vendredi 30 juin 2023

Live Report : GHOST + Spiritbox + Lucifer @ Zénith de Strabourg - 28/05/23

On est le 28 mai et il fait une chaleur de fou en ce dimanche soir aux abords de l'énorme Zénith de Strasbourg. Ce soir, GHOST propose un arrêt dans une des plus grandes salles de France, en parallèle de ses huit autres dates dans l'hexagone, chose assez remarquable à signaler pour un groupe de rock international ! Pour une fois que plusieurs dates sont programmées chez nous alors que la grande majorité des groupes zappent notre pays. En même temps, les Suédois ont explosé les charts ces dernières années et sont devenus plus maintream que jamais, alors qu'à la base on était carrément sur un son underground heavy doom psychédélique. A voir le public présent, ce soir c'est concert en famille, où les papas et les mamans ont amené leurs enfants, le tout mélangé aux fans hardcore du groupe et tout le monde est habillé en noir (ou presque), mélangé à quelques déguisements bien entendu. 

LUCIFER, trio quasi inconnu de heavy metal allemand, a déjà joué malheureusement et c'est donc avec SPIRITBOX que la soirée commence pour moi. Les metalleux canadiens, guidés par leur plantureuse chanteuse (désolé, elle était facile), montent sur scène, devant un public qui ne les connait (à 80% grosso modo) pas. C'est toujours compliqué de mettre l'ambiance devant une salle novice et pas forcément ouverte aux sons plus rentre-dedans. Parce que par moments, ça a beau être mélodique, il y a quand même des passages qui déchirent à fond comme "Holy Roller" qui ne laisse aucun moment de répit. L'excellent premier album Eternal Blue (2021) est bien mis en avant avec cinq titres sans oublier "Rotoscope" tiré du dernier EP de 2022, ainsi qu'un avant goût de ce qui nous attend pour la suite avec l'inédit "The Void". Le concert est bon, énergique, même si certains dans les premiers rangs diront que la chanteuse n'a pas l'air de vraiment chanter... Étonnant connaissant le passé de la dame au sein d'Iwrestledabearonce. Peut-être la faute à la diffusion d'une bande son pour les ambiances... Quoiqu'il en soit, le quatuor est content de jouer et ça se sent, ça joue fort et bien, et on se dit que dans une salle plus petite (avec un public encore plus réactif), ça devrait être dingue. Les lumières se rallument, le temps d'aller chercher quelque chose à boire histoire de ne pas mourir déshydraté et il sera l'heure de la tête d'affiche. 

La scène est cachée par un énorme rideau, attisant la curiosité des spectateurs en gradins, parce que ceux les plus proches voient déjà ce qu'il y a derrière. Ce n'est pas une seule introduction, mais bien trois morceaux qui serviront d'entrée au groupe et c'est à la fin d'"Impeirum" que le grand drap blanc peut tomber devant une marée de téléphones portables dans les airs et nous laisser bouche-bée devant le décor de cathédrale que nous avons devant nous. Plusieurs plateformes sur lesquelles chaque musiciens à sa place sont disposées devant trois grands vitraux colorés. Oui parce que Tobias Forge, aka Papa Emeritus IV, n'est pas venu seul et ce sont pas moins de six Nameless Ghouls qui sont présents pour nous offrir un show dingue d'un groupe superstar. 

Explosions, flammes, jets de fumées, tous les artifices possibles sont de sortie et c'est clairement un énorme spectacle auquel nous avons droit. On fera juste un aparté sur le prix de la place en carré or qui atteint presque les 100€, ce qui est quand même un peu limite (pour comparer, j'ai mis 100€ pour voir les Cure en fin d'année dernière, dans la même salle). Du coup le Zénith est rempli à 70% environ, ce qui est déjà beau puisqu'il y a 12 000 places de disponibles ici. Sur l'ensemble de la tournée française, c'est plus de 50 000 billets qui ont été vendus, c'est pour dire l'ampleur du phénomène Ghost.

Les tubes s'enchaînent, "Rats", "Faith", "Spillways", "Cirice"... Que dire ? Tout le monde chante et se laisse entraîner par les mélodies diablement efficaces, le tout devant un lightwhow magistral. Forge change de costume à plusieurs reprises, parle avec la foule, s'essaye brièvement au français, avant de lancer "Hunter's Moon". Karaoké géant sur ce titre magique. Évidemment un des points culminants de la soirée sera l'interprétation de "Jesus He Knows Me" de Genesis, tiré du dernier EP de reprises. Un morceau qui passe quotidiennement sur les radios locales et nationales, d'où aussi le public hétéroclite venu ce soir. L'album Impera (2022) sera le plus représenté, mais on sera content de voir que malgré la taille de la salle et le public, les Suédois continuent de jouer des anciens titres, même des deux premiers albums, Opus Eponymous (l'encensoir est de sortie sur "Con Clavio Con Dio") et Infestissumam, parus il y a 13 ans maintenant. 

Salve de tubes avec les plus posées "He Is", mais surtout "Miasma" avec son petit interlude théatre et la réanimation d'un pape saxophoniste sorti d'une boite pour la fin du morceau. Forge taquine en lançant un "c'est vraiment chouette de vous voir tous ici ce soir à Marseille" et balance le hit "Mary On A Cross" dans une chaleur toujours aussi étouffante. Explosions de confettis à la fin de "Mummy Dust" et c'est sur la belle "Respite Of The Spitafields" que le groupe quitte la scène. 

Trois titres au programme du rappel avec notamment "Danse Macabre" et la terrible "Square Hammer" qui clôture d'une bien belle manière le concert dans une folie collective et sous un tonnerre d'applaudissements. Un set de 20 titres deux heures durant, une liste de morceaux bien choisies qui pioche dans toute la discographie du groupe, un show sublime, pas de temps mort, un chanteur qui assure et qui parle à son public, le remercie et remercie ses musiciens. On peut dire que cette soirée a été une pure réussite et que le succès remporté par GHOST, qui réussi à attiré encore plus de monde pour son second Zénith de Strasbourg (le premier a eu lieu en 2019), est amplement mérité. A voir au moins une fois dans sa vie. 

Sébastian D. 

Merci à Olivier et Replica Promotion.

Photos : Djamel R.

setlist : Kaisarion / Rats / Faith / Spillways / Cirice / Hunter's Moon / Jesus He Knows Me (Genesis cover) / Ritual / Call Me Little Sunshine / Con Clavi Con Dio / Watcher in the Sky / Year Zero / Spöksonat (interlude) / He Is / Miasma / Mary on a Cross / Mummy Dust / Respite on the Spitalfields / rappel : Kiss The Go-Goat / Dance Macabre / Square Hammer 


 





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