vendredi 8 février 2019

Chronique : Holehearted - Hivemind

I had a dream... A bad dream... Un genre de reboot du Village des Damnés de Carpenter. Ledit village était remplacé par un vaste circle-pit entre deux scènes du Vans Warped Tour. Lesdits damnées (initialement des albinos démoniaques en col roulé) étaient remplacés par des coreux (à divers stades de corpulence) en marcel Parkway Drive... Teint blafard, visages mono-expressifs, épiderme marqué par les excès de sébum, mouvements étrangement synchronisés. Impossible de déterminer l'âge, le sexe, ou la provenance... mais ils semblaient tous
curieusement perturbés... Mdma ? Weed transgénique ? Effet secondaire du véganisme ? Déception sentimentale à répétition ? Compte instagram bloqué ? Difficile à dire.

L'ambiance était un peu pourrie mais la musique pas trop dégueulasse. Sur la grande scène, un groupe d'anonymes jouait un genre de néo-djent-metalcore torturé ; sur la petite scène - à ma grande stupéfaction - un autre groupe d'anonymes jouait exactement la même chose, à la double-croche près, le tout en simultané ... Je me suis dit qu'il s'agissait d'un happening, ou d'une démonstration de pure technique, (et qu'il n'y avait guère que des fans de Dream Theater pour avoir des idées aussi moisies), mais - malheureusement pour ma gueule - j'étais loin du compte.

*Gros break de double-pédale*, *grosse stridulation de guitare électrique*, *gros hurlement à la Corey Taylor* (pas mal au demeurant) et *BAM* : les groupes cessent de jouer, posent leurs instruments, inclinent légèrement la tête en mode slasher (Wes Craven aurait aimé), et me lancent un de ces regards de mass-murderer hyper glaçant ; la musique quant à elle continue de tourner. Mauvais délire.

Avant même d'envisager la fuite, je réalise que tous ces connards en marcel Parkway Drive m'encerclent et serrent les rangs. Des images de gang-bang me viennent alors à l'esprit. Je panique. Je regarde autour de moi. Je cherche une faille dans la fosse. Je vérifie si j'ai pas du pognon pour négocier. Mais non, il n'y a rien si ce n'est ces foutus guignols en marcel Parkway Drive. Alors je tente de détendre l'atmosphère et demande au plus sympa (en apparence) s'il kiff le dernier BMTH. L'enfoiré fait mine de ne pas m'entendre et sort de sa poche un putain de cutter. Je commence à chier dans le froc (quoique point positif dans tout ça : le morceau qui passe en boucle depuis 30 minutes est franchement cool... Par contre impossible de dire s'il s'agit du dernier Killswitch Engage, ou du second For The Fallen Dreams, ou d'Acacia Strain ... Peut-être Sworn In ?).

Du Village des Damnés on passe à Zombie de Romero. Tandis que l'étau se resserre, je repense aux jours heureux passés devant ma PS4. Et au moment fatidique où la lame pénètre ma chair, je pousse un hurlement d'une voix screamée ULTRA stylée (et assez gutturale pour imposer le respect autour de moi), comme si Mitch Lucker s'était réincarné en moi. Et là je me réveille dans une mare de sueur et réalise que je me suis endormi avec mes écouteurs. Je vérifie : Holehearted. Marrant, je les connais pas eux... pourtant... leur musique si. Comment se fait-ce ? Trou de ver ? Distorsion de la réalité ? Aberration spatio-temporelle ?

... Décidément, les voies du metalcore sont impénétrables.

1/5

Nacho

https://intraveinoise.blogspot.com/

Les 25 minutes du disque sont en écoute ci-dessous :




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