mercredi 10 novembre 2021

Chronique : Limp Bizkit - Still Sucks

Dix ans après Gold Cobra, près de 10 ans pendant lesquelles Limp Bizkit nous a fait miroiter la sortie de Stampede Of The Disco Elephants (avec Ross Robinson aux manettes !), et même sorti plusieurs singles, pour finalement ne jamais voir le jour du fait de l'insatisfaction constante de Fred Durst pour les textes et son chant. C'est aussi le groupe que tout monde adore détester, à tel point que même les groupes dont ils réclament l'influence (Durst est fan absolu de Faith No More et Rage Against The Machine)  ne veulent pas être associés de près ou de loin au biscuit mou (de manière très explicite qui plus est). Ça vous situe quand même bien un groupe. Et en poussant l'ironie d'appeler son nouvel album Still Sucks (auto-produit par le groupe au passage), Limp Bizkit fait exactement ce que l'on attend de lui. De l'auto-dérision en veux-tu en voilà donc (il n'y a qu'à écouter le Korn-ien "Love The Hate" pour s'en rendre compte).

"Out Of Style" lance les hostilités avec un riff borlandien dont lui seul a le secret, et bien sûr que l'on reconnaît directement la bande, et qu'on est carrément projeté 20 ans en arrière au sommet de leur carrière où les Bizkits raflaient tout au passage. Et surtout où ce rap-metal était le roi des charts et où tous les groupes essayaient de copier Korn et Limp Bizkit avec plus ou moins de succès. "Dirty Rotten Bizkit" est un énorme morceau tout droit sorti de Significant Other (il repique d'ailleurs le riff de "Nobody Like You" au passage), sans qu'on y trouve grand chose à dire, il faut bien l'avouer. Et plus on avance dans ce disque, plus on a la sensation que la bande survole en fait toute sa carrière en 12 morceaux. Des sonorités  hip-hop de "Dad Vibes" et "Snacky Poo", de cette basse ultra groovy de "Turn It Up Bitch",  en passant par Fred qui nous refait le coup de "Behind Blue Eyes" avec les ballades ultra cheesy "Don't Change" (qui est une reprise d'INXS) et "Empty Hole", ça pique aussi un riff à Nirvana sur l'ultra grungy "Barnacle". Et il y a quand même bien longtemps qu'on avait pas entendu Fred aussi remonté que sur "You Bring Out The Worst In Me" et "Pill Popper" (qui contient un des riffs les plus dingues du disque). Quasiment depuis leurs débuts en fait. Et bordel, ça envoie du bois ! Still Sucks se termine sur la ballade Sugar Ray-ienne "Goodbye" (précédée en guise d'intro d'un échange téléphonique de Wes déconcertant avec un journaliste abruti). Et sous ses allures toujours millième degré et pipi/caca, les textes de Fred sont centrés sur les difficultés d'une relation toxique. Pas si évident donc. 

Alors que penser de (seulement ce 6ème album) de Limp Bizkit ? 10 ans après Gold Cobra (et un artwrok délibérément aussi dégueulasse ce coup-ci, œuvre à nouveau du Sir Borland), ce Still Sucks fonctionne plutôt bien. Mais le plus gros souci de cette livraison est qu'on a la sensation que certains morceaux auraient pu aller bien plus loin dans leur développement. Du coup, on reste un peu sur notre faim. Et finalement, ce Still Sucks nous rappelle surtout avec nostalgie, l'époque des baggys portés bien sous le cul au moins 3x trop grands (mais probablement à la bonne taille aujourd'hui) avec la ceinture qui pendait de manière extrêmement classe et discrète, avec des pompes tellement grosses aux pieds qu'on avait quand même l'impression de marcher avec des putains de sabots. C'est un bon album des biscuit mous, mais ce n'est absolument pas un grand album, car on ne peut décemment pas, en étant sain d'esprit, penser que ce Still Sucks arrive ne serait-ce qu'à toucher une couille à la triplette Three Dollar Bill Yall, Significant Other, et Chocolate Starfish. Il revisite avec plus ou moins de réussite une bonne partie de leur discographie. Il est quand même vraiment dommage d'avoir eu à attendre autant de temps pour 12 titres torchés en 32 toutes petites minutes. Mais ne boudons pas notre plaisir, car il y a du bon dans ce disque et ça fait du bien par où ça passe !

3,5/5
Recommandé si vous aimez : sérieusement ? 

Guillaume W. 

mardi 2 novembre 2021

Chronique : Sam Fender - Seventeen Going Under

Sam Fender est ce que l'on peut appeler un coup de foudre musical. Oui, oui autant que ça ! De 1, il est beau gosse, une sorte de sosie de Robert Pattinson. De 2, et c'est bien le plus important, sa musique parle aux personnes qui tendent l'oreille pour l'écouter : une découverte à travers les singles de son deuxième album, Seventeen Going Under, et le déclic s'est fait instantanément et dès le morceau-titre : 80's, rock'n'roll en diable, une influence marquée du Boss (mais pas que !), des guitares en veux-tu en voilà, un saxophone de malade, une section rhythmique aussi discrète qu'indispensable. un refrain de toute beauté, et cette voix, cristalline et tellement puissante. Les superlatifs manquent tant la claque est immense. Et ce n'est pas "Getting Started" qui va changer la donne, avec ses guitares cristallines et toujours cette influence Springsteen. Si cette marque indélébile aurait pu être gênante, elle ne l'est en fait absolument pas. Car Sam sait aussi s'en affranchir le temps d'un "Aye" ou d'un "The Leveller" (servi par des cordes indispensables), aux guitares dissonantes et hypnotiques. Et puis, "Get You Down", est un morceau que The Gaslight Anthem (des autres disciples du Boss) aurait pu écrire pour The '59 Sound, si Brian Fallon s'était décidé à balancer du sax dessus, assorti de cordes magnifiques sur le final. 
 
Et si c'est un album dont on fait l'éloge, ce n'est pas pour rien car je ne pense pas avoir été autant attiré par un disque du genre depuis celui cité juste au-dessus, et ça ce n'est pas rien car on parle d'un monument du rock, tout simplement. Si Seventeen Going Under fonctionne si bien sur la durée, c'est parce les plaisirs sont variés, et les mid-tempo tout aussi bons que les titres plus axés grosses guitares : "Long Way Off" a un petit côté Deaf Havana ultra plaisant, "Last To Make It Home", "Mantra" (et son côté Jeff Buckley jusque dans la voix) ou encore la sublime "The Dying Light" où l'accent mis sur les claviers fera chavirer les plus durs d'entre vous sans soucis. 
 
Mais je voudrai m'attarder sur le pièce centrale de cet album qu'est "Spit Of You", qui se traduit par ''ton portrait craché" et où il y parle de son père, et de cette ressemble de plus en plus prononcée au fil du temps, et cette pudeur qui a toujours caractérisée leur relation père/fils où les je t'aime sont toujours sous-entendus. Et je ne peux d'ailleurs pas écouter ce titre sans avoir les larmes qui montent tellement je me reconnais dans cette relation avec mon père, et ce manque que je ressens lorsque je vois mes deux petits bonhommes, qui ne connaîtront jamais physiquement l'homme fantastique qu'était leur grand-père. Et surtout, toute cette musique, cet album (qu'il aurait aimé j'en suis sûr), et tous ces événements de nos vies que j'aurai voulus partager avec lui. Et que je ne pourrai malheureusement jamais faire. 
 
Une chose est certaine : Sam Fender est prêt à bouleverser vos petits cœurs et surtout il va grimper très très haut dans les tops de fin d'année. C'est l'évidence même car ça pue tellement le talent et la sincérité. Et comme l'a dit Cédric, un de nos fidèles lecteurs : "Un mec qui utilise des cuivres en 2021 est quelqu'un de bien!" Je crois pas qu'on ne trouvera meilleure conclusion à un disque cette année. Absolument indispensable !

4,5/5
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Guillaume W.  

mardi 26 octobre 2021

Chronique Express : This Wild Life - Ever Blossom

Quatrième album pour notre duo acoustique préféré, This Wild Life. Ever Blossom est une première pour plusieurs raisons. La première est que le groupe l'a enregistré maison et non dans un studio traditionnel. La deuxième est que c'est un album entièrement indépendant sans aucun label. Kevin et Jordan ont donc tout fait eux-mêmes. Pour les fans de la bande, le son sera familier et rassurant, leur identité sonore étant connue et parfaitement assumée. Ever Blossom est un album coin du feu, parfait pour cette période où la nuit prend le pas sur le jour, où la seule chose sympa est de retrouver les personnes que l'on aime. 10 morceaux où la base acoustique est un atout majeur pour les voix de nos frères d'armes. Leur complémentarité vocale est LE point fort de leur duo, tout comme leur aisance à créer des morceaux catchy et emprunts d'une vulnérabilité touchante (même si un poil cheesy dans les paroles bien entendu). Dès "I'm Scared To Lose You", ça fait du bien, et la présence d'une batterie discrète et d'un clavier donne une âme supplémentaire à cette introduction. "Last Calls For The Heavy Hearts" suit cette même direction, où la colonne vertébrale acoustique est aidée par des machines et des orchestrations malines. Et que dire de ce refrain où les double-voix font merveille. Une influence indie-country fait même son apparition sur "When We Leave This Place, We Leave Alone", "What If I Say That You Didn't Have To Stay" et la très belle "Still Wondering Why You Left Me Behind" (le seul titre entièrement guitare/voix de la galette finalement et fait carrément penser à ce que City And Colour a sorti avec Sometimes). Et puis, si on se laisse même avoir par les sifflets du poppy et radio "If It's Cool With You, I'm Cool With Being Through" (et son clip hilarant), c'est donc que tout est parfaitement orchestré. This Wild Life a réussi son pari en sortant son meilleur album depuis Clouded. 10 morceaux pour 36 minutes, une évolution dans la continuité, de l'émotion, des cœurs brisés, des influences tatouées sur le corps et des mélodies accrocheuses et cajoleuses pleins les oreilles. Trois ans après Petaluma, Ever Blossom réussit son pari et fait vraiment un bien fou. 

4/5
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Guillaume W. 


lundi 25 octobre 2021

Chronique Express : Hawthorne Heights - The Rain Just Follows Me

S'il y a bien une chose que l'on peut laisser à Hawthorne Heights, c'est sa constance. Ce huitième long jeu ne déroge pas à la règle : le groupe sera emo ou ne sera pas. Du titre des albums, jusqu'au son estampillé 00's de tous leurs albums, ils n'ont jamais connu une évolution flagrante depuis leurs débuts il y a maintenant 20 ans.  Et du coup, avant même d'avoir mis le disque entre nos oreilles, on est quasi certain de ce que l'on va y trouver : du chant, du scream, de la mélodie tire-larmes, des refrains hyper catchy et des paroles oh-so-emo. Et... Bingo ! Ce nouvel album est du Hawthorne Heights pur jus ! Et dès "Constant Dread", le style est malgré tout reconnaissable entre mille. Un couplet calme, un refrain entre chant clair et screams, qui fera bouger l'auditeur sans aucun mal, et un pont où Brendan Murphy des énormes Counterparts vient s'époumoner comme il en a l'habitude.  Le morceau-titre suit avec sa facette poppy qu'on leur connaît aussi. Dès ce deuxième titre, la direction de l'album est tout tracée, on le sait d'avance et pourtant on a envie d'y aller, en partie par nostalgie mais aussi car on sait qu'il va y avoir du tube. Les rentre-dedans "Holy Coast" (et son riff heavy metal),  "Dull Headlights" et "Bambarra Beach" montre que le groupe n'a rien perdu de sa fougue (cela fait d'ailleurs bien longtemps qu'il n'avait autant lâché les chevaux) , mais ce bien les morceaux les plus pop-rock qui prennent le dessus. Essayez voir d'écouter "Tired And Alone" et ses paroles ("And I remember the summer that we met/the winter that you left/ and everything in between/the years have since gone by/ I hope you're doing fine") sans avoir envie de vous laisser pousser la mèche 2003 (si on a a encore suffisamment de cheveux pour en tout cas). IMPOSSIBLE ! Du coup, The Rain Just Follows Me est un bon cru Hawthorne Heights, avec ses invités judicieusement choisi (Anthony Raneri de Bayside sur la très bonne "Spray Paint In Black" et Ryan Key, frontman de Yellowcard sur "Seafoam"), son son familier et son côté accrocheur de bout en bout. Les fans de la première heure en auront pour leu argent et même si ce style finalement un peu daté ne leur apportera plus le succès de leurs débuts (If Only You Were Lonely restera leur plus belle réussite et l'une des vaches à lait les plus impressionnantes de l'écurie Victory), ni de nouveaux fans, la bande continue son petit bonhomme de chemin contre vents et marées. Le contrat est rempli et The Rain Just Follows Me fait du bien par où il passe. 

3,5/5
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Guillaume W. 

dimanche 24 octobre 2021

Chronique Express : Tennis System - Autophobia

L'autophobie est une phobie spécifique d'isolement, de la peur d'être seul. De là à dire que cet album a un lien avec cette foutue pandémie, il n'y a donc qu'un pas. Ce nouvel album de Tennis System fait son apparition deux ans après l'excellent Lovesick. Il ne filtre que très peu d'informations sur la bande, si ce n'est qu'on a l'impression que l'aventure du trio se dessine désormais en solo. Si Lovesick donnait l'impression d'être dans un tourbillon de guitares dissonantes, shoegaze et atmosphérique, entre un Sonic Youth qui aurait partageait un studio avec My Bloody Valentine, ces 10 nouvelles compositions prennent un chemin bien différent. Attention le shoegaze est toujours bien présent (même plus que jamais !) mais fini les moments de folies, les morceaux qui s'allongent, Autophobia est un album plus apaisé, et osons le terme, bien plus calibré. En effet, aucun morceau n'atteint les 4 minutes. Et si la présence à la production et à la co-écriture de Chadwick Johnson de Hundredth y était pour quelque chose dans cette nouvelle direction ? Il y a forte à parier, car outre la présence du bonhomme au chant sur le superbe morceau d'ouverture, l'influence Hundredth est bien présente, et le fait que les synthés et les machines aient pris la place des grosses guitares et de cette batterie qui cognait sans cesse. Toute la place ? NON ! Car si ce nouvel album fait une virage à 180°, il reste des ingrédients chers à la bande et à son passé. ''Truth Hurts", "Summer Sweater" posent des mélodies lancinantes, telle une boucle hypnotique, "Up For It" balance de la guitare grunge à souhait avant d'exploser sur le refrain, "Bend" envoie une basse bien lourde sur les couplets, bref Tennis System est toujours là, sous ce nouvel apparat, et cela lui va d'ailleurs comme un  gant.  Car oui, l'émotion est tellement présente, que les frissons ne sont jamais bien loin : "Bitter", "Dizzy" (qu'on pourrait avoir entendu sur Peripheral Vision de Turnover), "Dusted" (dont les synthés font étrangement pensé à Angels And Airwaves), ou le final "Mourn" spatial et parfaite conclusion de ces 33 minutes. Autophobia est un album qui mérite toute votre attention et qui devrait, dans un monde parfait, faire un carton sans nom, étant donné la popularité du genre en ce moment. Il est d'ailleurs dommage que la sortie se soit faite tellement en catimini car aucune info sur une date n'a filtrée ou n'a même été annoncée par le label. Mais peu importe, car avec un disque de cette qualité, le bouche à oreille devrait faire son œuvre. C'est bien tout le mal qu'on souhaite au bonhomme en tout cas. 

4,5/5
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Guillaume W. 

jeudi 14 octobre 2021

Chronique Express : Wage War - Manic

Ce quatrième album de Wage War était attendu, c'est le moins que l'on puisse dire. Car il faut avouer que Pressure avait fait son petit effet, en ajoutant un bonne dose de mélodie dans leur metalcore avec cette voix de Cody qui envoyait les refrains dans les étoiles. Décevant au passage certains fans de la 1 première heure, qui reprochaient la tournure trop mélodique. Ces fans devraient être rassurés avec Manic, car il y en a un peu pour tout le monde. La bande ne se refuse rien et envoie la purée bien comme il faut, et ça tabassera un pit en moins de temps qu'il ne fait pour l'écrire. Il faut entrer exactement 10 secondes dans le disque pour tout balancer dans la baraque : les guitares sont énormes, les mélodies font mouche, la section rythmique mise sur l'efficacité et la simplicité, c'est accordé ultra bas, le break dissonant final démonte tout et le duo de voix fonctionnent mieux que jamais. Pas original, mais la bande a trouvé la formule gagnante, alors pourquoi changer ? D'ailleurs, ils ne se privent en envoyant "Teeth" et son passage chanté à la Disturbed, gros couplet, gros refrain, ultra prévisible, c'est un fait, mais Wage War maîtrise désormais son sujet à la perfection. Comme sur Pressure, on n'hésite pas à faire le grand écart entre la bizarrerie "Manic" ultra nu-metal et même Korn-ienne sur le pont, les coups de sang que sont "High Horse", la bourrinerie sans nom qu'est "Death Roll" et son riff ultra dissonant (et encore une fois très nu-metal), ou les sucreries que sont "Circle The Drain", "Never Said Goodbye" ou l'excellente "Slow Burn" (où Briton s'essaye avec brio au chant plus clair et d'ailleurs sa performance globale est à souligner). Bref, pour les fans du genre, c'est du petit lait. Les natifs d'Ocala (comme les copains d'A Day To Remember qui sont d'ailleurs aux manettes de la galette) savent où ils mettent les pieds, et ne se perdent pas en chemin. Manic est un bon disque servi par une production énorme, où codes du genre sont respectés au pied de la lettre, et la bande reste bien dans les clous. Pas un mal, mais la prise de risque est limitée même s'ils font clairement partie du haut du panier dans le style. 

3,5/5
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A Day To Remember (bon pas celui du dernier album) et Bring Me The Horizon 

Guillaume W.   

dimanche 10 octobre 2021

Chronique Express : The Bronx - Bronx VI

Chroniquer un album de The Bronx est à la fois simple et compliqué. Simple car la chronique pourrait s'arrêter là, tellement The Bronx fait... du The Bronx. Dans une très vieille chronique de chez nous, Romain (qui travaille pour Télérama soit dit en passant), disait d'un album de Bad Religion, que l'on savait finalement à quoi s'attendre de la part d'un tel groupe, mais que comme le rôti du dimanche chez mamie, le tout  était de savoir s'il était meilleur que celui de la semaine précédente. Et c'est exactement le sentiment que l'on a chez The Bronx. On sait qu'on va passer un moment rock'n'roll rempli de pisse, du sueur et de sang. Le tout est simplement de voir si ce sixième album est à la hauteur des précédents. Dès "White Shadows", le doute n'est pas permis, on est bien sur un disque de la bande : ça envoie du bois, ça rock, ça roll, ça balance un p'tit solo bien senti, le tout agrémenté d'un refrain du feu de dieu. Emballez, c'est pesé, le disque est lancé sur les chapeaux de roue, et ne s'arrêtera que sur les toutes dernières notes de "Participation Trophy". Entre temps, la voix de Matt et les mélodies de Joby font le job, des ultra véloces "Superbloom", "Curb Feelers" ou encore l'excellent "New Lows" au mid-tempo ultra rock'n'roll "Watering The Well" (avec ses chœurs d'enfer sur le refrain et le pont) ou encore "Mexican Summer". Cet album n'est pas surprenant, c'est un fait établi depuis bien longtemps. Et même si on sent moins l'urgence et la bave aux lèvres qu'à leur début, la bande n'a jamais faibli et ce n'est pas demain la vieille. Une réussite de plus dans le sac à tubes de The Bronx !

4/5
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Guillaume W. 

dimanche 3 octobre 2021

Interview : Aaron Matts (chanteur de Ten56)

Ten56, récente formation metalcore-djent parisienne, sortira son premier EP, Downer Vol.1, le 25 novembre prochain chez Out Of Line Music. L'occasion pour Alternativ News de parler de ce nouveau projet avec Aaron Matts (désormais ex-chanteur de Betraying The Martyrs).

lundi 20 septembre 2021

Chronique Express : Soul Blind - Third Chain (EP)

Soul Blind est un quatuor de New York qui officie dans le post-grunge/shoegaze. Voilà qui situe la bande. Et aussi le fait qu'ils soient signé sur Other People Records, qui fait littéralement un sans faute depuis sa création (Ways Away, Gleemer, Modern Colour pour ne citer qu'eux). Tant et si bien que l'on est à l'affût de la moindre de leur sortie, et Third Chain n'est clairement pas en reste. Seulement 3 titres à se mettre sous la dent, mais quelle mise en bouche, bordel de nom de dieu ! Tout commence avec la lourdeur de "Third Chain" et son riff typique 90's, cette dissonance dans les guitares et ce clip piqué à Soundgarden et son fameux "Black Hole Sun". "Misplaced" se la joue bien plus cool, avec un chant plus en retrait, ce superbe refrain shoegaze en diable et bordel ces guitares foutent un frisson pas possible. "Phantom Pool" qui clôt l'affaire, mixe le meilleur de leurs deux univers avec un son sec et brut, ses double voix hyper bien vus et ce son à la limite du post-hardcore. Seulement 3 titres donc, mais quelle claque absolue, tout respire les 90's à plein nez du son, en passant par le look des bonhommes, et de l'artwork, on a l'impression d'être à nouveau des collégiens en quête de nouveaux émois musicaux. Et ça fonctionne à merveille. 9 minutes tout pile, qu'on s'écoutera en boucle jusqu'à la sortie de leur premier long jeu, qui on l'espère n'arrivera pas dans trop longtemps. A ne louper sous aucun prétexte. 

4/5

Recommandé si vous aimez : Silverchair, Quicksand, The Smashing Pumpkins

Guillaume W.  

dimanche 19 septembre 2021

Chronique Express : Ridgeway - Marlo

Ridgeway, quatuor du sud de la Californie, sort son deuxième album, Marlo. après un premier effort, Give, sorti en 2019 et bien accueilli malgré le fait qu'il soit resté (bien trop) confidentiel. La bande n'a pas lâché l'affaire et balance 10 nouvelles compositions à la frontière de l'emo indie/rock et du shoegaze. Une voix cotonneuse à la Jesse Lacey de Brand New (même si avec ses histoires, il est devenu celui dont il ne faut pas prononcer le nom) vivement identifiable, des guitares qui tricotent des mélodies tristes et accrocheuses et une section rythmique qui sert de colonne vertébrale aux morceaux. Dès "Night In Your Head", la bande agrippe l'auditeur pour ne plus le lâcher qu'au terme de ces 33 (trop courtes) minutes. Toujours en mode mid-tempo ou presque, on balance la purée sur l'excellente "Thrive", mais jamais chiant, tout en nuances ("Real Blue" ou encore "Buzzsaw") ou en dissonances ("Bulldozer" avec cette basse hypnotisante sur le pont), mais avec ce souci constant de garder l'auditeur en alerte. Un beau disque sur lequel on revient avec plaisir et qui mérite que l'on s'attarde sur lui. 

4/5
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Guillaume W. 

dimanche 12 septembre 2021

Chronique Express : Grayscale - Umbra

Le trioisième album de Grayscale complète la transformation entamée il y a maintenant deux ans avec le très bon Nella Vita. Il restait encore quelques traces du pop-punk des débuts, sur Umbra, le quintet de Philadelphie plonge la tête première dans un pop-rock radiophonique à souhait. Est-ce un mal pour autant ? Et bien, absolument pas ! Car Umbra continue sur l'exacte lancée de son prédécesseur avec un rock alternatif finement ciselé et ultra accrocheur. Dès "Without You", une influence 80's se fait clairement ressentir, claviers et saxophone inclus. Et ça fonctionne du feu de dieu. "Dirty Bombs" a gardé quelques reflexes pop-punk sur le refrain, "Bad Love" et "Motown" sont des morceaux de The 1975 sans être des morceaux de The 1975, et toujours ce refrain en or massif.  Et que ce soit dans les morceaux les plus portées guitares comme "Over Now" et "Say It To My Face" (avec toujours cette fibre 80's qui parcourt le titre) ou la superbe "King Of Everything", ou à l'inverse sur les ballades tire-larmes "Live Again" et "Light", le groupe ne se trompe pas. Et même si les textes sont simples et bien entendu portés pour la très grande majorité sur les relations humaines, vous aurez bien du mal à trouver un disque plus catchy que Umbra cette année. 

4/5

Recommandé si vous aimez : The Maine, The 1975, All Time Low

Guillaume W. 

lundi 23 août 2021

Chronique : Chunk ! No, Captain Chunk ! - Gone Are The Good Days

Il aura fallu 6 ans à Chunk ! No, Captain Chunk ! (référence à cette scène du film The Goonies, sorti en 1985, pour ceux qui n'auraient pas la référence) pour finalement sortir Gone Are The Good Days. Depuis Get Lost, Find Yourself, qui lorgnait bien plus vers le pur pop-punk et nettement moins vers l'easycore : peu de moments heavy ou de breaks pour mosher comme un p'tit foufou, et c'était finalement la meilleure chose qui pouvait leur arriver à l'époque. Entre temps, peu de choses à se mettre sous la dent, hormis un morceau inédit ''Blame It On This Song" (que l'on retrouve ici dans une version retravaillée). 

Et bien, l'effet va être immédiat : "Bitter" et "Gone Are The Good Days" sont des classiques du répertoire Chunk. Ultra pop-punk dans l'âme, des refrains hyper accrocheurs la voix nasillarde et New Found Glory-esque de Bert et un break dans chacun des morceaux pour bien montrer qu'ils ne sont pas revenus pour faire du tricot chez mémé. Mais la grosse différence avec les productions précédentes du groupe, c'est qu'il n'y a pas de baisse de régime, ni de morceaux remplissage ce coup-ci. Au contraire, on a la sensation que plus on avance dans le disque, plus la bande se débride. "Drift Away" est un mid-tempo au refrain contagieux, très New Found Glory dans l'esprit jusqu'au refrain rempli d'émotions, "Marigold", "True Colours" et  "Painkillers" (et son break énorme) pourraient être des morceaux de Four Year Strong dans le travail des guitares, "Made For More", la déjà connue "Blame It On This Song"  et "Fin."  (et son final qui vous mettra les poils) sont du Chunk 100% pur jus. Pas forcément surprenant, mais ultra bien foutu. 

Pour autant, le groupe n'a pas négligé son retour (tout en auto-production, et c'est à souligner) puisqu'à plusieurs reprises, on est surpris de la tournure des événements. "Good Luck" avec ses choeurs et son refrain où l'acoustique domine, un titre entre calme et tempête vraiment bien construit, jusqu'à l'explosion sur le pont. Chunk va encore plus loin sur "Tongue Tied", avec Yvette Young de Covet en guest, un ballade acoustique belle et simple dans la lignée d'un Yellowcard. Mais c'est bien entendu sur "Complete You" que la transformation est complète et entière. Sous l'apparence d'un morceau rock alternatif que ne renierait pas The Dangerous Summer (pas un hasard d'ailleurs de retrouver AJ Perdomo en invité sur ce titre), ils nous sortent un passage ultra 80's avec un solo de saxophone ! Et le pire dans tout ça, c'est qu'il est complètement indispensable au morceau. 

Ces 45 minutes se terminent, et on veut bien croire Bert dans une interview donné au zine Australien Wall Of Sound en amont de la sortie de Gone Are The Good Days. Il y disait qu'avec ce nouveau disque, le groupe avait finalement trouvé l'équilibre parfait. Et c'est entièrement vrai car ce nouvel album de Chunk est leur plus varié et leur plus abouti, cela ne fait aucun doute. Et là où ces nostalgiques de la VHS, des films de notre enfance, et des 90's ont souvent donné l'impression de courir derrière leurs influences, notamment A Day To Remember, cette fois l'élève a clairement dépassé le maître (surtout vu le dernier album vraiment merdique des Floridiens) et Gone Are The Good Days est ce que les Ricains appellent le "feel-good record". Et c'est vraiment ce que l'on ressent à l'écoute de ces 12 nouveaux titres. Leur mélange fonctionne enfin sur toute la longueur d'un album, et se réécoute avec un plaisir non-dissimulé. Welcome back boys ! 

4/5
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Guillaume W. 

mercredi 4 août 2021

Chronique Express : The Maine - XOXO: From Love And Anxiety In Real Time

Comment survivre à deux albums (quasi) parfaits ? C'est la question qu'a dû se poser The Maine après avoir pondu Lovely Little Lonely (2017) et You Are OK (2019). Pas simple en effet de concurrencer ces galettes qui en ont fait tourner des têtes. Ce huitième et nouvel album, From Love And Anxiety In Real Time est en fait dans la continuité de Lovely Little Lonely pour son côté ultra pop totalement assumé. Là où You Are OK envoyait des grosses guitares, ici c'est le côté sucré qui domine et aussi le côté radio : car oui, seulement 10 titres balancés en 33 minutes au compteur. Pas besoin de plus de quelques secondes pour secouer la tête sur les tubes ultra dansants que sont "Sticky" et "Lips". Ces petites mélodies, cette production aux petits oignons et ses refrains ultra catchy restent dans la tête sans que l'on puisse s'en débarrasser. On est en terrain connu, c'est une évidence et le groupe ne dévie pas de sa formule désormais familière. Mais ça fonctionne très souvent du feu de dieu. Que ce soit dans les mid-tempo (la superbe "April 7th" vous tirera les larmes et vous filera le frisson à n'en point douter, "Anxiety In Real Time" sublime de retenue), ou dans les passages plus véloces (l'énorme tube "Pretender", mais surtout la Jimmy Eat World-esque "Face Towards The Sun" sont parmi leurs meilleurs morceaux). On a bien un ou deux morceaux en-dessous ("High Forever par exemple qui se la joue Imagine Dragons ou encore "When Your Lights Go Out", vraiment trop cheesy), pas mauvais en soi, mais inférieurs au reste de la galette. The Maine ne dévie pas de la formule qui a fait son succès, mais cet album, même s'il est moins fort que ses deux prédécesseurs, reste dans le haut du panier de leur discographie. Le deuxième meilleur groupe emo de l'Arizona (comme ils aiment à se décrire, car oui,  même eux savent que Jimmy Eat World est intouchable). XOXO (qui veut simplement dire "Hugs and Kisses" en langage SMS) est un disque romantique, catchy et dansant à la fois. Et une belle addition à leur excellente discographie. 

3,5/5
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Guillaume W. 


samedi 10 juillet 2021

Chronique Express : KennyHoopla - survivors guilt : the mixtape//

Sous ce nom de disque tellement inspiré hip-hop se cache en fait le dernier projet de Barker-core : oui oui, c'est un tout nouveau style où on retrouve Travis Barker de blink-182 qui joue de la batterie sur tous les projets plus ou moins pop-punk de la planète (et probablement des autres planètes aussi si des aliens décident de faire du pop-punk). Bon, non en fait, c'est tout simplement Travis Barker qui veut absolument jouer du blink sans blink (certains diront qu'il le fait déjà depuis que Tom Delonge a quitté le groupe). Du coup, on approche ces projets avec de plus en plus d'hésitation étant donné que la qualité va du potable au complètement inintéressant. A tel point qu'on finit par en avoir ras le bol de le voir le type. Mais KennyHoopla,  et ses 8 titres en 21 minutes,  vont peut être changer la donne qui sait. En tout cas, "silence is also an answer//" qui ouvre la galette est le meilleur titre de tous les projets Barker depuis... blink. La voix de Kenneth est particulière, mais fonctionne à merveille dans ce style pop-punk bourré d'émotions. Grosses guitares, refrain catchy, section rythmique au poil, ça barde et on redemande. Le single "estella//" suit et fait le même effet avec toujours ces guitares du feu de dieu et cette fougue contagieuse avec ce chant mi-chanté/mi-gueulé. C'est avec "turn back time//" ou encore "hollywood sucks//" que l'influence blink-182 ressort le plus, mais sans que ce soit gênant le moins du monde puisque blink a influencé 150 000 000 de groupes de toute façon. Et puis, KennyHoopla réussit où les autres ont échoué lamentablement car il y a ce côté rock'n'roll déjanté qui amène à des passages screamés dans le morceau-titre ou encore sur "inside of heaven's mouth, there is a sweet tooth//" qui lorgne carrément du côté de Dance Gavin Dance pour finir sur deux tubes pas si loin de Yellowcard. suvivors guilt: the mixtape est donc une sacrée belle surprise, qui en 21 toutes petites minutes met tout le monde d'accord. Cette variété dans les titres, cette honnêteté dans les paroles, cette vélocité dans chaque titre, et surtout le côté ultra catchy de l'ensemble fait qu'on revient à ce disque avec un plaisir non-dissimulé. Vite, la suite !

4/5
Recommandé si vous aimez :
le pop-punk, l'emocore et blink-182 

Guillaume W. 

samedi 26 juin 2021

Chronique Express : Twenty One Pilots - Scaled And Icy

Je suis ce qu'on peut appeler un fan casual de Twenty One Pilots. je connais les tubes, j'apprécie certains de leurs titres, ils ont un style aisément reconnaissable, mais ça s'arrête là. Sur la longueur d'un album entier, ils me perdent à chaque fois. Ce sixième album, Scaled and Icy a changé ça. Alors déjà, le titre, passablement incompréhensible et mystérieux, sauf que les p'tits gars sont malins. Il s'agit d'un jeu de mots sur la phrase "scaled back and isolated" (en référence à la pandémie), mais aussi l'anagramme de "Clancy is Dead", le protagoniste de Trench. On sent dès l'ouverture de l'album que le groupe a voulu sonner le plus poppy, sautillant et fun possible, pour contraster avec la période compliquée qu'ils ont traversée. D'ailleurs si les compositions sont légères musicalement, elles le sont nettement moins au niveau des textes, qui traitent de l'angoisse, des doutes et des personnes que l'on aime. Le premier single présenté, "Shy Away", se la joue synth-pop et ce petit refrain malin à base de chœurs fonctionne à merveille. "Chocker" joue sur la même corde, en plus groovy et sans guitares pour le coup. Et pareil c'est catchy, le pont piano/voix est très fort, et il y a même ce final complètement rappé. "Saturday", le dernier single posté avant la sortie de la galette est ultra dansant, et des influences soul font même leur apparition et sont bien mises en avant. Un beau foutoir ce Scaled and Icy ? Oui... et non, car même si les influences sont multiples, le duo réussit toujours à retomber sur ses pattes. Que ce soit dans le pop-rock piano ("Good Day" qu'on croirait échappé d'un disque de Ben Folds Five, la superbe "Mulberry Street"), électro-pop ("The Outside"), rock alternatif ("Formidable", un mix improbable de Nada Surf et The Cure, "Never Take It"), hip-hop proche de Trenches ("No Chances" et ses chœurs gothiques, la minimaliste "Redecorate"), Tyler et Josh font ce que bon leur semblent et viennent piocher un peu partout. Bref, c'est un quasi retour aux sources de Vessel pour Twenty One Pilots. Scaled And Icy est une véritable et entière réussite, qui s'écoute et se réécoute avec un plaisir non feint. C'est un album moins Hollywood et plus indie, et ça leur va bien. Leur identité sonore est toujours bien présente, et que vous soyez fans ou non du duo, jetez une oreille à ce disque, vous pourriez être agréablement surpris. 

4/5
Recommandé si vous aimez : votre pop rock teinté de piano, d'électro et de hip-hop.  

Guillaume W. 

mardi 8 juin 2021

Chronique Express : Fiddlehead - Between The Richness

Le premier album du all-star band Fiddlehead (avec des membres de Have Heart ou encore Basement pour ne citer qu'eux) était une affaire cathartique, car les textes étaient en majorité portés sur le décès du père du chanteur. Springtime And Blind avait en tout cas fait tourner bien des têtes avec ses morceaux courts, intenses et hyper catchy: un mix de post-hardcore et de pop-punk. Trois ans plus tard, voici son successeur et cette fois, l'effet de surprise ne sera plus de mise puisque le groupe est désormais attendu comme le messie. Et ce Between The Richness n'est finalement que la suite logique de son prédécesseur, en moins sombre et moins rentre dedans. Attention, il y a des coups de boules bien sentis : "Eternal You" et son refrain hurlé en double voix va défoncer tous les pits qui se présenteront à lui, "Get My Mind Right" (toujours aussi bon que la version du 7" sorti en 2019), "Down University", la folie de "Life Notice" ou encore l'énorme morceau de clôture "Heart To Heart" (qui est d'ailleurs le seul à dépasser les 3 minutes et qui fait le lien entre l'intro "Grief Motif" avec un passage d'un poème de E.E. Cummings : "I carry your heart with me / I carry it in my heart / I am never without it / Anywhere I go you go"). Ailleurs, la bande ne s’embarrasse jamais de fioritures, et on balance les brulots en moins de 2 minutes 30 secondes. Et bordel, ça pleut du tube ! "The Years", "Millions Times ou les plus mid-tempo "Loverman" et "Joyboy" sont tout simplement irrésistibles et prouvent que la bande a bien plus d'une corde à son arc. 10 titres balancés en 26 minutes, c'est court mais les morceaux réussissent pourtant à se développer pleinement sans qu'on ai besoin de plus de temps. Les guitares font un boulot de dingue, pour tricoter des mélodies à la fois évidentes mais sinueuses malgré tout, la section rhythmique tient la baraque bien comme il faut et cette voix fait vivre les morceaux avec toutes ces émotions ("Heart To Heart" a d'ailleurs été écrite pour son fils). Fiddlehead a réussi le test exigent du deuxième album avec brio, sans changer le fond, mais avec un talent intact. 

4/5

Recommandé si vous aimez : Title Fight, Jawbreaker, Joyce Manor

Guillaume W.  

samedi 5 juin 2021

Chronique Express : Olivia Rodrigo - SOUR

Olivia Rodrigo, c'est une nénette Disney. Il y a quelques années, cela m'aurait directement fait ne pas écouter son premier long jeu. Mais comme on dit, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis. Pour la petite anecdote, je l'ai découverte un matin alors que j'avais pris la voiture de ma femme, sur une radio locale de Moselle (Direct FM pour ne pas les citer), et lorsque j'ai entendu "Drivers Licence", mon sang n'a fait qu'un tour. Pour tout dire, j'ai même pensé que c'était un morceau inédit de Julien Baker. Oui, à ce point. Du coup, à la sortie de SOUR, Je n'ai pas hésité même si j'avais une petite appréhension que ce single ne soit qu'un feu de paille. Mes doutes se sont envolés dès "brutal", un morceau qui commence avec des cordes avant de se lancer dans un riff que ne n'aurait pas renié les Pixies ! Et ce refrain, un peu gueulé avec un max de disto sur la voix fait carrément son petit effet. On emballe tout ça en 2 minutes 24, et si c'est 35 minutes sont de cet acabit, on va avoir droit à une galette de choix. Comme on pouvait s'en doute malgré tout, on navigue entre des eaux pop-radio, pop-rock, et aussi un peu pop tout court. "traitor" calme le jeu et prouve que la pitchoune a du coffre et que cette influence Julien Baker et son côté aride n'était pas dû au hasard. Quel beau titre, quel beau refrain, quelle émotion ! Et il faut ne pas avoir de cœur pour ne pas avoir les frissons sur "drivers licence", sur la ballade piano/voix "1 step forward 3 steps back", "enough for you" et comme il faut non plus oublier de secouer le cocotier, on balance des morceaux qui en ont sous la semelle ("good 4 U") ou encore ultra groovy comme "jealousy, jealousy" et "deja vu". Et puis, on termine en beauté avec "hope ur ok", qui montre à quel point on peut faire beaucoup avec peu. Et quelle putain de performance vocale ! Olivia est à l'aise dans tous les registres et on sent un caractère déjà bien affirmé dans ses compositions (qui ont été produites et co-écrites pour 8 titres sur 11 par Dan Nigro, qui n'est autre que le frontman des excellents et feu-As Tall As Lions, groupe indie-emo signé sur Triple Crown Records). SOUR est donc une belle promesse d'avenir et un album vraiment très bon. Bien entendu, c'est calibré (11 titres en 35 minutes) et léché, mais Olivia Rodrigo a mis les deux pieds dans le plat et ce disque est une excellente surprise. On a déjà hâte d'entendre la suite. 

4/5
Recommmandé si vous aimez :
Julien Baker, Taylor Swift, Paramore

Guillaume W. 

dimanche 23 mai 2021

Chronique Express : Citizen - Life In Your Glass World

On ne sait jamais à quoi s'attendre avec Citizen. On a même carrément l'impression qu'à chaque nouvel album, la bande prend le contre-pied de son prédécesseur. Life In Your Glass World ne déroge pas à la règle, et se veut un virage à 180° par rapport à As You Please, sorti il y a maintenant trois ans. L'expérience aidant, la tête pensante du groupe, Mat Kerekes a décidé de construire son propre studio chez lui, et de produire ces 11 nouveaux morceaux. Et un sentiment se dégage (qui se dégageait déjà des clips sortis en amont), c'est le côté très british et dansant de la grande majorité des titres. La production est brute, proche de l'os, met la section rythmique bien avant, avec cette basse qui pulse constamment. Dès l'ouverture et cette double pénétration auditive "Death Dance Approximately" (dont l'intro pue le At The Drive-In à plein nez d'ailleurs) et "I Want To Kill You" sont tout simplement deux tubes dansants à souhait aux refrains catchy as fuck, qui rappelle l'énorme début de Bloc Party, Silent Alarm. Cette influence parcourt une bonne partie des titres, mais la patte Citizen est tellement forte que cela ne fait que renforcer leur identité sonore. "Blue Sunday" donne dans le mid-tempo avec ces lignes à la limite du spoken word sur les couplets avant de nous filer le frisson sur le refrain, tandis que "Thin Air" se la joue carrément plus poppy (assez proche du Turnover de Good Nature) pour revenir sur le côté hyper groovy avec "Call Your Bluff" et l'énorme "Black And Red" (et ce riff piqué à Blur) et balancer des guitares énormes sur le plus expérimental "Pedestal" pour nous achever sur la sublime "Winter Buds". On a cette sensation que le groupe pourra partir dans n'importe quelle direction, ils arrivera toujours à sortir son épingle du jeu. C'est encore le cas avec Life In Your Glass World, qui est une vraie réussite, où la voix de Mat joue le rôle de fil conducteur tout au long de ces 38 minutes (d'ailleurs jetez vous sur son projet solo si ce n'est pas déjà fait). Le désormais trio continue son petit bonhomme de chemin, en se souciant seulement de ses propres envies, et en restant reconnaissable entre mille. Et cette quatrième réalisation est à nouveau une franche réussite, exigeante, aboutie et remplie d'émotions. 

4/5
Recommandé si vous aimez :
Bloc Party qui reprendrait Brand New

Guillaume W. 

vendredi 21 mai 2021

Chronique Express : We Were Sharks - New Low

Le voici le nouvel et deuxième long jeu des Canadiens de We Were Sharks. Le groupe se définit lui-même comme du True North Pop Punk (en référence à leur origine nord-américaine) et à l'écoute de New Low, difficile de les contredire. Il y a trois ans, la bande avait fait son apparition sur la scène avec un premier effort bien senti, Lost Touch. Des tubes à la pelle et une patate du feu de dieu, un poil noyé dans la masse, mais ça gardait largement la tête hors de l'eau bien comme il faut (après avoir brisé la glace bien entendu). On ne peut pas dire qu'on perd du temps en préliminaires avec New Low. We Were Sharks envoient 10 titres dans la demi-heure réglementaire. "Shameless" ouvre le bal et défonce tout sur son passage. Premier morceau présenté sur la toile, il fait toujours un bel effet avec ce refrain bondissant et ses guitares rugissantes : un tube emballé et pesé en 2 minutes et 48 secondes. Et vous en reprendrez bien une deuxième couche avec "Bring Me Down", tout aussi véloce et catchy que sa petite sœur. Ça part sur les chapeaux de roue, y'a pas à chier. Le reste de la galette se déroule sans encombres entre morceaux plus mid-tempo ("Problems" et son refrain weezer-ien, "Over This" plus modern pop-punk à la All Time Low mais au refrain toujours aussi contagieux, la ballade "Burning House") avant de repartir toutes guitares dehors avec "New Low" et toujours la science du refrain qui tue et qui vous fera bondir du canapé, pour terminer sur "Ready To Go" et ses chœurs énormes. Voila, c'est fini, et le signe qui ne trompe pas, c'est qu'on revient sur New Low avec plaisir. Les morceaux se retiennent en moins de temps qu'il ne fait pour les écrire et c'est du pop-punk comme on l'aime : ensoleillé, de la mélodie en veux tu en voilà, des refrains accrocheurs à tous les coins de rue, et où les codes du genre sont parfaitement respectés. Peut être même un peu trop car même si We Were Sharks savent où ils vont, et que les morceaux sont parfaitement exécutés, les Canadiens surfent sur une vague sans y apporter leur personnalité, et sonnent encore trop proche de leurs influences majeures. Ce n'est pas un mal, mais il faudra qu'à l'avenir ils puissent sortir de leur zone de confort pour tenir l'auditeur en halène au delà de l'été. En attendant, ne boudez pas votre plaisir car cette nouvelle livraison fait exactement ce que l'on attend d'elle. Un disque simple, fun et accrocheur. Pour les fans du genre, on peut largement faire un plus mauvais choix. 

3,5/5
Recommandé si vous aimez :
Hit The Lights, New Found Glory, All Time Low

Guillaume W. 

samedi 8 mai 2021

Chronique : Weezer - Van Weezer

Van Weezer, c'est le 15ème album de Weezer. Van Weezer est aussi l'opposé le plus complet à Ok Human, qui faisait plus dans le pop de chambre, hyper orchestré, et une belle surprise au final. Dès la pochette, au titre de la galette (référence à peine déguisée à Van Halen), aux singles postés, pas de surprise, Weezer a sorti les guitares du placard, solos compris et rend hommage au hard-rock et au metal des 80's. 

Quoi Weezer qui sort un album de metal ? Prenons une très grande inspiration avant de raconter n'importe quoi. Oui Weezer se la joue hard-rock/metal, mais bien entendu à la sauce Weezer. Impossible de ne pas reconnaître la patte Rivers Cuomo sur tous ses morceaux. Mais bordel, ça passe tellement bien. Il y a des riffs, des riffs, des riffs, des hommages à leurs idoles de jeunesse, et du refrain catchy à la pelle. Prenez "Hero" pour voir, et bien vous avez tous les ingrédients de ce Van Weezer. Un hard-rock/poppy FM (oui ça pique les yeux quand on y pense) que seul Weezer pouvait écrire. "All The Good Ones" s'ouvre sur un air de Def Leppard (un Def Leppard où le batteur aurait toujours ses deux bras), "The End Of The Game" se lance dans un tapping du feu de dieu, tandis que "I Need Some Of That" balance des coeurs Aerosmith-iens sur le refrain. Et le point commun des tous ces morceaux ? Qu'est ce que c'est accrocheur. 

Dès la première écoute, on connaît les refrains par coeur, on tape du pied, on bouge la tête, c'est fun, simple, court (31 minutes pour 10 titres) et Van Weezer ne fait clairement pas dans la dentelle et pompe même l'intro de "Enter Sandman" de Metallica sur "1 More Hit" et "Blue Dream" aime énormément "Crazy Train" d'Ozzy Osbourne. 

Mais vous savez quoi, on y trouve notre compte même si on est pas fan de tous ces groupes à qui Weezer veut rendre hommage, car on y retrouve toujours la patte de Weezer. "Sheila Can Do It" est du Cuomo 100% pur jus, "Beginning Of The End" est une version pleine de paillettes de Pinkerton, "She Needs Me" s'ouvre sur une mélodie d'un mid-tempo grunge 90's et "Precious Metal Girl" referme ce nouvel album sur une ballade guitare/voix simple et cheesy. 

Weezer est désormais connu pour être capable de tout, et parfois tout simplement n'importe quoi, à tel point qu'on ne sait plus jamais à quoi s'attendre à la sortie d'un de leurs albums. Et finalement ce Van Weezer est un tour de force, sans se réinventer mais tellement fun et accrocheur, et surtout taillé pour le live, avec des jets de flamme, des soutifs et des culottes qui volent sur scène. Et surtout qui donne méchamment envie de se lancer dans du air guitar. Weezer fait donc du Weezer, pour le meilleur et pour le pire. Et pour le coup, on a droit au meilleur. 

4/5

Guillaume W. 

jeudi 6 mai 2021

Chronique : Dropkick Murphys - Turn Up That Dial

Pour fêter leur 25ème anniversaire, les Murphys se sont offerts une bien belle galette. Pas celle au sarrasin, même si l'étroite relation entre l'Irlande et la Bretagne remonte au VIème siècle, non celle plutôt houblonnée où la sueur est indissociable de la bromance. De la verte Irlande, Dropkick Murphys nous balancent toujours la ferveur des pubs après quelques pintes. Ce dixième album, Turn Up That Dial, est dans le plus pur esprit des DKM : celtique, punk, festif et parfois légèrement subversif, même si la politique n’est pas au centre des boys de Boston, un peu plus léger aussi par rapport au dernier 11 Short Stories Of Glory And Pain (2017). 
 
« Nous espérons juste que cet album va permettre aux gens de s'évader ... Il y a 25 ans, un mec m'a parié 30 dollars que je ne pouvais pas former un groupe en trois semaines pour assurer sa première partie ... Notre message est donc très clair : lève ton poing et joue la musique à fond ! ». The boys are back ! L’album s’ouvre sur la chanson titre "Turn Up That Dial" et le moins que l'on puisse dire c'est que les gars sont bien de retour. Accordéon, mandoline, péchu, optimiste... le cocktail est bien présent pour festoyer avec les copains !!! "L-EE-B-O-Y" arbore fièrement la même recette festive, une ode écrite pour Lee Forshner, le joueur de cornemuse du groupe. 
 
L'influence celtique traditionnelle prend le dessus sur des morceaux comme "Queen Of Suffolk County", "H.B.D.M.F" et la petite pépite "City By The Sea" qui nous invite à retourner profiter de l'air iodé de l'Atlantique. Les sonorités punk ne sont pas oubliées avec "Smash Shit Up" et "Chosen Few", véritable appel à l'unité nationale et critiques acerbes des hommes politiques. Mention spéciale pour "Nick Jones Nicked My Pudding", où l'on apprend que Mick Jones, guitariste des Clashs adore les desserts, surtout ceux des autres... "Wish You Were Here" conclut l'album, un dernier adieu au père décédé d’Al Barr, Woody. 
 
Vous l'aurez compris, Turn Up That Dial se recentre sur le "cœur de métier" du groupe. Les Bostoniens ont su évoluer tout en en restant fidèles aux influences musicales de leur ADN. Je conseille vraiment cet album, peu importe qu’on soit seul chez soi ou à claquer des pintes entre potes, légende d’un autre temps… 

4/5

Romain B.

mardi 4 mai 2021

Chronique Express : Authority Zero - The Back Nine (EP)

Après avoir sorti sept album studio, les natifs de l'Arizona mettent sur le tapis un premier EP. Solidement enraciné dans le genre skate-punk, le quatuor propose un disque explosif tout en gardant le mélo qui le caractérise. Produit par Cameron Webb (Pennywise, Sum 41, Motorhead ...), The Back Nine veut pe(a)nser l'avenir comme le dit le Frontman Jason Devore "ce sont 5 chansons qui oscillent entre le bien et le mal, avec l'intention d'amener les gens vers un meilleur état d'esprit par rapport à la crise que l'on a connu ..." Le compte à rebours est lancé, 5 morceaux qui passent aussi vite que les platanes le long d'une départementale de province. Les très catchy "Ollie Ollie Oxen Free" "The Back Nine" et "Have you Ever" montrent une nouvelle fois qu'Authority Zero est au-dessus de beaucoup de groupes qui semblent se contenter de la formule - jouer trois accords vite- "Fire Off Another et "Seas And Serpents" se montrent plus mid-tempo avec un Jason Devore impeccable à la voix. Certes, on note une influence marquée de Bad Religion ou Pennywise mais servez vous, Authority Zero n'a besoin de personne pour livrer un discours intelligent au service de mélodies efficaces. Et ce n’est déjà pas rien.

3,5/5

Recommandé si vous aimez : Bad Religion, Pennywise, Face To Face

Romain B.

samedi 24 avril 2021

Chronique : Paerish - Fixed It All

Paerish
, c'est un quatuor parisien qui avait fait forte impression avec son premier long jeu fin 2016, Semi-Finalists. A l'époque, si l'album avait été produit maison, ils avaient déjà eu le nez creux en confiant le mastering au gourou de la scène shoegaze-grungy (mais pas que), Will Yip. Fixed It All va plus loin, et a mis les petits plats dans les grands puisque cette fois-ci direction les USA, Philadelphie plus précisément. Et puis, tant qu'à aller à Philly, autant se faire produire par le maître en la matière. 

Et cela ne trompe pas, puisque dès le riff d'intro du morceau-titre, on jurerait être sur un disque de Nothing, et bordel, ce n'est pas un petit compliment. Grungy avec des passages shoegaze, des guitares énormes et une section rythmique aux petits oignons. La suite ne se fera pas prié puisque la bande ne faiblit pas d'un pouce : "Archives" (et son superbe refrain), l'énorme "Journey Of The Prairie King", la mid-tempo "Albert Suffers" (un des plus beaux titres de l'album où on reconnaît l'influence des Smashing Pumpkins période Siamese Dreams) ou encore l'énervé "412". Mais Paerish sait aussi incorporer des influences plus pop sur certains morceaux, ne serait-ce que pour varier les plaisirs, comme en témoignent "Mike + Susan", ou encore "Violet" et "Water Doctor" qui font penser à un croisement entre Weezer et The Pixies. 

Et puis comme on ne néglige rien, on a aussi droit à un featuring du chanteur des excellents Movements sur "You & I" et Fixed It All se clôt sur la plus belle des manières avec "Hollow" qui reprend tous les ingrédients de la galette dans un seul et même morceau : lourd, mélodique et émotionnel. Que demander de plus ? 

Fixed It All est un disque moderne (ça ne sonne jamais daté) et nostalgique à la fois (on se revoit au lycée avec notre discman anti-shock 45 secondes bien calé dans le Eastpack). Comme beaucoup de groupes, ils ont puisé dans leurs influences adolescentes (celle des 90's) et y ont incorporé des sonorités proches des groupes avec lesquelles ils partagent la scène d'aujourd'hui. C'est aussi un album dans l'air du temps, hyper bien construit, accrocheur comme il faut, et bien évidemment produit à la perfection. Oui, bien sûr, d'autres groupes ont sorti et continueront à sortir des albums dans le genre, et oui, on sent leurs influences. Mais quel sens de la mélodie, et quel songwriting affuté ! Et puis, on n'est pas peu fier de se dire que c'est un groupe français, qui non seulement sonne à l'américaine, mais surtout et c'est assez rare pour être souligné, sonne aussi bien que les groupes américains. Si ce n'était pas déjà fait, on ne saurait trop vous conseiller de jeter une oreille, et même carrément les deux, à ce Fixed It All, car il y a de fortes chances qu'il se retrouve très bien placé dans les tops de fin d'année. Avec une galette de cette qualité, c'est même une évidence. 

4/5

Recommandé si vous aimez : Nothing, Superheaven, Title Fight

Guillaume W. 

vendredi 16 avril 2021

Chronique Express : Pale Waves - Who I Am ?

Deux ans et demi après My Mind Makes Noise, le quatuor de Manchester, Pale Waves est de retour avec Who I Am ? Et dès l'artwork, on a une odeur de 90's ultra prononcée. Avec les premières mesures de "Change", le constat est sans appel. Après avoir rendu hommage aux 80's (et notamment The Cure) sur leur prédécesseur, ici, on avance d'une décennie. Les 4, menés par la voix d'Heather, ne perdent pas de temps en fioritures et passent en revue le pop-rock radio qui faisait fureur dans les 90's. Et là où ils auraient du se prendre les pieds dans le tapis et finalement ne faire que parodier les artistes qui les influencent, on est dans l'hommage (parfois appuyé certes) et surtout dans le tube absolu. C'est bien simple, impossible de rester insensible à ces titres, à la fois charmants, bien foutus et surtout catchy as hell. La recette est simple et suit au gramme près le schéma couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain, c'est frais et complètement dans l'air du temps. On sait d'avance où vont aller les morceaux mais on arrive pas du tout à décrocher de ce disque (essayez juste "You Don't Own Me" et ce refrain qui restera scotché sans qu'il soit possible de s'en débarrasser), qui nous rend à la fois nostalgique d'une jeunesse désormais lointaine où Hartley Coeurs à Vif (Drazic bordel, Drazic, à cause duquel tous les mecs voulaient un piercing à l'arcade) et Dawson (Joey, bordel Joey, dont on était tous secrètement amoureux, en tout cas ça se voyait moins que chez ce gros lourdaud de Dawson) étaient nos rendez-vous télévisuels de collégiens/ados boutonneux. 34 minutes trop courtes, mais qui font un bien fou. A ne pas manquer !

4/5
Recommandé si vous aimez :
Avril Lavigne, Alanis Morissette, Natalie Imbruglia

Guillaume W. 

mardi 6 avril 2021

Chronique Express : Nothing, Nowhere - Trauma Factory

Depuis un an, une déferlante de rappeurs voulant absolument se mettre au pop-punk sévit dans la scène, avec peu de réussite (Machine Gun Kelly), et souvent même de manière catastrophique (Mod Sun). Au contraire, Nothing, Nowhere, Joseph Edward Mulherin de son petit nom, est un emokid pur jus qui aime le hip-hop. Et qui en fait d'ailleurs, car ce Trauma Factory est son quatrième album (le deuxième pour Fueled By Ramen), et probablement le plus varié. Du spoken word, du pop punk, du hip hop, du post hardcore, bref un sacré melting pot. Le morceau-titre qui sert d'introduction à l'album est un mélange de guitares atmosphériques et de parties parlées, avant de plonger tête première dans "Lights", un morceau que n'aurait pas renié The Weeknd, catchy à souhait, entre hip-hop et électro pop. Si la base rap est présente dans de nombreux morceaux, cela n'empêche pas le bonhomme de s'aventurer dans tous les styles qu'il affectionne. Plus rock sur "Buck" ou "Upside Down" (avec ses arpèges à la limite de l'emo-midwestern), quasi 80's sur "Love Or Chemistry", les excellentes "pain place" et "blood" (et sa basse new wave en diable), pure hip-hop grosse basse sur "exile", carrément pop-punk sur le tube "fake friend" et "nightmare", et même ultra bourrine sur "death" (très influencé par Fever 333 entre rap et hardcore). Ce mélange de styles totalement à l'opposé devrait forcément se casser la gueule à un moment ou un autre, mais pourtant, ça fonctionne, car il y en pour tout le monde. Et que derrière cette variété dans les titres, il y a une étrange cohérence et une atmosphère particulière qui se dégagent de Trauma Factory. Ce n'est pas un hasard si sur "barely bleeding" qui clôt la galette, on démarre sur une partie guitare/voix à la Dashboard Confessional (qui a d'ailleurs été l'invité du morceau "Hopes Up" sur l'album Ruiner) avant de passer à un pure moment d'emocore à la Finch. Si, si, vous avez bien lu ! Preuve supplémentaire que le bonhomme connaît ses classiques et ne fait pas ça par simple opportunisme (il est un fan absolu de Mineral et The Promise Ring), mais qu'il se donne la possibilité de faire entendre toutes ses influences dans un seul et même disque. Cette nouvelle livraison est en tout cas son album le plus abouti et le plus varié. Et si son plan se déroule sans accrocs, Trauma Factory devrait cartonner. C'est bien tout le mal qu'on lui souhaite. 

4/5

Recommandé si vous aimez : le hip-hop qui aurait trouvé ses influences dans l'emo 90's et 00's


Guillaume W.