mercredi 24 février 2021

Chronique : Architects - For Those That Wish To Exist

Architects tentent une Bring Me The Horizon. Ça pourrait presque être la seule phrase de cette chronique tant la comparaison a été martelée à chacun des nouveaux morceaux présentés en amont de la sortie officielle de leur  9ème album, For Those That Wish To Exist. 15 nouveaux titres à se mettre sous la dent pour prêt d'une heure de musique, c'est couillu de sortir un disque aussi long en 2021. 

Pour les fans de la première heure qui ont crié au scandale, il ne faudrait pas oublier le fait que la bande a déjà évolué par le passé, et pas qu'un peu. A la sortie de l'excellent The Here And Now en 2011, les 5 de Brighton avaient opéré un virage post-hardcore bien plus mélodique et proche d'un Alexisonfire. Et puis, soyons honnête, ça fait plusieurs albums que le groupe, même s'il reste extrêmement fort techniquement, commençait à méchamment tourner en rond et il devenait parfois difficile de différencier les titres au sein même d'un album. Cette nouvelle livraison est un sacré morceau à avaler, mais finalement pas tant que ça à digérer. Car là où Holy Hell était une agression quasi constante (peut être dû au fait qu'il s'agissait du premier disque depuis la mort de leur guitariste Tom Searle), For Those That Wish To Exist en est son opposé presque parfait. Attention, il y a des passages agressifs et bourrins comme il faut mais jamais en allant aussi loin. Bien au contraire. Et aucun des singles présentés, de la plus rentre dedans "Animals" à la plus mélodique et atmosphérique "Dead Butterflies", du très gros break de "Black Lungs" et à la heavy rock de "Meteor", ne peut se targuer d'être dans la violence pure. Architects n'est plus tout à fait le même groupe et a opté pour un changement de direction brutal. Pour les fans, mais aussi pour leur carrière.  

Car oui, Architects n'a jamais sonné aussi mélodique, et même radio-friendly par moment. Qui aurait pu imaginer ça, il y a encore quelques mois ? Peu de monde. On savait que Sam Carter était capable de chanter sans se péter la jugulaire à chaque ligne, mais une telle variété dans son chant est proprement impressionnante. D'ailleurs les parties réellement hurlées se font très rares. Et au final, ces singles sont représentatifs de l'album dans sa globalité. Il y a un peu de tout pour tout le monde. Du rock burné de "Giving Blood", l'atmosphérique et explosive "Discourse Is Dead", l'énorme "Impermanence" avec le chanteur de Parkway Drive, "Little Wonder" avec en guest surprenant Mike Kerr de Royal Blood et "Goliath" avec le chanteur de Biffy Clyro (ce riff et ce refrain bordel de merde !). Oui, le guest c'est cool, mais surtout ici puisqu'ils apportent un bonus au morceau. Et c'est parfaitement le cas. Et que dire de la sublime "Flight Without Feathers" qu'on croirait échappé de la partie Air de Alchemy Index de Thrice (influence qu'on retrouve d'ailleurs assez souvent sur ce disque) ? Si ce refrain ne vous file pas le frisson absolu, c'est à n'y rien comprendre. Et puis, finir ce disque sur le morceau le plus calme et orchestral que le groupe ait jamais pondu, c'était aussi quitte ou double. Et ça fonctionne, comme pour finir sur une bouffée d'oxygène après ce qu'on vient de prendre en pleine poire pendant les 14 titres précédents, tellement les changements de style sont nombreux, mais toujours en conservant une ligne directrice bien définie, et une cohérence malgré tout. 

Oui, Architects tentent une Bring Me The Horizon. Mais on est loin, très loin de amo en terme de son. il y a bien des passages qui font penser à la bande à Oli, c'est une évidence mais For Those That Wish To Exist reste vraiment ancré dans la scène, en variant les plaisirs, et surtout, 17 ans après sa formation, le groupe cherche à passer le dernier palier avant le boss final : le mainstream. Et c'est aussi pour cette raison qu'il est paradoxalement un album risqué. Certains diront que c'est un album facile. Ce n'est pas faux non plus, car là où le groupe nous avait habitué à des structures alambiquées, ici tout est millimétré. Le schéma de chaque morceau est optimisé et reste dans le classique couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain. On aura même du mal à les reconnaître par moments. Mais que c'est efficace ! Ajoutez à cela des invités de choix, et vous avez un des gros disques de 2021 : varié, rentre dedans, mélodique, spatial et extrêmement catchy, quitte à y perdre une partie de son identité en cours de route. C'est aussi un album qui va enthousiasmer autant qu'il va décevoir, mais qui ne laissera, à coup sûr, pas indifférent. A ne pas manquer donc. 

4/5
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Guillaume W. 

mercredi 17 février 2021

Chronique Express : Mod Sun - Internet Killed The Rockstar

Après Machine Gun Kelly l'an dernier, Derek Ryan Smith aka Mod Sun, sort un album de pop-punk, le bien-nommé Internet Killed The Rockstar. Si Tickets To My Downfall de MGK était un hommage gentillet et appuyé à son amour immodéré pour blink-182, quelques titres se voulaient très accrocheurs, mais on restait quand même grandement sur notre faim, tant les compositions avaient toutes les peines du monde à tenir la route sur la longueur. Un album à usage unique, aussitôt écouté, aussitôt oublié. Alors que vaut ce Internet Killed The Rockstar, qui surfe sur la vague des rappeurs passant au pop-punk ? Alors déjà, pour le background, le bonhomme n'est pas un inconnu de la scène puisqu'il a été le batteur de la formation emocore Four Letter Lie, mais aussi de Scary Kids Scaring Kids. Pas un manchot donc, et d'où le fait qu'on le voit jouer de cet instrument dans "Flames". Incroyable, non ? Bon trêve de blabla, allez hop, galette dans les oreilles et c'est parti. "Karma", qui ouvre le disque est un morceau de pop-punk dans la plus pure tradition blink-182. Un refrain méchamment catchy plus tard, on a simplement la sensation d'avoir une Face B du disque de Machine Gun Kelly, qui est lui-même était déjà une repompe du trio de Mark Hoppus. Malheureusement, ça se gâte très vite. Parce que ce titre est finalement le seul à avoir une vraie base pop-punk. "Bones" part très rapidement vers l'électro-pop sans saveur, "Flames" avec en guest Avril Lavigne, est une ballade cheesy à souhait, tout comme "Prayer". On retrouve une pointe de rock sur "Betterman" et la cool "Annoying" (et l'infuence blink qui va avec), du hip-hop/r'n'b sur "Rollercaoster", et en fait on se rend compte que Internet Killed The Rockstar veut toucher à tout. Là où Machine Gun Kelly voulait réellement rendre hommage aux groupes qui ont bercé son adolescence, Mod Sun va dans tous les sens (jusqu'à la touche electro/reggae/pop de "Pornstar") et se perd en voulant toucher tous les publics. Cet album va très certainement fonctionner chez un public adepte des playlists plus que des albums, car on a la sensation d'être face à une succession de singles collés les uns derrière les autres, sans cohérence aucune. Et après une écoute des ces 11 titres, on jettera rapidement l'éponge. Les titres pop-punk ne sont pas assez bons pour se réécouter, les autres morceaux sont insipides et tellement baignés dans les clichés que Tickets To My Downfall passerait presque pour un chef d'œuvre, c'est dire. Tout du moins, il y avait une vraie ligne directrice chez Machine Gun Kelly. Ici c'est gentil, mais ça s'arrête là. Et quand on dit juste gentil, c'est généralement mauvais signe. Et puis surtout, on a l'impression d'avoir entendu ces titres avant même de les écouter, sans passion, sans aucune prise de risques, en surfant sur les vagues à la mode, sans chercher à aller plus loin que le bout de son nez. C'est d'autant plus dommage que le bonhomme à un vrai background rock derrière lui. Un album pour la génération Tik Tok, qu'on aura oublié aussi vite qu'il est apparu.

1,5/5
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Guillaume W. 

mardi 16 février 2021

Chronique Express : Teenage Wrist - Earth Is A Black Hole

Un changement de line-up majeur (perte de leur chanteur, parti se consacrer entièrement à ses projets solo The Chain Gang Of 1974 et Heavenward), et voici notre quatuor devenu duo, voilà où en est Teenage Wrist à la sortie de leur deuxième long jeu, Earth Is A Black Hole. Avec sa voix cotonneuse et reconnaissable aisément, Kamtin laisse donc un grand vide, surtout lorsque l'on a sorti un aussi bon disque que Chrome Neon Jesus il y a maintenant 3 ans. Alors que faire lorsqu'une partie de l'identité sonore de la bande s'en est allée ? Et bien, changer tout en restant pareil au final. Bon pas tout à fait. Premier constat, le désormais duo a sorti l'artillerie lourde avec ce nouvel album. Il reste du shoegaze, mais il est bien plus dilué dans les compostions du groupe. C'est la touche 90's qui ressort ici de manière flagrante car oui, cette nouvelle livraison fait la part belle aux influences grungy. Deuxième constat, la voix de Marshall colle parfaitement avec les nouvelles aspirations du groupe, mise bien plus en avant dans le mix que sur son prédécesseur. Troisième constat, la production est MASSIVE ! C'est bien beau tout ça mais il faut aussi que les compositions tiennent la route. En amont de la sortie du disque, la bande a choisi de présenter quatre titres. Et ce sont de gros titres. Les refrains sont catchy à souhait et on en redemande. "The Taste Of Gasoline" et "Earth Is A Black Hole" auraient pu sortir du répertoire de Jimmy Eat World tant la voix et les mélodies y font penser, "Yellowbelly" est un chouette mid-tempo qui prend toute sa mesure dans la globalité de l'album et "Silverspoon" fait le lien entre les deux albums, car l'influence shoegaze est prédominante. Et vous savez quoi ? Aussi bons que soient ces titres, ce ne sont même pas les meilleurs ! "New Emotion" (et ses guitares tout droit sorties de Futures de Jimmy Eat World, oui encore eux !) ou encore le one-two punch "High Again" (avec son pont rageur et son refrain en or massif) / "Wasting Time" (à la limite du pop-punk, mais toujours avec cette émotion et ce côté 90's) sont des tubes absolus. Et puis que dire de "Stella", superbe pièce atmosphérique qui filera le frisson à l'auditeur ? C'est simple, Earth Is A Black Hole est un sans faute avec ses 10 morceaux en 33 minutes, intenses et accrocheurs comme pas deux, et qui s'écoute en boucle ! Un disque de 2021 qui sonne comme dans les 90's, à la fois nostalgique et terriblement moderne, on est à la limite du paradoxe temporel. Et c'est absolument immanquable. Mais où est-ce que j'ai foutu mon Discman bordel ?

4,5/5
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Guillaume W. 

mercredi 3 février 2021

Chronique Express : Weezer - Ok Human

A un niveau personnel et évidemment totalement subjectif, j'adore Weezer et leur quatre premiers albums (oui oui j'inclus Maladroit) et j'ai cette relation amour/haine avec eux. Pour un album réussi, on en subit 2 ou 3 bien dégueu. Et depuis l'excellentissime White Album, on reste très largement sur notre faim (impossible par exemple d'écouter les deux derniers en entier). Et il faut aussi reconnaître que la bande a quand même le chic pour sortir de sa boîte lorsqu'on ne les attend pas. Alors que Van Weezer devait voir le jour au mois de mai 2020, ils ont décidé de le décaler à mai 2021, soit un an après ! Et puis, mi-janvier, annonce d'un nouvel album, le bien-nommé Ok Human, qui sortira finalement seulement 15 jours plus tard, le 29 janvier dernier donc. Le premier single, "All My Favorite Songs", est à la fois familier et surprenant. Familier car la mélodie est weezer-ienne en diable, mais surprenant, car au final, on a des cordes, des claviers et très peu de guitares. Une chanson extra poppy, supplément cheese, avec un refrain qui fait son petit effet. et puis, deuxième morceau et puis troisième morceau, et là plus aucun doute possible. Weezer a sorti un album sans guitares. Des cordes, des claviers, oui. Des guitares, NON ! Et si cela surprend au départ, on y prend goût car on reconnaît la patte Weezer et la voix de Cuomo est évidemment reconnaissable en mille. Si aucun morceau n'arrive à la cheville de leurs plus gros tubes, on prend plaisir à les découvrir sous un jour vraiment différent. La très belle ballade "Numbers", ou encore l'utra groovy "Screens", et l'ultra catchy "Here Comes The Pain", vous fera shaker vos bootys sans problème. 32 minutes plus tard, on s'est vraiment pris au jeu, et même si quelques morceaux sont réellement dispensables et bien trop dégoulinants de bons sentiments (oui, oui même pour des spécialistes en la matière comme eux), Ok Human est un album vers lequel on revient, le tout emballé dans un magnifique artwork. C'est un album surprise mais aussi une mise en bouche agréable avant la sortie de Van Weezer, qui promet d'être blindé jusqu'à la gueule de tubes et de grosses guitares. Weezer réussira-t-il la passe de deux bons albums sortis successivement ? Rendez-vous en mai prochain pour le savoir !

3,5/5
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Guillaume W. 

dimanche 31 janvier 2021

Chronique : Foo Fighters - Medicine At Midnight

On aura tout dit à propos des Foo Fighters, la bande à Dave quoi. Dix albums au compteur avec cette nouvelle livraison, donc absolument plus rien à prouver (depuis bien longtemps d'ailleurs). Mais bon, malgré tout, quand on a pondu des tubes fédérateurs qui ont traversé les générations, on est attendu au tournant. Et cela fait quand même depuis l'excellent Wasting Lights en 2011 que les Foo Fighters sont en pilote automatique. Sonic Highways contenait de très bons titres mais jouait le coup de la redite. Concrete and Gold faisait dans le rock à papa, gentillet, mais chiant sur la longueur, alors que les coquins nous avaient appâtés avec l'énorme "Run" et la très classe "The Sky Is A Neighorbood". Pour le reste, passez votre chemin, rien à signaler. Medicine At Midnight est évidemment attendu au coin du bois, comme toujours avec eux, mais l'excitation n'est quand même plus la même. 

Et puis ce n'est pas "Shame Shame", premier single tiré de ce nouvel album, qui a rassuré complètement. Pas mal, pas fou, un final sympa, la voix de Dave fait toujours sont effet (et d'ailleurs sa progression au chant avec les années est bluffante), mais ça bande quand même sacrément mou. En fait, Medicine At Midnight est un album de pop-rock avec des passages presque dansants. Pas grave en soi, et on ressort même un passage digne de The Colour And The Shape sur l'excellent "Waiting On A War" et une énergie folle déboule de "No Son Of Mine". Pas des tubes plus imparables que l'imparable lui-même, mais ces mélodies familières font plaisir. 

On disait dansant : "Cloudspotter", les choeurs sur "Making A Fire" ou encore le morceau-titre qui sonne comme David Bowie (et même "Shame Shame" quand on y pense), c'était finalement l'intention. Le problème, c'est que sur ces 9 titres et 36 minutes, on ne retient finalement que trop peu de choses. Et malgré les écoutes, on s'ennuie, car le manque d'énergie et de titres VRAIMENT percutants cassent la dynamique d'un album qui n'en avait déjà pas des masses au départ. Alors oui, on est face à des musiciens hors pair, on aime toujours autant Dave, on voudrait bien aller boire une bière et discuter de la vie avec lui (et puis ajoutons Eddie et Brian tant qu'on y est). Mais bon sang, on a envie de leur mettre un bon coup de pied au cul pour qu'ils nous pondent un album comme on est persuadé qu'ils ont (encore) en eux. Ce Medicine At Midnight est loin d'être un mauvais disque, ils font ce qu'ils ont envie de faire et sont à un stade de leur carrière où ils font exactement les albums qu'ils ont envie d'écouter. Aussi simple que ça. On les suit toujours mais avec une confiance un peu moins aveugle qu'il y a 10 ans. 

3/5

Guillaume W.  

dimanche 10 janvier 2021

Chronique Express : Somerset Thrower - Paint My Memory

Somerset Thrower a sorti l'une des plus belles surprises de cette belle année de merde 2020. Et ce serait quand même con de passer à côté d'un tel disque. Car oui, Paint My Memory est le deuxième album du quatuor de New York, après Godspeed sorti en 2018. Pour faire simple, ça sonne emo-punk 90's/'00 avec une louchette de shoegaze dans les guitares. Et bordel, que ça fonctionne bien et que c'est accrocheur. Prenez "Too Rich To Die", laissez infuser pendant 4 minutes et 14 secondes et vous tenez un tube Jawbreaker-ien. Grosses guitares, un poil de dissonance, voix à l'arrache, section rythmique simple et efficace, et un refrain du feu de dieu. Bim ! La recette est certes éprouvée, mais elle cartonne. La triplette qui suit, à savoir "4:22", l'énorme mid-tempo "Takeyouapart" et "Accelerate Now" (qui plaira aux fans de Ways Away) sont autant de tubes en puissance où une belle émotion sort son épingle du jeu. Somerset Thrower sait aussi durcir son jeu sur la Foo Fighter-esque (époque premier album) "Plaster Saint" ou à l'inverse ralentir le tempo pour laisser place à un côté plus vulnérable comme sur "Funeral Vibe" ou le superbe final "Say Hello". Bref, rien à jeter car la bande a réussi un coup de maître ici. Faire en sorte de sortir un album ultra 90's en 2020, sans pour autant que cela sonne daté. Un excellent album qui mérite bien plus qu'un succès d'estime. Foncez ! Vos oreilles vous remercierons ! 

4/5

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Guillaume W. 

vendredi 8 janvier 2021

Chronique Express : Stand Atlantic - Pink Elephant

Skinny Dipping, le premier long jeu de Stand Atlantic, m'avait tellement ennuyé que lorsque Pink Elephant est sorti, j'ai dû mettre au moins 3 ou 4 mois avant de me décider à l'écouter. Finalement, j'ai tenté le coup et bien m'en a pris au final. Non pas que cette nouvelle livraison soit le disque de l'année passée, mais les 4 de Sydney commence à trouver un son qui leur convient bien mieux. On reste dans le pop-punk teinté de rock alternatif comme de nombreuses formations l'ont tenté avant eux. Mais les compos tiennent extrêmement bien la route, la production est massive et surtout, les mélodies restent scotchées au cortex frontal. Impossible de s'en débarrasser. Il n'y a qu'à prendre "Like That" qui ouvre l'album. C'est malin, un poil d'électro, un batterie qui cogne, la voix superbe de Bonnie et comme dit juste avant, un refrain irrésistible. Et ça marche : simple et efficace. "Shh!" suit ce même chemin avec un riff énorme et un refrain hyper lourd, "Blurry" et "Eviligo" se la jouent radio-pop, ou encore "Jurassic Park" qui aurait pu être morceau de All Time Low. Et là, on est seulement sur les cinq premiers titres : cinq tubes ! L'avantage par rapport à Skinny Dipping, c'est cette variété dans les morceaux qui faisait cruellement défaut. La deuxième moitié de la galette s'essouffle un peu, il faut bien l'avouer. Attention, Pink Elephant ne fait pas de faux pas rédhibitoire, mais se répète un peu : "Wavelenght" reste sur cette lourdeur bienvenue comme "Shh!", "Drink To Drown" reste une jolie ballade piano/voix qui montre à quel point Bonnie Fraser est une super chanteuse, "Soap" se le joue State Champs et "Hate Me"est bien catchy mais on sent que la bande a placé ses morceaux les plus percutants sur la première moitié de l'album. On ne peut les blâmer car si tout avait été de ce niveau, Stand Atlantic aurait absolument écrasé la concurrence. Alors oui, Pink Elephant n'est pas le disque de l'année 2020,  mais reste un très bon cru dans le style pop-punk/rock alternatif et la progression entre leurs deux albums est notable. Il semblerait que les Australiens aient trouvé la formule gagnante, donc on les attendra désormais de pieds fermes à la prochaine livraison. 

3,5/5

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Guillaume W. 

lundi 28 décembre 2020

Les Tops 2020 des rédacteurs d'Alternativ News


Encore une année de plus au compteur pour Alternativ News et qui dit fin décembre, dit bien évidemment publication des tops de l'année des rédacteurs du webzine. On vous laisse donc découvrir nos listes dans le post complet, qui comprennent nos 50 albums et 5 EP préférés, nos plus grosses déceptions de 2020, mais aussi nos attentes pour 2021. Bonne lecture ! N'hésitez pas à nous mettre les vôtres en commentaires.

mardi 24 novembre 2020

Chronique Express : I Am The Avalanche - Dive

Le retour d'I Am The Avalanche s'est fait rapidement. Entre l'annonce du disque et sa sortie officielle, il s'est passé seulement 1 mois et demi. Pas d'attente démesurée, 3 singles balancés (les 3 morceaux qui ouvrent l'album pour faire simple) et le voici, le voilà, 6 ans après l'excellent Wolverines (qui succédait lui-même à l'excellentissime Avalanche United). Depuis leur deuxième album, le groupe a trouvé son identité sonore, à savoir un emo-punk-rock fougueux, rugueux et ultra catchy, porté par la voix reconnaissable entre mille de Mister Caruana (rappelons-le encore si besoin était, frontman de The Movielife). Et y'a pas à tortiller du cul pour chier droit, Dive est la suite de Wolverines, et c'est exactement ce dont cette année 2020 avait besoin : du simple, de l'efficace, de l'éprouvé (jusqu'à l'artwork ultra épuré). De "Better Days" ("Shall we drink to better days?") jusqu'au final tout en crescendo de "The Morning", 10 morceaux en 30 minutes tout pile, 10 tubes Avalanche-sque. Des guitares comme s'ils en pleuvaient, des choeurs terribles ("You're No Good To Me Dead", "Dive"), un mid-tempo qui aurait pu se trouver sur l'EP solo de Vinnie (''Love Song 69"), des titres plus catchy les uns que les autres (les énormes ''Are You Listening?" et "Tokyo" font partie des plus belles réussites de la bande) et un closer magnifique tout en émotion (''The Morning"). Que demander de plus ? Ce quatrième album de I Am The Avalanche est à écouter entre potes, avec une bière à la main et à chanter à pleins poumons. Et si cela n'est pas déjà le cas (au bout d'un an, ça devrait l'être), Dive ne fera que renforcer cette envie de voir la bande à Vinnie en live, tellement ces 10 morceaux sentent le whiskey et la sueur : "Tonight our worries / They're buried, they're fucking dust". Rien à ajouter, I Am The Avalanche is back baby !

4/5

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Guillaume W. 

dimanche 22 novembre 2020

Chronique Express : Nothing - The Great Dismal

Quatrième album pour Nothing, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la bande de Philadephie ne laisse jamais tomber la noirceur dans sa musique. The Great Dismal l'est, et pas qu'un peu.cTout démarre avec "A Fabricated Life", morceau fleuve de près de 6 minutes, et surtout entamer la galette par le morceau le plus long et  le plus calme de l'album, c'est couillu. Et que c'est beau bordel ! On se croirait même chez Sigur Rós avec ses notes éparses, cette voix cotonneuse et ses cordes sublimes. Mais on retrouve rapidement ses reflexes shoegaze en diable avec "Say Less", "April Ha Ha" ou encore "Famine Asylum". Si les Smashing Pumpkins ont l'air de s'être perdus pour de bon, chez Nothing on sait sonner 90's ! On passe aussi par un intro Weezer-esque sur "Catch A Fade", un morceau dont les Pixies pourraient être fiers comme "Bernie Sanders", et toujours ses guitares qui vous ravagent de l'intérieur ("In Blueberry Memories", le côté Deftones des riffs de "Ask The Rust"). Et si tout cela fonctionne, c'est aussi grâce au magicien Will Yip derrière la console. C'est simple, ce type est incapable de produire un mauvais disque, et le tour de force constant c'est cette faculté à faire sonner énorme tout en laissant respirer les morceaux, et sans que cela ne sonne jamais surproduit.  Et on ne peut que saluer le fait que Nothing ait survécu à un changement majeur dans son line-up (le guitariste/chanteur/fondateur du groupe Brandon Setta a été remplacé par le frontman des excellents Cloakroom) pour sortir un des albums majeurs de cette année 2020. Sans se réinventer, mais en variant les plaisirs, comme un mix de Tired Of Tomorrow et Dance On The Blacktop. En moins immédiatement catchy, mais encore plus sombre. Et on en redemande au final. A ne pas manquer !

4/5

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Guillaume W. 

mercredi 11 novembre 2020

Chronique Express : Yours Truly - Self Care

Les Australiens de Your Truly font dans le pop-punk. Est-ce que ça sonne exactement comme on pense que cela va sonner ? Complètement. Est-ce une mauvaise chose ? Non. Après, on sait dès les premières notes où on va aller. Tout jeune quatuor avec un seul EP dans sa valise, et avec une fille au chant, ça rappellera des souvenirs aux fans de Paramore. Pas du Paramore des derniers albums, mais clairement le Paramore d'All We Know Is Falling et de Riot. Près de deux mois après sa sortie, et une écoute discrète de Self Care et hop disque rangé et oublié. Oui, parce que sincèrement, il y  a tellement d'albums de pop-punk qui sortent, qu'à la fin on n'arrivent même plus à différencier les groupes. Et puis, au hasard d'une playlist, on retombe dessus et ça le fait. Bim, disque en entier dans les oreilles et cette deuxième écoute se passe bien mieux. Tellement mieux qu'on se le réécoute plusieurs fois avec un plaisir non dissimulé. La batterie est presque trop mise en avant dans le mix, mais les morceaux passent et on accroche. Rien de neuf, mais des parties rapides (''Siamese Souls", la très Tonight Alive "Together") des mid-tempos oh-so-emo (''Composure" et son super refrain) et puis des ballades un peu cheesy (''Undersize"). Bref, tout ce qu'un album de pop-punk digne de ce nom se doit d'offrir. Et là où de nombreux disques s'essoufflent après la première moitié, Self Care tient la route sur la distance, et même que cette deuxième partie de galette est la plus intéressante (les passages atmosphériques sur la très cool "Glass House", la ballade "Half Of Me", et le closer "Heartsleeve" proche des 5 minutes, envoie du bois). 10 morceaux et 38 minutes plus tard, on a pris du plaisir en écoutant ce disque. Et il donne de l'espoir pour la suite. Yours Truly est encore un peu tendre et les influences sont encore bien trop présentes. Comme pour beaucoup de groupes. Mais avec les grosses guitares, le côté poppy assumé, une performance vocale pleine de puissance de Mikaila et des mélodies parfois encore trop téléphonées mais entêtantes, le contrat est rempli. Self Care n'est pas le disque de l'année, mais il est finalement une belle surprise là on s'attendait à un disque de plus qui allait finir sur la pile des aussitôt écoutés, aussitôt oubliés. Il y a encore du boulot pour atteindre le niveau d'exécution d'un Paramore par exemple, mais Yours Truly est un groupe prometteur. A suivre donc. 

3/5
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Guillaume W. 

samedi 31 octobre 2020

Chronique Express : Bring Me The Horizon - Post Human: Survival Horror

amo
est sorti le 25 janvier 2019 et n'a cessé de diviser les fans, déjà eux-mêmes divisés depuis That's The Spirit. C'est sûr qu'avec l'évolution constante de Bring Me The Horizon, difficile de suivre leur son sans être partagé et/ou déçu pour les fans de la première heure. Car oui, la bande évolue vers des sphères de plus en plus mélodiques, voire carrément radiophoniques. Ce nouvel EP/LP (car oui, avec 9 titres, on peut aller jusqu'à nouvel album, même si le groupe le considère comme l'épisode 1 d'un ensemble de 4 EPs programmés sur un an !) a surpris par son annonce tardive et sa sortie ultra rapide du coup. Bon, on connaissait quasiment la moitié de la galette avant de poser une oreille sur l'ensemble ("Ludens", le premier single, étant sorti en fin d'année dernière, le 6 novembre pour être tout à fait exact). Et le moins que l'on puisse dire c'est que la première chose qui vient à l'esprit à l'écoute de Post Human, c'est la puissance. L'influence d'amo est présente notamment dans les parties ultra électro de "Ludens" par exemple, mais le morceau est bien plus rentre dedans que n'importe quelle chanson de cette galette et fait le pont entre le côté ultra catchy et rock de That's The Spirit et les parties plus expérimentales d'amo. Et ça fonctionne vraiment bien. Et maintenant, le deuxième mot qui vient à l'esprit à l'écoute, c'est bordel de couilles, qu'est ce que c'est accrocheur. Mais pas vaguement catchy, catchy Linkin Park quoi. Et merde le mot est lâché. Bah oui, à moins d'avoir vécu sous un rocher pendant 20 ans (ça fait long quand même 20 ans), il faudrait être sacrément sourd pour ne pas voir un hommage à peine déguisé à la troupe de feu-Chester. Impossible de ne pas entendre son fantôme sur l'énorme (et on pèse nos mots) "Teardrops" et son refrain du feu de dieu, qui démontera le premier pit qui se présentera à lui, ou encore sur le mid-tempo electro rock "1x1" avec en guest le duo anglais Nova Twins (qui vient juste de sortir son premier album). Et comment ne pas voir un clin sur le titre "Itch For The Cure"(Linkin Park et son interlude "Cure For The Itch" sur [Hybrid Theory]) ? Post Human est aussi un album où la bande fait le plus grand écart au niveau de la diversité des morceaux : l'ouverture furieuse "Dear Diary" qu'on aurait pu retrouver sur Suicide Season (une boucherie comme dirait l'autre) ou encore "Kinslayer" (avec BabyMetal en guest, dont la voix catoonesque m'insupporte), les titres plus mélodiques qui sont du business-as-usual pour eux ("Parasite Eve" et "Obey" feat. la nouvelle sensation Yungblud) pour finir sur la surprenante ballade Tim Burton-ienne "One Day The Only Butterflies Left Will Be In Your Chest As You March Towards Your Death". On peut ne pas aimer Evanescence, mais Amy Lee a quand même une voix magnifique, on ne peut le nier. C'est cheesy à souhait, mais franchement ça vaut malgré tout, le coup d'y jeter une oreille pour les orchestrations et l'échange vocal qui fonctionne vraiment bien. Au final, Post Human: Survival Horror est un retour fracassant qui ne révolutionne en rien leur son, mais qui remet les pendules à l'heure pour certains fans qui auraient lâché l'affaire. Car oui, il y en un peu pour tout le monde ici. On pourra reprocher à certains titres une structure trop similaire et un air de déjà-vu sur certains passages, mais on ne boudera pas notre plaisir tant Bring Me The Horizon sait écrire des morceaux léchés et encore plus contagieux qui le coronavirus. 

3,5/5
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Guillaume W. 

dimanche 25 octobre 2020

Chronique Rétro : Linkin Park - [Hybrid Theory]

Nous sommes en l'an 2000. Bac en poche, la fac d'Anglais me tend les bras, et le néo-metal est LE style à mode en ce début de décennie. On écoute Korn, Limp Bizkit, on se file des cds gravés avec des groupes à absolument écouter et Rock Sound est notre bible à tous. Et puis, un jour, un groupe sur un sampler, une chanson nommée "With You", et un album du mois plus tard, l'un des disques les plus emblématiques d'une scène fait une entrée fracassante dans nos vies et dans nos oreilles. 

Ce disque, c'est [Hybrid Theory]. Ce groupe, c'est Linkin Park. On pourrait s'arrêter là finalement, car tout a été dit et écrit sur cet album. Mais bon, pourquoi pas finalement, car avec le recul des années et un perception peut être différente de leur musique, notre avis a peut être aussi évolué ? Qui sait ?

Je pense avoir écouté ce disque plus de 1000x avec les années, énormément lors de sa sortie et encore aujourd'hui, il occupe une place dans mon iPod. D'ailleurs, je pense ne jamais l'avoir enlevé. C'est dire. Pas parce que je l'ai écouté constamment, mais parce que je savais qu'à un moment ou un autre j'aurais envie/besoin de le réentendre. Tout simplement, parce qu'[Hybrid Theory] a réussi là où beaucoup se sont cassés les dents. A la fois rock, rap, metal, pop aussi parfois, terriblement catchy, et radiophonique à souhait. Linkin Park a de suite tout compris, tout anticipé. Certains diront tout aseptisé. C'est évident que l'on est loin du côté sale de Korn, loin des loufoqueries de Limp Bizkit, mais le côté sombre de leur musique a toujours été une marque de fabrique. Surtout dans les paroles de Chester, qui a toujours essayé de combattre ses démons à travers la musique, même s'ils ont fini par l'emporter. 

On pourrait parler de tous les morceaux, car TOUS les morceaux sont des tubes. Quatre morceaux (seulement !) sont sortis en single : "One Step Closer" et son hommage appuyé à Rage Against The Machine sur ce break resté mythique et qui a démonté plus d'un pit : "Shut up when I'm talking to you",  les plus poppy "Crawling" et "In The End", ou encore l'énorme morceau d'ouverture "Papercut". Mais un peu à la manière de Def Leppard, tous les titres auraient pu passer à la radio, car toutes ces chansons sont formatées et avec un son ultra léché pour rentrer dans la case radio : structures classiques couplets/refrains/couplets/refrains/pont/refrain. Et toutes auraient pu être des singles en puissance. Car ça marche, et du feu de dieu en plus !  

Et pourtant, rien n'a été facile pour la sortie de [Hybrid Theory] (qui d'ailleurs était le nom du groupe au départ), puisqu'une fois la démo prête, la légende veut que le groupe aurait joué plus de 40 showcases pour des maisons de disques avant que Warner Bros. ne les signe. Les autres labels ont dû s'en mordre les doigts, tant Linkin Park est devenu une poule aux œufs d'or. Et immédiatement en plus. Car il n'a pas fallu longtemps pour voir le groupe passe d'un statut de rookie à celui de groupe confirmé et tête d'affiche des plus grandes salles du monde (d'ailleurs même en France, il fallait être là en ce 18 septembre 2001, pour voir Linkin Park jouer devant un peu plus de 1000 fans à l'Elysée Montmartre car deux ans plus tard, le groupe remplissait Bercy après la sortie de Meteora). 

Quelque part, Linkin Park a réussi à démocratiser le rock au sens large du terme. Peu importe qu'on écoute de la pop, du hip-hop, ou du metal, qui ne connaît pas leurs chansons ? Impossible. D'ailleurs plus d'un an après sa sortie, plus de 100 000 copies s'écoulaient encore chaque semaine. 

Et en 2020 alors ? Au final, que ce soit par nostalgie d'une époque où l'on pouvait boire sans avoir une gueule de bois pendant trois jours ou par la qualité du disque, [Hybrid Theory] peut être considéré comme un classique du rock contemporain. Par sa puissance, ses refrains immédiatement accrocheurs, sa production clinquante (avec Don Gilmore aux manettes), ses deux chanteurs aux voix se mariant à merveille (beaucoup ont tenté de reproduire le son Linkin Park, sans jamais y arriver complètement), et ses influences éclectiques, tout fonctionne encore. Sans jamais sonné daté car encore maintenant, jamais on a la sensation d'entendre un disque qui a 20 ans, contrairement à énormément de disques de cette scène neo/rap/metal, qui semblent d'un autre âge.  

En 37 minutes et 45 secondes d'éternité, Linkin Park a sorti un des debut-albums les plus marquants de tous les temps. Et 20 ans plus tard, quel pied en réécoutant ces 12 morceaux, dont aucun n'est à jeter. Et on peut aussi saluer l'évolution du groupe qui ne s'est jamais reposé sur ses lauriers (oui Meteora est une suite logique sans grandes prises de risques, mais pas décevante comme on a pu le lire un peu partout à l'époque), quitte à diviser son public. [Hybrid Theory] est un peu le Nevermind 2.0, et aussi un peu le Michael Jordan du metal. Et ça, ce n'est pas rien.

Guillaume W.  

dimanche 18 octobre 2020

Chronique Express : Seaway - Big Vibe

En cette année 2020 bien merdique à beaucoup de niveaux, Big Vibe fait figure de feel-good record of the year comme on dit de leur côté de l'Atlantique. Et c'est vraiment ça que l'on ressent à l'écoute de ce nouvel et quatrième album de Seaway. Commencer par la conclusion d'une chronique est un peu bizarre c'est un fait, c'est un peu comme regarder un épisode de Columbo alors qu'on sait qui a commis le crime avant même d'avoir vu arriver Peter Falk. Mais au final, ça convient tellement bien à notre désormais quatuor canadien. Oui, parce qu'on sait quasiment instantanément à quoi s'attendre à l'écoute de Big Vibe. Et la première écoute ne fait que confirmer notre sentiment lorsque les trois singles ont été présentés en amont de sa sortie officielle. Et ce n'est vraiment pas un mal, au contraire. On avait senti cette fibre rock alternatif typique des 90's parcourir une bonne partie des morceaux de Vacation, son prédécesseur. Et bien, ces 11 nouvelles compositions font all-in (jusqu'à l'artwork d'ailleurs). Le pop-punk reste présent en deuxième ou troisième lame (sur l'excellente "Pathetic" par exemple qui sonne proche de Four Year Strong) mais le facette pop-rock grosses guitares prend le dessus (''Peach" pourrait sortir d'un -très bon- disque de Weezer sans qu'on retrouve quoi ce soit à y redire). Mettez juste "Brain In A Jar"  ou encore "Sweet Sugar" et essayez de ne pas danser pour voir. Sérieusement, c'est impossible car chaque fibre de votre corps vous ordonnera de vous lever et de sortir vos plus beaux dance moves ! La production est massive, la batterie cogne, les guitares envoient de la mélodie et les voix, les choeurs font tellement de bien là où ça passe. Et ce refrain contagieux est la cerise sur la gâteau. Le morceau-titre suit et même constat : Seaway arrive avec du neuf et du vieux, joue sur notre nostalgie et notre amour toujours aussi immodéré des films pour ados qu'on a regardé en VHS et qu'on regarde encore aujourd'hui avec une certaine tendresse. On accélère le tempo avec la non moins excellente ''Still Blue" et ses paroles tellement vraies : ''So wouldn't it be nice to stay sedated / When all your friends are getting old and jaded? / Maybe you're the one to blame".  Et même quand on ralentit le tempo sur "Wild Things" et "If You Let Me", on prend un panard pas possible. Simple, efficace, un poil cheesy, mais c'est clairement le but ici. L'intro/conclusion de cette chronique reste valable finalement : Seaway a sorti l'album qui fait du bien, sans prétention, à la fois fun et irrésistible de bout en bout, en jouant sur les codes calibrés du genre, sans originalité, mais comment leur en vouloir quand au bout de ces 36 minutes, l'auditeur n'a qu'une envie : se remettre Big Vibe dans les oreilles. Un super disque qui devrait les faire cartonner, c'est en tout cas tout le mal qu'on leur souhaite !

4/5

Recommandé si vous aimez : Third Eye Blind, Weezer, Four Year Strong qui aurait sorti des albums dans les 90's. 

Guillaume W. 

mercredi 14 octobre 2020

Chronique Express : Hundredth - Somewhere Nowhere

La métamorphose opérée par Hundredth avec Rare, sorti le 16 juin 2017, est l'un changement de son les plus brutaux qu'on l'on ait pu connaître, en passant d'un hardcore mélodique brut et rageur à un rock shoegaze à grosses guitares. Du coup, on se disait (naïvement probablement), que le désormais trio allait continuer dans cette voie, en nous proposant une évolution dans la continuité avec une sorte de Rare 2.0 qui aurait contenter les fans à coup sûr. Mais c'est mal connaître la bande, qui n'en fait finalement qu'à sa tête. Quatre singles sont sortis il y a maintenant un an, avec lesquels on a passé beaucoup de temps. Tous plus beaux les uns que les autres et il se retrouvent disséminés sur la tracklist qui comptent 14 morceaux. Si vous les découvrez seulement maintenant, quelle chance vous avez de pouvoir prendre sur la superbe "Leave Yourself" (avec cette basse new wave a souhait), la plus électro "Whatever", l'ultra émotionnelle "Iridescent" et la plus agressive "Cauterize" (qui aurait pu pour le coup se retrouver sur Rare sans aucun souci). Pour les autres, c'est presque dommage qu'ils soient dessus, puisqu'on a tendance à vouloir les skipper puisqu'on les connaît trop bien au final. Et si on vous dit que ces 4 morceaux étaient les plus rock de la galette et que le reste se situe plus dans une veine électro et 80's. Et bien, c'est le cas. L'ouverture avec le très beau morceau-titre, tout en claviers et en beats, une vraie belle réussite, "Out Of Sight" reste dans la lignées des singles présentées en amont avec une facette 80's bien mise en avant, et "Bottle it Up" ultra surprenant, proche de ce que Mew ou encore Tame Impala peuvent proposer. Et au fur et à mesure que les titres défilent et que les écoutes se succèdent, on se rend compte à quel point Hundredth continue sa métamorphose sonique en piochant dans tout ce qu'ils aiment. Du coup, l'album donne parfois l'impression de partir dans tous les sens, au gré de leurs envies. Mais que ce soit dans l'électro pure (''Silver", "Why", où les synthés ont le champ libre, "End Up Alone", "Way Out" et la sombre "Too Late", assez proche de Radiohead dans  l'esprit), ou la pop rock 80's (''Slack", "Burn Slow" et son refrain imparable), Hundredth fait preuve d'un savoir faire bluffant et on sent un boulot de dingue en amont pour rendre ses compositions prenantes de bout en bout. A coup sûr, le groupe va à nouveau diviser (déjà rien qu'avec cette pochette complètement psychédélique), mais n'en a absolument rien à foutre des critiques (il n'y a qu'à aller faire un trou sur leur Twitter pour s'en rendre compte). Somewhere Nowhere amène l'auditeur exactement où le groupe veut l'emmener, quitte à perdre des fans de la première heure (c'était déjà fait avec Rare, mais là c'est encore plus flagrant). Là où Rare était immédiat et restait très porté guitares, Somewhere Nowhere prend son temps pour poser ses ambiances, à remplacer les cordes par des claviers et proposent des morceaux variés demandant du temps avant d'être apprivoisés. De toute façon, à la sortie d'Ultrarare, on se doutait bien que ça les démangeait de bricoler avec des synthés. Et même si certains crieront au scandale en lisant cela, et si Hundredth venait tout simplement de sortir son Kid A ?  

4/5

Recommandé si vous aimez : The Chain Gang Of 1974, The Postal Service, Radiohead, The 1975

Guillaume W. 

mardi 13 octobre 2020

Chronique Express : Movements - No Good Left To Give

Dire que ce deuxième album de Movements était attendu relève du doux euphémisme, trois ans après avoir été révélés au grand public avec leur fantastique Feel Something. Un premier album absolument incroyable et essentiel. Des guitares qui vous ravagent de l'intérieur, des mélodies qui vous hantent encore bien après l'écoute, bref indispensable et surtout, déjà un classique de la scène. Du coup, la question qui était sur toutes les lèvres était  simple : comment faire pour survivre à un disque quasi parfait ? La réponse est simple en fait : en prenant son contre-pied presque complet. Là où Feel Something était urgent et viscéral, No Good Left To Give, prend plus sont temps et joue encore plus sur les atmosphères. ''In My Blood", s'ouvre sur une ligne de basse simple et entêtante, et dès l'entrée de la voix, on sait pertinemment que la baffe est proche, et cette montée en puissance sur le pont vous procurera des frissons pas possibles. L'émotion est omniprésente et ce sera le fil rouge de cette deuxième livraison. ''Skin To Skin" a la lourde tâche de succéder à cette ouverture parfaite et ce refrain imparable et plein de douleur mettra encore une fois tout le monde d'accord. Et bordel de merde, les titres se succèdent et on l'impression de découvrir des choses à chaque écoute. "Tunnel Vision" aurait pu être sur le dernier album de Thrice que personne n'aurait rien à y redire avec ce refrain hurlé, "Garden Eyes", "Santiago Peak" et "Moonlight Lines" sont trois morceaux d'emo-rock urgent, direct et catchy à souhait tandis que "Don't Give Up Your Ghost" et "12 Weeks" se la jouent plus alambiquées, toujours avec cette même tension sous-jacente. Et comment ne pas parler de l'enchainement du morceau-titre qui fond dans "Love Took The Last Of It", qui clôt bien entendu parfaitement No Good Left To Give, en mixant tous les ingrédients chers à la bande. On ressort sonné de cet album, tant l'émotion est à fleur de peau et les morceaux plus prenants les uns que les autres. Et au final, même si l'urgence est plus en deuxième lame, No Good Left To Give est tout aussi viscéral que son prédécesseur et en est le parfait complément. Movements vient de sortir un des plus beaux et l'un des plus incontournables disques de cette année 2020 et confirme, encore si besoin était, qu'ils sont un des groupes les plus doués de la scène. Absolument indispensable. 

4,5/5

Recommandé si vous aimez : Balance & Composure, Pianos Become The Teeth, Thrice

Guillaume W. 

lundi 12 octobre 2020

Chronique Express : Acceptance - Wild, Free

Trois ans après leur retour sur le devant de la scène avec Colliding By Design, Acceptance sort son troisième album, Wild, Free. Pour les fans de la première heure, ou ceux qui désiraient entendre un Phantoms 2.0, passez une nouvelle fois votre chemin. 15 ans sont passés par là, et ce disque devenu culte auprès de la scène emo, est un lointain souvenir. L'EP sorti plus tôt cette année (dont tous les titres sont présents ici) était en fait une bonne indication sur le son de ces 10 nouveaux morceaux. Beaucoup de synthés, une basse qui pulse, des guitares qui balancent de la mélodie à tour de bras et cette voix de Jason Vena, toujours aussi prenante même 15 ans plus tard. Wild, Free, reprend clairement les choses où elles avaient été laissées il y a trois ans, mais en allant encore plus à l'essentiel et en appuyant encore plus sur le côté pop et radio rock. On le sent dès ''Midnight", le groupe cherche à pondre du tube à la pelle : c'est ultra léché, bien foutu, ce refrain reste scotché dans notre cortex frontal, et ça fonctionne bien. "Cold Air" suit la tendance 80's du moment avec une ouverture sous la forme d'énormes synthés, jusqu'au refrain tout en double voix et encore une fois, on s'incline devant tant de savoir-faire. L'excellente "Release & Let Go" suit avec toujours ces claviers,  ces guitares cristallines et cette émotion. Wild, Free arrive à nous accrocher jusqu'aux dernières notes de "At The Edge Of The Earth" (très The Killers dans le son d'ailleurs), avec des tubes, des tubes et encore des tubes. Mention spéciale à la superbe "Son Of The City" et la Phantoms-esque "Wasted Nights" qui nous renverra direct 15 ans en arrière, sans jamais sonner datée. Il est seulement bien dommage que la moitié des titres soient sortis sur l'EP, ce qui gâche un peu l'effet malgré tout, avec seulement une moitié d'album à se mettre sous la dent.  Wild, Free reste malgré tout un album à écouter sans bouder son plaisir. 10 morceaux pour 40 minutes, et un album qui respire bon l'emo-pop simple, efficace, ultra accessible et catchy à souhait. 

3,5/5
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un joli mélange de Jimmy Eat World et Anberlin

Guillaume W. 

 

vendredi 2 octobre 2020

Chronique Express : Machine Gun Kelly - Tickets To My Downfall

On l'attendait cet album de Machine Gun Kelly, le rappeur qui passe au pop-punk. Et puis avec Travis Barker, on avait l'assurance d'avoir un cogneur sans nom derrière les fûts. Un bon point déjà. Et puis, c'est vrai, les morceaux présentés en amont de la sortie de Tickets To My Downfall, ont fait leur petit effet. Du coup, on était quand même impatient d'entendre la galette en entier. 15 titres torchés en 37 minutes, pas de fioritures, c'est une évidence. Mais au final, comme pour le dernier album de New Found Glory, 15 morceaux, c'est bien trop. Et malheureusement pour Machine Gun Kelly, on peut aimer Blink-182, on peut embarquer Barker dans l'aventure, on peut essayer d'être calife à la place du calife, mais une fois l'écoute de ces 15 morceaux terminée, il faut se rendre à l'évidence. C'est bien trop peu et surtout les singles sont vraiment les meilleurs titres de la galette et de très loin. "My Bloody Valentine", "Concerts For Aliens" ou encore "Drunk Face" fonctionnent très bien même si on s'attend à tout moment à attendre les voix de  Mark et Tom. Ajoutons-y encore "Forget Me Too" avec Hasley en featuring (d'ailleurs sa voix est difficilement supportable, mais ça sonne très Paramore de All We Know Is Falling donc on est preneur) et la très cool "Jawbreaker" avec son synthé sur le refrain et vous avez un chouette EP. Pour le reste, on est dans le répétitif et dans l'hommage à blink-182. On sent que le bonhomme a voulu recréer l'ambiance d'un album pop-punk des 90's et c'est louable. Mais on est loin du compte : entre interludes inutiles, mélodies répétitives et trop peu de morceaux prenants, Tickets To My Downfall est un album bancale, qui surfe sur la nostalgie et qui au final sonne déjà daté. On n'y reviendra que très peu, car on a juste envie de se remettre Enema Of The State entre les oreilles. Bien tenté, mais le contrat n'est pas rempli.

2,5/5

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Guillaume W. 

mardi 22 septembre 2020

Chronique Express : Knuckle Puck - 20/20

Toujours placés mais jamais gagnants, les Knuckle Puck ne lâchent pas l'affaire et sortent 20/20, leur troisième album. Un style éprouvé, un songwriting de qualité, des mélodies entêtantes, bref tout le packaging du pop-punk qui fait du bien par où il passe. Shapeshifter les avaient vus se diriger vers quelque chose de plus pop tout en gardant le côté plus agressif de Copacetitc. Ici, la balance se fait très clairement en faveur du pop-punk à tendance poppy. Dès l'ouverture avec le morceau-titre, le constat est aisé. Knuckle Puck est passé du côté sunny du pop-punk. Avec un riff d'entrée plus pop que tout ce que le groupe a pu sortir de ses guitares, et un refrain en or massif plus tard, hopla, c'est fait, ça fonctionne, emballé, c'est pesé. ''Tune You Out" (le premier morceau présenté de cette nouvelle galette) reste un des morceaux les plus forts de ce disque où l'émotion des guitares feront dresser les poils, tandis que "Sidechain" est plus agressif avec ses choeurs énormes sur le pont qui finissent de nous achever. "Earthquake" fait clairement office de morceau radio par excellence (un peu à la manière de Yellowcard quand ils ont sorti "With You Around"). Le retour des grosses guitares ne se fait pas attendre bien longtemps avec la doublette ''RSVP" (et ses double voix dingues) et le tube absolu qu'est "Breathe" (avec en guest le chanteur de Mayday Parade). Le quintet de Chicago réussit à garder l'attention de l'auditeur jusqu'à la dernière note de la très belle "Miles Away" et surtout cette deuxième partie d'album offre l'un des plus beaux titres du répertoire de la bande avec "Green Eyes (Polarized)" qui fait vraiment beaucoup penser au The Maine de Lovely Little Lonley sur le couplet avant de balancer LE refrain du disque tout en atmosphère et émotion. Pas besoin de 50 écoutes pour savoir que ce 20/20 a de quoi cartonner, et ce serait amplement mérité. Immédiat, catchy comme pas deux, bien produit, un pop-punk dosé juste comme il faut, et leur force absolue avec ces échanges vocaux exécutés à la perfection. Knuckle Puck a donc tout pour faire un carton, dans un style ultra encombré. Mais avec un disque de cette qualité (on pourra toujours tourner autour du pot en disant que ce n'est pas original, c'est une évidence), on est dans le très haut du panier. A ne pas louper !

4/5
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Guillaume W. 

dimanche 6 septembre 2020

Chronique Express : Biffy Clyro - A Celebration Of Endings

Le voici, le voilà ce huitième album pour Biffy Clyro. Un an après l'excellent Balance, Not Symmetry (qui a servi de bande originale au film portant le même nom) et surtout 4 ans après le plus que dispensable Ellipsis, A Celebration Of Endings marque le retour aux affaires de notre trio écossais préféré. Et dès l'intro et ce riff hyper alambiqué mais tellement typique de la bande, on sait déjà que "North Of No South" va envoyer du bois. Et on ne se trompe pas. Après un couplet calme où les trio de voix fait encore son effet, le refrain arrive et défonce tout sur son passage. Les frissons sont là, c'est bon signe et surtout, rien qu'avec ce morceau, Ellipsis semble un bien lointain (et mauvais) souvenir. Le piano et les cordes de "The Champ" et la voix superbe de Simon annonce le calme avant la tempête, avec encore une fois un riff du feu de dieu et cette triplette vocale digne de Queen. Et toujours ce refrain en béton armé. "Weird Leisure" continue sur cette même lancée, tandis que "Tiny Indoor Fireworks" se la joue poppy et imparable (essayez juste de ne pas reprendre le refrain pour voir), et que "Worst Type Of Best Possible" vous fera dresser les poils (même ceux du cul oui oui). On n'est à peine à la moitié de la galette qu'on sait qu'A Celebration Of Endings est un album vers lequel on va revenir. La suite ne nous fera pas mentir, et depuis Blackened Sky, Biffy s'est fait une spécialité pour envoyer des ballades plus belles les unes que les autres. Ici, "Space" et "Opaque" ont la lourde tâche de succéder à des morceaux comme "Scary Mary" ou "Folding Stars". Les cordes donnent un côté cheesy aux deux morceaux mais malgré tout, on s'en sort bien, surtout sur la première citée. Le reste de l'album se partage entre moments décomplexés et rentre dedans (''End Of", morceau le plus bourrin de la galette avec son côté carrément Foo Fighters sur l'énorme pont), passages radio (''Instant History" et son clavier qui a fait couler tant d'encre et qui avait surtout servi de présentation à l'album, laissant craindre un disque ultra pop, ultra produit et ultra calibré, mais qui dans le contexte de l'album entier passe bien mieux) et un final héroïque toujours avec ces cordes qui servent de fil conducteur à l'album. Ce huitième album est donc bien une renaissance pour Biffy Clyro. Sans se réinventer, ni revenir aux sources (cela reste surement un doux rêve des fans de la première heure), le trio vient de sortir son meilleur album depuis Puzzle, et cela fait un bien fou de les entendre à nouveaux énervés, faire rugir les guitares. Welcome back lads !

4/5
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Biffy Fucking Clyro !

Guillaume W. 

mardi 25 août 2020

Chronique Express : Ways Away - S/T

Samiam, Knapsack, Boysetsfire, Stick To Your Guns : voilà d'où viennent les membres de Ways Away. Déjà rien qu'avec un CV pareil, pas le droit à l'erreur et franchement ça calme direct. Et ça sonne comment ? Et bien, c'est simple : Sergie Loobkoff, guitariste/chanteur chez Samiam, Solea, ou encore Racquet Club a composé la quasi-intégralité de cet album. Du coup, et comme il le dit lui-même en interview, il ne sait composer que comme il le fait avec Samiam, il y a donc une certaine familiarité que l'on retrouve dans Ways Away. Mais étant donné que chacun des autres membres y a mis sa patte, on est loin d'avoir la sensation  d'écouter  des Faces B du groupe culte de Berkley, Californie. D'ailleurs dès "Dine On The Vine", l'auditeur est conquis, la voix de Jesse Barnett (chanteur de Stick To Your Guns) complétant parfaitement les velléités emo-punk de la bande. Le refrain est catchy, un bon mi-tempo pour lancer le disque, c'est juste ce qu'il faut. Et cet enchaînement avec "No Means, No Ends" un tube que Rise Against aurait rêvé d'écrire, plus agressif et qui n'a besoin que de 2 minutes 30 pour mettre tout le monde d'accord. Du coup, on navigue entre mid-tempo plus poppy (''Roam With A Ghost" tout en émotion, l'excellente "Savannah" qui aurait clairement pu se trouver sur Trips de Samiam et ce refrain jouissif bordel de nom de dieu !) et passages plus rentre dedans, mais toujours avec cette émotion dans les guitares ou dans les lignes de chant : les tubes plus imparables que l'imparable lui-même "Halfway Open" (cette ligne de basse qui reste scotchée dans le cortex frontal sans que l'on puisse s'en débarrasser) et l'excellente "Collarbone". Et réussir à terminer le disque sur  "What Are We Gonna Do About Matthew" l'un des morceaux les plus calmes de l'album, sans en faire retomber le soufflet, c'est quand même un gage de songwriting classieux. En 35 minutes, Ways Away montre déjà que ce projet en a sous le pied et prouve que le style a encore de beaux jours devant lui. Les morceaux sont simples et efficaces, sans artifices, mais construits avec une précision d'orfèvre et un sens de la mélodie bluffant, sonnant nostalgique, mais jamais daté ou dépassé. Un des gros coups de cœur de 2020 ! 

4/5
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Guillaume W. 

dimanche 23 août 2020

Chronique Express : Only Sibling - Get Well Soon

Only Sibling, c'est un jeune quatuor de New York qui définit son son comme du rock de losers. Pas top comme effet d'annonce, non ? Alors qu'en fait, ce premier long jeu est tout sauf un truc de perdants. Mais vraiment. Signé par le label Other People Records, tenu par le chanteur de Stick To Your Guns et aussi la maison d'excellents groupes comme Ways Away, Modern Color ou encore Gleemer. Question style, c'est pile poil dans la mouvance actuelle, entre emo, grunge et shoegaze. Mais bon, être dans la mouvance c'est bien, mais il faut aussi savoir bien le faire. Et dans ces 34 minutes, Only Sibling fait preuve d'un savoir faire assez bluffant. Il suffira  d'entendre "Screen Door" pour en avoir la preuve irréfutable : guitares agressives, mélodie imparable et un très beau refrain, qui en 2 minutes et 36 secondes met (déjà) tout le monde d'accord. Et "Loser"qui le suit montre la deuxième facette de leur son, plus atmosphérique, avec une basse qui cogne et des guitares où le shoegaze prend le pouvoir. Du coup, les morceaux varient dans les deux styles. Plus rentre dedans et véloces d'un côté (''My Violet", "Closet", "Native" limite Nirvana atteint d'une fièvre shoegaze), plus mid-tempo d'un autre (''And I Hate It", la superbe "Mt. Molly"). Mais pas seulement. Le groupe part carrément en mode intimiste quand le morceau le suggère (la très belle "Lead Paint", où le chant s'envole et les guitares cristallines apportent une émotion folle) ou prend le parti de laisser l'auditeur sur le morceau le plus sombre et violent ("Corner Of The Bed" où le chant hurle de douleur et les guitares se déchaînent). Si l'originalité n'est pas de mise ici, les New Yorkais ont réussi à passer l'épreuve du premier album avec brio. A ne pas manquer. 


4/5
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Guillaume W. 

mercredi 12 août 2020

Chronique Express : PVRIS - Use Me

Après deux excellents albums, c'est peu dire que PVRIS était attendu au tournant. Ce Use Me aura su se faire attendre, pour finalement sortir officiellement le 28 août prochain, après deux reports successifs. Hallucinations, leur EP, sorti en fin d'année dernière, n'était finalement pas qu'une parenthèse, mais clairement une indication de l'évolution de leur son. Car oui, Pvris a toujours joué avec les machines, mais en gardant un son ultra organique et catchy au possible. Use Me enfonce le clou et propose 11 titres (dont 3 ont été récupérés de Hallucinations) où les machines ont pris le pouvoir, un peu comme dans Terminator. Et à la première écoute, on peine à retrouver ce qu'on aimait tant chez eux, cette émotion à fleur de peau, ces grosses guitares, cette batterie qui cogne, et ces refrains tellement accrocheurs. Les 11 morceaux passent et on est déjà à la fin du disque, et on a cette impression de n'avoir entendu que 2 ou 3 titres différents. Cette évolution synthpop/électro-rock laisse de marbre et il faudra plusieurs écoutes pour s'acclimater à cette direction. ''Gimme A Minute", qui sert d'ouverture à Use Me, est minimaliste au possible avec un refrain où  le titre est martelé tel un mantra. Les guitares sont en troisième rideau et la voix de Lynn, au demeurant, toujours aussi superbe, est devenu le centre de toutes les attentions et est mise en avant sur tout le disque (un hasard d'ailleurs de la retrouver seule sur la cover de l'album ?). ''Dead Weight'' poursuit le chemin embrayé par "Gimme A Minute", ''Stay Gold" permet de se rattacher à l'ancienne version de Pvris avec un belle émotion, tout comme ''Good To Be Alive'' et son beat hip-hop. Ce qui est à noter ici est la variété des morceaux et des ambiances proposées, notamment sur la fin de la galette : "Loveless" est une ballade acoustique simple à tomber par terre, tout simplement. ''January Rain" et "Use Me" (avec ces cordes sublimes sur le final) sont faites de ce même bois, et ces refrains bouleversants sont parmi les plus beaux du disque. Si les frissons ne sont pas présents à ce moment-là, c'est que vous n'êtes pas humains. Et finalement, on se rend compte que Use Me fonctionne en deux temps : une première moitié où les titres sont plus "agressifs" et une deuxième moitié où on sent toute la vulnérabilité et la sensibilité du groupe. Use Me n'est pas album qui s'écoute et se laisse apprivoiser de suite. Il faut du temps, des écoutes successives, pour en découvrir toutes les subtilités et au final, et même si on aura du mal à détrôner All We Know Of Heaven, All We Need From Hell. Et surtout, on espère que cette signature sur une major n'aura pas pour effet de transformer Pvris et de reléguer le reste du groupe à faire de la figuration.

3,5/5 
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Guillaume W. 

lundi 27 juillet 2020

Chronique Express : Neck Deep - All Distortions Are Intentional

Trois ans après The Peace And The Panic, les golden boys du pop-punk britannique sont de retour avec leur quatrième long jeu, All Distortions Are Intentional. Depuis leur formation, Neck Deep ne cesse d'accumuler le succès et ce nouvel album était logiquement l'un des plus attendus du genre de cette année 2020. Ceux qui avaient reproché au groupe de verser de plus en plus du côté poppy du pop-punk seront déçus, c'est un fait. Si vous cherchez un Life's Not Out To Get You partie 2, passez votre chemin. Le compte n'y sera clairement pas. En effet, on navigue encore une fois dans des eaux plus pop, plus radiophonique. De toute façon, la moitié de l'album ayant été dévoilée avant la sortie officielle, on repassera sur le côté surprise. Et les morceaux sortis donnent une très forte idée de ce à quoi il faut s'attendre à l'écoute de ces 12 nouveaux morceaux. "Lowlife" avait un poil effrayé par son côté ultra convenu, sauvé par un refrain catchy, et il s'agit d'un des moins bons titres proposés ici. Si vous cherchez du pur pop-punk, allez du côté de ''Sonderland" et de l'excellent "Telling Stories", qui raviront les fans de la première heure. Le reste se la joue plus mid-tempo, mais bordel de nom de dieu, il faut rendre à César ce qui appartient à César, la bande est capable de pondre des chansons accrocheuses dans son sommeil. De l'émotion et des grosses guitares (les énormes "Fall", "I Revolve Around You", "Sick Joke"  et la très belle "Empty House"), de la pop certaine de faire un carton en radio (''When You Know", "What Took You So Long") et deux morceaux à part : l'interlude limite hip-hop "Quarry" et la ballade acoustique tout droit sorti du répertoire de Yellowcard, "Little Dove". Et "Pushing Daisies" referme la galette sur des guitares furieuses, un morceau qui pousse vraiment leur son vers d'autres sphères. En 12 morceaux et 40 minutes, un concept basé sur l'histoire d'amour de Jet et Alice (les 2 personnages que l'on suit dans chacune des chansons), All Distortions Are Intentional est une réussite et ne fera que renforcer le succès de Neck Deep. Ce que le groupe n'a pas en originalité, il le comble avec une faculté à toujours réussir à sortir la mélodie qui fera mouche. C'est bien simple, chaque titre est un tube potentiel, et même si la partie punk de leur pop-punk s'est un peu fait la malle ici (la production de Matt Squire n'y est probablement pas pour rien d'ailleurs), on ne boudera pas notre plaisir car ce quatrième album sort pile au bon moment et se réécoute avec un plaisir non dissimulé. A ne pas manquer !

4/5
Recommandé si vous aimez : State Champs, New Found Glory, Yellowcard

Guillaume W.   

lundi 20 juillet 2020

Chronique Express : Bush - The Kingdom

Bush, c'est désormais Gavin et son orchestre, étant le dernier membre originel de la bande, après le départ du batteur Robin Goodridge en 2019. The Kingdom est leur album quatrième post-reformation et leur huitième opus. Bush, c'est des millions de galettes vendues avec deux premiers albums, Sixteen Stone et Razorblade Suitcase devenus des pierres angulaires du mouvement grunge. Et surtout c'est un groupe qui a longtemps été détesté en Angleterre (d'où ils sont originaires) mais qui a cartonné aux USA. Près de 30 ans après leur formation, Bush ne lâche pas l'affaire et fait tapis sur cette nouvelle livraison, que Rossdale (aussi ex-mari de Gwen Stefani) avait annoncé comme la plus agressive depuis les 90's. On ne peut pas lui donner tort, mais Black And White Rainbows était tellement long et ennuyeux que ça ne veut pas dire grand chose. Et il faut avouer que ça part vraiment pas mal. Le single, "Flowers On A Grave" est hyper catchy et c'est probablement le meilleur titre de cette nouvelle livraison. Assez proche de ce qu'ils ont pu proposer sur The Science Of Things en 1999, ça fonctionne bien. Les deux morceaux qui suivent ce même chemin, en amenant même une petite influence néo-metal bien sentie. "Ghosts In The Machine" sonne comme du Bush pur jus, "Quicksand" balance un gros riff et est rentre dedans comme il faut. On se dit que c'est un bon retour en forme au final. Mais c'est sans compter sur une deuxième moitié d'album en pilote automatique, où aucune mélodie ne ressort, où les morceaux passent sans qu'on ne puisse noter une différence réelle entre eux. On s'ennuie ferme et au final, oui ce retour est bien plus agressif, comme annoncé, mais les mélodies prenantes en moins, et une inspiration en berne. Si on ajoute à tout ça un artwork qui ne donne même pas envie d'aller plus loin, The Kingdom est un album où quelques titres valent le détour mais sur lequel on ne reviendra pas. On peut louer la persévérance de Bush de vouloir continuer à tout prix, mais malheureusement, cette huitième livraision ne réussit en aucun cas à faire bouger la hiérarchie établie dans leur discographie. A réserver aux fans inconditionnels du groupe ou aux nostalgiques des 90's/00's.

2,5/5
Recommandé si vous aimez :
un mix de post-grunge et de néo-metal 

Guillaume W.