dimanche 24 octobre 2021

Chronique Express : Tennis System - Autophobia

L'autophobie est une phobie spécifique d'isolement, de la peur d'être seul. De là à dire que cet album a un lien avec cette foutue pandémie, il n'y a donc qu'un pas. Ce nouvel album de Tennis System fait son apparition deux ans après l'excellent Lovesick. Il ne filtre que très peu d'informations sur la bande, si ce n'est qu'on a l'impression que l'aventure du trio se dessine désormais en solo. Si Lovesick donnait l'impression d'être dans un tourbillon de guitares dissonantes, shoegaze et atmosphérique, entre un Sonic Youth qui aurait partageait un studio avec My Bloody Valentine, ces 10 nouvelles compositions prennent un chemin bien différent. Attention le shoegaze est toujours bien présent (même plus que jamais !) mais fini les moments de folies, les morceaux qui s'allongent, Autophobia est un album plus apaisé, et osons le terme, bien plus calibré. En effet, aucun morceau n'atteint les 4 minutes. Et si la présence à la production et à la co-écriture de Chadwick Johnson de Hundredth y était pour quelque chose dans cette nouvelle direction ? Il y a forte à parier, car outre la présence du bonhomme au chant sur le superbe morceau d'ouverture, l'influence Hundredth est bien présente, et le fait que les synthés et les machines aient pris la place des grosses guitares et de cette batterie qui cognait sans cesse. Toute la place ? NON ! Car si ce nouvel album fait une virage à 180°, il reste des ingrédients chers à la bande et à son passé. ''Truth Hurts", "Summer Sweater" posent des mélodies lancinantes, telle une boucle hypnotique, "Up For It" balance de la guitare grunge à souhait avant d'exploser sur le refrain, "Bend" envoie une basse bien lourde sur les couplets, bref Tennis System est toujours là, sous ce nouvel apparat, et cela lui va d'ailleurs comme un  gant.  Car oui, l'émotion est tellement présente, que les frissons ne sont jamais bien loin : "Bitter", "Dizzy" (qu'on pourrait avoir entendu sur Peripheral Vision de Turnover), "Dusted" (dont les synthés font étrangement pensé à Angels And Airwaves), ou le final "Mourn" spatial et parfaite conclusion de ces 33 minutes. Autophobia est un album qui mérite toute votre attention et qui devrait, dans un monde parfait, faire un carton sans nom, étant donné la popularité du genre en ce moment. Il est d'ailleurs dommage que la sortie se soit faite tellement en catimini car aucune info sur une date n'a filtrée ou n'a même été annoncée par le label. Mais peu importe, car avec un disque de cette qualité, le bouche à oreille devrait faire son œuvre. C'est bien tout le mal qu'on souhaite au bonhomme en tout cas. 

4,5/5
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Guillaume W. 





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