dimanche 25 octobre 2020

Chronique Rétro : Linkin Park - [Hybrid Theory]

Nous sommes en l'an 2000. Bac en poche, la fac d'Anglais me tend les bras, et le néo-metal est LE style à mode en ce début de décennie. On écoute Korn, Limp Bizkit, on se file des cds gravés avec des groupes à absolument écouter et Rock Sound est notre bible à tous. Et puis, un jour, un groupe sur un sampler, une chanson nommée "With You", et un album du mois plus tard, l'un des disques les plus emblématiques d'une scène fait une entrée fracassante dans nos vies et dans nos oreilles. 

Ce disque, c'est [Hybrid Theory]. Ce groupe, c'est Linkin Park. On pourrait s'arrêter là finalement, car tout a été dit et écrit sur cet album. Mais bon, pourquoi pas finalement, car avec le recul des années et un perception peut être différente de leur musique, notre avis a peut être aussi évolué ? Qui sait ?

Je pense avoir écouté ce disque plus de 1000x avec les années, énormément lors de sa sortie et encore aujourd'hui, il occupe une place dans mon iPod. D'ailleurs, je pense ne jamais l'avoir enlevé. C'est dire. Pas parce que je l'ai écouté constamment, mais parce que je savais qu'à un moment ou un autre j'aurais envie/besoin de le réentendre. Tout simplement, parce qu'[Hybrid Theory] a réussi là où beaucoup se sont cassés les dents. A la fois rock, rap, metal, pop aussi parfois, terriblement catchy, et radiophonique à souhait. Linkin Park a de suite tout compris, tout anticipé. Certains diront tout aseptisé. C'est évident que l'on est loin du côté sale de Korn, loin des loufoqueries de Limp Bizkit, mais le côté sombre de leur musique a toujours été une marque de fabrique. Surtout dans les paroles de Chester, qui a toujours essayé de combattre ses démons à travers la musique, même s'ils ont fini par l'emporter. 

On pourrait parler de tous les morceaux, car TOUS les morceaux sont des tubes. Quatre morceaux (seulement !) sont sortis en single : "One Step Closer" et son hommage appuyé à Rage Against The Machine sur ce break resté mythique et qui a démonté plus d'un pit : "Shut up when I'm talking to you",  les plus poppy "Crawling" et "In The End", ou encore l'énorme morceau d'ouverture "Papercut". Mais un peu à la manière de Def Leppard, tous les titres auraient pu passer à la radio, car toutes ces chansons sont formatées et avec un son ultra léché pour rentrer dans la case radio : structures classiques couplets/refrains/couplets/refrains/pont/refrain. Et toutes auraient pu être des singles en puissance. Car ça marche, et du feu de dieu en plus !  

Et pourtant, rien n'a été facile pour la sortie de [Hybrid Theory] (qui d'ailleurs était le nom du groupe au départ), puisqu'une fois la démo prête, la légende veut que le groupe aurait joué plus de 40 showcases pour des maisons de disques avant que Warner Bros. ne les signe. Les autres labels ont dû s'en mordre les doigts, tant Linkin Park est devenu une poule aux œufs d'or. Et immédiatement en plus. Car il n'a pas fallu longtemps pour voir le groupe passe d'un statut de rookie à celui de groupe confirmé et tête d'affiche des plus grandes salles du monde (d'ailleurs même en France, il fallait être là en ce 18 septembre 2001, pour voir Linkin Park jouer devant un peu plus de 1000 fans à l'Elysée Montmartre car deux ans plus tard, le groupe remplissait Bercy après la sortie de Meteora). 

Quelque part, Linkin Park a réussi à démocratiser le rock au sens large du terme. Peu importe qu'on écoute de la pop, du hip-hop, ou du metal, qui ne connaît pas leurs chansons ? Impossible. D'ailleurs plus d'un an après sa sortie, plus de 100 000 copies s'écoulaient encore chaque semaine. 

Et en 2020 alors ? Au final, que ce soit par nostalgie d'une époque où l'on pouvait boire sans avoir une gueule de bois pendant trois jours ou par la qualité du disque, [Hybrid Theory] peut être considéré comme un classique du rock contemporain. Par sa puissance, ses refrains immédiatement accrocheurs, sa production clinquante (avec Don Gilmore aux manettes), ses deux chanteurs aux voix se mariant à merveille (beaucoup ont tenté de reproduire le son Linkin Park, sans jamais y arriver complètement), et ses influences éclectiques, tout fonctionne encore. Sans jamais sonné daté car encore maintenant, jamais on a la sensation d'entendre un disque qui a 20 ans, contrairement à énormément de disques de cette scène neo/rap/metal, qui semblent d'un autre âge.  

En 37 minutes et 45 secondes d'éternité, Linkin Park a sorti un des debut-albums les plus marquants de tous les temps. Et 20 ans plus tard, quel pied en réécoutant ces 12 morceaux, dont aucun n'est à jeter. Et on peut aussi saluer l'évolution du groupe qui ne s'est jamais reposé sur ses lauriers (oui Meteora est une suite logique sans grandes prises de risques, mais pas décevante comme on a pu le lire un peu partout à l'époque), quitte à diviser son public. [Hybrid Theory] est un peu le Nevermind 2.0, et aussi un peu le Michael Jordan du metal. Et ça, ce n'est pas rien.

Guillaume W.  

dimanche 18 octobre 2020

Chronique Express : Seaway - Big Vibe

En cette année 2020 bien merdique à beaucoup de niveaux, Big Vibe fait figure de feel-good record of the year comme on dit de leur côté de l'Atlantique. Et c'est vraiment ça que l'on ressent à l'écoute de ce nouvel et quatrième album de Seaway. Commencer par la conclusion d'une chronique est un peu bizarre c'est un fait, c'est un peu comme regarder un épisode de Columbo alors qu'on sait qui a commis le crime avant même d'avoir vu arriver Peter Falk. Mais au final, ça convient tellement bien à notre désormais quatuor canadien. Oui, parce qu'on sait quasiment instantanément à quoi s'attendre à l'écoute de Big Vibe. Et la première écoute ne fait que confirmer notre sentiment lorsque les trois singles ont été présentés en amont de sa sortie officielle. Et ce n'est vraiment pas un mal, au contraire. On avait senti cette fibre rock alternatif typique des 90's parcourir une bonne partie des morceaux de Vacation, son prédécesseur. Et bien, ces 11 nouvelles compositions font all-in (jusqu'à l'artwork d'ailleurs). Le pop-punk reste présent en deuxième ou troisième lame (sur l'excellente "Pathetic" par exemple qui sonne proche de Four Year Strong) mais le facette pop-rock grosses guitares prend le dessus (''Peach" pourrait sortir d'un -très bon- disque de Weezer sans qu'on retrouve quoi ce soit à y redire). Mettez juste "Brain In A Jar"  ou encore "Sweet Sugar" et essayez de ne pas danser pour voir. Sérieusement, c'est impossible car chaque fibre de votre corps vous ordonnera de vous lever et de sortir vos plus beaux dance moves ! La production est massive, la batterie cogne, les guitares envoient de la mélodie et les voix, les choeurs font tellement de bien là où ça passe. Et ce refrain contagieux est la cerise sur la gâteau. Le morceau-titre suit et même constat : Seaway arrive avec du neuf et du vieux, joue sur notre nostalgie et notre amour toujours aussi immodéré des films pour ados qu'on a regardé en VHS et qu'on regarde encore aujourd'hui avec une certaine tendresse. On accélère le tempo avec la non moins excellente ''Still Blue" et ses paroles tellement vraies : ''So wouldn't it be nice to stay sedated / When all your friends are getting old and jaded? / Maybe you're the one to blame".  Et même quand on ralentit le tempo sur "Wild Things" et "If You Let Me", on prend un panard pas possible. Simple, efficace, un poil cheesy, mais c'est clairement le but ici. L'intro/conclusion de cette chronique reste valable finalement : Seaway a sorti l'album qui fait du bien, sans prétention, à la fois fun et irrésistible de bout en bout, en jouant sur les codes calibrés du genre, sans originalité, mais comment leur en vouloir quand au bout de ces 36 minutes, l'auditeur n'a qu'une envie : se remettre Big Vibe dans les oreilles. Un super disque qui devrait les faire cartonner, c'est en tout cas tout le mal qu'on leur souhaite !

4/5

Recommandé si vous aimez : Third Eye Blind, Weezer, Four Year Strong qui aurait sorti des albums dans les 90's. 

Guillaume W. 

mercredi 14 octobre 2020

Chronique Express : Hundredth - Somewhere Nowhere

La métamorphose opérée par Hundredth avec Rare, sorti le 16 juin 2017, est l'un changement de son les plus brutaux qu'on l'on ait pu connaître, en passant d'un hardcore mélodique brut et rageur à un rock shoegaze à grosses guitares. Du coup, on se disait (naïvement probablement), que le désormais trio allait continuer dans cette voie, en nous proposant une évolution dans la continuité avec une sorte de Rare 2.0 qui aurait contenter les fans à coup sûr. Mais c'est mal connaître la bande, qui n'en fait finalement qu'à sa tête. Quatre singles sont sortis il y a maintenant un an, avec lesquels on a passé beaucoup de temps. Tous plus beaux les uns que les autres et il se retrouvent disséminés sur la tracklist qui comptent 14 morceaux. Si vous les découvrez seulement maintenant, quelle chance vous avez de pouvoir prendre sur la superbe "Leave Yourself" (avec cette basse new wave a souhait), la plus électro "Whatever", l'ultra émotionnelle "Iridescent" et la plus agressive "Cauterize" (qui aurait pu pour le coup se retrouver sur Rare sans aucun souci). Pour les autres, c'est presque dommage qu'ils soient dessus, puisqu'on a tendance à vouloir les skipper puisqu'on les connaît trop bien au final. Et si on vous dit que ces 4 morceaux étaient les plus rock de la galette et que le reste se situe plus dans une veine électro et 80's. Et bien, c'est le cas. L'ouverture avec le très beau morceau-titre, tout en claviers et en beats, une vraie belle réussite, "Out Of Sight" reste dans la lignées des singles présentées en amont avec une facette 80's bien mise en avant, et "Bottle it Up" ultra surprenant, proche de ce que Mew ou encore Tame Impala peuvent proposer. Et au fur et à mesure que les titres défilent et que les écoutes se succèdent, on se rend compte à quel point Hundredth continue sa métamorphose sonique en piochant dans tout ce qu'ils aiment. Du coup, l'album donne parfois l'impression de partir dans tous les sens, au gré de leurs envies. Mais que ce soit dans l'électro pure (''Silver", "Why", où les synthés ont le champ libre, "End Up Alone", "Way Out" et la sombre "Too Late", assez proche de Radiohead dans  l'esprit), ou la pop rock 80's (''Slack", "Burn Slow" et son refrain imparable), Hundredth fait preuve d'un savoir faire bluffant et on sent un boulot de dingue en amont pour rendre ses compositions prenantes de bout en bout. A coup sûr, le groupe va à nouveau diviser (déjà rien qu'avec cette pochette complètement psychédélique), mais n'en a absolument rien à foutre des critiques (il n'y a qu'à aller faire un trou sur leur Twitter pour s'en rendre compte). Somewhere Nowhere amène l'auditeur exactement où le groupe veut l'emmener, quitte à perdre des fans de la première heure (c'était déjà fait avec Rare, mais là c'est encore plus flagrant). Là où Rare était immédiat et restait très porté guitares, Somewhere Nowhere prend son temps pour poser ses ambiances, à remplacer les cordes par des claviers et proposent des morceaux variés demandant du temps avant d'être apprivoisés. De toute façon, à la sortie d'Ultrarare, on se doutait bien que ça les démangeait de bricoler avec des synthés. Et même si certains crieront au scandale en lisant cela, et si Hundredth venait tout simplement de sortir son Kid A ?  

4/5

Recommandé si vous aimez : The Chain Gang Of 1974, The Postal Service, Radiohead, The 1975

Guillaume W. 

mardi 13 octobre 2020

Chronique Express : Movements - No Good Left To Give

Dire que ce deuxième album de Movements était attendu relève du doux euphémisme, trois ans après avoir été révélés au grand public avec leur fantastique Feel Something. Un premier album absolument incroyable et essentiel. Des guitares qui vous ravagent de l'intérieur, des mélodies qui vous hantent encore bien après l'écoute, bref indispensable et surtout, déjà un classique de la scène. Du coup, la question qui était sur toutes les lèvres était  simple : comment faire pour survivre à un disque quasi parfait ? La réponse est simple en fait : en prenant son contre-pied presque complet. Là où Feel Something était urgent et viscéral, No Good Left To Give, prend plus sont temps et joue encore plus sur les atmosphères. ''In My Blood", s'ouvre sur une ligne de basse simple et entêtante, et dès l'entrée de la voix, on sait pertinemment que la baffe est proche, et cette montée en puissance sur le pont vous procurera des frissons pas possibles. L'émotion est omniprésente et ce sera le fil rouge de cette deuxième livraison. ''Skin To Skin" a la lourde tâche de succéder à cette ouverture parfaite et ce refrain imparable et plein de douleur mettra encore une fois tout le monde d'accord. Et bordel de merde, les titres se succèdent et on l'impression de découvrir des choses à chaque écoute. "Tunnel Vision" aurait pu être sur le dernier album de Thrice que personne n'aurait rien à y redire avec ce refrain hurlé, "Garden Eyes", "Santiago Peak" et "Moonlight Lines" sont trois morceaux d'emo-rock urgent, direct et catchy à souhait tandis que "Don't Give Up Your Ghost" et "12 Weeks" se la jouent plus alambiquées, toujours avec cette même tension sous-jacente. Et comment ne pas parler de l'enchainement du morceau-titre qui fond dans "Love Took The Last Of It", qui clôt bien entendu parfaitement No Good Left To Give, en mixant tous les ingrédients chers à la bande. On ressort sonné de cet album, tant l'émotion est à fleur de peau et les morceaux plus prenants les uns que les autres. Et au final, même si l'urgence est plus en deuxième lame, No Good Left To Give est tout aussi viscéral que son prédécesseur et en est le parfait complément. Movements vient de sortir un des plus beaux et l'un des plus incontournables disques de cette année 2020 et confirme, encore si besoin était, qu'ils sont un des groupes les plus doués de la scène. Absolument indispensable. 

4,5/5

Recommandé si vous aimez : Balance & Composure, Pianos Become The Teeth, Thrice

Guillaume W. 

lundi 12 octobre 2020

Chronique Express : Acceptance - Wild, Free

Trois ans après leur retour sur le devant de la scène avec Colliding By Design, Acceptance sort son troisième album, Wild, Free. Pour les fans de la première heure, ou ceux qui désiraient entendre un Phantoms 2.0, passez une nouvelle fois votre chemin. 15 ans sont passés par là, et ce disque devenu culte auprès de la scène emo, est un lointain souvenir. L'EP sorti plus tôt cette année (dont tous les titres sont présents ici) était en fait une bonne indication sur le son de ces 10 nouveaux morceaux. Beaucoup de synthés, une basse qui pulse, des guitares qui balancent de la mélodie à tour de bras et cette voix de Jason Vena, toujours aussi prenante même 15 ans plus tard. Wild, Free, reprend clairement les choses où elles avaient été laissées il y a trois ans, mais en allant encore plus à l'essentiel et en appuyant encore plus sur le côté pop et radio rock. On le sent dès ''Midnight", le groupe cherche à pondre du tube à la pelle : c'est ultra léché, bien foutu, ce refrain reste scotché dans notre cortex frontal, et ça fonctionne bien. "Cold Air" suit la tendance 80's du moment avec une ouverture sous la forme d'énormes synthés, jusqu'au refrain tout en double voix et encore une fois, on s'incline devant tant de savoir-faire. L'excellente "Release & Let Go" suit avec toujours ces claviers,  ces guitares cristallines et cette émotion. Wild, Free arrive à nous accrocher jusqu'aux dernières notes de "At The Edge Of The Earth" (très The Killers dans le son d'ailleurs), avec des tubes, des tubes et encore des tubes. Mention spéciale à la superbe "Son Of The City" et la Phantoms-esque "Wasted Nights" qui nous renverra direct 15 ans en arrière, sans jamais sonner datée. Il est seulement bien dommage que la moitié des titres soient sortis sur l'EP, ce qui gâche un peu l'effet malgré tout, avec seulement une moitié d'album à se mettre sous la dent.  Wild, Free reste malgré tout un album à écouter sans bouder son plaisir. 10 morceaux pour 40 minutes, et un album qui respire bon l'emo-pop simple, efficace, ultra accessible et catchy à souhait. 

3,5/5
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un joli mélange de Jimmy Eat World et Anberlin

Guillaume W. 

 

vendredi 2 octobre 2020

Chronique Express : Machine Gun Kelly - Tickets To My Downfall

On l'attendait cet album de Machine Gun Kelly, le rappeur qui passe au pop-punk. Et puis avec Travis Barker, on avait l'assurance d'avoir un cogneur sans nom derrière les fûts. Un bon point déjà. Et puis, c'est vrai, les morceaux présentés en amont de la sortie de Tickets To My Downfall, ont fait leur petit effet. Du coup, on était quand même impatient d'entendre la galette en entier. 15 titres torchés en 37 minutes, pas de fioritures, c'est une évidence. Mais au final, comme pour le dernier album de New Found Glory, 15 morceaux, c'est bien trop. Et malheureusement pour Machine Gun Kelly, on peut aimer Blink-182, on peut embarquer Barker dans l'aventure, on peut essayer d'être calife à la place du calife, mais une fois l'écoute de ces 15 morceaux terminée, il faut se rendre à l'évidence. C'est bien trop peu et surtout les singles sont vraiment les meilleurs titres de la galette et de très loin. "My Bloody Valentine", "Concerts For Aliens" ou encore "Drunk Face" fonctionnent très bien même si on s'attend à tout moment à attendre les voix de  Mark et Tom. Ajoutons-y encore "Forget Me Too" avec Hasley en featuring (d'ailleurs sa voix est difficilement supportable, mais ça sonne très Paramore de All We Know Is Falling donc on est preneur) et la très cool "Jawbreaker" avec son synthé sur le refrain et vous avez un chouette EP. Pour le reste, on est dans le répétitif et dans l'hommage à blink-182. On sent que le bonhomme a voulu recréer l'ambiance d'un album pop-punk des 90's et c'est louable. Mais on est loin du compte : entre interludes inutiles, mélodies répétitives et trop peu de morceaux prenants, Tickets To My Downfall est un album bancale, qui surfe sur la nostalgie et qui au final sonne déjà daté. On n'y reviendra que très peu, car on a juste envie de se remettre Enema Of The State entre les oreilles. Bien tenté, mais le contrat n'est pas rempli.

2,5/5

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Guillaume W. 

mardi 22 septembre 2020

Chronique Express : Knuckle Puck - 20/20

Toujours placés mais jamais gagnants, les Knuckle Puck ne lâchent pas l'affaire et sortent 20/20, leur troisième album. Un style éprouvé, un songwriting de qualité, des mélodies entêtantes, bref tout le packaging du pop-punk qui fait du bien par où il passe. Shapeshifter les avaient vus se diriger vers quelque chose de plus pop tout en gardant le côté plus agressif de Copacetitc. Ici, la balance se fait très clairement en faveur du pop-punk à tendance poppy. Dès l'ouverture avec le morceau-titre, le constat est aisé. Knuckle Puck est passé du côté sunny du pop-punk. Avec un riff d'entrée plus pop que tout ce que le groupe a pu sortir de ses guitares, et un refrain en or massif plus tard, hopla, c'est fait, ça fonctionne, emballé, c'est pesé. ''Tune You Out" (le premier morceau présenté de cette nouvelle galette) reste un des morceaux les plus forts de ce disque où l'émotion des guitares feront dresser les poils, tandis que "Sidechain" est plus agressif avec ses choeurs énormes sur le pont qui finissent de nous achever. "Earthquake" fait clairement office de morceau radio par excellence (un peu à la manière de Yellowcard quand ils ont sorti "With You Around"). Le retour des grosses guitares ne se fait pas attendre bien longtemps avec la doublette ''RSVP" (et ses double voix dingues) et le tube absolu qu'est "Breathe" (avec en guest le chanteur de Mayday Parade). Le quintet de Chicago réussit à garder l'attention de l'auditeur jusqu'à la dernière note de la très belle "Miles Away" et surtout cette deuxième partie d'album offre l'un des plus beaux titres du répertoire de la bande avec "Green Eyes (Polarized)" qui fait vraiment beaucoup penser au The Maine de Lovely Little Lonley sur le couplet avant de balancer LE refrain du disque tout en atmosphère et émotion. Pas besoin de 50 écoutes pour savoir que ce 20/20 a de quoi cartonner, et ce serait amplement mérité. Immédiat, catchy comme pas deux, bien produit, un pop-punk dosé juste comme il faut, et leur force absolue avec ces échanges vocaux exécutés à la perfection. Knuckle Puck a donc tout pour faire un carton, dans un style ultra encombré. Mais avec un disque de cette qualité (on pourra toujours tourner autour du pot en disant que ce n'est pas original, c'est une évidence), on est dans le très haut du panier. A ne pas louper !

4/5
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Guillaume W. 

dimanche 6 septembre 2020

Chronique Express : Biffy Clyro - A Celebration Of Endings

Le voici, le voilà ce huitième album pour Biffy Clyro. Un an après l'excellent Balance, Not Symmetry (qui a servi de bande originale au film portant le même nom) et surtout 4 ans après le plus que dispensable Ellipsis, A Celebration Of Endings marque le retour aux affaires de notre trio écossais préféré. Et dès l'intro et ce riff hyper alambiqué mais tellement typique de la bande, on sait déjà que "North Of No South" va envoyer du bois. Et on ne se trompe pas. Après un couplet calme où les trio de voix fait encore son effet, le refrain arrive et défonce tout sur son passage. Les frissons sont là, c'est bon signe et surtout, rien qu'avec ce morceau, Ellipsis semble un bien lointain (et mauvais) souvenir. Le piano et les cordes de "The Champ" et la voix superbe de Simon annonce le calme avant la tempête, avec encore une fois un riff du feu de dieu et cette triplette vocale digne de Queen. Et toujours ce refrain en béton armé. "Weird Leisure" continue sur cette même lancée, tandis que "Tiny Indoor Fireworks" se la joue poppy et imparable (essayez juste de ne pas reprendre le refrain pour voir), et que "Worst Type Of Best Possible" vous fera dresser les poils (même ceux du cul oui oui). On n'est à peine à la moitié de la galette qu'on sait qu'A Celebration Of Endings est un album vers lequel on va revenir. La suite ne nous fera pas mentir, et depuis Blackened Sky, Biffy s'est fait une spécialité pour envoyer des ballades plus belles les unes que les autres. Ici, "Space" et "Opaque" ont la lourde tâche de succéder à des morceaux comme "Scary Mary" ou "Folding Stars". Les cordes donnent un côté cheesy aux deux morceaux mais malgré tout, on s'en sort bien, surtout sur la première citée. Le reste de l'album se partage entre moments décomplexés et rentre dedans (''End Of", morceau le plus bourrin de la galette avec son côté carrément Foo Fighters sur l'énorme pont), passages radio (''Instant History" et son clavier qui a fait couler tant d'encre et qui avait surtout servi de présentation à l'album, laissant craindre un disque ultra pop, ultra produit et ultra calibré, mais qui dans le contexte de l'album entier passe bien mieux) et un final héroïque toujours avec ces cordes qui servent de fil conducteur à l'album. Ce huitième album est donc bien une renaissance pour Biffy Clyro. Sans se réinventer, ni revenir aux sources (cela reste surement un doux rêve des fans de la première heure), le trio vient de sortir son meilleur album depuis Puzzle, et cela fait un bien fou de les entendre à nouveaux énervés, faire rugir les guitares. Welcome back lads !

4/5
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Biffy Fucking Clyro !

Guillaume W. 

mardi 25 août 2020

Chronique Express : Ways Away - S/T

Samiam, Knapsack, Boysetsfire, Stick To Your Guns : voilà d'où viennent les membres de Ways Away. Déjà rien qu'avec un CV pareil, pas le droit à l'erreur et franchement ça calme direct. Et ça sonne comment ? Et bien, c'est simple : Sergie Loobkoff, guitariste/chanteur chez Samiam, Solea, ou encore Racquet Club a composé la quasi-intégralité de cet album. Du coup, et comme il le dit lui-même en interview, il ne sait composer que comme il le fait avec Samiam, il y a donc une certaine familiarité que l'on retrouve dans Ways Away. Mais étant donné que chacun des autres membres y a mis sa patte, on est loin d'avoir la sensation  d'écouter  des Faces B du groupe culte de Berkley, Californie. D'ailleurs dès "Dine On The Vine", l'auditeur est conquis, la voix de Jesse Barnett (chanteur de Stick To Your Guns) complétant parfaitement les velléités emo-punk de la bande. Le refrain est catchy, un bon mi-tempo pour lancer le disque, c'est juste ce qu'il faut. Et cet enchaînement avec "No Means, No Ends" un tube que Rise Against aurait rêvé d'écrire, plus agressif et qui n'a besoin que de 2 minutes 30 pour mettre tout le monde d'accord. Du coup, on navigue entre mid-tempo plus poppy (''Roam With A Ghost" tout en émotion, l'excellente "Savannah" qui aurait clairement pu se trouver sur Trips de Samiam et ce refrain jouissif bordel de nom de dieu !) et passages plus rentre dedans, mais toujours avec cette émotion dans les guitares ou dans les lignes de chant : les tubes plus imparables que l'imparable lui-même "Halfway Open" (cette ligne de basse qui reste scotchée dans le cortex frontal sans que l'on puisse s'en débarrasser) et l'excellente "Collarbone". Et réussir à terminer le disque sur  "What Are We Gonna Do About Matthew" l'un des morceaux les plus calmes de l'album, sans en faire retomber le soufflet, c'est quand même un gage de songwriting classieux. En 35 minutes, Ways Away montre déjà que ce projet en a sous le pied et prouve que le style a encore de beaux jours devant lui. Les morceaux sont simples et efficaces, sans artifices, mais construits avec une précision d'orfèvre et un sens de la mélodie bluffant, sonnant nostalgique, mais jamais daté ou dépassé. Un des gros coups de cœur de 2020 ! 

4/5
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Guillaume W. 

dimanche 23 août 2020

Chronique Express : Only Sibling - Get Well Soon

Only Sibling, c'est un jeune quatuor de New York qui définit son son comme du rock de losers. Pas top comme effet d'annonce, non ? Alors qu'en fait, ce premier long jeu est tout sauf un truc de perdants. Mais vraiment. Signé par le label Other People Records, tenu par le chanteur de Stick To Your Guns et aussi la maison d'excellents groupes comme Ways Away, Modern Color ou encore Gleemer. Question style, c'est pile poil dans la mouvance actuelle, entre emo, grunge et shoegaze. Mais bon, être dans la mouvance c'est bien, mais il faut aussi savoir bien le faire. Et dans ces 34 minutes, Only Sibling fait preuve d'un savoir faire assez bluffant. Il suffira  d'entendre "Screen Door" pour en avoir la preuve irréfutable : guitares agressives, mélodie imparable et un très beau refrain, qui en 2 minutes et 36 secondes met (déjà) tout le monde d'accord. Et "Loser"qui le suit montre la deuxième facette de leur son, plus atmosphérique, avec une basse qui cogne et des guitares où le shoegaze prend le pouvoir. Du coup, les morceaux varient dans les deux styles. Plus rentre dedans et véloces d'un côté (''My Violet", "Closet", "Native" limite Nirvana atteint d'une fièvre shoegaze), plus mid-tempo d'un autre (''And I Hate It", la superbe "Mt. Molly"). Mais pas seulement. Le groupe part carrément en mode intimiste quand le morceau le suggère (la très belle "Lead Paint", où le chant s'envole et les guitares cristallines apportent une émotion folle) ou prend le parti de laisser l'auditeur sur le morceau le plus sombre et violent ("Corner Of The Bed" où le chant hurle de douleur et les guitares se déchaînent). Si l'originalité n'est pas de mise ici, les New Yorkais ont réussi à passer l'épreuve du premier album avec brio. A ne pas manquer. 


4/5
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Guillaume W. 

mercredi 12 août 2020

Chronique Express : PVRIS - Use Me

Après deux excellents albums, c'est peu dire que PVRIS était attendu au tournant. Ce Use Me aura su se faire attendre, pour finalement sortir officiellement le 28 août prochain, après deux reports successifs. Hallucinations, leur EP, sorti en fin d'année dernière, n'était finalement pas qu'une parenthèse, mais clairement une indication de l'évolution de leur son. Car oui, Pvris a toujours joué avec les machines, mais en gardant un son ultra organique et catchy au possible. Use Me enfonce le clou et propose 11 titres (dont 3 ont été récupérés de Hallucinations) où les machines ont pris le pouvoir, un peu comme dans Terminator. Et à la première écoute, on peine à retrouver ce qu'on aimait tant chez eux, cette émotion à fleur de peau, ces grosses guitares, cette batterie qui cogne, et ces refrains tellement accrocheurs. Les 11 morceaux passent et on est déjà à la fin du disque, et on a cette impression de n'avoir entendu que 2 ou 3 titres différents. Cette évolution synthpop/électro-rock laisse de marbre et il faudra plusieurs écoutes pour s'acclimater à cette direction. ''Gimme A Minute", qui sert d'ouverture à Use Me, est minimaliste au possible avec un refrain où  le titre est martelé tel un mantra. Les guitares sont en troisième rideau et la voix de Lynn, au demeurant, toujours aussi superbe, est devenu le centre de toutes les attentions et est mise en avant sur tout le disque (un hasard d'ailleurs de la retrouver seule sur la cover de l'album ?). ''Dead Weight'' poursuit le chemin embrayé par "Gimme A Minute", ''Stay Gold" permet de se rattacher à l'ancienne version de Pvris avec un belle émotion, tout comme ''Good To Be Alive'' et son beat hip-hop. Ce qui est à noter ici est la variété des morceaux et des ambiances proposées, notamment sur la fin de la galette : "Loveless" est une ballade acoustique simple à tomber par terre, tout simplement. ''January Rain" et "Use Me" (avec ces cordes sublimes sur le final) sont faites de ce même bois, et ces refrains bouleversants sont parmi les plus beaux du disque. Si les frissons ne sont pas présents à ce moment-là, c'est que vous n'êtes pas humains. Et finalement, on se rend compte que Use Me fonctionne en deux temps : une première moitié où les titres sont plus "agressifs" et une deuxième moitié où on sent toute la vulnérabilité et la sensibilité du groupe. Use Me n'est pas album qui s'écoute et se laisse apprivoiser de suite. Il faut du temps, des écoutes successives, pour en découvrir toutes les subtilités et au final, et même si on aura du mal à détrôner All We Know Of Heaven, All We Need From Hell. Et surtout, on espère que cette signature sur une major n'aura pas pour effet de transformer Pvris et de reléguer le reste du groupe à faire de la figuration.

3,5/5 
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Guillaume W. 

lundi 27 juillet 2020

Chronique Express : Neck Deep - All Distortions Are Intentional

Trois ans après The Peace And The Panic, les golden boys du pop-punk britannique sont de retour avec leur quatrième long jeu, All Distortions Are Intentional. Depuis leur formation, Neck Deep ne cesse d'accumuler le succès et ce nouvel album était logiquement l'un des plus attendus du genre de cette année 2020. Ceux qui avaient reproché au groupe de verser de plus en plus du côté poppy du pop-punk seront déçus, c'est un fait. Si vous cherchez un Life's Not Out To Get You partie 2, passez votre chemin. Le compte n'y sera clairement pas. En effet, on navigue encore une fois dans des eaux plus pop, plus radiophonique. De toute façon, la moitié de l'album ayant été dévoilée avant la sortie officielle, on repassera sur le côté surprise. Et les morceaux sortis donnent une très forte idée de ce à quoi il faut s'attendre à l'écoute de ces 12 nouveaux morceaux. "Lowlife" avait un poil effrayé par son côté ultra convenu, sauvé par un refrain catchy, et il s'agit d'un des moins bons titres proposés ici. Si vous cherchez du pur pop-punk, allez du côté de ''Sonderland" et de l'excellent "Telling Stories", qui raviront les fans de la première heure. Le reste se la joue plus mid-tempo, mais bordel de nom de dieu, il faut rendre à César ce qui appartient à César, la bande est capable de pondre des chansons accrocheuses dans son sommeil. De l'émotion et des grosses guitares (les énormes "Fall", "I Revolve Around You", "Sick Joke"  et la très belle "Empty House"), de la pop certaine de faire un carton en radio (''When You Know", "What Took You So Long") et deux morceaux à part : l'interlude limite hip-hop "Quarry" et la ballade acoustique tout droit sorti du répertoire de Yellowcard, "Little Dove". Et "Pushing Daisies" referme la galette sur des guitares furieuses, un morceau qui pousse vraiment leur son vers d'autres sphères. En 12 morceaux et 40 minutes, un concept basé sur l'histoire d'amour de Jet et Alice (les 2 personnages que l'on suit dans chacune des chansons), All Distortions Are Intentional est une réussite et ne fera que renforcer le succès de Neck Deep. Ce que le groupe n'a pas en originalité, il le comble avec une faculté à toujours réussir à sortir la mélodie qui fera mouche. C'est bien simple, chaque titre est un tube potentiel, et même si la partie punk de leur pop-punk s'est un peu fait la malle ici (la production de Matt Squire n'y est probablement pas pour rien d'ailleurs), on ne boudera pas notre plaisir car ce quatrième album sort pile au bon moment et se réécoute avec un plaisir non dissimulé. A ne pas manquer !

4/5
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Guillaume W.   

lundi 20 juillet 2020

Chronique Express : Bush - The Kingdom

Bush, c'est désormais Gavin et son orchestre, étant le dernier membre originel de la bande, après le départ du batteur Robin Goodridge en 2019. The Kingdom est leur album quatrième post-reformation et leur huitième opus. Bush, c'est des millions de galettes vendues avec deux premiers albums, Sixteen Stone et Razorblade Suitcase devenus des pierres angulaires du mouvement grunge. Et surtout c'est un groupe qui a longtemps été détesté en Angleterre (d'où ils sont originaires) mais qui a cartonné aux USA. Près de 30 ans après leur formation, Bush ne lâche pas l'affaire et fait tapis sur cette nouvelle livraison, que Rossdale (aussi ex-mari de Gwen Stefani) avait annoncé comme la plus agressive depuis les 90's. On ne peut pas lui donner tort, mais Black And White Rainbows était tellement long et ennuyeux que ça ne veut pas dire grand chose. Et il faut avouer que ça part vraiment pas mal. Le single, "Flowers On A Grave" est hyper catchy et c'est probablement le meilleur titre de cette nouvelle livraison. Assez proche de ce qu'ils ont pu proposer sur The Science Of Things en 1999, ça fonctionne bien. Les deux morceaux qui suivent ce même chemin, en amenant même une petite influence néo-metal bien sentie. "Ghosts In The Machine" sonne comme du Bush pur jus, "Quicksand" balance un gros riff et est rentre dedans comme il faut. On se dit que c'est un bon retour en forme au final. Mais c'est sans compter sur une deuxième moitié d'album en pilote automatique, où aucune mélodie ne ressort, où les morceaux passent sans qu'on ne puisse noter une différence réelle entre eux. On s'ennuie ferme et au final, oui ce retour est bien plus agressif, comme annoncé, mais les mélodies prenantes en moins, et une inspiration en berne. Si on ajoute à tout ça un artwork qui ne donne même pas envie d'aller plus loin, The Kingdom est un album où quelques titres valent le détour mais sur lequel on ne reviendra pas. On peut louer la persévérance de Bush de vouloir continuer à tout prix, mais malheureusement, cette huitième livraision ne réussit en aucun cas à faire bouger la hiérarchie établie dans leur discographie. A réserver aux fans inconditionnels du groupe ou aux nostalgiques des 90's/00's.

2,5/5
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un mix de post-grunge et de néo-metal 

Guillaume W. 

mardi 14 juillet 2020

Chronique Express : Picturesque - Do You Feel OK ?

Après un premier album sorti en 2017, Picturesque revient sur le devant de la scène avec son album sophomore, celui de tous les dangers, car entre l'envie de continuer à plaire à son public et d'évoluer musicalement, la frontière est souvent fine et franchement casse-gueule. Le groupe post-hardcore à la voix haut perchée tente le coup de l'évolution vers des sphères bien plus pop ce coup-ci. C'est un peu à la mode d'ailleurs, mais peu sont les albums qui ont réussi à passer le cap sans en faire des tonnes et sans finalement s'en sortir avec les honneurs. Et malheureusement pour Picturesque, que c'est laborieux. Entre passages électro-rock (''ATTN:'' et son solo indigeste au possible) et carrément électro-pop avec grosses guitares (''Swipe'' où la voix est difficilement supportable sur le refrain et des paroles dignes d'un enfant de CP :''She said she loves me / But she don't'')  ou tentatives désespérées de faire du Twnety One Pilots (''Crimes''), le groupe se prend bien les pieds dans le tapis et ne s'en relève finalement que lorsqu'il colle au son de son prédécesseur Back To Beautiful. ''Necessary'', "OK?" ou encore ''Glass House" arrivent à capter notre attention, mais les mauvais titres sont tellement mauvais, qu'on a un mal fou à revenir sur ce disque. Et ce n'est pas ''Day By Day", ballade sirupeuse à souhait qui fera changer d'avis. En 2017, Picturesque était un groupe de post-hardcore calibré, relativement catchy mais noyé dans la masse. En 2020, Picturesque est un groupe d'électro-pop-rock avec des relents emocore qu'on a envie de très rapidement oublier. Presque aussi insupportable que le navrant Gossip de Sleeping With Sirens (qui tutoyait les sommets niveau daubesque). NEXT !
2/5
Recommandé si vous aimez :
Sleeping With Sirens, Emarosa, Too Close To Touch

Guillaume W. 

vendredi 3 juillet 2020

Chronique Express : Wallflower - Teach Yourself To Swim

Wallflower, jeune quintet londonien, débarque avec son premier album, Teach Yourself To Swim. Un EP mise en bouche, Where It All Fell Apart (en 2017) et on fait le grand saut directement. Brand New vous manque et surtout vous voulez un Brand New sans prédateur sexuel, foncez sur Wallflower. C’est bien simple, les 5 reprennent les codes de la bande de Long Island. Mais pas que. Car Wallflower a des influences multiples : tour à tour emo-post hardcore ("A Parody Of", "Hungry Eyes" et ses doubles voix hyper ingénieuses sur le refrain, qui pourrait sortir d’un album de Thrice), indie-rock à grosses guitares ("Eat Away at My Heart", l’excellente "Dread", la sublime "Anacrusis" et son refrain qui vous filera les frissons), carrément grunge 90’s ("Blood And Stone’’ une sorte de Pearl Jam sans Vedder) ou tout simplement atmosphérique à souhait ("Doom In Your Head", "Passer By"). Wallflower a tout en stock. Du talent à revendre, des compos qui tiennent la route de bout en bout, prenant, émotionnel, varié, même si parfois encore un peu trop proche de leurs influences, les 5 lads vont faire un carton c’est sûr. Avec un disque de cette qualité (associé à un très bel artwork), c’est à n’en point douter. 

4/5 
Recommandé si vous aimez : Brand New, Thrice, Balance And Composure

Guillaume W. 

dimanche 28 juin 2020

Chronique Express : Witterquick - S/T

14 titres en 50 minutes... Y'a pas à chier Witterquick donne tout ce qu'il a sur son premier long jeu. De plus anciens titres côtoient des nouveautés et que dire si ce n'est pas que ça passe comme une lettre à la poste. Une sorte d'hybride entre emo-rock et pop-rock ultra calibré où les grosses guitares (''Run'' mettra tout le monde d'accord d'entrée, tout comme ''Violence And Riots" et ''Soldiers'') jouent des coudes avec des mid-tempo larmoyants mais bien foutus (''Girl", "Wayward Signs", "Demons"). La force du groupe est de réussir à créer des morceaux radio ready à la production immaculée et aux refrains plus imparables que l'imparable lui-même : la poppy et bien nommé ''Bubblegum" devrait faire un carton en radio, tout comme ''Only One". Mais honnêtement chaque morceau est un tube potentiel et chaque refrain fait son petit effet (''Sugar", l'énorme "Shattered Suns"). La performance vocale de Will est un bonus non négligeable et son aisance à passer d'un registre à l'autre est impressionnante (''I Need A Friend Tonight", ''Between You And I"), mais le reste de la bande n'est pas là pour faire de la figuration. Les natifs d'Exeter ont ce petit quelque chose d’héroïque dans leur musique et si l'ensemble est un poil répétitif et encore trop influencé, cet album éponyme a tous les atouts pour trouver son public et passer en boucle dans votre rotation ! C'est tout le mal qu'on leur souhaite en tout cas.
3,5/5
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Deaf Havana, Young Guns, Moose Blood

Guillaume W. 

mercredi 17 juin 2020

Chronique Express : WOLF CLUB - Runaways

Un an seulement après Frontiers, le trio electro pop 80's/new wave Notthingham fait son retour. Ce cinquième album de WOLF CLUB, Runaways, se veut exactement dans la continuité de son prédécesseur, atmosphérique, dansant et tubesque à souhait. Guitares cristallines pleines de réverb', batterie électronique, basse omniprésente, voix féminines, mélodies catchy à souhait et refrains imparables sont au programme ici. De l'intro full synthé de ''All We Live For" avec son refrain qui se scotchera à votre cortex en une seule écoute, en passant par la radio ready ''Fire'', l'ultra dansante ''New York'', le feeling new wave de "Rush" et son duel vocal masculin/féminin ou encore la plus sombre ''Runaways", le trio arriverait à sortir des tubes dans son sommeil tant on a la sensation que tout coule de source. Si vous êtes nostalgique des 80's, ou que vous voulez un disque rétro-pop tellement catchy qu'il vous hantera, emballé dans un artwork tout simplement sublime, foncez sur Runaways, vous ne serez pas déçus !

4/5
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la dance pop remplie de synthés, les 80's, les chansons plus catchy que catchy

Guillaume W. 

samedi 13 juin 2020

Chronique Express : New Found Glory - Forever And Ever X Infinity

A l'heure où Sticks And Stones fête ses 18 ans (sorti le 11 juin 2002), New Found Glory sort son 10ème album, Forever And Ever X Infinity. 15 morceaux pour 48 minutes... Et là première question à se poser est cella là : A t-on besoin d'un album de 15 titres du groupe en 2020 ? La réponse est non. Attention, cela ne veut pas dire que l'on n'aime plus la bande à Quentin (Tarantino), pardon, Jordan. Mais il faut bien avouer que cela fait quand même quelques albums que le groupe navigue à vue. Depuis Ressurection en 2014, le mode pilote automatique a été enclenché avec un album qui essayait de revenir aux sources, sans y parvenir car clairement pas assez accrocheur. Makes Me Sick tentait le coup ultra poppy bourré de claviers, et franchement c'était réussi. Pas sur tout le disque, mais la volonté de proposer quelque chose de neuf avait fonctionné, mais moins pour les fans qui l'ont boudé. Du coup, patatra, réaction à nouveau, Forever And Ever X Infinity tente le retour aux sources aka un pop-punk dont ils ne sont qu'une poignée à en avoir le secret, plein d'été, de coeurs brisés et de grosses guitares. Cette 10ème livraison se voudrait le juste milieu entre Sticks And Stones et Catalyst (un album largement sous-estimé d'ailleurs au même titre que Coming Home). ''Shook By Your Shaved Head'' et Himalaya" s'ouvrent sur deux gros riffs bien branlés il faut l'avouer et envoient du gros BPM. Ça fonctionne, mais malgré tout, on a ce sentiment mitigé que la bande n'offre vraiment rien de nouveau ici, et qu'elle a voulu faire plaisir aux fans de toujours. C'est louable, et il est vrai que la première moitié du disque fait le job entre passages ultra rapides et bien catchy (''Greatest Of All Time, l'un des meilleurs morceaux de la galette avec une référence aux dexuième Three-peat des Bulls de Jordan, Rodman et Pippen), tandis que ''Nothing To Say'' fait office de Face-B de Radiosurgery, et que ''Stay Awhile'' recycle/pique le refrain à ''All Downhill From Here". La deuxième moitié de l'album est du coup plus difficile à digérer, de la ballade cheesy (vraiment trop) ''More And More'' (et sa référence à Face Time) aux morceaux rapides et moins catchy, où seuls ''The Way You Deserve'' et "Slipping Away" (très beau mid-tempo de clôture) tirent leur épingle du jeu. C'est maigre, il faut bien l'avouer. Et si Forever And Ever X Infinity est loin d'être un mauvais album, il n'apporte rien et hormis le fait de nous donner de nous replonger dans Sticks And Stones ou Catalyst, c'est un disque sur lequel on ne reviendra que très peu.

3/5
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le pop-punk, la nostalgie, l'été et les paroles pour ados boutonneux

Guillaume W. 

jeudi 11 juin 2020

Chronique Express : Gleemer - Down Through

Troisième album pour Gleemer, deux ans et demi après le superbe Anymore. Le quatuor américain n’a pas choisi Will Yip pour produire ce nouvel album pour rien. Devenu incontournable dans la scène, Down Through bénéficie d’un son lumineux et aérien qui sied parfaitement au style shoegaze de la bande. Un chant éthéré, des guitares omniprésentes, des morceaux qui ne s’énervent jamais vraiment, mais à aucun instant on ne se lasse, car la bande sait varier les ambiances de titres en titres. En jouant sur les grosses guitares ("Brush Back", la magnifique "Take", "Casino"), sur les ambiances spatiales ("Leadings On", "Spread Out" et son refrain bouleversant ou le final lumineux avec le morceau-titre), ou encore en tissant les morceaux à partir d’une base entièrement acoustique ("TTX", la très belle ballade "Worth", la poppy "Held"), Gleemer arrive à toucher l’auditeur en plein cœur. 9 titres seulement au compteur mais cela suffit car on n’a envie d’y revenir encore et encore. Gleemer est encore trop méconnu, mais avec Down Through, cela ne devrait plus durer longtemps. Avec leur meilleur album à ce jour, une évolution par petites touches et des compositions d’une telle qualité, il faudrait être carrément sourd pour passer un côté de tel groupe. A ne pas louper ! 

4/5 
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Guillaume W. 

dimanche 7 juin 2020

Chronique Express : Vinnie Caruana - Live At The Black Heart

Vinnie Caruana, frontman de The Movielife et I Am The Avalanche, adore le Royaume-Uni. Il a d'ailleurs amené sa guitare acoustique et son sac à dos ''across the pond'' comme on dit et fait cette tournée acoustique qui s'est terminée avec ce show à Londres, dans la salle The Black Heart, le 15 décembre 2019. 15 morceaux en version coin du feu donc, passant en revue toute la discographie dont à fait partie le bonhomme, en faisant simplement l'impasse sur le premier album de The Movielife, This Time Next Year. Une belle communication avec son public (on a la sensation d'entendre une bande de potes), une interprétation sans faille (la voix de Vinnie est faîte pour ce genre de show) et une discographie bourrée de tubes, qui rendent du tonnerre même sans électricité. On sent que le bougre aime ses morceaux, et qu'il vit autant qu'il les chante. C'est d'ailleurs une occasion de les redécouvrir dans leur plus simple apparat, et on a encore une fois la preuve que ces titres ont passé avec brio l'épreuve du temps et on ne saurait que trop vous conseiller de vous jeter sur le dernier EP en date du bonhomme, Aging Frontman, qui contient certains de ses meilleurs morceaux, tout groupes confondus. A écouter sans modération.

4/5
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The Movielife, I Am The Avalanche

Guillaume W. 

vendredi 15 mai 2020

Chronique Express : Boston Manor - GLUE

Quand on voit le grand écart entre Be Nothing, sorti en 2016 et GLUE en 2020, on se demande bien si c'est bien Boston Manor qui a sorti ces albums. Be Nothing était un vrai album de pop-punk mélancolique, Welcome To The Neighborhood mettait presque entièrement de côté le son de son prédécesseur pour avancer à vitesse grand V vers un son plus grunge, lourd et atmosphérique. Et GLUE, bien que proche de cette ambiance, est encore une bête bien différente. ''Everything Is Ordinary" démarre sur les chapeaux de roues, agrippe l'auditeur pour ne plus la lâcher : les guitares sont tranchantes, les synthés et les parties machines sont sombres juste comme il faut, la mélodie est prenante et la voix bourrée de distorsion donne encore plus de puissance au morceau. "1's & 0's" suit le même chemin avec ce break complètement dingue et ce refrain hyper catchy. Et si on ne se fie qu'à ces deux premiers titres, cette faculté qu'a la bande à mixer les influences pour sortir quelque chose de personnel est complètement bluffant. ''Plasticine Dreams" ou encore ''Only1" et l'énorme ''Liquid" (avec Jon Floreani de Trophy Eyes) font ressortir un son grungy, toujours avec cette intelligence à trouver le refrain qui fait mouche à tous les coups. Et puis, dans cet album aux facettes multiples, ce sont les morceaux mid-tempo où les atmosphères sont mises en avant qui donnent encore plus envie de revenir vers GLUE. A ce petit jeu, les natifs de Blackpool sont très très forts. Le côté spatial de "On A High Ledge", qui démarre avec un synthé tout droit sorti de la BO d'Interstellar, pour se construire avec quelques notes de guitares et une ambiance glaciale, est tout simplement excellente. Et ce n'est pas ''Terrible Love" qui viendra inverser le tendance avec cette ballade à l'ambiance post-apocalyptique, qui est bien entendu une vraie réussite. Au même titre que la magnifique "Stuck In The Mud" où la voix de Henry est mise en avant et montre tout l'étendue de son registre. Rien à dire. Et comment faire pour refermer GLUE de la meilleure manière qui soit ? Et bien on balance le furieux "Monolith", qui mixe avec bonheur tous les ingrédients que les 5 ont en stock. On reste même sans voix devant la capacité du groupe à constamment se renouveler et à proposer un son à la fois familier et personnel. Boston Manor sonne comme Boston Manor, point barre. Et GLUE est leur meilleur album et un des meilleurs disques de 2020 !

4,5/5
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 le Daisy de Brand New qui aurait couché avec le Mechanical Animals de Manson pendant que le Refused de The Shape Of Punk To Come filmait tout ça

Guillaume W.

dimanche 10 mai 2020

Chronique Express : VAR - The Never-Ending Year

VAR, c'est un groupe islandais et The Never-Ending Year est leur premier effort. Le quatuor originaire de Reykjavik officie dans l'emo/post-rock et ces neuf titres vont vous bouleverser, c'est une certitude. "Moments" a à peine eu le temps de démarrer que la magie opère déjà. Une voix androgyne, une basse omniprésente, des guitares cristalline, une ambiance ultra atmosphérique et une émotion à fleur de peau, voilà les ingrédients que proposent le groupe. La suite ? Elle ne fera que confirmer l'énorme impression laissée par cette ouverture. ''Fearless" fait la part belle à la douceur avec une mise en avant des claviers, tandis que l'instrumentale "Drowning" sort tout droit d'un album de Sigur Rós. Mais VAR sait aussi se faire plus incisif quand le morceau l'exige comme sur ''Run'' et "Where To Find You" où les grosses guitares sont de sortie sur un refrain gigantesque, ou se faire encore plus doux avec les machines du Radiohead-esque "By The Ocean", avec toujours cette superbe voix qui navigue sur la musique. Et ce n'est pas le magnifique final de ''I Still Miss You" où cordes et guitares se mêlent dans une danse magique qui viendra inverser la tendance. Ces 4 minutes et 55 secondes d'éternité ne viennent que confirmer ce que l'on pensait déjà dès les premières notes. VAR a sorti un très grand album et The Never-Ending Year (titre tellement approprié à cette année 2020...) sera assurément très très haut sur les listes de fin d'année. A ne louper sous aucun prétexte.

4,5/5
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Guillaume W. 

mardi 5 mai 2020

Chronique Express : Chief State - Tough Love

Encore des nouveaux venus dans l'univers ultra bouché et cliché du pop-punk, Chief State débarque avec son nouvel EP 7 titres et le moins que l'on puisse dire, c'est que les 5 originaires de Vancouver ont bien progressé depuis leur première sortie. Les p'tits gars qui décrivent eux-mêmes leur musique comme du ''pop-punk pour jours de pluie'' ont plutôt trouvé une bonne définition à leur musique. On est loin du pop-punk ensoleillé, mais le point commun est le côté hyper accrocheur de leur musique. On ne perd pas de temps, les 7 titres sont envoyés en 23 minutes. C'est rapide (''Deciduous'', ''Reprise''), émotionnel (le refrain de ''Try Hard'', le mid-tempo ''Biding Time'', la très belle ''Choke'') et surtout, ça se retient en une seule écoute. Les refrains sont hyper catchy, les lignes de chant à la The Story So Far passent nickel et c'est assez varié pour que l'on ait envie d'y revenir avec plaisir. Même si ces morceaux sont encore trop influencés par les copains de la scène, Chief State ont tout ce qu'il faut en stock pour être la next big thing ! A découvrir !

3,5/5
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Guillaume W.  

lundi 13 avril 2020

Chronique Express : Brian Fallon - Local Honey

J'aurais aimé écouté ce troisième album solo de Brian Fallon avec mon père. Je me suis immédiatement fait cette réflexion lorsque j'ai entendu pour la première fois Local Honey. Mais la vie a fait que je ne pourrais jamais partagé ce moment là avec lui. Ce n'est pas pour faire dans le sentimentalisme que je raconte ça, mais simplement parce que je suis persuadé que ce disque est le trait d'union entre la musique que mon père écoutait (folk, rock, country) et ma culture musicale. En grandissant, j'ai clairement appris à apprécier certains artistes qu'il aimait tant, notamment Johnny Cash, et du coup, ce disque du frontman de The Gaslight Anthem (a-t-on encore besoin de le préciser ?) aurait probablement été un des disques qu'on aurait acheté tous les deux. Du coup, la première écoute de Local Honey a été douloureuse. Douloureuse, car elle a fait remonté énormément de choses en moi, auxquelles je me suis interdit de penser pour je ne sais quelles raisons. Et encore une fois, la magie opère. Alors que sur ses deux albums précédents, on restait dans un registre rock'n'roll proche de son groupe de toujours, ici Brian s'essaye à l'exercice de l'album country/folk rock intimiste. Et dès "When You're Ready", parfait morceau d'ouverture, tout en douceur, entre guitare acoustique, batterie discrète, et cette voix, douce et apaisée. "21 Days" qui suit, est une balade bouleversante, d'une beauté à couper le souffle où l'acoustique côtoie des percussions magnifiques et un refrain sublime. Des claviers (''Vincent"), des passages atmosphériques (''I Don't Mind (If I'm With You)"), une version fallon-esque de la country alternative (''Lonely For You Only''), pour terminer sur un chef-d’œuvre d'écriture (''You Have Stolen My Heart"). Avec seulement 8 titres au compteur, Local Honey pourrait paraître trop court. Mais en fait, ces 32 minutes montre encore une fois à quel point Brian Fallon est un songwriter de talent. Un talent qui le place désormais aux côtés de légendes que sont Johnny Cash, Bruce Springsteen et Bob Dylan. J'aurais aimé écouté ce troisième album solo de Brian Fallon avec mon père. Mais au final, il est encore là avec moi quand j'entends Local Honey. Et ça monsieur Fallon, ça n'a pas de prix. Merci. 

4,5/5
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la musique

Guillaume W. 

vendredi 10 avril 2020

Chronique Express : VNDALE - The Electric Night (EP)

VNDALE est un nouveau venu sur la scène parisienne. Enfin plus ou moins, car la moitié du line-up est issue de DEBUNK, dont il est la suite logique, mais nous y reviendrons plus tard. Tel un phénix, Tony (chant) et Arthur (batterie) se sont associés à Rico et JP, tous deux guitaristes et nous proposent une nouvelle version de leurs perspectives et ambitions. Pour ceux déjà familiers avec la musique de DEBUNK, vous ne serez pas dépaysés. Leur rock/metal alternatif à grand renfort de sonorités modernes est toujours de la partie, et The Electric Night, leur première réalisation en est le manifeste parfait. D'entrée de jeu le détonnant et expéditif "Igniter" nous balance un riff presque pop-punk easycore contrebalancé par des sons plus alternatifs, un pont aéré (une des nombreuses marques de fabrique du combo) et d'un solo de guitare mélodique très appréciable. L'oeuvre ayant pour thème principal le Japon (l'artwork ayant été shooté au pays du Soleil Levant), on retrouvera logiquement sur "UENO", premier single tiré de la galette, des harmonies occidentales intéressantes. Les choses se durciront avec "Out For Blood" aux forts relents nu-metal dans ses riffs plombés et encore plus avec "Moving On" et ses assauts de double pédale sur les couplets. Les fidèles de la troupe auront d'ailleurs reconnus "Redemption", sorti en clip il y a plusieurs années sous leur ancien patronyme, cependant ré-enregistrée et remise au goût du jour pour l'occasion. Et puis il y a la finale "Beating Me Down", qui clôt la galette. Et je m'arrêterais particulièrement sur ce titre car en plus d'être le plus émouvant de l'ensemble, il nous emmène dans des territoires plus sombres, plus travaillés et recherchés montrant pleinement le potentiel du combo, à grand renfort de superposition vocale qui vous colleront des frissons. Le retour est donc gagnant, et à travers les 5 titres que composent ce trop court EP, le quartet part de la meilleure des manières possibles.

3,5/5 
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Axel R.