samedi 21 janvier 2023

Live Report : ELECTRIC CALLBOY + ANNISOKAY @ La Laiterie / Strasbourg - 15/01/23


En ce dimanche 15 janvier, nous voilà de retour à La Laiterie de Strasbourg pour ce premier concert de 2023 et LA dance party de l'année, et oui, déjà, pas moins que ça ! Ce soir c'est ELECTRIC CALLBOY qui fait sold-out et quand on dit sold-out, c'est vraiment complet vu la gigantesque file d'attente à laquelle nous avons le droit pour entrer dans la salle... Si longue qu'après 45 minutes d'attente (dans un froid bien de saison – dédicace aux gros malades qui ont osé le short), on peut enfin pénétrer les lieux un peu déçu d'avoir raté une grande partie du premier titre de la première partie, les compatriotes allemands d'ANNISOKAY.

On arrive pour la fin du tube "Like A Parasite" (du coup la salle n'est pas tout à fait remplie), le quatuor fait dans le post-hardcore classique avec son frontman à casquette pour les screams et un guitariste-chanteur pour les nombreuses parties en voix claires. Le premier, Rudi Schwarzer, n'est dans le groupe que depuis 2019 et n'a participé qu'au dernier très bon album, Aurora paru en 2021 (duquel 5 morceaux seront interprétés ce soir). Le nom du groupe est inscrit en lettres capitales en fond de scène, les morceaux s'enchaînent, mais il manque ce petit quelque chose pour vraiment faire décoller le set, même si Rudi n'hésite pas à donner de sa personne en crowdsurfant. 

Rudi Schwarzer (chanteur d'Annisokay)

Musicalement en place, vocalement aussi, on reprochera un manque cruel de charisme et de profondeur dans le son comparé à la qualité de la production en studio (notamment sur les deux derniers disques). 10 titres envoyés en 40 minutes dont une reprise de "Duality" de Korn (ironie du guitariste bien entendu puisqu'il s'agit d'un titre de Slipknot), beaucoup de remerciements et nous voilà chauds pour la suite.

Annisokay


Il est 20h50 lorsque les lumières s'éteignent et les basses d'intro retentissent. Pas de rideau qui tombe, pas d'écrans en fond de scène, juste quelques néons en guise de décor et voilà nos six compères débarquer en jogging comme dans le clip officiel du hit "Pump It". Et quelle entrée en puissance avec explosion de confettis sur ce morceau fédérateur au possible qui retourne en une fraction de seconde toute la Laiterie. "Arrow Of Love" ne fait qu'enfoncer le clou et un bisou sur la bouche des deux frontmans plus tard, nous voilà partis pour un petit saut dans le passé avec un enchaînement de cinq morceaux plus anciens. "Hate/Love" envoie du lourd, "The Scene", "Castdop X Spandau", "Supernova" font effet, même si il est vrai que ces derniers sont un poil en dessous qualitativement, peut-être aussi moins hybrides que le dernier EP et le dernier album TEKKNO (2022) dont 8 titres sur 10 seront joués ! Dommage pour les excellentes "Fuckboi" et surtout "Neon" qui n'a encore jamais eu de version live à ce jour...



Chaque pause permet aux chanteurs d'échanger un peu avec le public, Nico Sallach, désormais guéri de son infection auditive (la date devait avoir lieu le 30 septembre 2022) n'en rate pas une pour montrer à quel point c'est un très bon vocaliste, les mecs de la console centrale auront le droit à une tournée de Jägermeister transportée gentiment par les spectateurs, ça clash sur la qualité de la bière alsacienne (bon en même temps la Météor, c'est vraiment pas top), les bazookas à confettis seront de sortie... 

Ça enchaîne avec le terrible "MC Thunder II (Dancing Like A Ninja)", puis on revient sur l'excellente "Tekkno Train" et son break de fin énormissime, et bien entendu "Hypa Hypa" qui rendra fou toute la salle. Ce fameux clin d'oeil bien trouvé au groupe allemand Scooter paru en 1995. Le côté délirant continue avec "Hurrikan" et sa première partie dance folklorique allemande ultra dégueulasse, mais qui sera reprise en choeur avec beaucoup d'amour, avant que les riffs deathcore viennent tout détruire. La cadillac de "MC Thunder" clôture ce set dans un joyeux bordel puisque le screameur Kevin Ratajczak demande à tout le monde de se prendre par les épaules et de sauter ensemble. Pas très COVID mais ambiance folle garantie. 

Le sextet revient pour un premier rappel de deux titres encore plus fous, mais avant ça, une question se pose. Toute la salle a crié "Zugabe" (on peut traduire par "encore, encore") en allemand pour que le groupe revienne... Les chanteurs demandent alors combien il y a d'Allemands dans la salle. 75% des bras se sont levés en réponse à cette question ! Eh oui c'est une réalité, bien que les dates françaises soient toutes complètes, ce soir à Strasbourg, c'est les Allemands qui ont acheté la majorité des places. Du coup l'ambiance redouble d'intensité puisque quasi tout le monde connait TOUTES les paroles ! On termine alors sur "Mindreader" puis avec "Spaceman" toutes deux chantées par les 1000 personnes présentent ce soir. 

Évidemment les lumières s'éteignent une dernière fois mais ce n'est bien entendu pas terminé car LE tube tant attendu doit être encore joué. Munis de perruques coup au bol noir, les Allemands balancent un gros "We Got The Moves" qui mettra tout le monde d'accord. Comment ne pas chanter, crier et sauter dans tous les sens en entendant ce megahit electro-metalcore ? Impossible. Une dernière explosion de confettis et un dernier karaoké qui nous restera en tête longtemps encore après la fin du concert. 

Nico Sallach
 

1h20 de concert pour nos gymcoreux allemands et un énorme sourire en sortant de la salle, d'une part parce qu'on a vécu une soirée absolument dingue, mais aussi parce que le groupe a aussi eu la bonne idée de balancer des titres des années 2000 pour continuer la fête après le show, avec des belles cochonneries comme Loona ou Blumchen (on vous laisse chercher si vous êtes curieux). Chose plutôt rare et ultra respectueuse à souligner, les artistes reviendront filer des cadeaux et signer des autographes aux nombreux fans restés dans la salle. On peut reprocher le côté « musique pour ado », les mélanges improbables de mauvais goûts pour beaucoup, mais au final, Electric Callboy est tout sauf un imposteur de la scène metalcore alternative. 13 ans de carrière et un sixième album 100% hits imparables, les Allemands peuvent être fiers de leur parcours et du succès rencontré dans le monde entier depuis la parution du hit "Hypa Hypa". Tout cela ne laisse présager que du bon pour l'avenir et ça va danser sévère sur la Mainstage 2 du Hellfest cet été à Clisson !!!

Sébastian D. 

Merci à Zoé et Sabrina de chez Verycords pour leur gentillesse. 

Electric Callboy

Setlist : 01 – Pump It 02 – Arrow Of Love 03 – Hate / Love 04 – The Scene 05 – Castrop X Spaudau 06 – Supernova 07 – MC Thunder II (Dancing Like A Ninja) 08 – Tekkno Train 09 – Hypa Hypa 10 – Crystals 11 – Best Day 12 – Parasite 13 – Hurrikan 14 – MC Thunder / rappel 1 / 15 – Mindreader 16 – Spaceman / rappel 2 / 17 – We Got The Moves


 

jeudi 29 décembre 2022

Les tops 2022 des rédacteurs d'Alternativ News


Encore une année de plus au compteur pour Alternativ News et qui dit fin décembre, dit bien évidemment publication des tops de l'année des rédacteurs du webzine (enfin de Guillaume et moi...). On vous laisse donc découvrir nos listes dans le post complet, qui comprennent nos albums et EP préférés, nos plus grosses déceptions de 2022, mais aussi nos attentes pour 2023. Bonne lecture ! N'hésitez pas à nous mettre les vôtres en commentaires.

mardi 27 décembre 2022

Chronique Express : Holy Fawn - Dimensional Bleed

Cela fait maintenant trois ans que le nom d'Holy Fawn est sur toutes les lèvres. Les fans de shoegaze, post-hardcore, de blackgaze et même de post-rock, ne font plus qu'un lorsqu'il s'agit de la bande originaire d'Arizona. C'est surtout tellement rare une telle unanimité, que ça fait presque peur finalement. Mais quand on connaît les qualités du quatuor, on est tout de suite moins inquiet. Et là où Death Spells appuyait fort sur l'influence Deafheaven, sur Dimensional Bleed, elle est encore là, bien entendu, mais le groupe incorpore des éléments post-rock, post-hardcore, emo et shoegaze à son son. Murs de guitares, crescendos qui vous dévorent de l'intérieur, mélodies à couper le souffle, voix hurlées ou cotonneuses, tout y passe pour le plus grand plaisir de nos petits cœurs. Après l'intro Sigur Ros-esque de "Hexsewn", la bande se met en ordre de marche avec la sublime "Death Is A Relief" pour ne plus lâcher prise. Que ce soit dans ces moments les plus violents ("Dimensional Bleed", "Void Of Light"), ces passages plus post-rock ("True Loss", "Empty Vials") ou lorsque cette vague sonore vous submerge entièrement ("Sightless", "Blood Memory"), le frisson est là, et ce disque ne vous lâchera plus. Imaginez simplement Moving Mountains, Thrice, Explosions In The Sky et Deafheaven qui auraient jouer sur un seul et même album, et vous vous approchez du son de ce Dimensional Bleed. Bouleversant et prenant de bout en bout, Holy Fawn vient tout simplement de sortir un des disques de cette année 2022 !

4,5/5

Guillaume W. 
 

dimanche 25 décembre 2022

Chronique Express : Rest Easy - Hope You're Okay

Rest Easy
, c'est des membres de Shook Ones et de Daggermouth, donc pas des peintres quand il s'agit  de parler de hardcore mélodique. Et pas de surprises ici, on balance la purée sans arrière pensée et les 12 morceaux sont emballés en 26 minutes sur ce premier album. Direct, rentre-dedans, une voix éraillée juste ce qu'il faut, ça envoie de la mélodie bien comme il faut, c'est catchy, c'est rapide, c'est influencé certes mais ça fonctionne fort. Pas de surprises, ok, mais une maîtrise de tous les instants, même si on entend Lifetime et The Movielife dans tous les recoins de Hope You're Okay. Mais quand c'est bon, c'est bon. Surtout qu'on n'a pas si souvent l'occasion d'entendre ce genre de disques où fun (le tube "Hey Maxine") et émotion font aussi bon ménage ("Coast To Coast" et "On The Outside" qui ralentit le tempo et fait clairement penser à I Am The Avalanche). Il ne s'agit que d'un premier album certes, mais avec l'expérience des membres de Rest Easy, on se retrouve face à une galette millimétrée avec une capacité d'être réécoutée complètement folle ! A découvrir si le mélo 90's et 00's vous manque !

4/5

Guillaume W. 



vendredi 23 décembre 2022

Chronique Express : No Trigger - Dr Album

On ne peut pas dire que No Trigger nous abreuve de sorties, c'est le moins que l'on puisse dire. Trois albums seulement au compteur en 20 ans de carrière, et surtout le premier depuis le superbe Tycoon, sorti il y a déjà 10 ans. Du hardcore mélodique des familles de très haute volée, et une influence majeure de nombreux jeunes groupes du style, on attendait donc ce Dr Album de pieds fermes. Enfin, l'EP Acid Lord paru en mai dernier n'avait quand même pas franchement rassuré non plus. 13 nouveaux titres donc expédiés en 35 minutes. Rien de plus normal dans le genre. Mais alors, que ce fût dur d'aller au bout de disque ! Où est passé la folie, la vitesse d'exécution, les mélodies en or massif, cette voix et cette section rythmique du feu de dieu ? A l'écoute de ces titres, on a simplement la sensation d'entendre un mix de blink-182 et Green Day, mais alors vraiment en version fatiguée de chez fatiguée. Quelques morceaux acoustiques vaguement country, un ou deux titres plus rapides, mais surtout des mélodies téléphonées, une voix pénible, et aucun refrain qu'on retient. Et au bout de 35 minutes, on se demande bien si on a entendu 13 nouvelles chansons, tant tout se ressemble. Dr Album est une vraie déception de la part d'un groupe qui pourtant nous avait habitués à du haut niveau. Si No Trigger se retrouve dans un top cette année, ce sera clairement dans celui des déceptions.

2/5

Guillaume W.

https://notrigger.bandcamp.com/album/dr-album
 

jeudi 22 décembre 2022

Chronique Express : Gatherers - " ( mutilator. ) "

Après la sortie de l'immense We Are Alive Beyond Repair, Gatherers est de retour avec son quatrième long jeu, "( mutilator. )". Il aura fallu 4 ans à la bande originaire de Bayonne (dans le New Jersey) pour accoucher de son successeur. Et dire que le jeu en valait la chandelle est un doux euphémisme. Pour situer un peu, Gatherers, c'est un peu comme si Glassjaw avait enregistré avec Touché Amoré pendant que Thursday avait mis son nez dans la sauce. De la furie de l'ouverture "massalette" (avec cette folie et cette émotion brute et à fleur de peau, et cette voix Palumbo-esque dans les intonations), jusqu'aux dernières notes de la sublime et ultra émotionnelle "twelve omaha solemn certainty". Et la présence d'invités de choix ne fait qu'ajouter à la qualité de la galette, en la personne de Geoff Rickly de Thursday sur la furieuse et dissonante "Gift Horse" ou la contribution plus surprenante de Dan Lambton (ex-chanteur des pop-punkers de Real Friends) sur la directe et tubesque "Suffocator". On ressort totalement retourné de ces 36 minutes, tant le coup de massue est violent. Un disque d'emo post-hardcore de très haute volée et un groupe qui mérite toute votre attention. Un des albums les plus intenses et beaux de 2022 et un must-have absolu ! 

https://gatherersband.bandcamp.com/album/mutilator


4,5/5

Guillaume W. 

mercredi 21 décembre 2022

Chronique express : Coheed And Cambria - Vaxis II: A Window of The Waking Mind

Sorti en juin dernier, ce dixième album de Coheed and Cambria au nom à rallonge (une habitude chez eux !) continue sur le thème de son prédécesseur. Mais là où la première partie de Vaxis était ultra progressive, ici Coheed fait son retour avec un album bien plus poppy. Alors attention quand même, car on parle d'un poppy à la Coheed, c'est à dire blindé de riffs progressifs, de solos, de cette voix reconnaissable entre mille de Claudio Sanchez, mais aussi bourré jusqu'à la gueule de refrains catchy. En fait, on a la sensation qu'ici, la bande a voulu revisiter son évolution entière, en allant du progressif pur et dur ("Ladders Of Supremacy", "Rise, Naianasha") jusqu'au pop-punk ("The Liars Club", "A Disappearing Act" et ses synthés 80's), en passant par l'entre-deux ("Comatose", "Shoulders") pour terminer sur un opéra rock de près de 9 minutes où tout y passe ! Vaxis II est une réussite incontestable et un des meilleurs albums de la bande. Sans évoluer drastiquement, mais en jouant sur ses forces et son identité incontournable. 

4/5

Guillaume W. 

mardi 20 décembre 2022

Chronique Express : Deaf Havana - The Present Is A Foreign Land

Après un Rituals un poil décevant et une envie de splitter, Deaf Havana a finalement fait machine arrière... avec 2 membres en moins, laissant les frangins Veck-Gilodi seuls au commande. Alors que Rituals était clairement plus synthétique et aseptisé, The Present Is A Foreign Land est tout l'inverse. Moins orienté grosses guitares que leur référence All These Countless Nights, il est bien plus orchestré et organique. On sent que le duo s'est attelé à composer des morceaux qu'ils avaient envie d'écouter. On connaissait leur capacité à créer des titres fédérateurs et accrocheurs, ici c'est encore une fois le cas. Il n'y a qu'à écouter "19dreams" pour s'en convaincre. A la fois simple dans la structure, mais tellement efficace et catchy. La suite ne fera que confirmer ce sentiment avec "I Put You Through Hell" (et son piano mis en avant) ou encore "Nevermind" et ses cordes. On passe par des épisodes plus synthétiques à la Rituals ("Someone - Somewhere", "Remember Me"), du tube radio avec le morceau-titre et un sommet d'émotion avec "Going Clear". Bref, la panoplie complète est de sortie. 12 titres, 12 réussites dans des esprits différents. Un peu comme si Biffy Clyro avait décidé de virer complètement radio, ou encore une version British de Jimmy Eat World, et les frères assument totalement cette direction clairement plus mainstream. The Present Is A Foreign Land un est beau disque d'emo-rock en tout cas. A écouter sans modération !

4/5

Guillaume W. 

lundi 19 décembre 2022

Chronique Express : Armor For Sleep - The Rain Museum

15 ans après leur dernier album, Smile For Them (seul et unique sur une major), Armor for Sleep a annoncé son retour avec The Rain Museum. 12 nouveaux morceaux, et une excitation toute particulière car la bande a sorti un des albums cultes des années emo 00's avec l'inoubliable What To Do When You Are Dead. Et finalement, The Rain Museum joue plus sur la nostalgie de l'auditeur que sur la qualité réelle de ce disque. Loin d'être mauvais, mais finalement loin d'être aussi intense et mémorable qu'on aurait pu l'espérer, ce dernier est là pour nous rappeler à quel point le groupe a compté et il faut avouer que leur identité est toujours présente, mais sans les tubes, sans ces mélodies qui vous prennent aux tripes (il y a bien la très belle ballade "New Rainbows", mais c'est presque tout), et surtout avec un manque de variété, qui font qu'on a du mal à y revenir. The Rain Museum est un bon disque d'emo-rock, bien produit et sans accroc, mais sans âme non plus. 

3/5

Guillaume W. 

jeudi 24 novembre 2022

Chronique Express : Dayseeker - Dark Sun

Trois ans après Sleeptalk, Dayseeker remet le couvert avec Dark Sun et ces 11 nouveaux morceaux. Le moins que l'on puisse dire c'est que la bande originaire d'Orange County a choisi d'enfoncer le clou avec cette nouvelle livraison. Sleeptalk les avaient vus prendre un virage déjà bien plus pop, Dark Sun ne fait que confirmer la direction initiée avec leur prédécesseur : avec en vedette des éléments électroniques et des claviers, et surtout la voix de Rory qui devient (encore plus qu'avant !) la pièce maîtresse du groupe. Lors de récentes interviews, le frontman parlait d'un album à haute teneur émotionnelle, et il n'avait pas menti. A l'origine, une seule chanson devait parler de la perte de son père et de la naissance de sa fille, et au final, tout l'album tourne autour de cette thématique de la perte et de l'amour. Et franchement, ça a touché une corde sensible en moi, ayant vécu la même chose il y a quelques années, je me suis retrouvé dans ces textes évidemment bien mis en avant avec la voix parfaite de Rory et une instrumentation simple et efficace, aux accents 80's. Et pourtant, ça démarre toutes guitares dehors avec "Dreamstate", qui semble faire le lien entre cet avant et cet après : gros refrain, pont hurlé, un côté dernier Architects palpable, et un morceau qui fonctionne du tonnerre. "Neon Grave" suit le même chemin avec ces guitares mises en avant et pareil cette petite influence Architects toujours présente. Et c'est finalement le reste de l'album qui change la donne. Dès "Without Me", les choses commencent à se calmer pour ne plus vraiment s'énerver. Un mal ? Bien au contraire, car c'est finalement dans cette configuration que Dayseeker arrive à faire ressortir le plus d'émotions : "Homesick" et son clavier, et toujours cette voix angélique qui fout le frisson, la superbe simplicité de "Midnight Eternal", "Paper Heart" et "Parallel", le refrain en or massif de "Crying While You're Dancing" et le bijou de ce disque "Quicksand". Au final, l'auditeur est transporté dans un tourbillon d'émotions et Dark Sun passe le cap de la réécoute avec brio. On pourra arguer sur la grande simplicité dans les guitares et que finalement, elles ont été mises en retrait au profit de la performance vocale et du côté poppy du disque. On peut, oui. Mais cela n'enlève pas la réussite qu'est ce disque, alors que je n'en attendais rien, et que c'est devenu un coup des coups de cœur de 2022. Dark Sun est un album ultra moderne, à la production léchée et dans l'air du temps, accrocheur et beau. A découvrir !

4/5
Recommandé si vous aimez :
Bad Omens, The Panic Division, Emarosa

Guillaume W. 

dimanche 6 novembre 2022

Chronique Express : Turnover - Myself In The Way

Je le dis souvent, mais Peripheral Vision est un de mes albums préférés de ces 10 dernières années. Turnover avait réussi un coup de maître sur son deuxième long jeu, et sa suite Good Nature, était presqu'aussi enthousiasmante, avec des couleurs moins automnales. C'est après que cela se corse : Altogether, sorti en 2019, était un album avec quelques titres qu'on appréciait, mais dans l'ensemble qu'est ce qu'on s'est ennuyé ! Du coup, à l'annonce de Myself In The Way, on était plus angoissé qu'excité à l'idée d'entendre ce nouvel album de la bande. Et ce ne sont pas les titres présentés en amont qui ont tout fait pour rassurer les fans. Bien au contraire. La suite de la métamorphose semblait s'opérer avec des claviers Pink Floyd-esque, et des morceaux mous et sans vie. C'est simple, Peripheral Vision est aussi vital que Myself In The Way est d'un ennui abyssal. 47 minutes de bâillements,  de synthés, de mélodies pas accrocheuses, de vocalises cotonneuses, toujours sur le même rythme, à tel point qu'on a la sensation d'écouter le même morceau en boucle. Et même pas un bon morceau ! On sait que Turnover fait bien ce qu'il veut avec son son, mais là autant dire qu'à moins d'être un peu maso, on passera notre chemin. On reconnaît bien leur patte, la voix d' Austin aussi, mais quelle déception de les voir aller tellement loin pour un résultat sans âme, ni émotion. Après avoir réussi à nous bouleverser, Turnover  ne fait plus que réussir à nous endormir ! 

2/5
Recommandé si vous aimez :
les synthés, les guitares cristallines, une pop expérimentale et chiante, les Pink Floyd et les Beatles

Guillaume W. 

mardi 1 novembre 2022

Chronique Express : The 1975 - Being Funny In A Foreign Language

Notes On A Conditional Form est l'album de The 1975 que j'ai le moins aimé. Un bon disque avec d'excellents titres, mais trop long avec quelques morceaux vraiment inutiles, qui faisait qu'on avait finalement du mal à l'écouter en entier. 80 minutes et un double album plus tard, le groupe a mis deux ans et demi pour sortir ce qui est son cinquième album. Les morceaux présentés en amont de la sortie officielle laissait présager d'un album plus intimiste qu'à l'accoutumée. C'est vrai sans être vrai (dit comme ça, ça va clairement beaucoup faire avancer l'auditeur...). Car on reconnaît immédiatement la bande et cette propension à pondre des tubes plus tubesques que jamais. Ecoutez "Happiness" pour voir : cette petite guitare maligne, ce refrain, cette section rythmique, ces cuivres et cette voix de Matty qui font encore une fois mouche en faisant chavirer nos petits cœurs et même temps que shaker nos bootys. Et puis allez, tant qu'on y est, lancez "Looking For Somebody To Love" ou encore "Oh Caroline" : toutes deux 80's dans le son, bien agencées et bourrées de détails qui se laissent découvrir au fur et à mesure des écoutes. Le reste se fait plus discret, dans une ambiance presque feutrée ("Part Of The Band"et ses cordes, le côté jazzy de la très belle ballade "All I Need To Hear", le morceau de clôture avec ses cordes celtiques "When We Are Together") ou ultra pop-rock ("I'm In Love With You", "Wintering" et son côté The Cure dans les guitares). Mais un disque de The 1975 ne serait pas un disque de The 1975 sans ses passages atmosphériques ("The 1975" qui sert d'intro, "About You") qui amènent la galette encore plus haut. En fait, Being Funny In A Foreign Language réussit là où son prédécesseur s'était embourbé dans trop de sucreries et d'expérimentations futiles. En simplifiant la formule, The 1975 a retrouvé le chemin du succès, avec un disque efficace et beau. Welcome back lads ! 

4/5
Recommandé si vous aimez :
The 1975, le pop rock 90's, la pop 80's


Guillaume W. 

lundi 31 octobre 2022

Chronique : Architects - The Classic Symptoms Of A Broken Spirit

Un an et demi après avoir surpris son monde et sorti ce qui est son album le plus maintsream, Architects est déjà de retour avec un nouvel album, The Classic Symptoms Of A Broken Spirit. Là où For Those That Wish To Exist avait clairement divisé la fan base de la bande, on ne pouvait pas enlever au groupe une efficacité et un songwriting affuté comme jamais. Moins bourrin et plus mélodique, moins complexe et plus direct, Architects avait réussi le pari de proposer un album varié et beau. Ce Classic Symptoms en est finalement la suite logique car le son est parfaitement dans cette lignée. En plus in your face, car ces 42 minutes ne laissent que peu de répits à l'auditeur, là où son prédécesseur donnait plus dans les atmosphères que dans les gros riffs qui tâchent. Ici, dès "Deep Fake", on sait que ça va envoyer du bois. Sonnant clairement dans cette veine mid-tempo à la structure classique, avec un bon gros break des familles, ça fonctionne, même si ça n'apporte rien de nouveau en terme de son. "Tear Gas" ressemble trait pour trait à "Animals", tant le riff d'intro est similaire, "Spit The Bone" lui emboîte le pas et sonne aussi comme une face-B de For Those That Wish To Exist. Il faut attendre "Burn Down My House" pour que le côté atmosphérique joue son rôle avant de repartir de plus belle sur "Living Is Killing Us" et ce "When We Were Young" qui balance la purée et nous envoie LE refrain du disque. La deuxième moitié est construite de la même manière avec de la mélodie, du riff, quelques atmosphères et la voix de Sam qui sert de fil conducteur. Peu de surprises donc excepté l'énorme "A New Moral Ground" qui sonne comme du Thrice et fait partie des gros titres de ce disque, et "Be Very Afraid", morceau le plus bourrin de la galette sans aucun doute (avec des growls dans le chant qu'on n'avait pas entendu depuis belle lurette chez Architects). Alors verdict ? Les Britanniques surfent sur la vague de leur prédécesseur sans apporter grand chose de neuf à leur moulin. The Classic Symptoms Of A Broken Spirit est un album qui s'écoute sans problème, mais les écoutes successives donnent un goût de déjà entendu sur de nombreux morceaux, les riffs et mélodies sont bien trop répétitifs pour que l'on se le passe en boucle. Là où For Those That Wish To Exist laissait entrevoir la volonté de la bande d'emmener son son plus loin dans la mélodie et dans l'émotion, cette nouvelle livraison enfonce le clou, mais pas forcément dans la direction qu'on aurait voulu les voir aller. Architects sont capables de composer leurs morceaux dans leur sommeil et le mode pilote automatique a été enclenché ici (pour l'artwork aussi d'ailleurs). Un bon disque, mais rien qui laissera un souvenir impérissable au final.  

3/5
Recommandé si vous aimez : Architects, Bring Me The Horizon, Thrice

Guillaume W. 

samedi 22 octobre 2022

Chronique Express : Ways Away - Torch Songs

Ways Away, le super groupe undeground de-la-mort-qui-tue est de retour, après un premier disque éponyme d'une qualité époustouflante. Imaginez des membres de Samiam, Stick To Your Guns, Raquet Club ou encore Boysetsfire dans une seule et même formation... Et bien ça donne un emo-punk-rock du tonnerre de dieu. Des tubes en pagaille, un style affirmé, et un disque sur lequel on revient sans cesse avec plaisir. Du coup, à l'annonce de Torch Songs, la date du 11 octobre ne pouvait pas arriver assez vite. Et elle est finalement arrivée et on a pu se mettre ces 11 nouvelles compositions entre les oreilles. Dès "I Got Low", on sait exactement où on met les pieds. A la fois familier et prenant, un refrain mid-tempo, des guitares qui envoient le bois, une section rythmique qui bastonne et cette voix avec ce grain râpeux qui fonctionne à merveille. "(I'm Not) Laughing With You" prend la suite avec le même bonheur, sans chercher à dévier de leur style de prédilection, mais avec classe, justesse et une attention dans les détails qui font passer les morceaux de la catégorie premium. Et toujours cette propension à trouver la faille dans nos p'tits cœurs avec ses mélodies imparables. Et si cet album sophomore ne surprend finalement pas, tous les morceaux sont aussi bons les uns que les autres, sans aucune baisse de qualité à aucun moment que ce soit, durant ces 38 minutes que dure Torch Songs. "Nevermind The Dog" accélère le tempo et nous gratifie même d'un solo bien senti, tout comme l'énorme "The Only Living Boy Living Boy In LA", plus Samiam que Samiam, jusque dans les lignes de chant. Mais comme le groupe sait vraiment tout faire, les morceaux les calmes et les plus riches en émotion sont aussi de la partie avec les très belle "Happy With What I Have" et la cerise sur le gâteau avec "Heaven' Lathe" avec en guest Jeremy Bolm, chanteur de Touché Amoré. Sa présence lui procure une dimension encore plus émotionnelle avec cette voix que l'on reconnaît de suite. Alors que dire, finalement à la fin de ce disque ? Que le seul défaut que l'on pourrait trouver à ce dernier, c'est de sortir après un premier album proche de la perfection. C'est dire la qualité de ce Torch Songs, qui demande plus de temps pour être entièrement apprivoisé. Sans transgresser les codes du genre, Ways Away joue avec ceux-ci à la perfection et propose des morceaux intemporels et beaux, produit de main de maître par Beau Burchell de Saosin. Un des très gros album de cet année 2022. 

4/5
Recommandé si vous aimez : Samiam, Hot Water Music, Jimmy Eat World

Guillaume W. 

samedi 15 octobre 2022

Chronique : The Wonder Years - The Hum Goes On Forever

The Hum Goes On Forever est le septième disque de The Wonder Years. Et il aura fallu quatre ans et demi pour entendre le successeur du superbe Sister Cities. Car oui, ce disque aurait dû sortir fin 2020, des dires du chanteur Dan "Soupy" Campbell. Mais la pandémie est passée par là, et aussi le fait de devenir papa, auront changer les plans du groupe. 

The Wonder Years fait toujours aussi bien du Wonder Years, et le groupe passe en revue une bonne partie de sa discographie. Là où Sister Cities amenait leur son vers des sphères bien plus indie-rock, The Hum Goes On Forever reprend l'ensemble des influences de la bande en un seul et même disque. Tout en y ajoutant de la nouveauté. L'entame est tout en retenue avec "Doors I Painted Shut", où une simple guitare et la voix de Dan qui entonne "I don't wanna die/At least not without you", avant que la montée en puissance s'opère et que toute la bande fasse irruption dans nos oreilles et nos p'tits cœurs. Une bien belle entrée en matière qui lance le disque de la plus belle des façons avant de défoncer la porte avec "Wyatt's Song (Your Name)" (écrite pour son fils aîné) toutes guitares dehors et encore une fois ces superbes paroles : "I recorded your heartbeat/It's 133/The tempo's in my blood now/I hum it when I'm lonely", qui comptent la joie et la peur d'être père et d'être à la hauteur de cette tâche. S'en suit "Oldest Daughter" et sa référence à Madelyn, qu'on trouvait sur The Greatest Generation. La triple attaque des guitares, ce refrain catchy à souhait et ce pont du feu de dieu en font un des meilleurs titres de cette galette. 

Trois titres viennent de passer et on sait déjà que cet album va être spécial aux yeux des fans. Car Soupy l'a si bien dit dans le documentaire sur la genèse de The Hum Goes On Forever, que ces chansons sont pour les fans avant toute chose, et que ce disque a été pensé pour le live et la communion entre le public et eux, et que c'était le test ultime. 

Du coup, les allers-retours dans leur discographie en terme de son n'en n'est que plus logique, de la séquelle "Cardinals II" (dont l'origine se trouve sur No Closer To Heaven), avec son pont ultra heavy, les tubes pop-punk "Paris In Nowhere", "Lost In The Lights", "Low Tide" et "Old Friends Like Lost Teeth", ou encore la très belle ballade "Summer Clothes". Mais The Wonder Years sait aussi surprendre son monde avec des morceaux comme "Songs About Death" très post-rock dans les guitares, et le superbe morceau de clôture "You're The Reason I Don't Want The World To End", digne successeur de "I Just Want To Sell Out My Funeral" sur The Greatest Generation

Mais si finalement la plus belle chanson de ce disque était la plus atypique venant d'eux : "Laura & The Beehive", une magnifique ode à sa grand mère, où la simplicité des arrangements et le texte sublime du frontman se marient à merveille. Et quelle émotion, quelle beauté, avec cette réserve et cette manière de créer des tranches de vie auxquelles chacun d'entre nous peut s'identifier. Car oui, cette chanson, c'est celle de la perte, de tous les petits moments de vie qu'on l'on partage avec un être cher, qui semblent insignifiants sur le moment, mais qui en fait, créer des souvenirs qu'on l'on va chérir jusqu'à la fin de notre vie. Tout simplement bouleversant, et les mots manquent carrément après avoir pris une telle claque émotionnelle. 

Le titre de la galette aussi fait écho aux années où Soupy a chanté sur la peine, la peur de perdre quelqu'un, le temps qui passe ou encore la dépression. Et à quel point ces sentiments ne s'en vont jamais vraiment, mais qu'ils peuvent simplement devenir une arrière pensée plutôt que d'être constamment au cœur de nos préoccupations. 

Comment avons-nous pu penser un seul instant que The Wonder Years pouvaient se planter et sortir un album moins fort que ses prédécesseurs ? A chaque sortie, on se demande comment le groupe va bien pouvoir faire mieux. Et à chaque sortie, ils font mieux : malgré les doutes, malgré le syndrome de la page blanche, malgré un monde en perpétuel mouvement. Et nous auditeurs, ne pouvons être qu'émerveillés devant le manière dont la bande continue encore et encore à nous faire rêver, et à évoluer avec goûts. 

Plus le temps passe, plus le groupe s'affranchit de taper dans un style ou dans un autre. Il y a des passages pop-punk ici, mais aussi emo, rock alternatif, indie. Mais tout ça finalement, c'est The Wonder Years, et rien d'autre. Tellement au-dessus de la mêlée, que ce soit vocalement, musicalement et au niveau des paroles. The Hum Goes On Forever est l'album de l'année et cela ne souffre d'absolument aucune discussion. Car il y a TOUT dans ce disque : une émotion viscérale, une créativité de tous les instants, des refrains catchy et un songwriting comme on en voit bien trop peu. Magnifique, tout simplement.


4,5/5
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Guillaume W. 

mardi 4 octobre 2022

Live Report : SOEN + LizZard + Oceanhoarse @ La Maison Bleue - Strasbourg (23/09/22)

Premier concert (en salle) post-COVID et surtout découverte d'un tout récent lieu de vie musicale à Strasbourg nommé La Maison Bleue. Salle de répétitions des groupes locaux (aujourd'hui uniquement dans ses sous-sols), les gérants ont eu la bonne idée de transformer le rez-de-chaussée en salle pouvant accueillir du public. Ce soir, vendredi 23 septembre 2022, c'est le groupe de prog-rock-metal SOEN, qui est programmé pour le plus grand plaisir des fans qui ont fait le déplacement en nombre, de loin pour certains (on souligne comme d'habitude la présence de pas mal d'Allemands), soit environ 300 personnes. De quoi se tenir au chaud en cette froide soirée et tout ça sans mettre le chauffage ! 

Il est à peine 20h lorsque Oceanhoarse monte sur scène pour un premier set de 30 minutes tout à fait sympathique à base de rock'n'roll hybride lorgnant parfois vers le hardcore ou le heavy metal, notamment grâce à la voix parfois haut perchée de l'imposant chanteur qui sera souvent caché dans des salves de nuages de fumée. Le guitariste coche tous les clichés du hard-rocker avec ses cheveux longs bien coiffés (le ventilateur est de sortie), sa flying-V Jackson verte et ses solos de la mort. Petit moment de gloire pour le bassiste qui nous montrera lui aussi l'étendue de son talent en solo, on apprécie la petite reprise du hit "Them Bones" d'Alice In Chains, le tout avec beaucoup de remerciements du chanteur et d’applaudissements en retour de la part des spectateurs ayant fait le déplacement tôt ce soir. Un quatuor finlandais de qualité, souriant et content de jouer, à qui on souhaite le meilleur pour l'avenir. 

La température monte petit à petit. Une courte pause, à peine 15 minutes, vu que les deux premiers groupes jouent sur la même batterie, et c'est au tour des prog-rockers du limousin LizZard, de venir défendre leur discographie devant les Strasbourgeois. La salle s'est bien remplie, le trio est en forme et ça fait plaisir de voir une dame enchaîner des furieux roulements de batterie comme ça. On sent beaucoup d'influences dans le son (on peut citer évidemment Tool), à la fois progressif, groove rock et stoner. Le chanteur parle et remercie aussi l'assistance, c'est lui qui mène la barque et annonce les morceaux d'une setlist qui se concentre essentiellement sur le dernier album, Eroded, paru en 2021. Le bassiste se fait plus discret mais son rôle n'est pas pour autant moins important et c'est sous de fortes acclamations que le trio quitte la scène après 40 minutes de show énergique qui aura mis tout le monde d'accord. 

Passage au bar (qui a d'ailleurs de jolis luminaires dont les abats-jours sont faits de cymbales de batterie) puis on prend l'air quelques minutes histoire de respirer mieux hors de la fournaise. Les membres de SOEN arrivent par dehors, tranquillement depuis leur imposant tour-bus noir garé dans la cour, il est donc l'heure de re-rentrer dans la salle pour enfin voir ce que le groupe de Martin Lopez, ex-batteur d'Opeth, donne en live. 

"Monarch" ouvre le set, le son est un peu bas, (ça s'améliorera par la suite), le public hoche de la tête direct en rythme. On remarque tout de suite la classe et l'aisance vocale de Joel Ekelök, sa voix étant tout aussi claire et limpide que sur les albums. Musicalement aussi, rien à dire, tout est ultra carré, les titres s'enchaînent sans temps mort, les musiciens assurent et la setlist nous plonge principalement dans les deux dernières livraisons, Lotus (2019) et Imperial (2021). Le second opus, Tellurian, sera malheureusement zappé ce soir et ça sera le cas sur toute la tournée. On navigue entre morceau plus rapides et péchus comme "Martyrs" ou "Lumerian" et on est complètement emportés par les sublimes "Lunacy", "Modesty" et particulièrement de la longue "Lucidity" qui a le don de nous donner le frisson. 

Juste avant le rappel, le groupe appelle une invitée spéciale à venir sur scène chanter un titre avec eux. Il s'agit de Jennifer Gervais, frontwoman du groupe strasbourgeois Dust In Mind, qui les accompagne d'ailleurs sur toute la tournée européenne au merchandising. Ensemble ils proposeront une nouvelle version d'"Illusion" en se partageant les couplets/refrains pour un résultat sympathique et bien exécuté par la chanteuse. Un rappel de trois morceaux clôturera cette magnifique soirée, notamment avec le tube et morceau-titre de l'avant-dernier album, "Lotus".

Ce concert prévu en décembre 2021, reporté à cause du COVID, était attendu et n'a pas déçu. Trois groupes de qualité et bien entendu SOEN qui aura conquis l'audience dans une chaleur quasi étouffante (les lunettes des gens avaient de la buée quand ils entraient dans la pièce !). Un groupe talentueux qu'on vous recommande fortement de suivre si ce n'est pas déjà le cas et qu'on a qu'une envie, c'est de revoir vite sur scène a plus vite par chez nous.

Sébastian D. 

Merci à Roger de Replica Promotion et Seb de SeeYouSoon. 

 

Setlist : 

01-Monarch 

02-Deceiver 

03-Lunacy 

04-Martyrs 

05-Savia 

06-Lumerian 

07-Covenant 

08-Modesty 

09-Lucidity 

10-Antagonist 

11-Illusion (feat. Jennifer Gervais de Dust In Mind)

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12-Lascivious 

13-Jinn 

14-Lotus

jeudi 29 septembre 2022

Chronique Express : Pure Hex - Still Dark

Après un EP 4 titres sorti fin 2019, Pure Hex, quintet originaire de la Bay Area en Californie, se décide enfin à sortir son premier long jeu. Une fille au chant et quatre garçons dans le vent, et ce Still Dark pour nos oreilles. Si on doit mettre un nom sur le style pratiqué par le quintet, on ira vers l'emo-shoegaze. Oui, car Pure Hex ne se contente de reprendre les codes du shoegaze comme bon nombre de groupes ces dernières années (avec beaucoup d'excellents disques qui plus est), mais y fait infuser un côté emo des plus plaisants. C'est le morceau-titre qui lance les hostilités, et évidemment les guitares atmosphériques et le mur sonique font directement leurs apparitions : un petit côté Smashing Pumpkins dans la mélodie et cette voix très particulière fait son apparition. A l'écoute, difficile de se dire que c'est une femme qui chante, tant on a l'impression d'entendre Anthony Green (Saosin/Circa Survive) dans les intonations les plus hautes. Mais que ça fonctionne bien. Et ce n'est que le début ! "Still Time" se la joue plus calme sur l'intro, toujours avec ces guitares bien en avant, et ce refrain où l'émotion prend les rennes (et emporte nos petits cœurs d'emokids). Balance & Composure nous saute aux oreilles sur "Pedestal", tandis que "Half Light" (ses lignes de chant sont magnifiques) et "Wear Me Down" offrent une mélodie très Turnover période Good Nature. Mais la force de Pure Hex, c'est de réussir à dépasser ses influences, c'est à dire les utiliser, leur laisser une place dans leurs compositions, tout en y insérant une identité. Pure Hex, en seulement 8 titres et 36 minutes, a réussi la prouesse de mettre tout le monde d'accord avec ce premier album de toute beauté. A la fois prenant et hautement émotionnel, cotonneux, mélodique et atmosphérique, ce Still Dark est un véritable coup de maître et va secouer la scène shoegaze de plein fouet. Avec ce petit bijou, c'est bien tout le mal qu'on leur souhaite.

4,5/5
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Guillaume W. 

mercredi 14 septembre 2022

Chronique Express : The Dangerous Summer - Coming Home

Le principal problème avec The Dangerous Summer, c'est qu'à force de sortir des albums qui sont toujours dans la même veine, on est sûr du quitte ou double quant à la qualité des compostions. Mother Nature était un excellent disque où on sentait une envie d'aller plus loin, plus haut, plus fort. Et surtout bien au-dessus d'un S/T ennuyeux au possible. On avait donc plus que hâte d'entendre son successeur, même si l'EP qui a précédé ce nouveau disque était loin d'avoir laisser une trace indélébile dans leur discographie. Du coup, si on attendait évidemment ce Coming Home, on était un poil plus frileux sur le résultat final. Les singles découverts en amont laissaient peu de place à la surprise : The Dangerous Summer ferait du Dangerous Summer, envers et contre tout. Et ce n'est pas un mal quand on connaît leur disposition naturel à composer des hits oh so emo dans leur sommeil. Mais il y a un mais. Non pas que Coming Home soit un mauvais disque, mais on a l'impression que chaque titre a déjà été composé par la bande, et si cela fonctionne encore par à-coups, sur l'intégralité de l'album, on a du mal à s'emballer. Il y a bien quelques nouveautés comme la très belle ballade acoustique "Big Green Eyes", et bien entendu, le poil se dresse encore sur "Meet Me In The Morning" et les BPM augmentent sur "Dimensional Love". En fait, plus on revient sur ce disque, et plus le constat est là : la bande de Perdomo souffre d'une crise d'identité. Des paroles peu inspirées et parfois d'un cliché sans nom, alors que très souvent AJ est un parolier plutôt doué. Et musicalement, le groupe fait exactement ce qu'on attend de lui : de l'émotion, des passages atmosphériques, des mélodies tire-larmes et une voix qui arrive encore à coller quelques frissons. Mais Coming Home est aussi un album inoffensif et sans prise de risques, aucune. On aurait même tendance à dire que c'est plutôt l'inverse d'ailleurs, tant certains morceaux frôlent le banal et sentent le réchauffé à plein nez. Et c'est dommage car on avait encore d'aimer ce disque comme on a aimé Reach For The Sun, War Paint ou encore Mother Nature. Ce n'est malheureusement pas le cas. 

3/5 
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Guillaume W. 

lundi 5 septembre 2022

Chronique Express : blackbear - in loving memory

Dans la catégorie artistes hip-hop qui se mettent au pop-punk ou au rock, rares sont ceux qui sortent du lot. Pire même, rares sont ceux dont les albums sont écoutables du début à la fin. On pense à l'infâme Mod Sun, et son album merdique à souhait. On pense aussi fort à Machine Gun Kelly dont le second album est un raté impressionnant, aseptisé à souhait (son premier album contenait quelques bons titres mais tellement poussif et inintéressant qu'on ne pouvait que laisser tomber au bout de quelques écoutes en avance rapide). Bref, pas de quoi se relever la nuit. Du coup, lorsque blackbear s'est aussi décidé à sauter le pas, on s'est directement dit que le chemin était tout tracé vers la bouse intersidérale. In Loving Memory, c'est d'abord 12 titres pour 39 minutes et bien entendu Travis Barker est de la partie. C'est presque le plus inquiétant car ces derniers temps, le bonhomme n'est pas le plus inspiré dans ses choix artistiques. Mais bon, posons une oreille vierge sur ce disque et qui sait ? Et qui l'aurait cru surtout ? Car oui, ce disque, s'il est calibré bien comme il faut, ne manque pas d'arguments, et surtout, les écoutes répétées ne font qu'amplifier ce sentiment. En fait, à l'instar de Nothing Nowhere, blackbear est un emokid qui a fait du hip-hop et qui revient à ses 1ères amours. Et non l'inverse. Et ça change clairement la donne. D'ailleurs, dans une récente interview à Alternative Press, quand on lui demandait les groupes ou albums qui avaient influencés in loving memory, il cite Bleed American de Jimmy Eat World, Terminal (un album fabuleux en 2005 puis plus rien), ou encore Acceptance. Si on peine à trouver du Jimmy ou du Terminal chez blackbear, l'influence d'Acceptance sur "Dead Inside", "Broken World", "Painkiller" ou encore sur le refrain de "Fuilu" est bien perceptible. Ailleurs, on entend du Alkaline Trio sur "Toxic Energy" (avec Bert de The Used), on sonne aussi comme New Found Glory sur "Nothing Matters" (avec Jordan en guest), et "Poltergeist" avec Anthony de Bayside pourrait être un titre de Bayside. Du pop-punk, du rock alternatif, des passages hip-hop (sur "gfy", avec MGK en guest, mais surtout dans le chant finalement), mais aussi des mid-tempo qui fonctionnent vraiment bien ("The Idea") et une très jolie ballade intimiste pour clore l'affaire qu'on croirait sorti d'un album de Neck Deep, jusque dans les lignes de chant ("Hazel Inside"). Ce sixième album de blackbear est un album nostalgique, rempli de souvenirs d'ado, avec une envie de mettre en avant la musique qu'il a connue et aimée étant plus jeune. Une vraie belle surprise, et un disque où les invités ont été choisis avec goût. in loving memory devrait se faire une place de choix dans votre rotation sur cette fin d'été et ce début d'automne, en dépit de cette pochette proprement affreuse. Pour le reste, c'est du solide ! A écouter sans modération. 

4/5
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Guillaume W. 

jeudi 25 août 2022

Chronique Express : Pale Waves - Unwanted

Alors que le premier album de Pale Waves donnait le sentiment d'être un disque des 80's et que son successeur Who Am I? sortait tout droit des 90's, Unwanted se devait logiquement de sonner comme dans les début des années 2000. Et bien, sans plus de cérémonie, c'est bien le cas. Seulement 18 mois séparent Who Am I? et Unwanted, et cela s'en ressent en terme de sonorités. Là où le prédécesseur était orienté pop-rock radio, ces 13 nouveaux titres sortent du même moule, avec une influence pop-punk bien prononcé. Pale Waves semblent s'amuser avec sa musique et fait ce qui lui chante. Et on peut dire que ça fonctionne du feu de dieu. Sans apporter une originalité folle, on plonge dans ce disque avec une nostalgie des plus agréables comme nos années lycée et/ou université. "Lies" démarre avec un riff Blur-esque et une refrain catchy comme pas deux. Le morceau-titre est un TUBE en puissance, Lavigne-sque en diable (c'est d'ailleurs le morceau préféré de mon p'tit bonhomme qui me le demande en boucle en voiture). Bordel, ce refrain fait un bien fou par où il passe et impossible, ou presque, de ne pas avoir envie de le réécouter. La suite suit ce registre, simple et d'une efficacité redoutable, entre ballades un poil cheesy mais qu'on leur passe bien volontiers car elles arrivent à nous faire dresser les poils (''The Hard Way" et son super final, "Without You" ou encore la très jolie "Numb") et pop rock taillé pour les ondes ("Jealousy", "Alone", "Clean" qui ont le bonheur de se suivre dans la tracklist). Mais Pale Waves a aussi sous le coude des petites bombinettes pop-punk ("Only Problem", "Reasons To Live", "Act My Age") qui donnent une variété à ce Unwanted. 13 morceaux en 40 minutes, et des tubes en pagailles où les codes du genre sont respectés à la lettre. Et Pale Waves vient très certainement de sortir l'un des albums les plus catchy de cette année 2022. 

4/5
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Guillaume W. 

dimanche 14 août 2022

Live Report : ROCK YOUR BRAIN Fest 2022 - 24 & 25/07/22 - Sélestat



Enfin un festival ! Plus de deux ans que je n'avais pas foulé l'herbe (enfin ce qu'il en reste vu les températures des derniers jours) d'un pré avec des milliers d'autres gens et en plus, royal, à moins d'une demi-heure de route de chez moi. 2022 signe donc le grand retour du Rock Your Brain Fest (version été, parce qu'il existe une version d'automne dont voici l'affiche) suivant le Summer Vibration Festival, terminé la veille, qui donnait sa septième édition sur le même site, aux Tanzmatten de Sélestat, et toujours organisé par Zone51, la même association qui anime le centre-Alsace aux sons des musiques alternatives depuis 25 ans maintenant ! 

Le site a été revu, repensé, redécoré, amélioré, optimisé... Mettez tous les adjectifs que vous voudrez, les courageux bénévoles (denrées rares d'ailleurs) ont mis tout en œuvre pour accueillir au mieux les festivaliers en terre alsacienne. Après 3 jours placés sous le signe des musiques plutôt festives du 21 au 23 juillet (les plus ouverts d'entre vous connaîtront – même que de nom – Roméo Elvis, Sinsémilia ou encore Morcheeba), changement complet d'orientation musicale le dimanche 24 qui sera rock-metal et le lundi 25 ouvertement punk de tous horizons. 

DIMANCHE 24 JUILLET 

Il fait lourd pour ne pas dire étouffant en ce dimanche midi de fin juillet, et venir en plein cagnard pour voir jouer les metalleux de DUST IN MIND relève de l'exploit. Le groupe de Strasbourg, emmené par sa chanteuse Jennifer, a la lourde tâche d'ouvrir sur la grande scène (Mainstage) et c'est un parterre honorable pour l'heure qui applaudit les titres joués ce jour-là, majoritairement tirés de leur nouveau récent disque CTRL, clairement leur meilleure réalisation à ce jour.

Dust In Mind


TOWARD THE THRONE, autre groupe local (mais du Haut-Rhin cette fois) enchaîne sur la petite scène (Tiki Area), qui est placée sous un chapiteau un peu plus loin sur le site. Ambiance black-death-metal ici avec petites décorations à base de bougies, fleurs et autres crânes... Ok ça fait moins d'effets qu'en pleine nuit mais la musique semble mettre tout le monde d'accord et le public approuve malgré ce style musical si particulier.

Je fais l'impasse sur CELLAR DARLING et préfère attendre à l'ombre des arbres, parce que ça tape bien, que les hardcoreux strasbourgeois de PIEDBOUCHE viennent faire bouger le chapiteau. Les fans d'Hatebreed et Earth Crisis en auront eu pour leur grade pendant 40 minutes avec un public qui commence déjà à mosher et à circle-piter malgré la chaleur écrasante et la poussière. Il y a même eu un dinosaure sur scène à un moment !

16h45, c'est DEEZ NUTS qui foule la grande scène ! JJ Peters est plutôt en forme avec sa casquette Palyboy et son short rose bonbon. Les hardcoreux australiens enchaînent les titres mais pas forcément des hits. La setlist est variée et pioche dans toute la discographie, ce qui est assez sympa et plutôt rare en festival. Évidemment c'est sur "Band Of Brothers" que le set de presque une heure se termine sous les applaudissement du public et les nombreux remerciements du chanteur. 

Deez Nuts
Le « problème » quand on joue à domicile et qu'on sort de deux ans de pandémie, c'est qu'on croise du monde toute la journée. Alors c'est absolument génial de reparler à plein de gens mais du coup certains groupes passent à la trappe comme le hard folk de BOTTLE NEXT, au passage assez impressionnant avec tous leurs cuivres (je n'ai vu qu'un morceau du coup). 

18h15, le groupe le plus attendu pour moi de la journée monte sur la grande scène sur laquelle un drapeau de paix aux couleurs de l'Ukraine est en place en backdrop. Vous l'avez compris, les JINJER sont bien là, après une grosse prestation au Hellfest et une autre toute récente chez les copains du Sylak Festival. Il fait une chaleur de fou, mais les quatre donnent tout sachant en plus qu'ils jouaient la veille en Grèce, et avec le sourire malgré le contexte et les récentes déclarations de la chanteuse qui semble nous couver une petite dépression. Pour l'heure on a l'impression que tout va pour le mieux, le son est plutôt bon, et niveau voix, il y a un sacré niveau. La méchamment tatouée Tatiana Shmayluk a même réussi à convaincre des festivaliers-touristes de passage avec enfants qui resteront tout le set en hochant la tête ou en restant bouche-bée à l'écoute des cris maitrisés envoyés. Oui oui, il n'y a pas d'effets dans sa voix... On passe vraiment un moment bien sympa, le public est conquis même si j'ai le sentiment qu'il ne comprend pas tout aux compositions variées proposées. Il faut dire que quand on ne connait pas, ça reste assez spécial tous ces changements de rythmes et ce n'est pas simple de retenir ce qu'on entend. Anecdote sympa, en arrivant sur le site, il y avait une petite affiche sur le site avec un numéro de téléphone d'un des mecs de Jinjer qui cherchait de quoi fumer (il aurait probablement eu plus de chance d'en trouver la veille) ! En fin de concert, un spectateur filera son drapeau au groupe pour qu'il puisse faire une photo sur scène devant son public. 

Jinjer


19h20, OPAL OCEAN, duo de guitar-heroes australien, fait le show sous le chapiteau à base de solos et de riffs acoustiques plutôt bien foutus. On regarde un peu par curiosité avant de revenir sur la grande scène pour voir les vétérans du jour : THE SISTERS OF MERCY. Un peu improbable de les retrouver dans cette programmation ultra éclectique et pour ce qui est aussi leur unique concert français de l'année. La goth-dark wave attire son lot de fans (ok les plus âgés il faut bien le dire !). Plus de 40 ans de carrière, il ne reste plus que le chanteur originel, mais les Britanniques tiennent le coup et le set d'une heure durant lequel sera jouée plus d'une quinzaine de titres, se laisse regarder avec plaisir. Difficile d'accepter que la batterie soit remplacée par deux ordinateurs... Mais c'est le style qui veut ça ! 

The Sisters Of Mercy


20h50, on enchaîne avec un petit peu de prog-stoner sous le chapiteau où il fait bien chaud pour apprécier KING BUFFALO. Le trio américain balance du gros son bien lourd et gras, faisant remuer correctement les nuques. Beaucoup plus agréable en live que sur disque où il me manque quelque chose pour vraiment adhérer. 

Il est l'heure de faire une pause bien méritée et de manger un bout parmi les nombreuses propositions de restaurations (de la tarte flambée locale, en passant par le plat africain, le végétarien ou le classique burger-frites). En revanche pour les prix, on sent que c'est la crise, parce que ça a méchamment augmenter, mais ça c'est partout désormais... 

C'est POWERWOLF qui attirera le plus de monde ce soir ! Les heavy-metalleux allemands ont apporté leur décor avec eux, mais rien n'y fait, impossible d'accrocher musicalement. C'est un peu comme si les Cranberries faisaient du Iron Maiden. Et en plus, à cause de la canicule, et de la scène un peu trop petite, nous n'avons pas eu droit aux effets pyrotechniques, qui sont une des animations phare du groupe (avec les danses improbables du claviériste). 

Powerwolf

22h30, découverte du jour avec le prog-rock canadien d'ALEX HENRY FOSTER, qui est en parallèle le chanteur de Your Favorite Enemies ! Un set non-conventionnel dans la pénombre avec plein d'instruments, même de la flûte, pour un rendu assez hypnotisant. De là à écouter ça dans la voiture, peut-être pas, mais en live, c'était bien.

WARDRUNA, tête d'affiche du jour, clôture cette journée du dimanche. Même si beaucoup ont quitté les lieux après Powerwolf, les fans de musique néofolk ambient sont présents, écoutent religieusement et applaudissent allégrement le groupe norvégien et son charismatique chanteur. Réservé à un public d'avertis cependant. On regarde de loin tout en refaisant le monde avec les copains. Il est presque 1h du matin quand nous quittons les lieux, le lendemain sera un tout autre jour... 

Bravo au passage à un des stands de restauration qui offrait les restes de ses knackis frits aux festivaliers au lieu de jeter son stock à la poubelle. C'était pas la meilleure idée de manger ça à cette heure là mais il fallait saluer l'initiative !

Wardruna
LUNDI 25 JUILLET

Il fallait se lever tôt puisque les concerts débutaient à midi sous le chapiteau. On ratera (les inconnus – désolé) EAST SOUNDS FAMILY et M.O.K.O., pour commencer pile dès notre arrivée avec LES SHERIFF! Le groupe punk de Montpellier (ressuscité il y a quelques années) est toujours en place et continue de jouer sa musique partout où il le peut. Véritable référence punk des années 90, les mecs ont de l'énergie à revendre et jouent aussi bien des classiques comme des titres du récent Grand Bombardement Tardif (2021), leur premier album en 23 ans ! Manquait quand même quelques hits connus tels que "Pendez-les haut et court" ou "Pour le meilleur et pour le pire". 

Les Shériff !


On passe au travers de LA SOLUTION (désolé), il y a un vent ultra chaud sur le site, ça cogne encore bien, et les passages aux ravitaillements se font de plus en plus nombreux. Les festivaliers sont contents de pouvoir se rafraichir sous le brumisateur géant positionné non loin d'un des bars du festival, où se situe aussi une zone où on peut se servir gratuitement en eau potable. On remarque que le site est beaucoup plus remplit que la veille, pourtant nous sommes lundi, non férié en plus, à en croire que le metal attire moins que le punk ?

TAGADA JONES est sur la grande scène (groupe que j'ai dû voir 15 fois...), ça joue bien mais bon, rien de fou, même si le public est chaud et que ça slamme à tout va, la preuve en photo ici-bas... On entend au loin sous le chapiteau le punk régional à l'ancienne de LA CONSIGNE et les paroles engagées, en français, de sa chanteuse. 

Tagada Jones
Les anciens de THE TOY DOLLS sont encore en vie, toujours avec leurs lunettes et leurs cheveux colorés. On apprendra plus tard que le set fût écourté car un des musiciens ne se sentait pas bien et a préféré stopper le show. Quand il fait 35° et qu'on a 60 ans, jouer 1h en plein soleil peut s'avérer dangereux...

The Toy Dolls


Pas vraiment attiré par le trio punk britannique, on se donne tous rendez-vous avec les copains pour supporter le groupe local PUNKY TUNES. Nouveau venu sur la scène punk alsacienne, les cinq balanceront quasiment une heure de reprises punk hardcore ! Des Bouncing Souls et The Offspring à Sum41 en passant par la nouvelle génération comme Turnstile, une ambiance bon enfant se fait sentir, il n'y a qu'à voir les sourires sur les visages pour comprendre que les gens sont heureux d'entendre notamment des classiques de leur jeunesse. On aura même droit à un circle-pit sur le traditonnel « Young 'Til I Die » de 7 Seconds ! 

Punky Tunes

Pas de répit, direct après ce sympathique moment, direction la grande scène pour voir le groupe que j'attends le plus ce weekend : DANKO JONES. C'est toujours super cool de revoir le trio rock infernal en live et on sent que lui aussi est content de remonter sur scène après deux ans de pause forcée. C'est bien simple, ce mec est une machine à tubes. Tous les refrains qu'il a pondu sont imparables et restent en tête facilement. Là aussi ça sera une heure à remuer la tête en chantant fort les paroles de "First Date", "I'm In A Band" ou encore "My Little RNR". On aurait pu continuer à écouter ça pendant longtemps et un petit "Sticky Situation" ou un "Forget My Name" n'auraient pas été de trop. Un super moment made in Canada !

Danko Jones

Alors que les folk-punks anglais de FEROCIOUS DOG s'emparent du chapiteau, il est temps de reposer un peu nos oreilles en attendant la suite. Il sera agréable de s'assoir en zone restauration et de goûter un autre plat tout en discutant avec plein d'autres amis pas vus depuis si longtemps.

Il est à 20h50, place à ALESTORM sur la grande scène et leur désormais légendaire coin-coin géant comme décor. Bon je vais être clair, je n'aime pas du tout ce groupe... Donc ça tombe plutôt bien qu'un autre concert démarre au moment sous le chapiteau.

Alestorm
C'est THE MOORINGS qui enchaîne et on peut dire que s'il y a du monde pour Alestorm, il y en aussi pas mal jusqu'à en dehors de la tente pour les celtic-folk-punkers. Seul bémol, quand deux groupes jouent sur la même plage horaire, le son d'une scène vient polluer l'autre quand la musique s'arrête. Mais ça n'empêche à rien de faire la fête et les chansons à boire des Alsaciens font mouche, le public danse et chante, ravi de la prestation donnée ce soir. 

The Moorings

La fin de soirée se fera au son des DROPKICK MURPHYS, tête d'affiche de cette soirée axée punk, alors que sous le chapiteau les Australiens de CLOWNS (signés sur le label de Fat Wreck Cords de Fat Mike de NOFX, rien que ça) terminent de convaincre les plus courageux. Deux groupes qu'on entendra de loin car occupés à encore refaire le monde avec les copains.

Bilan de cette nouvelle édition du Rock Your Brain Fest. Un retour plutôt gagnant sur l'ensemble de la semaine, même si il est vrai que les deux soirées rock ont fait déplacer moins de gens que les trois soirées electro-hippie (10 000 de moyenne contre 5000), mais il faut souligner la prise de risque au niveau de l'affiche qui se voulait ouverte et variée, peut-être un peu trop, notamment le dimanche. Le site version 2022 a été revu et optimisé, trouvant probablement sa meilleure configuration à ce jour (attention cependant au conflit de sons lorsque les deux scènes jouent en même temps). On est sur une manifestation à taille humaine qui mise sur le côté qualitatif, un site propre et accueillant, engagé comme toujours (importance sur le tri des déchets, un village éco-responsable...), un poil avant-gardiste comme avec ses urinoirs féminins, sans oublier le festival OFF avec des groupes locaux pour animer le camping. Tout est fait pour que le festivalier s'y retrouve et passe un bon moment. On attend avec impatience l'édition automnale (avec les Burning Heads, les Svinkels ou encore les Ludwig Von 88...) et on espère que tout ça sera reconduit pour une nouvelle belle édition à l'été 2023.

Et puis vous avez déjà été à un festival survolé pendant les concerts par des cigognes ? Il n'y a qu'à Sélestat qu'on peut vivre ça et ça, c'est vraiment classe ! 

Sébastian D. 

Merci à l'association Zone51 pour les invitations.  

Photos : page Facebook du festival par Nicolas Keshvary, Christian Ballard, Gaël & Yeliz, Lyriopee, Alisucre, Tibi, Fredo pour le projet #résigraphies