mardi 22 octobre 2019

Chronique Express : Jimmy Eat World - Surviving

Chez Jimmy Eat World, chaque nouvel album semble être une réaction à son prédécesseur. Clarity était une réaction à Static Prevails, Futures une réaction à Bleed American, on pourrait continuer tout au long de leur discographie que cela fonctionnerait sans souci. Du coup, Surviving est une réaction, et même un compagnon de route de l’excellent et très sous-estimé Integrity Blues en 2016 (je le classe sans problème dans mon top 3 de mes albums préférés de la bande). Du coup, et sans surprise, Surviving est un album plus direct et in your face, rempli de guitares et de morceaux qui ne s’étendent pas. Integrity Blues prenait son temps, demandait plus de temps pour être appréhender, et déployait des atmosphères juste magnifiques. Cette nouvelle livraison ne perd pas de temps. Le groupe sait où il veut aller, y va, et envoie le bois. Ce dixème album n’est pas surprenant, on reconnaît facilement leur patte, et puis la voix de Jim Adkins est quand même identifiable dès les premières paroles. Et puis avec 37 minutes au compteur, on va à l’essentiel. Pour autant, dès les premières mesures du morceau-titre, on est sous le charme de ce refrain catchy et familier à la fois. "Criminal Energy" continue sur cette lancée avec son petit solo dans l’intro, sort les muscles et encore une fois, pas besoin de 10 000 instruments pour rendre une chanson intéressante, le groupe a un sens du songwriting affûté et c’est une évidence. S’en suit, "Delivery", l’un des plus beaux morceaux de Surviving, un mid-tempo à tomber, où cette émotion à fleur de peau vous mettra le frisson, et aurait carrément pu se retrouver sur Bleed American ou Futures (oui à ce point). Le reste se déroule dans nos oreilles, de la ballade plus électro "555" (qui fonctionne bien à l’intérieur de l’album même si loin d'être inoubliable), l’influence Weezer sur "One Mil", le saxophone sur l’irrésistible single "All The Way (Stay)" (qui s’avère d’ailleurs hyper proche de "The Middle"), la Foo Fighter-ienne "Diamond", ou encore la Futuresque "Love Never" (qui apparaît dans une version retravaillée du 7" sorti l’an passé) et la superbe ballade "Recommit". Voilà, en fait on vient juste de citer 9 titres sur les 10 que contient la galette. C’est parce que chez eux, le dernier morceau a toujours une place et un impact particulier et a créé des moments de bravoures sur tous leurs albums ("Goodbye Sky Harbor" sur Clarity, "23" sur Futures, "My Sundown" sur Bleed American, "Dizzy" sur Chase This Light, "Pol Roger" sur Integrity Blues, "Mixtape" sur Invented, bref vous avez saisi de quoi on parle). Et bien entendu, Jimmy Eat World est toujours le maître incontesté des clôtures de disque monstrueuses. Ce dernier ne fera donc pas exception avec "Congratulations" : atmosphérique et toutes guitares dehors, un final que l’on n’imaginait pas sortir de leur répertoire (on se croirait chez les Foo Fighters ou Queens Of The Stone Age sur les dernières minutes). Comme quoi, on peut avoir sorti 10 albums, et toujours évoluer par petites touches. Surviving est une pièce de choix supplémentaire dans une discographie de qualité et franchement irréprochable. Pas surprenant, pas leur meilleur album, mais un très bon disque, accrocheur, court et intense. A ne pas manquer. 

4/5 
Recommandé si vous aimez : le Jimmy Eat World coincé entre Bleed American et Futures

Guillaume W. 




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