mardi 12 février 2019

Chronique : Papa Roach - Who Do You Trust ?

Il est rare de voir des groupes ayant débuté dans les grandes heures du néo-metal réussir à avoir une certaine crédibilité associée à la longévité. Et les Californiens de Papa Roach nous balançent avec Who Do You Trust ?, (déjà) leur dixième opus de leur prolifique carrière. Après un Crooked Teeth (2017) les éloignant du côté moderne et électronique de la doublette The Connection (2012) et F.E.A.R. (2015), se rapprochant d'un son plus éclectique et ouvert à tous horizons, qu'allons nous avoir droit ici ?


Il faut se l'avouer, les premiers singles n'avaient absolument pas convaincus. Entre "Renegade Music", sonnant comme une sorte de RATM moderne et vide, et "Who Do You Trust?", peu reluisant, ça avait de quoi faire peur. Car on le sait, le quatuor n'a pas toujours brillé par ses expérimentations. On se souviendra d'un Lovehatetragedy (2002) pas toujours étincelant malgré quelques hits disséminés ça et là sur l'ensemble, Metamorphosis (2009), accentuant le côté rock'n'roll de l'excellent Getting Away With Murder (2004), en y ajoutant une touche de rock sleaze typiquement hollywoodien, totalement hors propos.

Au final, ce Who Do You Trust ? se rapproche de ce côté de leur discographie, mais pourtant, tout n'est pas à jeter ici, bien au contraire. A commencer par "The Ending", morceau d'ouverture, avec son riff sautillant, ses samples électro efficaces, et un refrain dans la droite lignée du bon Papa Roach. Voilà qui rassure un peu. "Not The Only One" laissera l'auditeur assez circonspect. Derrière son apparente niaiserie et l'abus de gros hooks et riffs sensés être percutants, ce morceau s'avère assez accrocheur. Et au fond, c'est le cas de la majeure partie de la galette.

C'est lourdeau, bateau, irritant mais ... ça fonctionne et ça reste en tête. "Elevate" est une ballade un peu putassière qui sans ses choeurs à la Imagine Dragons aurait été plus crédible, "Come Around" installe une bonne ambiance, et s'avère pop tout en restant du Papa Roach. Un morceau à sauver, au même titre que "Feel Like Home", fleurant bon le soleil, et pouvant même rappeller A Day To Remember sur la mélodie vocale des couplets. On parlera également de l'étrange "I Suffer Well", titre expéditif durant 1 minute et 21 secondes, de punk/hardcore grungisant, assez inutile.

Et à côté de ça, certains titres tiennent vraiment la route. Outre le titre introductif, le final "Better Than Life", reprennant exactement les mêmes codes, s'en tire bien, voire très bien, mais le comble reste "Top Of The World", hit de A à Z. Gros chorus, ambiance travaillée, hooks partout ... Assez déconcertant d'avoir un tel morceau sur cet album, cependant il prouve que le Père Cafard en a encore sous le pied.

Pas vraiment un faux pas, cet album sous couvert d'être totalement décomplexé et sans frontières s'avère être plus décousu qu'autre chose. Les fans ne s'y retrouveront pas tous, en tout cas pas partout tant ça ratisse large ici. Suite logique de Crooked Teeth, on verra dans deux ans ce avec quoi les gasiers nous reviendront, tant nous sommes habitués à ce qu'ils fassent peau neuve entre deux ou trois albums.

2,5/5

Axel R.



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