lundi 5 septembre 2022

Chronique Express : blackbear - in loving memory

Dans la catégorie artistes hip-hop qui se mettent au pop-punk ou au rock, rares sont ceux qui sortent du lot. Pire même, rares sont ceux dont les albums sont écoutables du début à la fin. On pense à l'infâme Mod Sun, et son album merdique à souhait. On pense aussi fort à Machine Gun Kelly dont le second album est un raté impressionnant, aseptisé à souhait (son premier album contenait quelques bons titres mais tellement poussif et inintéressant qu'on ne pouvait que laisser tomber au bout de quelques écoutes en avance rapide). Bref, pas de quoi se relever la nuit. Du coup, lorsque blackbear s'est aussi décidé à sauter le pas, on s'est directement dit que le chemin était tout tracé vers la bouse intersidérale. In Loving Memory, c'est d'abord 12 titres pour 39 minutes et bien entendu Travis Barker est de la partie. C'est presque le plus inquiétant car ces derniers temps, le bonhomme n'est pas le plus inspiré dans ses choix artistiques. Mais bon, posons une oreille vierge sur ce disque et qui sait ? Et qui l'aurait cru surtout ? Car oui, ce disque, s'il est calibré bien comme il faut, ne manque pas d'arguments, et surtout, les écoutes répétées ne font qu'amplifier ce sentiment. En fait, à l'instar de Nothing Nowhere, blackbear est un emokid qui a fait du hip-hop et qui revient à ses 1ères amours. Et non l'inverse. Et ça change clairement la donne. D'ailleurs, dans une récente interview à Alternative Press, quand on lui demandait les groupes ou albums qui avaient influencés in loving memory, il cite Bleed American de Jimmy Eat World, Terminal (un album fabuleux en 2005 puis plus rien), ou encore Acceptance. Si on peine à trouver du Jimmy ou du Terminal chez blackbear, l'influence d'Acceptance sur "Dead Inside", "Broken World", "Painkiller" ou encore sur le refrain de "Fuilu" est bien perceptible. Ailleurs, on entend du Alkaline Trio sur "Toxic Energy" (avec Bert de The Used), on sonne aussi comme New Found Glory sur "Nothing Matters" (avec Jordan en guest), et "Poltergeist" avec Anthony de Bayside pourrait être un titre de Bayside. Du pop-punk, du rock alternatif, des passages hip-hop (sur "gfy", avec MGK en guest, mais surtout dans le chant finalement), mais aussi des mid-tempo qui fonctionnent vraiment bien ("The Idea") et une très jolie ballade intimiste pour clore l'affaire qu'on croirait sorti d'un album de Neck Deep, jusque dans les lignes de chant ("Hazel Inside"). Ce sixième album de blackbear est un album nostalgique, rempli de souvenirs d'ado, avec une envie de mettre en avant la musique qu'il a connue et aimée étant plus jeune. Une vraie belle surprise, et un disque où les invités ont été choisis avec goût. in loving memory devrait se faire une place de choix dans votre rotation sur cette fin d'été et ce début d'automne, en dépit de cette pochette proprement affreuse. Pour le reste, c'est du solide ! A écouter sans modération. 

4/5
Recommandé si vous aimez :
le pop-punk 90's/00's, l'emo 2003, le rock alternatif

Guillaume W. 





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