dimanche 28 juillet 2019

Live Report : Eurockéennes de Belfort - samedi 6 juillet 2019

Samedi 6 juillet, nous nous sommes rendus le temps d’une journée du côté de Belfort pour participer à la 31ème édition des Eurockéennes. Soleil, chaleur, groupes de qualité, autant vous le dire tout de suite, ce fut un très bon moment.

Chose plutôt originale, c’est non pas par un concert que débute ce samedi après-midi, mais par un one-man show, celui du COMTE DE BOUDERBALA sous le grand chapiteau de la Greenroom, plutôt bien garni pour l’occasion. Sami Ameziane de son vrai nom, va enchaîner les vannes pendant 45 minutes, avec une certaine réussite. L’accueil réservé par les festivaliers est sympathique, les gens rient et applaudissent en attendant la suite du programme.

(photo : Jérémy Cardot)


18h30, direction la grande scène du festival pour MASS HYSTERIA, le groupe français qui a été le plus programmé sur ce festival, dixit Mouss lui-même. La formation est en forme et bénéficie d’un gros son pour son set. Bon ok, il fait 35° et on se demande pourquoi le guitariste Yann Heurtaux vient habillé avec un hoodie… Le garçon l’enlèvera très vite tellement la chaleur est impressionnante. Le pit est en feu, un énorme nuage de poussière vient occulter la scène tellement les jeunes (et moins jeunes) sont en transe à l’écoute des hits du groupe. Une chanson dédiée aux gilets jaunes, un court message contre les black blocs, et surtout beaucoup de remerciements envers un public venu en nombre pour soutenir le metal français. 

Malgré une setlist majoritairement centrée sur les deux dernières réalisations, Matière Noire (2015) et Maniac (2018), les tubes qui ont fait la gloire de la formation ne sont pas oubliés, comme "Contraddiction" ou l’inconditionnel "Furia" qui terminera le set après 1h15 soutenue. Seul bémol, l’absence d’invités comme annoncé en amont du show et notamment la défection de Max Cavalera de Soulfly qui n’a pas pu (voulu?) prendre l’avion pour venir chanter "Roots Bloody Roots". Ils s’en seront très bien sortis sans lui. L’occasion pour Mouss de faire une dernière blague à ce sujet « Il est où Max ? Il est sous le fly… » . Une bonne entrée en matière !

Setlist : 1-Reprendre mes esprits 2-Positif à bloc 3-Ma niaque 4-Notre complot 5-Vae soli 6-Nerf de boeuf 7-Se brûler sûrement 8-Derrière la foudre 9-L'enfer des dieux 10-Chiens de la casse 11-Contraddiction 12-Arômes complexes 13-Plus que du métal 14-Roots Bloody Roots (Sepultura cover) 15-Furia

(photo : Maël Joanas)


Petite pause à l’espace presse, Kem, le grand manitou du festival, enchaîne les interviews (coucou Marion !) dans un cadre absolument divin, au bord de l’eau, alors qu’au loin on entend un karaoké géant sur Angèle… Assez fou de voir à quel point les gens sont au taquet sur cette chanteuse.

20h45, retour sur la grande scène pour enfin revoir WEEZER !!! C’est tellement rare de voir à l’affiche ce groupe en France qu’on ne pouvait pas manquer ça. Un "W" lumineux géant en guise de décor, sobre et efficace, la bande entre tout simplement sur scène sans artifice. Impossible de ne pas chanter et danser sur les hits des Californiens qui déroulent leur discographie, principalement avec des morceaux tirés du Blue Album, leur premier disque sorti il y a 25 ans déjà.

Rivers Cuomo, habillé en golfeur, n’est pas ultra bavard mais reste très souriant, alterne entre guitare et claviers, tout comme son guitariste. Après 7 tubes, la reprise "Take On Me" de A-Ha est lancée et a le don de littéralement réveiller le public…Un peu triste de ne pas voir le même engouement sur "My Name Is Jonas" ou même la plus récente "Beverly Hills". Mais bon, c’est ainsi. Malgré un concert de très bonne facture et une setlist bien trouvée, on aurait donc aimé plus de folie de la part du public, bien moins fourni que pour Mass Hysteria…

Setlist : 1-Buddy Holly 2-My Name Is Jonas 3-Perfect Situation 4-Pork and Beans 5-Beverly Hills 6-Tired of Sex 7-Happy Hour 8-Take On Me (A‐Ha cover) 9-Surf Wax America 10-You Might Think (The Cars cover) 11-The World Has Turned And Left Me Here 12-The Good Life 13-Africa (Toto cover) 14-Hash Pipe 15-California Kids 16-Undone - The Sweater Song 17-Buddy Holly 18-Island in the Sun 19-Say It Ain't So

(Photo : Jérémy Cardot Pic Ink)


Mauvais timing du running order, Weezer se chevauche avec PARKWAY DRIVE. Il fallait donc faire un choix entre ces deux supers groupes et comme j’ai raté le set des Australiens au Rock Am Ring l’année dernière, il ne fallait pas faire deux fois la même erreur (même si j’les ai déjà vus 10 fois !). On profite donc de la reprise un peu molle de "You Might Think" de The Cars pour nous éclipser de la grande scène, direction le chapiteau de la Greenroom, qui est plutôt bien garni pour l’occasion.

Une vidéo d’introduction est balancée sur les écrans géants, tout le public a les yeux rivés sur la scène encore vide. Plusieurs explosions retentissent, mais toujours rien, lorsque soudain la formation arrive du fond du chapiteau, escortée par plusieurs personnes avec des torches enflammées en mains.

C’est bien simple, nous allons assister à un show absolument démentiel des Australiens, sublimé par une mise en scène à couper le souffle ! Les mecs ont bien regardé les concerts de Rammstein, parce que niveau pyrotechnie, c’était juste de la folie. Des flammes dans tous les sens, la scène qui prend feu, des jeux de lumières et de fumées bien trouvées, tout a été pensé de A à Z pour que le festivalier reste scotché !

Musicalement, tout est irréprochable, tout est en place, on a même le droit à 4 violoncellistes sur un titre… Winston McCall est impressionné par la réaction et la motivation du public, ça fait plaisir de voir un chanteur souriant et proche de son public, même s’il est totalement inculte dans la langue de Molière. Histoire de pinailler un peu, on aurait peut-être aimé une setlist plus variée, car c’est un peu dommage de ne plus entendre des vieux hits comme "The Siren’s Song" ou "Carrion".

Setlist : 1-Wishing Wells 2-Prey 3-Vice Grip 4-Karma 5-Cemetery Bloom 6-The Void 7-Dedicated 8-Absolute Power 9-Writings on the Wall 10-Shadow Boxing 11-Wild Eyes --- 12-Crushed 13-Bottom Feeder

(Photo : Eric Munck Photographie)


On vient de se prendre une mandale exceptionnelle, ni plus ni moins. Pour leur dernier concert de leur tournée européenne, les Autraliens auront marqué les esprits en ce soir de juillet à Belfort. A noter que le chapiteau sera intégralement vidé après le concert afin que des engins puissent venir démonter la scène du groupe !

En marchant dans le festival, on se dit que la pizza de 23h sera la bienvenue, alors que la grande scène fait le plein pour… JAIN. La jeune femme s’amusera à reprendre le thème de l’Inspecteur Gadget, ce qui nous fera vite quitter les lieux et passer par la Loggia pour regarder quelques minutes du set des Français de THE PSYCHOTIC MONKS, sans vraiment réussir à nous faire rester…

De toute façon, il y a beaucoup mieux qui nous attend sous le chapiteau : FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES sont dans la place. Et quel concert ! Le groupe est en forme olympique malgré l’horaire tardif. Le chapiteau est relativement bien rempli à 23h30, la scène est vide, il y a juste l’artwork du dernier album, End Of Suffering, en backdrop. Classieux !

(Photo : Matthieu Vitré Photographe)


Frank Carter est une pile et chante merveilleusement bien. Les nouveaux morceaux trouvent leurs places en live, tout est très bien exécuté et le public répond positivement aux demandes du chanteur. Sauf quand ce dernier essaye de faire sortir le circle-pit en dehors du chapiteau… Faut pas pousser, on est en France... et aux Eurockéennes.

Moment ultra sympa du set lorsqu’un festivalier muni d’une pancarte avec écrit dessus en anglais «Frank, c’est mon anniversaire, laisse-moi jouer de la guitare » est repéré par super rouquin. Le frontman invite le jeune homme à monter sur scène et jouera le titre "Vampires" en entier avec le groupe. Le meilleur cadeau d’anniversaire qu’on pouvait lui faire ce jour-là. En plus, même s’il se l’est un peu pété, le mec a assuré du feu de dieu. "Devil Inside Me" sera chantée depuis la console à l’opposée de la scène, puis Frank retraversera le pit pour finir son set avec "I Hate You", hit incontournable du premier album. Un très bon show !

Setlist : 1-Tyrant Lizard King 2-Kitty Sucker 3-Heartbreaker 4-Vampires 5-Love Games 6-Wild Flowers 7-Why A Butterfly Can’t Love A Spider 8-Angel Wings 9-Lullaby 10-Crowbar 11-Devil Inside Me 12-I Hate You

(photo : Eric Munck Photographie)


Il est 0h40, on constate qu’une bonne partie des festivaliers quittent (déjà) le site, ce que nous faisons aussi puisque nous avons encore de la route à faire. On dit au revoir aux Eurockéennes de Belfort avec MANTAR qui fini d’exploser les tympans des plus téméraires avec leur black metal, alors que la file d’attente est énorme aux bus qui doivent nous ramener au parking. On fera finalement le trajet à pieds (dont une partie en courant histoire de bien se réveiller !). Ceux qui l’ont déjà fait savent de quoi nous parlons !

C’est toujours un plaisir de revenir sur ce festival, plutôt bien organisé, avec un site assez bien pensé et beaucoup de choses de faites pour les festivaliers (notamment en stands de nourriture). Seul hic, en venant ici depuis 2001, je n’ai jamais réussi à faire les 3 jours (et encore moins depuis que le festival se déroule sur 4 jours), la faute à une programmation ultra éclectique, ou mal répartie sur les différentes journées. Pour exemple, celle du vendredi cette année était juste infernale pour les amateurs de rock-metal. Autre chose à revoir peut-être, c’est l’horaire d'ouverture du festival chaque jour… Un peu embêtant d’attendre 17h pour pénétrer dans les lieux, et 18h45 pour écouter de la musique, notamment le dimanche. C'était ultra chouette quand même. On se donne rendez-vous en 2020 !

Sébastian D.

Merci à Marion et Ephélide !

Enorme merci aux photographes pour leurs jolis clichés récupérés sur le Facebook du festival.

(Photo : Brice Robert Photographe)





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