à y perdre une partie de son identité en cours de route. C'est aussi un album qui va enthousiasmer autant qu'il va décevoir, mais qui ne laissera, à coup sûr, pas indifférent. A ne pas manquer donc. 

4/5
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Guillaume W. 

mercredi 17 février 2021

Chronique Express : Mod Sun - Internet Killed The Rockstar

Après Machine Gun Kelly l'an dernier, Derek Ryan Smith aka Mod Sun, sort un album de pop-punk, le bien-nommé Internet Killed The Rockstar. Si Tickets To My Downfall de MGK était un hommage gentillet et appuyé à son amour immodéré pour blink-182, quelques titres se voulaient très accrocheurs, mais on restait quand même grandement sur notre faim, tant les compositions avaient toutes les peines du monde à tenir la route sur la longueur. Un album à usage unique, aussitôt écouté, aussitôt oublié. Alors que vaut ce Internet Killed The Rockstar, qui surfe sur la vague des rappeurs passant au pop-punk ? Alors déjà, pour le background, le bonhomme n'est pas un inconnu de la scène puisqu'il a été le batteur de la formation emocore Four Letter Lie, mais aussi de Scary Kids Scaring Kids. Pas un manchot donc, et d'où le fait qu'on le voit jouer de cet instrument dans "Flames". Incroyable, non ? Bon trêve de blabla, allez hop, galette dans les oreilles et c'est parti. "Karma", qui ouvre le disque est un morceau de pop-punk dans la plus pure tradition blink-182. Un refrain méchamment catchy plus tard, on a simplement la sensation d'avoir une Face B du disque de Machine Gun Kelly, qui est lui-même était déjà une repompe du trio de Mark Hoppus. Malheureusement, ça se gâte très vite. Parce que ce titre est finalement le seul à avoir une vraie base pop-punk. "Bones" part très rapidement vers l'électro-pop sans saveur, "Flames" avec en guest Avril Lavigne, est une ballade cheesy à souhait, tout comme "Prayer". On retrouve une pointe de rock sur "Betterman" et la cool "Annoying" (et l'infuence blink qui va avec), du hip-hop/r'n'b sur "Rollercaoster", et en fait on se rend compte que Internet Killed The Rockstar veut toucher à tout. Là où Machine Gun Kelly voulait réellement rendre hommage aux groupes qui ont bercé son adolescence, Mod Sun va dans tous les sens (jusqu'à la touche electro/reggae/pop de "Pornstar") et se perd en voulant toucher tous les publics. Cet album va très certainement fonctionner chez un public adepte des playlists plus que des albums, car on a la sensation d'être face à une succession de singles collés les uns derrière les autres, sans cohérence aucune. Et après une écoute des ces 11 titres, on jettera rapidement l'éponge. Les titres pop-punk ne sont pas assez bons pour se réécouter, les autres morceaux sont insipides et tellement baignés dans les clichés que Tickets To My Downfall passerait presque pour un chef d'œuvre, c'est dire. Tout du moins, il y avait une vraie ligne directrice chez Machine Gun Kelly. Ici c'est gentil, mais ça s'arrête là. Et quand on dit juste gentil, c'est généralement mauvais signe. Et puis surtout, on a l'impression d'avoir entendu ces titres avant même de les écouter, sans passion, sans aucune prise de risques, en surfant sur les vagues à la mode, sans chercher à aller plus loin que le bout de son nez. C'est d'autant plus dommage que le bonhomme à un vrai background rock derrière lui. Un album pour la génération Tik Tok, qu'on aura oublié aussi vite qu'il est apparu.

1,5/5
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Guillaume W. 

mardi 16 février 2021

Chronique Express : Teenage Wrist - Earth Is A Black Hole

Un changement de line-up majeur (perte de leur chanteur, parti se consacrer entièrement à ses projets solo The Chain Gang Of 1974 et Heavenward), et voici notre quatuor devenu duo, voilà où en est Teenage Wrist à la sortie de leur deuxième long jeu, Earth Is A Black Hole. Avec sa voix cotonneuse et reconnaissable aisément, Kamtin laisse donc un grand vide, surtout lorsque l'on a sorti un aussi bon disque que Chrome Neon Jesus il y a maintenant 3 ans. Alors que faire lorsqu'une partie de l'identité sonore de la bande s'en est allée ? Et bien, changer tout en restant pareil au final. Bon pas tout à fait. Premier constat, le désormais duo a sorti l'artillerie lourde avec ce nouvel album. Il reste du shoegaze, mais il est bien plus dilué dans les compostions du groupe. C'est la touche 90's qui ressort ici de manière flagrante car oui, cette nouvelle livraison fait la part belle aux influences grungy. Deuxième constat, la voix de Marshall colle parfaitement avec les nouvelles aspirations du groupe, mise bien plus en avant dans le mix que sur son prédécesseur. Troisième constat, la production est MASSIVE ! C'est bien beau tout ça mais il faut aussi que les compositions tiennent la route. En amont de la sortie du disque, la bande a choisi de présenter quatre titres. Et ce sont de gros titres. Les refrains sont catchy à souhait et on en redemande. "The Taste Of Gasoline" et "Earth Is A Black Hole" auraient pu sortir du répertoire de Jimmy Eat World tant la voix et les mélodies y font penser, "Yellowbelly" est un chouette mid-tempo qui prend toute sa mesure dans la globalité de l'album et "Silverspoon" fait le lien entre les deux albums, car l'influence shoegaze est prédominante. Et vous savez quoi ? Aussi bons que soient ces titres, ce ne sont même pas les meilleurs ! "New Emotion" (et ses guitares tout droit sorties de Futures de Jimmy Eat World, oui encore eux !) ou encore le one-two punch "High Again" (avec son pont rageur et son refrain en or massif) / "Wasting Time" (à la limite du pop-punk, mais toujours avec cette émotion et ce côté 90's) sont des tubes absolus. Et puis que dire de "Stella", superbe pièce atmosphérique qui filera le frisson à l'auditeur ? C'est simple, Earth Is A Black Hole est un sans faute avec ses 10 morceaux en 33 minutes, intenses et accrocheurs comme pas deux, et qui s'écoute en boucle ! Un disque de 2021 qui sonne comme dans les 90's, à la fois nostalgique et terriblement moderne, on est à la limite du paradoxe temporel. Et c'est absolument immanquable. Mais où est-ce que j'ai foutu mon Discman bordel ?

4,5/5
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Guillaume W. 

mercredi 3 février 2021

Chronique Express : Weezer - Ok Human

A un niveau personnel et évidemment totalement subjectif, j'adore Weezer et leur quatre premiers albums (oui oui j'inclus Maladroit) et j'ai cette relation amour/haine avec eux. Pour un album réussi, on en subit 2 ou 3 bien dégueu. Et depuis l'excellentissime White Album, on reste très largement sur notre faim (impossible par exemple d'écouter les deux derniers en entier). Et il faut aussi reconnaître que la bande a quand même le chic pour sortir de sa boîte lorsqu'on ne les attend pas. Alors que Van Weezer devait voir le jour au mois de mai 2020, ils ont décidé de le décaler à mai 2021, soit un an après ! Et puis, mi-janvier, annonce d'un nouvel album, le bien-nommé Ok Human, qui sortira finalement seulement 15 jours plus tard, le 29 janvier dernier donc. Le premier single, "All My Favorite Songs", est à la fois familier et surprenant. Familier car la mélodie est weezer-ienne en diable, mais surprenant, car au final, on a des cordes, des claviers et très peu de guitares. Une chanson extra poppy, supplément cheese, avec un refrain qui fait son petit effet. et puis, deuxième morceau et puis troisième morceau, et là plus aucun doute possible. Weezer a sorti un album sans guitares. Des cordes, des claviers, oui. Des guitares, NON ! Et si cela surprend au départ, on y prend goût car on reconnaît la patte Weezer et la voix de Cuomo est évidemment reconnaissable en mille. Si aucun morceau n'arrive à la cheville de leurs plus gros tubes, on prend plaisir à les découvrir sous un jour vraiment différent. La très belle ballade "Numbers", ou encore l'utra groovy "Screens", et l'ultra catchy "Here Comes The Pain", vous fera shaker vos bootys sans problème. 32 minutes plus tard, on s'est vraiment pris au jeu, et même si quelques morceaux sont réellement dispensables et bien trop dégoulinants de bons sentiments (oui, oui même pour des spécialistes en la matière comme eux), Ok Human est un album vers lequel on revient, le tout emballé dans un magnifique artwork. C'est un album surprise mais aussi une mise en bouche agréable avant la sortie de Van Weezer, qui promet d'être blindé jusqu'à la gueule de tubes et de grosses guitares. Weezer réussira-t-il la passe de deux bons albums sortis successivement ? Rendez-vous en mai prochain pour le savoir !

3,5/5
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Guillaume W. 

dimanche 31 janvier 2021

Chronique : Foo Fighters - Medicine At Midnight

On aura tout dit à propos des Foo Fighters, la bande à Dave quoi. Dix albums au compteur avec cette nouvelle livraison, donc absolument plus rien à prouver (depuis bien longtemps d'ailleurs). Mais bon, malgré tout, quand on a pondu des tubes fédérateurs qui ont traversé les générations, on est attendu au tournant. Et cela fait quand même depuis l'excellent Wasting Lights en 2011 que les Foo Fighters sont en pilote automatique. Sonic Highways contenait de très bons titres mais jouait le coup de la redite. Concrete and Gold faisait dans le rock à papa, gentillet, mais chiant sur la longueur, alors que les coquins nous avaient appâtés avec l'énorme "Run" et la très classe "The Sky Is A Neighorbood". Pour le reste, passez votre chemin, rien à signaler. Medicine At Midnight est évidemment attendu au coin du bois, comme toujours avec eux, mais l'excitation n'est quand même plus la même. 

Et puis ce n'est pas "Shame Shame", premier single tiré de ce nouvel album, qui a rassuré complètement. Pas mal, pas fou, un final sympa, la voix de Dave fait toujours sont effet (et d'ailleurs sa progression au chant avec les années est bluffante), mais ça bande quand même sacrément mou. En fait, Medicine At Midnight est un album de pop-rock avec des passages presque dansants. Pas grave en soi, et on ressort même un passage digne de The Colour And The Shape sur l'excellent "Waiting On A War" et une énergie folle déboule de "No Son Of Mine". Pas des tubes plus imparables que l'imparable lui-même, mais ces mélodies familières font plaisir. 

On disait dansant : "Cloudspotter", les choeurs sur "Making A Fire" ou encore le morceau-titre qui sonne comme David Bowie (et même "Shame Shame" quand on y pense), c'était finalement l'intention. Le problème, c'est que sur ces 9 titres et 36 minutes, on ne retient finalement que trop peu de choses. Et malgré les écoutes, on s'ennuie, car le manque d'énergie et de titres VRAIMENT percutants cassent la dynamique d'un album qui n'en avait déjà pas des masses au départ. Alors oui, on est face à des musiciens hors pair, on aime toujours autant Dave, on voudrait bien aller boire une bière et discuter de la vie avec lui (et puis ajoutons Eddie et Brian tant qu'on y est). Mais bon sang, on a envie de leur mettre un bon coup de pied au cul pour qu'ils nous pondent un album comme on est persuadé qu'ils ont (encore) en eux. Ce Medicine At Midnight est loin d'être un mauvais disque, ils font ce qu'ils ont envie de faire et sont à un stade de leur carrière où ils font exactement les albums qu'ils ont envie d'écouter. Aussi simple que ça. On les suit toujours mais avec une confiance un peu moins aveugle qu'il y a 10 ans. 

3/5

Guillaume W.  

dimanche 10 janvier 2021

Chronique Express : Somerset Thrower - Paint My Memory

Somerset Thrower a sorti l'une des plus belles surprises de cette belle année de merde 2020. Et ce serait quand même con de passer à côté d'un tel disque. Car oui, Paint My Memory est le deuxième album du quatuor de New York, après Godspeed sorti en 2018. Pour faire simple, ça sonne emo-punk 90's/'00 avec une louchette de shoegaze dans les guitares. Et bordel, que ça fonctionne bien et que c'est accrocheur. Prenez "Too Rich To Die", laissez infuser pendant 4 minutes et 14 secondes et vous tenez un tube Jawbreaker-ien. Grosses guitares, un poil de dissonance, voix à l'arrache, section rythmique simple et efficace, et un refrain du feu de dieu. Bim ! La recette est certes éprouvée, mais elle cartonne. La triplette qui suit, à savoir "4:22", l'énorme mid-tempo "Takeyouapart" et "Accelerate Now" (qui plaira aux fans de Ways Away) sont autant de tubes en puissance où une belle émotion sort son épingle du jeu. Somerset Thrower sait aussi durcir son jeu sur la Foo Fighter-esque (époque premier album) "Plaster Saint" ou à l'inverse ralentir le tempo pour laisser place à un côté plus vulnérable comme sur "Funeral Vibe" ou le superbe final "Say Hello". Bref, rien à jeter car la bande a réussi un coup de maître ici. Faire en sorte de sortir un album ultra 90's en 2020, sans pour autant que cela sonne daté. Un excellent album qui mérite bien plus qu'un succès d'estime. Foncez ! Vos oreilles vous remercierons ! 

4/5

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Guillaume W. 

vendredi 8 janvier 2021

Chronique Express : Stand Atlantic - Pink Elephant

Skinny Dipping, le premier long jeu de Stand Atlantic, m'avait tellement ennuyé que lorsque Pink Elephant est sorti, j'ai dû mettre au moins 3 ou 4 mois avant de me décider à l'écouter. Finalement, j'ai tenté le coup et bien m'en a pris au final. Non pas que cette nouvelle livraison soit le disque de l'année passée, mais les 4 de Sydney commence à trouver un son qui leur convient bien mieux. On reste dans le pop-punk teinté de rock alternatif comme de nombreuses formations l'ont tenté avant eux. Mais les compos tiennent extrêmement bien la route, la production est massive et surtout, les mélodies restent scotchées au cortex frontal. Impossible de s'en débarrasser. Il n'y a qu'à prendre "Like That" qui ouvre l'album. C'est malin, un poil d'électro, un batterie qui cogne, la voix superbe de Bonnie et comme dit juste avant, un refrain irrésistible. Et ça marche : simple et efficace. "Shh!" suit ce même chemin avec un riff énorme et un refrain hyper lourd, "Blurry" et "Eviligo" se la jouent radio-pop, ou encore "Jurassic Park" qui aurait pu être morceau de All Time Low. Et là, on est seulement sur les cinq premiers titres : cinq tubes ! L'avantage par rapport à Skinny Dipping, c'est cette variété dans les morceaux qui faisait cruellement défaut. La deuxième moitié de la galette s'essouffle un peu, il faut bien l'avouer. Attention, Pink Elephant ne fait pas de faux pas rédhibitoire, mais se répète un peu : "Wavelenght" reste sur cette lourdeur bienvenue comme "Shh!", "Drink To Drown" reste une jolie ballade piano/voix qui montre à quel point Bonnie Fraser est une super chanteuse, "Soap" se le joue State Champs et "Hate Me"est bien catchy mais on sent que la bande a placé ses morceaux les plus percutants sur la première moitié de l'album. On ne peut les blâmer car si tout avait été de ce niveau, Stand Atlantic aurait absolument écrasé la concurrence. Alors oui, Pink Elephant n'est pas le disque de l'année 2020,  mais reste un très bon cru dans le style pop-punk/rock alternatif et la progression entre leurs deux albums est notable. Il semblerait que les Australiens aient trouvé la formule gagnante, donc on les attendra désormais de pieds fermes à la prochaine livraison. 

3,5/5

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Guillaume W. 

lundi 28 décembre 2020

Les Tops 2020 des rédacteurs d'Alternativ News


Encore une année de plus au compteur pour Alternativ News et qui dit fin décembre, dit bien évidemment publication des tops de l'année des rédacteurs du webzine. On vous laisse donc découvrir nos listes dans le post complet, qui comprennent nos 50 albums et 5 EP préférés, nos plus grosses déceptions de 2020, mais aussi nos attentes pour 2021. Bonne lecture ! N'hésitez pas à nous mettre les vôtres en commentaires.

mardi 24 novembre 2020

Chronique Express : I Am The Avalanche - Dive

Le retour d'I Am The Avalanche s'est fait rapidement. Entre l'annonce du disque et sa sortie officielle, il s'est passé seulement 1 mois et demi. Pas d'attente démesurée, 3 singles balancés (les 3 morceaux qui ouvrent l'album pour faire simple) et le voici, le voilà, 6 ans après l'excellent Wolverines (qui succédait lui-même à l'excellentissime Avalanche United). Depuis leur deuxième album, le groupe a trouvé son identité sonore, à savoir un emo-punk-rock fougueux, rugueux et ultra catchy, porté par la voix reconnaissable entre mille de Mister Caruana (rappelons-le encore si besoin était, frontman de The Movielife). Et y'a pas à tortiller du cul pour chier droit, Dive est la suite de Wolverines, et c'est exactement ce dont cette année 2020 avait besoin : du simple, de l'efficace, de l'éprouvé (jusqu'à l'artwork ultra épuré). De "Better Days" ("Shall we drink to better days?") jusqu'au final tout en crescendo de "The Morning", 10 morceaux en 30 minutes tout pile, 10 tubes Avalanche-sque. Des guitares comme s'ils en pleuvaient, des choeurs terribles ("You're No Good To Me Dead", "Dive"), un mid-tempo qui aurait pu se trouver sur l'EP solo de Vinnie (''Love Song 69"), des titres plus catchy les uns que les autres (les énormes ''Are You Listening?" et "Tokyo" font partie des plus belles réussites de la bande) et un closer magnifique tout en émotion (''The Morning"). Que demander de plus ? Ce quatrième album de I Am The Avalanche est à écouter entre potes, avec une bière à la main et à chanter à pleins poumons. Et si cela n'est pas déjà le cas (au bout d'un an, ça devrait l'être), Dive ne fera que renforcer cette envie de voir la bande à Vinnie en live, tellement ces 10 morceaux sentent le whiskey et la sueur : "Tonight our worries / They're buried, they're fucking dust". Rien à ajouter, I Am The Avalanche is back baby !

4/5

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Guillaume W. 

dimanche 22 novembre 2020

Chronique Express : Nothing - The Great Dismal

Quatrième album pour Nothing, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la bande de Philadephie ne laisse jamais tomber la noirceur dans sa musique. The Great Dismal l'est, et pas qu'un peu.cTout démarre avec "A Fabricated Life", morceau fleuve de près de 6 minutes, et surtout entamer la galette par le morceau le plus long et  le plus calme de l'album, c'est couillu. Et que c'est beau bordel ! On se croirait même chez Sigur Rós avec ses notes éparses, cette voix cotonneuse et ses cordes sublimes. Mais on retrouve rapidement ses reflexes shoegaze en diable avec "Say Less", "April Ha Ha" ou encore "Famine Asylum". Si les Smashing Pumpkins ont l'air de s'être perdus pour de bon, chez Nothing on sait sonner 90's ! On passe aussi par un intro Weezer-esque sur "Catch A Fade", un morceau dont les Pixies pourraient être fiers comme "Bernie Sanders", et toujours ses guitares qui vous ravagent de l'intérieur ("In Blueberry Memories", le côté Deftones des riffs de "Ask The Rust"). Et si tout cela fonctionne, c'est aussi grâce au magicien Will Yip derrière la console. C'est simple, ce type est incapable de produire un mauvais disque, et le tour de force constant c'est cette faculté à faire sonner énorme tout en laissant respirer les morceaux, et sans que cela ne sonne jamais surproduit.  Et on ne peut que saluer le fait que Nothing ait survécu à un changement majeur dans son line-up (le guitariste/chanteur/fondateur du groupe Brandon Setta a été remplacé par le frontman des excellents Cloakroom) pour sortir un des albums majeurs de cette année 2020. Sans se réinventer, mais en variant les plaisirs, comme un mix de Tired Of Tomorrow et Dance On The Blacktop. En moins immédiatement catchy, mais encore plus sombre. Et on en redemande au final. A ne pas manquer !

4/5

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Guillaume W. 

mercredi 11 novembre 2020

Chronique Express : Yours Truly - Self Care

Les Australiens de Your Truly font dans le pop-punk. Est-ce que ça sonne exactement comme on pense que cela va sonner ? Complètement. Est-ce une mauvaise chose ? Non. Après, on sait dès les premières notes où on va aller. Tout jeune quatuor avec un seul EP dans sa valise, et avec une fille au chant, ça rappellera des souvenirs aux fans de Paramore. Pas du Paramore des derniers albums, mais clairement le Paramore d'All We Know Is Falling et de Riot. Près de deux mois après sa sortie, et une écoute discrète de Self Care et hop disque rangé et oublié. Oui, parce que sincèrement, il y  a tellement d'albums de pop-punk qui sortent, qu'à la fin on n'arrivent même plus à différencier les groupes. Et puis, au hasard d'une playlist, on retombe dessus et ça le fait. Bim, disque en entier dans les oreilles et cette deuxième écoute se passe bien mieux. Tellement mieux qu'on se le réécoute plusieurs fois avec un plaisir non dissimulé. La batterie est presque trop mise en avant dans le mix, mais les morceaux passent et on accroche. Rien de neuf, mais des parties rapides (''Siamese Souls", la très Tonight Alive "Together") des mid-tempos oh-so-emo (''Composure" et son super refrain) et puis des ballades un peu cheesy (''Undersize"). Bref, tout ce qu'un album de pop-punk digne de ce nom se doit d'offrir. Et là où de nombreux disques s'essoufflent après la première moitié, Self Care tient la route sur la distance, et même que cette deuxième partie de galette est la plus intéressante (les passages atmosphériques sur la très cool "Glass House", la ballade "Half Of Me", et le closer "Heartsleeve" proche des 5 minutes, envoie du bois). 10 morceaux et 38 minutes plus tard, on a pris du plaisir en écoutant ce disque. Et il donne de l'espoir pour la suite. Yours Truly est encore un peu tendre et les influences sont encore bien trop présentes. Comme pour beaucoup de groupes. Mais avec les grosses guitares, le côté poppy assumé, une performance vocale pleine de puissance de Mikaila et des mélodies parfois encore trop téléphonées mais entêtantes, le contrat est rempli. Self Care n'est pas le disque de l'année, mais il est finalement une belle surprise là on s'attendait à un disque de plus qui allait finir sur la pile des aussitôt écoutés, aussitôt oubliés. Il y a encore du boulot pour atteindre le niveau d'exécution d'un Paramore par exemple, mais Yours Truly est un groupe prometteur. A suivre donc. 

3/5
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Guillaume W.