dimanche 24 mars 2019

Live Report : Red Hot Chili Peppers @ Pyramides de Gizeh, Egypte - 15/03/19

Clarifions la situation dès les premiers mots de cette chronique : oui Alternativ News était bien au concert des Red Hot Chili Peppers aux Pyramides de Gizeh en Egypte le 15 mars dernier. Non nous n’avons pas fait le déplacement spécialement pour l’événement. A la rédaction de cet article : un chroniqueur expatrié au Caire depuis quelques mois (rappelons qu’AN est une structure composée uniquement de volontaires). Par un heureux hasard, la formation californienne a décidé de poser ses valises pour la toute première fois en Egypte pendant le séjour de votre chroniqueur. N’ayant toujours pas vu les pyramides jusqu’alors, et n’ayant jamais vu les Red Hot non plus, c’est l’occasion de faire d’une pierre deux coups.


Le groupe, le cadre exceptionnel, l’unicité de l’événement… Toutes les conditions sont réunies pour un concert grandiose. Toutefois, pour participer à la soirée, il vous aura fallu débourser au minimum 80€ (!) si vous attendiez l’heure de mise en vente des billets sur votre ordinateur et si vous avez été assez chanceux pour passer outre les problèmes techniques du site liés à l’énorme demande de billets. Car oui, au vu du prix et de la communication, on cherche plutôt à appâter un public international plutôt que local… Preuve en est, le concert a été diffusé en live sur les réseaux sociaux, des rumeurs de DVD circulent et 65 nationalités différentes étaient présentes au concert (nous avons pu croiser des Canadiens, Indiens, Français, Jordaniens, Allemands… venus spécialement pour l’occasion).

Afin de retranscrire au mieux l’expérience vécue personnellement, je n’ai pas regardé le concert en rediffusion. Nous pourrons discuter ensemble de ce dernier, comparer votre ressenti derrière votre écran, ou sur site si vous y étiez, à celui de ces quelques lignes.

Vendredi 15 mars, 13h. Les portes du concert de Red Hot Chili Peppers ouvrent dans 2 heures pour un concert commençant à 20h. Étrange, mais pourquoi pas… C’est donc l’heure d’y aller (votre chroniqueur habite à l’autre bout du Caire). Par la route on aperçoit les monuments (la ville s’est construite juste derrière les pyramides) : que ressent-on lorsque l’on voit pour la première fois la seule des 7 Merveilles du Monde encore debout aujourd’hui ? Une joie profonde, un ébahissement incroyable, une sensation d’humilité impressionnante. Si l’on a tous vu les pyramides en photo, qu’on a tous entendu que le site pouvait être décevant du fait de l’imminente proximité de la ville, on ne peut se faire qu’un avis quand on le voit de nos propres yeux, et celui de votre chroniqueur est d’en être resté bouche bée un sacré moment. Suite à cette première tarte dans la gueule, nous rejoignons la file d’attente qui est déjà bien garnie. Le temps passe et les fouilles s’enchaînent. Le site est d’ailleurs sous très haute sécurité, des forces de police et militaires encadrent la zone à l’intérieur de laquelle des hommes montent la garde à dos de chameau !

Nous atteignons ensuite une navette qui nous transfèrera vers la scène, plantée au pied des pyramides. L’organisation a été très intelligente en ne forçant pas les fans à rejoindre directement l’emplacement du concert : nous sommes totalement libres d’admirer le site classé patrimoine mondial de l’Unesco et de prendre quelques photos comme celles ci-dessous. Car oui, si cet article ressemble pour l’instant plus à une chronique touristique qu’un live report, c’est car nous ne venons pas seulement voir les Red Hot Chili Peppers, nous venons voir les Red Hot Chili Peppers aux pyramides de Gizeh !



Nous nous dirigeons enfin vers la scène, qui elle-même arbore une forme pyramidale pour l’occasion. Cette dernière est installée au milieu d’un complexe assez vaste permettant encore une fois de prendre quelques clichés sympathiques, avec les vraies pyramides en arrière-plan.



La nuit tombe rapidement. Nous nous installons devant la scène, pas spécialement loin d’elle, mais pas non plus au premier rang et, petite déception (toutefois prévisible), les pyramides ne sont plus visibles, masquées par l’estrade et les instruments du fait de la perspective. Seul le sommet de la pyramide de Khéphren est légèrement visible. Si vous vouliez profiter du cadre et du concert, il vous aurait fallu débourser 4600 Livres Egyptiennes (230€) pour accéder à une petite plateforme surélevée. Bon.



C’est finalement à 20h15 qu’apparait Chad Smith, l’incontournable batteur du groupe, et que résonnent les premières notes de la soirée. Il est rapidement rejoint par ses acolytes Flea (bassiste et membre originel du groupe) et Josh Klinghoffer (guitare) qui démarrent sur un jam très énergique qui toutefois ne secouera pas tant le public que ça car TOUT LE MONDE FILME AVEC SON TÉLÉPHONE ! Des gens viennent du monde entier exprès, payent des billets de concert et d’avion une fortune pour assister à un show entièrement filmé par des équipes professionnelles pour finalement le passer le pouce appuyé sur leur écran de téléphoneS (car oui, certaines personnes ont amené 2 téléphones ainsi que des batteries externes…). Bon, promis, on ne fera plus d’aparté sur les téléphones dans cette chronique mais si, sur la diffusion en direct, vous avez eu le sentiment de voir un public de zombies, vu de la fosse, la principale raison semble être dûe aux téléphones.

L’audience se réveille toutefois sur les premières notes du deuxième morceau puisqu’il s’agit du tube "Can’t Stop" qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas joué tous les soirs. Anthony Kiedis (chant, membre originel du groupe) fait alors son apparition sur scène et balance le premier couplet de la soirée que la foule reprend avec cœur et en chœur. Les Américains sont contents d’être ici et ça se voit : l’énergie dégagée sur scène fait plaisir à voir, on ressent que ce n’est pas un concert comme les autres, et nous ne faisons qu’entamer le premier refrain de la soirée ! Au niveau du son, on entend tout assez distinctement : du moindre coup de grosse caisse à chaque note jouée par Josh. La voix de Kiedis ne masque pas et n’est pas masquée par les instruments. La basse est toutefois assez forte et le son est très gras, pas spécialement propre. Si cela nous permet d’apprécier l’immense talent de Flea, nous n’en profitons pas de la meilleure manière qui soit.

Après "Can’t Stop", les Red Hot enchaînent avec "Fortune Faded", un morceau un peu moins connu. Pour preuve, le public se calme d’un coup, seuls quelques inconditionnels de la bande reprennent mot pour mot les paroles du morceau. "The Zephyr Song", "Dani Calilfornia" et surtout "Dark Necessities" qui suivent connaîtront un plus grand succès auprès des spectateurs. L’ambiance monte donc d’un petit cran. Le son de basse rend toutefois incompréhensible le solo de "Dark Necessities", pourtant exceptionnel sur l’album, et qui avait l’air d’avoir été retravaillé pour l’évènement. Le son de Flea ne sera pas le seul à poser quelques problèmes : les potards de Josh Klinghoffer étaient visiblement sur des montagnes russes puisque le volume est monté puis redescendu subitement de nombreuses fois, notamment sur la reprise de "I Wanna Be Your Dog" des The Stooges ou sur "Right on Time".

Les Californiens gratinent leur prestation par des jams ici et là, des solos retravaillés (du moins c’est le ressenti depuis la foule) et une présence sur scène très plaisante à voir : Anthony se désarticule comme lui seul a le secret, Josh et Flea sautent dans tous les sens (on pourra même assister à un équilibre sur les mains de la part du bassiste en fin de set) et Chad s’amuse avec le public : il distribue de nombreuses baguettes et feint parfois d’en envoyer certaines. S’il y a bien quelque chose que l’on ne peut reprocher aux Red Hot Chili Peppers, c’est qu’ils nous donnent tout pour nous satisfaire ce soir ! Flea prendra plusieurs fois le micro pour nous remercier d’être ici et nous assurer qu’ils sont très heureux de jouer devant nous et les pyramides de Gizeh ce soir.

Les 4 hommes enchaînent morceaux iconiques et chansons un peu moins connues, le public est désarçonné (exceptés les quelques fidèles mentionnés plus haut) : l’ambiance est relativement sympathique sur "Snow (Hey Oh)" et atteint son apogée sur "Californication", mais est bien plus calme sur "Pea" ou encore "Go Robot", sans oublier que le tout est sur fond de personnes qui vivent le concert sur place mais via écran interposé. "Californication" ce soir est la preuve qu’un bon batteur est une pièce essentielle à un groupe : Chad Smith est propre techniquement, amusant à voir jouer, on sent qu’il prend plaisir à être ici et est surtout un vrai repère pour ses compères. Si les trois autres membres sont également dans un grand soir, Chad a volé la vedette ce 15 mars 2019. Bien qu’il ne soit pas membre originel du groupe, il est impossible d’imaginer les Red Hot Chili Peppers sans lui tant il contribue au resplendissement de la formation, tant il incarne l’âme du groupe, un peu comme Travis Barker au sein de blink-182.



C’est après "Go Robot" que la soirée prend une autre tournure, on sent que l’on n’est plus si loin de la fin du concert : il fait déjà nuit depuis un moment, les Pyramides sont illuminées de blanc (plus que d’accoutumée d’après les dires des locaux), l’air se rafraichit et le petit vent frais fait du bien, un drône survole la magnifique scène pyramidale et l’ambiance est retombée alors que "Higher Ground", reprise de Stevie Wonder, "Under The Bridge" et "By The Way" résonnent dans nos oreilles. Ce dernier morceau aura quand même pour effet de secouer la fosse avant que le groupe ne quitte la scène.

L’appel du public pour l’encore est très timide et n’est le fruit que de quelques groupes d’amis présent dans la fosse, peu de gens le reprennent. C’en est presque honteux vis-à-vis du cadre exceptionnel et de la performance livrée par les Red Hot sur scène ce soir.

Le groupe revient toutefois sur scène tout d’abord seulement par l’intermédiaire de Josh Klinghoffer seul au piano qui reprend "Pyramid Song" de Radiohead, morceau de circonstance, et perd absolument tout le public. Peu de gens comprenait ce qu’il se passait, connaissait le morceau et, de là où nous étions, il était impossible de voir le musicien sur scène. Tout le monde le cherchait, Josh n’était visible que sur les écrans géants installés sur les côtés de la scène. Cette dernière arbore une ambiance assez sombre, illuminée ici et là d’un bleu profond dans le noir de la nuit, qui colle parfaitement avec l’atmosphère du morceau. Un drone survole et filme la fosse, c’est finalement sur lui que tous les yeux se rivent. Le drone est, pour l’anecdote, une vraie démonstration de l’importance portée par le groupe à ce concert. Il est en effet interdit d’utiliser un tel appareil en Egypte, vous devez pour cela disposer d’une autorisation de l’armée du pays.

Après ces quelques minutes étranges où le public n’a pas vraiment compris ce à quoi il venait d’assister, Chad, Flea et Anthony reviennent sur scène et jouent "Goodbye Angels". Ce titre respire la fin de set, relativement calme avec une graduation d’intensité lors du morceau pour atteindre le climax sur le solo de fin. On pourrait donc penser que la soirée s’arrête ici, c’était sans compter sur "Give It Away", titre très catchy et énergique qui sera finalement le dernier joué de la soirée. L’occasion pour le public de se lâcher une dernière fois, tout aussi timidement que pour le reste de la soirée, et repartir avec des étoiles plein les yeux. Avant de partir, le groupe annonce qu’il fera tout son possible pour revenir rapidement en Egypte, que ce premier concert de son histoire dans ce pays fût magique et que le public a été super. Pas rancuniers les RHCP !



C’est sur ces bonnes paroles que nous quittons donc la quatrième pyramide de la soirée et nous dirigeons vers la sortie qui est à environ 1.5km de marche. Les navettes gratuites mises à disposition étant inévitablement prises d’assaut, c’est l’occasion pour nous de traverser une petite partie du désert du Sahara et de refaire quelques clichés de nuit de ce super panorama. Une chose est sûre, ce concert restera gravé dans nos mémoires, autant pour le cadre que pour la performance livrée par Red Hot Chili Peppers ce soir.


Axel G.

Setlist :

Intro Jam
Can't Stop
Fortune Faded
The Zephyr Song
Dani California
Dark Necessities
Hey (preceded by band jam)
I Wanna Be Your Dog (The Stooges cover)
Right on Time
Snow ((Hey Oh))
Pea
Californication
Go Robot
Don't Forget Me
Higher Ground (Stevie Wonder cover)
Under the Bridge
By the Way
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Pyramid Song (Radiohead cover) (Josh Klinghoffer solo on piano)
Goodbye Angels
Give It Away



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