lundi 9 janvier 2012

Chronique : Enter Shikari - A Flash Flood Of Colour

Il y a de ça cinq ans, Enter Shikari balançait son premier album au visage du monde entier et réussissait un véritable tour de force en s’offrant un succès populaire. A l’époque MySpace est à son apogée, le groupe se fait connaître sur le web mais aussi sur scène. Il auto-produit alors son premier long jeu via son propre label : Ambush Reality. Take To The Skies est à l’époque assez novateur pour rallier les fans de musique pointue comme les kids. Depuis, MySpace s’est fané alors que les groupes de myspace-core continuent à
proliférer, Sonny Moore est devenu Skrillex et le dubstep, la dernière tendance. Malgré tout, les Britanniques sont toujours là, continuant leur chemin en marge de l’industrie musicale et livrent un troisième album enregistré en Thaïlande appelant « notre génération » à la révolution. Bienvenue en 2012.

A Flash Flood Of Colour commence sur une vague nappe de synthé et quelques violons samplés dignes d’un single de Lady Gaga. C’est après seulement une vingtaine de secondes qu’on retrouve la voix de Rou et son phrasé si particulier entre spoken word, rap et chant hurlé, alors que cette piste, sorte de prélude montant crescendo jusqu’à un gang vocal, se termine brutalement en son point culminant.
Le groupe revient rapidement à sa mixture habituelle faisant la part belle à de longues parties instrumentales orientées dubstep, malheureusement pas assez mises en valeur par le son sec de la production.

Virage mélancolique pour les Anglais qui transforment leur musique en vecteur d’émotion avec un titre comme "Search Party", tendant même vers la berceuse avant de repartir sur des riffs plus metal. Ou bien encore la ballade "Stalemate" qui réussit à éviter les paroles niaises que nous servent généralement les groupes. La formation incorpore tout de même de nouveaux éléments à sa musique comme un passage plus indie rock rappelant Vampire Weekend.
On pensait la fougue du groupe évanouie, c’était sans compter sur "Ghandi Mate, Ghandi" qui vous donnera selon les cas, envie de mosher ou de danser la tecktonik, le mélange des deux n’étant pas stylistiquement conseillé.
Passons sur "Constellations", le titre d’outro qui nous rappellerait presque les interludes de Linkin Park ; quelques relents de post-rock qui se veulent épiques, un xylophone pour le côté space rock, de quoi tenir les cinq dernières minutes de cet album.

Le groupe nous tend tant bien que mal la perche : « Transformation in progress, transformation completed » mais il est difficile de voir la révolution opérée dans leur musique, si ce n’est cet appel à la prise de conscience et au soulèvement de la jeunesse. Le plus gros changement étant la quasi-absence de parties math-rock, aspect qu’on ne retrouve désormais plus que dans les structures des morceaux. Exit aussi la quinzaine de pistes de leur précédents albums, le groupe livre ici 11 titres d’une durée moyenne de quatre minutes. Ils excellent toujours dans l’art du single mélangeant grosses guitares et sons électroniques, en témoigne l’excellent "Sssnakepite". Les titres les plus calmes sont eux aussi des vraies réussites, Rou n’y étant pas pour rien tant les différentes facettes de sa voix sont ici explorées avec brio. Il faudra malgré tout fermer les yeux (et les oreilles) sur de trop longues parties atmosphériques polluant l’album. En 2012, Enter Shikari pourrait bel est bien rafler la mise avec ce troisième opus et ce en plein boom dubstep mondial.

3,5/5

Ilan B.

1. "System..."
2. "...Meltdown"
3. "Sssnakepit"
4. "Search Party"
5. "Arguing with Thermometers"
6. "Stalemate"
7. "Gandhi Mate, Gandhi"
8. "Warm Smiles Do Not Make You Welcome Here"
9. "Pack of Thieves"
10. "Hello Tyrannosaurus, Meet Tyrannicide"
11. "Constellations"

Notre interview vidéo avec le groupe est toujours disponible ici.






7 commentaires :

Anonyme a dit…

Euh, math rock ?..

Alex a dit…

No offense, mais pourquoi ne pas avoir laissé la chronique à Romain ? Les premières impressions sur son blog me semblaient plus éclairées et mieux écrites. Juste un avis.

Alternativ News a dit…

Parce que je n'en avais pas le temps et que je n'ai pas le monopole des chroniques. La rédaction se les répartit, étant donné que chacun d'entre nous est aussi capable d'en faire que les autres. Le post sur mon blog était comme tu l'as dit une "première impression", je doute donc qu'il fût vraiment bien écrit mais merci quand même.

Romain

Mariooo57 a dit…

Je suis curieux de savoir ce que tu entends par math-rock, les riffs dissonants ?

pl a dit…

lol les seuls artistes que tu cite : skrillex, lady gaga, vampire weekend, linkin park. Du grand journalisme.

Mariooo57 a dit…

Très bon album, dommage que le chroniqueur fasse l'impasse sur certains morceaux et sur les passages atmosphériques (qui ont toujours été présent sur les précédents efforts)... qui en aucun cas polluent l'album mais permettent de le rendre varié.

cedleced a dit…

Je respecte le boulot de ce groupe et tout leur côté DIY. Mais que c'est fatiguant ce genre de musique fourre-tout. Un morceau commence et on sait jamais ce qu'on avoir dedans. Moi perso y'a toujours un élément qui me dérange, Y'a toujours un truc qui vient casser le morceau, la bonne dynamique commencée...Et je suis déçu. Le premier album j'aimais beaucoup, mais là c'est non, ça n'est plus intéressant je trouve. Tout n'est pas à jeter, mais c'est lassant.