mercredi 12 août 2020

Chronique Express : PVRIS - Use Me

Après deux excellents albums, c'est peu dire que PVRIS était attendu au tournant. Ce Use Me aura su se faire attendre, pour finalement sortir officiellement le 28 août prochain, après deux reports successifs. Hallucinations, leur EP, sorti en fin d'année dernière, n'était finalement pas qu'une parenthèse, mais clairement une indication de l'évolution de leur son. Car oui, Pvris a toujours joué avec les machines, mais en gardant un son ultra organique et catchy au possible. Use Me enfonce le clou et propose 11 titres (dont 3 ont été récupérés de Hallucinations) où les machines ont pris le pouvoir, un peu comme dans Terminator. Et à la première écoute, on peine à retrouver ce qu'on aimait tant chez eux, cette émotion à fleur de peau, ces grosses guitares, cette batterie qui cogne, et ces refrains tellement accrocheurs. Les 11 morceaux passent et on est déjà à la fin du disque, et on a cette impression de n'avoir entendu que 2 ou 3 titres différents. Cette évolution synthpop/électro-rock laisse de marbre et il faudra plusieurs écoutes pour s'acclimater à cette direction. ''Gimme A Minute", qui sert d'ouverture à Use Me, est minimaliste au possible avec un refrain où  le titre est martelé tel un mantra. Les guitares sont en troisième rideau et la voix de Lynn, au demeurant, toujours aussi superbe, est devenu le centre de toutes les attentions et est mise en avant sur tout le disque (un hasard d'ailleurs de la retrouver seule sur la cover de l'album ?). ''Dead Weight'' poursuit le chemin embrayé par "Gimme A Minute", ''Stay Gold" permet de se rattacher à l'ancienne version de Pvris avec un belle émotion, tout comme ''Good To Be Alive'' et son beat hip-hop. Ce qui est à noter ici est la variété des morceaux et des ambiances proposées, notamment sur la fin de la galette : "Loveless" est une ballade acoustique simple à tomber par terre, tout simplement. ''January Rain" et "Use Me" (avec ces cordes sublimes sur le final) sont faites de ce même bois, et ces refrains bouleversants sont parmi les plus beaux du disque. Si les frissons ne sont pas présents à ce moment-là, c'est que vous n'êtes pas humains. Et finalement, on se rend compte que Use Me fonctionne en deux temps : une première moitié où les titres sont plus "agressifs" et une deuxième moitié où on sent toute la vulnérabilité et la sensibilité du groupe. Use Me n'est pas album qui s'écoute et se laisse apprivoiser de suite. Il faut du temps, des écoutes successives, pour en découvrir toutes les subtilités et au final, et même si on aura du mal à détrôner All We Know Of Heaven, All We Need From Hell. Et surtout, on espère que cette signature sur une major n'aura pas pour effet de transformer Pvris et de reléguer le reste du groupe à faire de la figuration.

3,5/5 
Recommandé si vous aimez : amo de Bring Me The Horizon s'ils étaient allés en mode full électro, Lights

Guillaume W. 




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