mercredi 10 novembre 2021

Chronique : Limp Bizkit - Still Sucks

Dix ans après Gold Cobra, près de 10 ans pendant lesquelles Limp Bizkit nous a fait miroiter la sortie de Stampede Of The Disco Elephants (avec Ross Robinson aux manettes !), et même sorti plusieurs singles, pour finalement ne jamais voir le jour du fait de l'insatisfaction constante de Fred Durst pour les textes et son chant. C'est aussi le groupe que tout monde adore détester, à tel point que même les groupes dont ils réclament l'influence (Durst est fan absolu de Faith No More et Rage Against The Machine)  ne veulent pas être associés de près ou de loin au biscuit mou (de manière très explicite qui plus est). Ça vous situe quand même bien un groupe. Et en poussant l'ironie d'appeler son nouvel album Still Sucks (auto-produit par le groupe au passage), Limp Bizkit fait exactement ce que l'on attend de lui. De l'auto-dérision en veux-tu en voilà donc (il n'y a qu'à écouter le Korn-ien "Love The Hate" pour s'en rendre compte).

"Out Of Style" lance les hostilités avec un riff borlandien dont lui seul a le secret, et bien sûr que l'on reconnaît directement la bande, et qu'on est carrément projeté 20 ans en arrière au sommet de leur carrière où les Bizkits raflaient tout au passage. Et surtout où ce rap-metal était le roi des charts et où tous les groupes essayaient de copier Korn et Limp Bizkit avec plus ou moins de succès. "Dirty Rotten Bizkit" est un énorme morceau tout droit sorti de Significant Other (il repique d'ailleurs le riff de "Nobody Like You" au passage), sans qu'on y trouve grand chose à dire, il faut bien l'avouer. Et plus on avance dans ce disque, plus on a la sensation que la bande survole en fait toute sa carrière en 12 morceaux. Des sonorités  hip-hop de "Dad Vibes" et "Snacky Poo", de cette basse ultra groovy de "Turn It Up Bitch",  en passant par Fred qui nous refait le coup de "Behind Blue Eyes" avec les ballades ultra cheesy "Don't Change" (qui est une reprise d'INXS) et "Empty Hole", ça pique aussi un riff à Nirvana sur l'ultra grungy "Barnacle". Et il y a quand même bien longtemps qu'on avait pas entendu Fred aussi remonté que sur "You Bring Out The Worst In Me" et "Pill Popper" (qui contient un des riffs les plus dingues du disque). Quasiment depuis leurs débuts en fait. Et bordel, ça envoie du bois ! Still Sucks se termine sur la ballade Sugar Ray-ienne "Goodbye" (précédée en guise d'intro d'un échange téléphonique de Wes déconcertant avec un journaliste abruti). Et sous ses allures toujours millième degré et pipi/caca, les textes de Fred sont centrés sur les difficultés d'une relation toxique. Pas si évident donc. 

Alors que penser de (seulement ce 6ème album) de Limp Bizkit ? 10 ans après Gold Cobra (et un artwrok délibérément aussi dégueulasse ce coup-ci, œuvre à nouveau du Sir Borland), ce Still Sucks fonctionne plutôt bien. Mais le plus gros souci de cette livraison est qu'on a la sensation que certains morceaux auraient pu aller bien plus loin dans leur développement. Du coup, on reste un peu sur notre faim. Et finalement, ce Still Sucks nous rappelle surtout avec nostalgie, l'époque des baggys portés bien sous le cul au moins 3x trop grands (mais probablement à la bonne taille aujourd'hui) avec la ceinture qui pendait de manière extrêmement classe et discrète, avec des pompes tellement grosses aux pieds qu'on avait quand même l'impression de marcher avec des putains de sabots. C'est un bon album des biscuit mous, mais ce n'est absolument pas un grand album, car on ne peut décemment pas, en étant sain d'esprit, penser que ce Still Sucks arrive ne serait-ce qu'à toucher une couille à la triplette Three Dollar Bill Yall, Significant Other, et Chocolate Starfish. Il revisite avec plus ou moins de réussite une bonne partie de leur discographie. Il est quand même vraiment dommage d'avoir eu à attendre autant de temps pour 12 titres torchés en 32 toutes petites minutes. Mais ne boudons pas notre plaisir, car il y a du bon dans ce disque et ça fait du bien par où ça passe !

3,5/5
Recommandé si vous aimez : sérieusement ? 

Guillaume W. 





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