mercredi 17 juillet 2019

INTERVIEW : The Blackmordia

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Peter et Sofiane, respectivement chanteur et batteur du groupe français The Blackmordia, deux ans après notre première interview de la formation. Retour sur les moments marquants du jeune groupe et leurs projets d'albums et de tournées dans la suite du post. 



Alternativ News : Vous avez récemment annoncé que vous alliez jouer en compagnie de Bring Me The Horizon, et je me souviens que lors de notre première interview, alors que Peter ne faisait pas encore partie de The Blackmordia, vous aviez dit que jouer avec ce groupe était l’un de vos plus grands rêves. Est-ce que vous avez un peu forcé le destin pour en arriver là si vite, ou est-ce que c’était un coup de chance ? 

Sofiane : Je pense qu’on a beaucoup travailler depuis ce moment-là ! On s’était vus à la Boule Noire il y a deux ans et demi, et c’est vrai qu’en relisant l’interview, récemment, on a vu qu’on avait pu rayer plusieurs noms de la liste de nos « rêves », justement ! On a déjà joué avec Kiss, Gojira, et maintenant on s’apprête à le faire avec Bring Me, c’est plutôt cool de voir que nos rêves se réalisent petit à petit. Je pense que ça a été le fruit de pas mal de boulot ; depuis qu’on a sorti le titre « GOD », on a eu énormément de retours positifs et la chance de se faire inviter sur des dates ou des tournées exceptionnelles.

Peter : On a aussi eu l’opportunité de se croiser nous ! Je pense qu’il y a beaucoup de petites choses qui ont joué, mais c’est clairement le travail avant tout qui a payé. J’ai été curieux et j’ai moi aussi lu cette interview récemment, c’est là que j’ai réalisé qu’il y avait déjà un sillon qui avait été creusé et qu’on avait pu commencer à rayer certains noms de notre liste, ce qui est une très bonne chose. J’ai lu Gojira, Kiss, BMTH, et c’est comme s’il y avait eu un sillon déjà tracé : on se fixe un palier, on y travaille… c’est la preuve que le travail paie.

Sofiane : C’est vrai que Bring Me ça coule plus de source que les autres groupes, car on avait déjà eu l’occasion de les croiser plusieurs fois, on est allés les voir, ils ont pu venir nous voir aussi, et puis il y a ce lien qu’on a avec Tom Sykes, le frère d’Oliver, qui est notre graphiste depuis plus de trois ans. C’est vrai que ça a facilité les choses. Mine de rien, c’est un groupe qui nous a toujours beaucoup influencés, c’est un groupe qui inspire beaucoup de gens d’ailleurs. C’est vraiment une super opportunité pour nous.

Peter : Comme je le dis de manière un peu récurrente en ce moment, je vivais à Londres juste avant de rencontrer les gars de The Blackmordia. J’ai senti, là-bas, une sacrée vibe That’s The Spirit au moment de la sortie de l’album. C’était un gros truc, ça a très bien marché. D’ailleurs on a eu le plaisir de travailler avec David Mendes, qui avait aussi travaillé sur cet album. C’est vrai que moi j’ai ressenti que c’était une influence pour beaucoup de gens dans la bulle alternative.

Sofiane : Ils ont un peu redéfini le rock à ce moment-là, en fait.

Peter : Ouais, ils ont apporté leur patte, ils ont apporté leur touche, avec un côté un peu décalé. Ca va être un truc assez cool de partager la scène avec eux.

Sofiane : Surtout que c’est un gros show en arena ! C’est d’ailleurs leur seul show en arena cet été, étant donné qu’ils font une tournée de festivals, donc c’est d’autant plus cool qu’ils aient pensé à nous. Je pense que ça a pu arriver dans le sens où on a toujours su rester nous-mêmes, sans essayer de copier qui que ce soit. Même à l’époque où on a sorti GOD, on a toujours eu nos propres influences, sans chercher à copier tel ou tel groupe, je pense que c’est ce qui a fait notre force.


Vous venez de citer un certain nombre de groupes avec qui vous avez joué au courant de l’année passée. Qu’est-ce qui serait votre meilleur souvenir de tournée ?

Sofiane : Wahou… Alors, personnellement, je dirais que ça se joue entre Tokio Hotel et Kiss. Tokio Hotel, parce que c’était à l’Olympia, donc à la maison, et c’est important de faire de gros shows à la maison, et mine de rien c’est vraiment pas donné à tout le monde de pouvoir se produire sur cette scène mythique. Et Kiss, parce que c’est l’un des groupes qui nous a donné envie de faire de la musique, c’était un rêve – voire même plus qu’un rêve, parce que même si on les avait cités dans notre précédente interview, on n’y croyait pas vraiment !

Peter : Pour moi ce serait Kiss, indéniablement. Pour ce que ça représente, et pour ma part j’ai toujours été un grand fan de hard-rock et de glam-rock, et là c’est le fan de Mötley Crüe qui parle, c’est le genre de groupes mythiques qui ont rayonné dans les années 80, et Kiss c’est emblématique, et pour le coup nous étions dans un pays magnifique, avec une météo magnifique, tout était réuni pour faire de ce show un souvenir exceptionnel.


Maintenant que vous avez coché pas mal de cases dans votre « bucket list », qu’est-ce que vous planifiez pour la suite ?

Sofiane : Notre objectif désormais, ce serait plus de nous produire nous-mêmes en tête d’affiche. On prépare un album qui sortira en fin d’année, et bien sûr on fera sans doute encore des premières parties, mais ce n’est pas la priorité.

Peter : Et puis de toute façon c’est vrai que la liste s’est réduite ! Tout ce dont on rêvait, soit ça s’est fait, soit c’est en train de se faire. La prochaine case, ce serait The 1975.

Sofiane : Ou 30 Seconds To Mars. Ou les deux, en fait !


Est-ce que vous vous fixez des échéances pour réaliser tous vos objectifs ?

Sofiane : On évite de se mettre la pression, déjà. Ca ne sert à rien de faire énormément de tournées, de faire quinze albums et vingt clips si la qualité n’est pas au rendez-vous. Nous, on veut faire les choses bien, on est plutôt pointilleux et très travailleurs, on veut proposer au public un contenu qu’on aura travaillé à 100%. Et mine de rien, on n’a pas fait 300 concerts non plus : on préfère se contenter des prestations qui ont du sens, et sur lesquelles on va vraiment pouvoir proposer un truc intéressant.

Peter : Forcément, qui dit travail dit deadline, mais il y a aussi un gros sens du détail qui entre en jeu, et en ce qui concerne l’album il a parfois fallu faire des choix, des concessions. On est cinq dans le groupe, et malgré tout on a parfois des avis qui peuvent diverger concernant l’artistique. Finalement, les choses se font plutôt naturellement, sans pression. On sait prendre notre temps quand il s’agit de travailler, mais c’est pas pour autant qu’on reste inactifs !

En parlant de l’album, il me semble qu’il sera très différent de ce que The Blackmordia avait fait par le passé. Pouvez-vous nous parler de vos influences et de vos nouvelles sources d’inspiration ?

Sofiane : Alors oui, l’album va être différent, même de notre titre « GOD ». Mais je dirai que c’est lui qui va vraiment nous définir. Je me répète, mais on a vraiment pris notre temps pour le faire, et il nous correspond parfaitement. Il réunit un certain nombre d’influences, mais des influences matures. L’idée, c’était pas de sortir un disque pour l’écouter à nouveau un an après et le trouver moyen, ou nous dire que ça n’a servi à rien. Au niveau de l’inspiration, je citerais Depeche Mode et The 1975, qui ont vraiment été nos influences les plus importantes pour cet album. Depeche Mode, ils sont intemporels, et The 1975 à mes yeux c’est le groupe de notre génération. Ils prennent des risques, ils ne ressemblent à personne, et ils ont pas mal impacté mon état d’esprit.


Est-ce qu’on pourra entendre un extrait bientôt ?

Sofiane : Bien sûr ! On sortira un premier single d’ici la fin de l’été. L’album, ce sera pour la fin de l’année.


En dehors de votre genre musical, vous avez aussi développé votre look, votre jeu de scène… Est-ce que vous cherchez à créer une identité propre au groupe ?

Peter : Pour être honnête, pour ma part, j’ai toujours été très décadent sans me référer à qui que ce soit. Avant même de fêter mon quinzième anniversaire, j’avais du noir sur les yeux, des skinny jeans, des fringues avec des clous… Moi, je vais plutôt me référer à la mode en général, à la couture. Au niveau du look, on a tous fait un travail sur soi pour décider de la direction qu’on voulait prendre, du style qui nous collait le mieux. Pour ma part, c’était une évidence !

Sofiane : C’est en lien avec le groupe, mais pas tant que ça, finalement. Je pense qu’on est des personnes assez créatives et qu’on aime bien faire impression. Moi, dès que je vais voir un concert, j’aime voir des artistes sur scènes. J’aime les shows, les costumes, le maquillage. Quand on a su qu’on allait partager la scène avec des légendes, on s’est dit qu’on ne pouvait pas débarquer les mains dans les poches ! Il fallait qu’on envoie du lourd nous aussi.

Peter : Il a fallu accentuer quelque chose qui était déjà là. Ca nous semblait évident de nous mettre au niveau de notre musique, qui est un peu perchée je trouve, alors fallait bien qu’on s’aligne ! C’est important d’être en cohésion avec qui on est.


En plus du show avec Bring Me The Horizon, avez-vous d’autres annonces à nous faire d’ici la fin de l’été ?

Sofiane : Je pense que ce sera notre dernière date avant la sortie de l’album. Après ça, on va se concentrer sur nos shows en headline, mais aussi sur la promo, qui est une étape très importante avant et au moment de la sortie d’un album. On a joué dans de grandes salles face à des milliers et des milliers de gens, mine de rien il y a de grosses attentes donc on a pas intérêt à se louper !


Et pour les futures tournées, quand est-ce qu’on peut s’attendre à vous revoir en France ?

Sofiane : Sans doute début 2020 !


Et l’international, c’est au programme aussi ?

Sofiane et Peter, en chœur : Bien sûr !

Sofiane : On a toujours fait nos plus gros concerts ailleurs qu’en France, donc c’est inévitable.

Peter : Et puis, on a eu certains concerts coups de cœur, certaines villes qui nous ont marquées et où on a envie de retourner, parce que le public nous a touchés, aussi. Je pense notamment à Poznan, en Pologne, qui est une ville que j’avais adorée.

Sofiane : Le territoire américain est encore un peu lointain pour nous, mais on y pense aussi ! On va commencer par se concentrer sur l’Europe et la Grande-Bretagne, puis le reste on verra bien.


Un dernier petit mot pour nos lecteurs ?

Sofiane : Encore une fois merci pour l’interview ! Et merci à tous les gens qui la liront, et puis à bientôt !


Propos recueillis par Laurie B. en juin 2019.



Aucun commentaire :