mercredi 7 août 2019

Live Report : Rock Am Ring Festival (Allemagne) - 07/06/19 - jour 1

Le Rock Am Ring, le fameux et gigantesque festival mondialement connu, a eu lieu les 7, 8 et 9 juin derniers sur le circuit automobile du Nürburgring en Allemagne. Comme d’habitude (et pour la 17ème fois !!!), Alternativ News, était de la partie, impossible de rater cet événement à quelques heures de route de la France. Résumé du premier jour, vendredi 7 juin, à lire dans le post complet. 


Déjà en route depuis mercredi pour une halte dans la sublime Mercedes-Benz Arena de Stuttgart pour un concert exceptionnel de Phil Collins, c’est la veille, jeudi soir, que nous débarquons dans les montagnes volcaniques teutonnes où d’autres nombreux festivaliers sont en train d’arriver. Dans ce festival, ces derniers arrivent déjà le mercredi, il y a donc plus de 35 000 personnes déjà sur place, pour preuve, les nombreux bouchons à proximité du site. Nuit reposante à l'hôtel, petit déjeuner de compétition et c'est parti pour trois jours de folies.

C’est sous un joli soleil que nous commençons ce vendredi à la programmation très chargée, c’est d'ailleurs toujours le cas, le premier jour est un véritable casse-tête au niveau du planning. Nous récupérons nos pass et ne perdons pas de temps en nous rendant directement sur la moyenne scène, la Crater Stage, pour ne rien manquer du premier show du jour, celui des post-hardcoreux de PALISADES

Il est 14h et la foule s’est déplacée en nombre pour soutenir les jeunes américains, qui délivrent un set plutôt sympathique qui piochera majoritairement dans le dernier opus du groupe, Erase The Pain, paru en toute fin décembre dernier (assez mauvais choix de date au passage...). Quelques problèmes de micro et des guitares un peu trop en retrait noirciront le tableau en début de concert mais l’ensemble tiendra la route, les chants criés et chantés seront maîtrisés et le public semble satisfait à la fin des 30 minutes allouées, notamment lorsque le tube "Let Down" est joué. 

setlist : 1-War 2-Shed My Skin 3-Better Chemicals 4-Player Haters’ Ball 5-Ghost 6-Vendetta 7-Let Down 8-Erase The Pain 

(photo : Malika D.)


Pas le temps de traîner, nous quittons cette scène pendant le dernier titre pour la grande scène, la Volcano Stage, et l’entrée des jeunes rockers californiens de BADFLOWER. Véritable bonne découverte avec leur premier album, Ok, I’m Sick, paru fin février dernier, le quatuor tient méchamment la route sur scène et son frontman Josh Katz a tout pour devenir une future icône du rock alternatif. A la croisée d’un My Chemical Romance, d’un vieux Silverchair ou même de Royal Blood, les tubes se suivent et déchaînent la première fosse déjà bien remplie. Nous regardons le set de (très) loin (grâce aux écrans géants) et passons un excellent moment durant 40 minutes. 

setlist : 1-xANAx 2-Drop Dead 3-White Noise 4-Die 5-The Jester 6-Heroin 7-Animal 8-Ghost

(photo : Malika D.)


15h15, nous avons tout juste le temps de revenir sur la Crater Stage pour les 15 dernières minutes du set de IDKHOW (comprenez I Don't Know How But They Found Me), qui ne donne absolument pas envie lorsque nous entendons au loin la voix du bassiste Dallon Weekes (ex- Panic! At The Disco). Sorte de mauvais Elton John, accompagné seulement de Ryan Seaman à la batterie, qui lui officiait dans Falling In Reverse auparavant. Musicalement, on est dans de la pop bas de gamme ultra redondante qui ne décolle que très peu. Ajoutez à cela un chanteur qui parle un peu trop, même si il y a un peu de monde, vous obtenez un... flop ! 

(photo : Malika D.)


A 15h30 devait débuter sur la grande scène le concert de DEADLAND RITUAL, mais ce n’est qu’à 15h50 que ce dernier commencera finalement, le groupe étant arrivé en retard en Allemagne (il jouait la veille en Suède). Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un supergroupe rassemblant Franky Perez (chanteur d'Apocalyptica), Steve Stevens (guitariste de Billy Idol), Matt Sorum (batteur pour The Cult et les Guns N’ Roses) et surtout Geezer Butler, bassiste de Black Sabbath. Timing oblige, nous n’aurons le droit qu’à 5 titres sur les 7 prévus, 3 reprises de Black Sabbath et 2 compositions originales. Rien d’énorme au final, c’est sûr ça joue, ça joue super bien, ça s’écoute super bien, mais il manque quelque chose pour vraiment faire décoller le set, ce n’est que lorsque les premières notes de "War Pigs" sonneront, jouée en clôture, que le public réagira vraiment. 

setlist : 1-Symptom Of The Universe 2-Dimas 3-Neon Knights 4-Down In Flames 5-War Pigs

(photo : Malika D.)


Courte pause, changement de plateau sur la même scène et à 16h50, le batteur d’HALESTORM se met derrière son kit, entamant un solo de batterie, alors que des gros nuages arrivent au loin dans le ciel. Bien entendu, les baguettes géantes sont de sortie, et dès que la démonstration est terminée, l’homme enfile la veste de son costume fleuri et est rejoint par le reste de la bande pour "Freak Like Me" qui fait son effet dans la fosse. On notera les talons impossibles de Lzzy Hale, son habillement plutôt léger, mais aussi et bien entendu la décontraction et le professionnalisme de la formation acquis sur la route ces dernières années.

setlist : 1-Solo de batterie 2-Freak Like Me 3-Love Bites (So Do I) 4-Do Not Disturb 5-Familiar Taste Of Poison / Amen 6-I Get Off 7-Chemicals 8-Uncomfortable 9-I Miss The Misery 

Là aussi 2 titres en moins au programme du coup, pour récupérer le running order officiel, mais de toute façon, nous ne restons pas car pile en même temps, AGAINST THE CURRENT joue sur la Crater Stage. Le temps de descendre de notre tribune, lieu privilégié de l’espace presse, nous ne verrons que les deux derniers titres du trio en vogue du label Fueled By Ramen. Chrissy Costanza est trempée mais cela ne l’empêche pas de se balader en simple brassière sur scène. "Voices", puis un final tout en puissance sur "Wastleland", c’est avec quelques regrets que le concert se termine, nous aurions dû venir plus tôt au lieu de regarder Halestorm… 

setlist : 1-Strangers Again 2-Runaway 3-P.A.T.T. 4-Personal 5-Almost Forgot 6-The Fuss 7-One More Weekend 8-Gravity 9-I Like The Way 10-Voices 11-Wasteland 

(photo : Malika D.)

17h50, c’est l’heure de fouler pour la première fois de la journée l’Alternastage, la plus petite scène du festival, pour écouter les BAD WOLVES, tout juste arrivés des Etats-Unis. Les musiciens font eux-mêmes leurs balances et il y a pas mal de monde sur place impatient de savoir ce que vaut le groupe en live. La réponse arrivera vite, dès le premier titre, Tommy Vext, chanteur ultra baraqué, est une vraie pile, court d’un bout à l’autre de la scène, saute, et assure méchamment ses parties vocales. C’est tellement propre qu’on se demande si ce dernier n’est pas accompagné d’une bande son ou d’un effet un peu trop prononcé ! Qu’importe, c’est bien lui qui chante, la section rythmique est carrément impressionnante et les hits s’enchaînent, à l’image de "Jesus Slaves" ou de la terrible "Hear Me Now". Le frontman se fera porté par la foule (du moins, essayera, parce qu’il pèse son poids le jeune homme !) et n’hésitera pas à rester dans la fosse pour chanter. Bien évidemment, c’est la reprise des Cranberries qui mettra fin à ces 40 minutes palpitantes, confirmant la qualité scénique des nu-metalleux américains. Un très bon concert ! 

setlist : 1-Learn To Live 2-No Masters 3-Jesus Slaves 4-Remember When 5-Better The Devil 6-Hear Me Now 7-Officer Down 8-Zombie (The Cranberries cover)

(photo : Malika D.)


Nous prenons en plein vol les 15 dernières minutes d’ALICE IN CHAINS sur la grande scène. La question est « pourquoi on entend que le chanteur lorsqu’il parle et pas quand il chante ? ». Quelle déception, Jerry Cantrell a beau lâché des hits comme "Would ?", il manque une certaine puissance pour vraiment nous faire vibrer. Un petit "Rooster" des familles pour terminer et nous voilà déjà en attente pour la suite. Ça me fait penser que j’ai raté du coup le live de "Down In A Hole", joué en milieu de set… 

setlist : 1-Them Bones 2-Dam That River 3-Again 4-Check My Brain 5-Rainier Fog 6-Down In A Hole 7-Stone 8-We Die Young 9-Angry Chair 10-Man In The Box 11-The One You Know 12-Would ? 13-Rooster 



SLASH est un habitué du Rock Am Ring (et des festivals, notamment ces dernières années) et ça en devient presque saoulant de le retrouver cette année à l’affiche. Pas que ça soit mauvais, juste que c’est ennuyant, à tel point que Myles Kennedy n’arrive pas à nous captiver, alors que c’est un super frontman et que sa voix est absolument géniale. Pas de gros décor, pas de fioriture, juste le groupe, qui fait le job, devant un public assez réceptif. Un petit "Back From Cali" et on met les voiles...

setlist : 1-The Call of the Wild 2-Halo 3-Standing in the Sun 4-Back From Cali 5-My Antidote 6-Serve You Right 7-Boulevard of Broken Hearts 8-Doctor Alibi 9-Mind Your Manners 10-Driving Rain 11-Nightrain (Guns N’ Roses cover) 12-You're a Lie 13-World on Fire 14-Anastasia



20h00 tapante, c’est l’un des rendez-vous du jour à ne pas manquer sur la petite scène. Et le public l’a bien compris et s’est déplacé en masse pour applaudir les WHILE SHE SLEEPS. Nous allons avoir droit à un set complètement magique des Britanniques. Puissance, violence, interactions avec les festivaliers, son au top, les gars de Sheffield ont carrément donné l'un des meilleurs set du jour, voire du weekend !

setlist : 1-You Are We 2-Anti-Social 3-Brainwashed 4-Civil Isolation 5-The Guilty Party 6-Haunt Me 7-Four Walls 8-Silence Speaks 9-Hurricane 


Planning compliqué et timing serré, nous quittons le show en plein "Silence Speaks" (dommage...), et bravons la fosse pour tenter de nous rendre sur la moyenne scène. Mission délicate tellement la foule est compacte, mais après 5 minutes de lutte, nous voilà sortis d’affaire et prêts à écouter un peu de FOALS. Ça commence fort avec "On The Luna", un des meilleurs morceaux du dernier album paru en début d’année. Étrangement il n’y a pas foule alors que les tubes se suivent dans la bonne humeur. Malgré la qualité du set, nous devons là aussi stopper le show en plein "Olympic Airways" pour remonter en tribune car un programme encore plus alléchant nous attend. On s'éloigne de cette scène tout en dansant sur les notes lointaines du tube "My Number"...

setlist : 1-On The Luna 2-Mountain At My Gates 3-Snake Oil 4-Olympic Airways 5-My Number 6-Exits 7-In Degrees 8-Providence 9-White Onions 10-Inhaler 11-What Went Down 



Et oui, il est 21h15 passée et se sont les SMASHING PUMPKINS qui sont attendus sur la grande scène plutôt bien remplie. Ça faisait longtemps que le groupe n’était pas venu ici (je me souviens de leur dernière fois – en demie-teinte - en 2007 au Rock Im Park à Nuremberg), c’est donc avec impatience que nous attendons la bande à Billy Corgan. Ce dernier arrive sur une musique d’ouverture du compositeur classique Handel, tel un pape, vêtu d’une sorte de longue robe noire, suivi par les autres membres du groupe, dont James Iha, de retour pour l’album paru en novembre dernier et cette tournée.
Les Américains ont une heure et dix minutes pour conquérir le public allemand à base de tubes tirés de quasiment tous leurs albums. La période post-Machina sera occultée jusqu’aux deux derniers albums. Alors que dire de ce retour des citrouilles ? Pas mauvais, absolument pas, mais pas assez bon pour rester graver dans nos mémoires. On est plutôt en mode pilote automatique, ou en service minimum. Evidemment, les titres joués sont supers, "Eye", tiré de la bande originale de Lost Highway sera même lancée, au détriment peut-être d'autres hits qui auraient mérité une petite place ce soir. Mais ça reste une date en festival et pas en tête d'affiche, donc il aura fallu se contenter ce soir de ces 14 choix. Si un jour le groupe de rock de Chicago décide de revenir en France (et pas seulement son frontman tout seul !) pour une vraie date, il ne faudra pas le rater car en salle, cela vaudra sûrement plus le coup, vu les setlists données récemment aux Etats-Unis.

setlist : 1-Siva 2-Zero 3-Solara 4-Knights Of Malta 5-Eye 6-Bullet With Butterfly Wings 7-Tiberius 8-G.LO.W. 9-Disarm 10-Superchrist 11-The Everlasting Gaze 12-Ava Adore 13-Cherub Rock 14-Tonight, Tonight

(Photo : Lars Krüger)


Il est 22h, et le moment tant attendu depuis… 12 ans est enfin arrivé ! 12 années que TOOL n’a pas foulé le sol européen !!! C’est aussi un grand retour au Rock Am Ring puisqu’en 2002, je voyais pour la toute première fois le groupe sur cette même grande scène, il y a donc 17 ans. Je ne le cache pas, c’est mon groupe préféré, le truc intouchable, la discographie parfaite et en live, pour les avoir vu de nombreuses fois, j’ai rarement eu à faire à des shows si prenants, là où la qualité auditive rejoint la qualité visuelle.
Une voix hors du commun, un batteur à tomber par terre et puis ces sons de basse et de guitare si atypiques. Vous l'aurez compris, je ne suis donc absolument pas objectif si je vous dis que c'était le meilleur concert du weekend. Même si c'est vrai ! Rien ne pourra jamais égaler ce niveau (à mes yeux). En plus, pour mon plus grand plaisir, les vieux titres "Part Of Me" et surtout "Sweat", très rarement jouée (même en salle sur la dernière tournée), ont été joués. Ajoutez à tout cela un gros son et des animations vidéos (les clips officiels comme d'habitude) qui plongent le spectateur dans un autre univers, vous obtenez le concert parfait. A revoir et revoir, sans modération.

setlist : 1-Aenema 2-The Pot 3-Parabola 4-Descending 5-Schism 6-Invincible 7-Part Of Me 8-Jambi 9-Forty Six & 2 10-Sweat 11-Stinkfist

(Photo : Rainer Keuenhof)


Il est 0h45, MON groupe vient de quitter la scène, me laissant la tête dans les étoiles... A chaque fois, c'est la même chose, le temps passe trop vite, on aimerait qu'il continue à enchaîner les titres tellement tout est grandiose. Du coup, zéro motivation pour descendre de la tribune et braver la foule, traverser tout le festival juste pour 20 minutes de The 1975 ! Déjà vu et le dernier album ne m'a pas plus plu que ça. Il fait froid et il pleuviote, il est donc l'heure de rentrer gentiment à l'hôtel et de se préserver pour la journée du lendemain.


Texte : Sébastian D.
Photos : Malika D. et les photographes du festival (photos tirées de la page Facebook officielle)

Merci à Katharina Wenisch et toute la team du Rock Am Ring.






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