mardi 8 janvier 2019

Interview : KADINJA

A quelques jours de la sortie de son deuxième album, Super 90's, nous avons rencontré le groupe de metal parisien KADINJA. Notre entretien est à lire dans le post complet.  


Alternativ News : Salut à vous, merci d’être là ! Généralement, je commence mes interviews par demander aux gens lorsqu'on se rencontre de se présenter. Vous n’échappez pas à la règle.

Morgan (batterie) : Salut, merci à toi de nous recevoir. Alors Kadinja c’est un quintet de metal djent parisien fondé en 2013. On sort notre deuxième album en janvier.

AN : Entrons dans le vif du sujet. Votre deuxième album s’appelle Super 90’s. Pour cet album, vous êtes entrés en studio seulement un an après la sortie de votre premier album, Ascendancy, c’est allé très vite. Qu’est-ce qui a motivé un retour en studio si rapide ?

M : Un ras le bol d’Ascendancy parce que, par manque d’organisation on a mis beaucoup de temps à faire cet album. On ne voulait vraiment pas refaire ça. On était déjà au point où les morceaux te saoulent, car les morceaux on les connait déjà depuis 3 ans, on voulait du nouveau. En plus, y a eu pas mal de changements de line-up, en général ça motive, dès que t’as du sang neuf car chacun va apporter ses idées, différentes de ce que nous on avait. Donc voilà, on voulait repartir vite sur d’autres bases.

AN : L’album sort le 18 janvier 2019, à quel moment êtes-vous entrés en studio ?

M : Ça s’est fait ultra vite, car en février 2018 il était enregistré. On a bossé peut-être 6-7 mois, 8 max sur cet album. 

Steve (basse) : L’album était prêt en février, il a pris un peu plus de temps à sortir car il y a eu des opportunités de label qui se sont présentées. Mais ouais, ça fait un petit moment qu’il est prêt, et la préparation a été très très vite.

AN : Votre nouvel album a un thème, visible rien que dans son nom, les années 1990. Je suppose que c’est un petit hommage à vos années de jeunesse.

M : C’est ça !



AN : Quand on écoute l’album, on remarque des sonorités qui font écho avec ce qu’il se faisait à ce moment-là, par exemple avec votre premier single "Empire" où l’on entend des petites touches à la Korn notamment. Vous le qualifiez vous-mêmes de « plus rock, plus émotionnel ». Pourquoi changer comme ça, tout en gardant votre touche prog ? Tu parlais d’un ras-le-bol vis-à-vis de l’album précédent tout à l’heure, ça y contribue ?

M : Le problème c’est qu’on s’est mis ce thème dans la gueule, donc forcément t’es obligé de changer des trucs (rires). Après, on n’a pas basculé non plus, on ne fait pas du rock pur, il y a des trucs aussi violents que sur  Ascendancy, c’est juste beaucoup mieux organisé au niveau des structures. C’est la première chose, on voulait faire un album qui soit plus facile à écouter pour le mec qui ne nous connait pas et qui découvre les titres, de manière à identifier ce qu’il se passe dans un morceau plus facilement. 
Ascendancy c’était vraiment la guerre, on vous envoie dans la gueule tout ce que l’on sait faire et ça rend le truc un peu indigeste. C’est peut-être impressionnant, tout ce que tu veux mais c’est lourd. Tu perds des gens, même dans le metal… C’est bon quoi.

S : C’est plus difficilement écoutable. L’avantage de bosser très vite sur Super 90’s, c’est que tu n’as pas trop le temps pour l’esbroufe. Il faut aller directement à l’essentiel, même si évidemment il y a de la partie technique, au moins on se concentre tout de suite sur l’essentiel, sur l’efficace.

AN : Tu as abordé le point technique, quand on écoute ce nouvel album on prend toujours une petite claque dans la tronche. Comment vous avez réussi à allier ce côté technique, prog, djent à ce côté nu-wave des années 90 ?

M : Pour la technique, contrairement à Ascendancy où on s’est mis la barre ultra haut, là elle l’est un peu moins. On a peut-être progressé entre les deux albums, du coup on s’est dit « y en a quand même où on va en chier, pour les refaire va falloir un peu de boulot » (rires). Avec cet album, on peut faire tourner les morceaux plus facilement. Après, le fait de structurer le truc, de laisser un peu de place au chant, d’avoir cette recette où le refrain est plus aéré forcément ça aide. Après pour les couleurs, dans le chant y a des types de mélodies qui, quand tu t’attaques à ce genre, te donnent des petites touches. Sur "Empire" t’entendras du Korn, sur d’autres t’entendras plus du Deftones… On n’a pas essayé de copier, mais c’est facile de faire dans le style de.

AN : D’ailleurs, en parlant de Korn, le clip d’"Empire", c’est un hommage au clip de "Freak On a Leash" ?

S : Ça c’est assez fou car c’est complètement involontaire. C’est une idée qu’on a eue pendant le tournage à vrai dire, on voulait faire un clip performing, on a tourné le truc et le réalisateur avait mis ce fond noir avec les éclairages. Il nous a dit « attends, si on fait des trous ça fait des faisceaux ! – Vas-y on fait ça, ça défonce ». Aucun de nous n’a réalisé, alors qu’on est tous très fans de Korn.

M : Le réalisateur, même s’il est dans le metal, n’est pas de cette génération-là. Il n’a absolument pas calculé ça.

S : Coïncidence, mais bonne coïncidence. Pour le coup, c’est assez cohérent.



AN : Continuons à parler de ce thème des années 90. Pouvez-vous nous parler de la jaquette et du travail de Leo Natale ?

M : Super 90’s, la pochette d’un gamin avec un papier un peu abîmé… Je pense que t’arrives à cerner de quoi ça va traiter : le côté un peu nostalgique, le côté simple, le « côté on a arrêté les astres, planètes et formes géométriques très compliquées du djent ». On a voulu couper avec tout ça et je pense qu’on est sur un type de pochettes qui aurait pu sortir dans ces années-là. Elle n’est pas surproduite, mais comme on n’a pas surproduit l’album non plus, c’est dans la même lignée.

S : C’est vraiment à l’image de la compo, c’est focalisé sur l’essentiel, sans en foutre des tartines de partout. Simple. Épuré. C’est ce qu’on voulait.


AN : Alors Philippe (chant) n’est pas là, mais pouvez-vous me répondre sur la manière dont il a abordé ses textes ?

M : Alors Steve a beaucoup travaillé avec lui sur les textes.

S : Ouais, on a beaucoup bossé en binôme là-dessus. Comme pour la création générale, on voulait un truc droit au but et assez sincère. Quand on se voyait pour écrire, typiquement, sur des morceaux où on n’avait pas trop d’idées, on se voit, on prend quelques bières, on écoute le morceau ensemble et on commence à philosopher sur plein de trucs et à un moment hop ! On a un point d’accroche, quand t’entends ça, ça te procure telle émotion, on a autre accroche pour le morceau et on commence à écrire dessus. Ça s’est fait assez naturellement, de cette manière-là. On ne voulait pas trop calculer non plus, comme la compo, c’est plutôt « t’as une idée, qu’est-ce qui te touche quand t’écoutes le morceau et de quoi tu vas parler ? Ok on part là-dessus ».

M : Les formulations sont plus simples que sur Ascendancy, on s’est moins fait chier à faire de belles phrases et c’est toujours imagé. C’est quelque chose qui tient à cœur à Phil, que chacun puisse s’y retrouver, c’est-à-dire que certains trucs peuvent ne pas vraiment avoir de sens quand tu les lis comme ça mais chacun peut y voir ce qu’il voudra dedans.

AN : On a parlé d’"Empire", on va continuer à en parler encore un peu. C’est votre premier single qui est sorti en octobre. Pourquoi ce choix, c’est un des morceaux les plus représentatifs de ce que vous avez voulu faire avec ce deuxième opus ?

M : Il est un peu au milieu de tout. Un peu djent, je pense qu’on cerne bien le côté 90’s, il est relativement accessible. C’est pas le plus calme, c’est pas le plus violent. Il ouvre l’album, ça met en confiance, tu commences là-dessus, le mec qui va acheter l’album il recommence là-dessus donc ça le met bien.

S : C’est toujours assez compliqué ce genre de trucs, parce qu’on a la gueule dans le guidon pendant très longtemps, on n’est plus du tout objectif par rapport aux morceaux et ce qui est « single-isable » ou pas, c’est toujours assez compliqué. On en a parlé très longtemps, et au final la question est très simple : tu vas annoncer un album, quelle est la première image que tu veux donner aux gens de celui-ci. A partir de là c’est arrivé, je ne vais pas dire de manière évidente car c’est un peu plus compliqué que ça, ce morceau-là ressortait vraiment. On voulait annoncer un truc qui est plus catchy, plus épuré, qui a quand même et toujours une couche de technique par-dessus tout ça. Comme dit Morgan, c’est un peu l’entre-deux de tout.

AN : Entre temps, "The Modern Rage" est sorti début décembre dernier. Et "Véronique" c’est pour le 11 janvier c’est ça ?

M : "The Modern Rage" est sorti vendredi (ndlr : le 7 décembre), pour le coup il est beaucoup plus violent. "Véronique" on espère pouvoir la sortir, on n’est pas sûr de pouvoir la sortir tout de suite. On va peut-être en sortir un autre avant.

S : Ce que tu dis, c’était effectivement le premier plan, mais ça a bougé un peu derrière.

M : Mais à savoir que pour le coup, "Véronique" est ultra importante pour nous, comme morceau.

S : On va prendre notre temps dessus.

M : Ouais pour faire un truc cool. Après on aimerait qu’il ne sorte pas trop tard.


AN : En quoi il est hyper important pour vous ce morceau ?

M : Car pour nous c’est le plus « parfait » de ce qu’on a créé. En termes de prod, en termes d’idées, en termes de mélanges de technique, d’émotion… Il y a vraiment de tout. Il est un peu long, mais il monte en pression, il part ultra technique, t’as un refrain surcatchy, tu te reprends de la technique et encore pire derrière : t’as un gros blanc, une énorme outro… C’était notre « zic-test » à envoyer aux copains pour prendre la température quand on a fini l’album. Il fait relativement l’unanimité celui-là.

S : C’est rare, parce que dans un album t’as toujours tes préférences. Tel gars préfère plus ce morceau-là, alors que celui-ci préfère ce morceau-ci… "Véronique" c’est vraiment celui sur lequel tout le monde se rejoint.

AN : C’est celui qui m’a le plus plu aussi d’ailleurs, avec le dernier morceau "Avec Tout Mon Amour".

M : C’est bizarre, dans toute la journée, ça fait déjà 2-3 fois qu’on nous le dit, alors que c’est le morceau qu’on a le moins travaillé au final. On le met à la fin, on ne sait pas trop quoi en faire, est-ce qu’on met des voix ou pas ?

AN : Je pense que y a un truc avec les groupes instrus en ce moment. Tu regardes Polyphia qui fait que ça…

S : Des Plini est compagnie.

M : Ouais y a un truc, mais c’est pas nouveau. Tu prends Pantera, Far Beyond Driven où le dernier morceau est tranquille, posé…

AN : Très juste, c’est vrai que je n’y avais pas pensé. Pour revenir sur "Véronique", est-ce que le titre est un clin d’œil à "Dominique" de votre premier album ?

M : Ouais complètement. Mais que ce soit "Dominique" ou "Véronique", ça part d’une petite blague. Je pense que ni Steve ni moi ne savons d’où ça vient, ça doit être de 2 gars du groupe qui tripaient sur un nom. C’est le nom d’une pré-prod et on le garde comme ça. Je pense que tous les albums y a un nom de pré-prod à la con comme ça qu’on garde quand même.

S : La blague c’est que tout au début, une des premières « sorties » qu’on a fait pour parler de l’album, on est passé devant un immeuble avec des noms de médecins, et y avait Véronique, je vais pas dire son nom de famille car j’en sais rien. Le nom nous a fait rire et on a déliré sur ça pendant un moment. 
Pierre (guitare), quand il compose met toujours des noms à la con, pas de numéro ou quoi que ce soit, il donne des noms aux compos. Il a foutu "Véronique", suite à cette blague, ça nous a fait rire puis effectivement y avait le rappel à "Dominique", donc on s’est dit qu’on garderait ça. Ça n’a pas de sens fondamental.

M : On est en train de créer un mystère puisque sur 10 interviews ça fait déjà 6 fois qu’on nous le demande et même les fans commencent à proposer des noms pour le prochain album.

S : Frédérique…

M : On a tout eu, Frédérique, Loic…



AN : Il n’y avait d’ailleurs pas de titre comme ça sur votre EP éponyme sorti avant Ascendancy ?

M : Non non non. Il y avait des conneries par contre. « Henry Call Mash Yes » (ndlr : à prononcer Enrico ma chiasse) qui est Enrico Macias. Le titre ne veut rien dire, « j’ai la chiasse » ça ne veut rien dire à la base. Il y avait déjà des conneries, mais là on est fixés sur des noms. Mais il n’y a pas de sens.

AN : Sur "Véronique", il y a un featuring avec Raphael Weinroth Browne, et y en a 2 autres sur tout l’album : Sylvain Conner sur "Muted Rain" et Tola sur "Avec Tout Mon Amour". Pourquoi ces choix ?

M : Alors déjà on ne fait que des feats avec des amis. Pour ce qui est de Sylvain, c’est le chanteur du deuxième groupe de Steve : The Dali Thundering Concept, pour ce qui est du chant gospel de la dernière, à la base c’est un ami à Pierre qui chante gospel et on s’est dit pourquoi pas lui faire tester un truc là-dessus, ça se fait jamais, et pour le violoncelle, c’est grâce à Chris Edrich, notre ingé son qui tourne avec Leprous. Leprous est assez fan de ce qu’on fait et du coup on a pu avoir le violoncelliste dessus.

AN : En parlant de Chris Edrich, il a fait la prod et le mix de l’album. Sur la prod, on retrouve Pierre aussi. Est-ce que le fait que Pierre s’insère comme ça dans la prod reste un moyen pour vous de vous assurer que le rendu final du morceau soit bien celui que vous espériez ?

M : Déjà, c’est Pierre qui compose. Donc naturellement, il a droit de regard sur tout ce qui se fait. En plus, c’est le seul capable de vraiment indiquer la voie à suivre. Après, Chris est complètement fan des années 90, il a directement compris le délire, il n’y a pas eu besoin de lui expliquer grand-chose. C’est juste qu’au lieu de faire bosser Chris, qui tourne vraiment beaucoup, pendant un mois, qu’il nous envoie des trucs pour qu’au final on lui dise « modifie ça, modifie ça », autant avoir un mec qui sait très bien où on veut aller et c’est plus sympa de bosser à deux. Après, Chris c’est le 6ème membre du groupe. Il est dans tous nos groupes de discussion Facebook, il donne son avis comme les autres, il est au courant de tout.

S : Au final c’était assez naturel d’avoir Pierre et Chris. Chris déjà c’était prévu, comme dit Morgan, c’est un membre à part entière du groupe. Question dispos ça ne s’est pas fait, mais on voulait même le mettre sur les photos promo de Kadinja en disant que le son y est, et que son rôle est tout aussi important que celui d’un musicien aujourd’hui. Chris est là depuis le début, il a très bien cerné la direction artistique, il a participé aux décisions etc. etc. Naturellement c’est Chris qui est parti dessus, puis il a bossé avec Pierre. La présence de Pierre avec lui c’est pas du tout en mode « on surveille, on garde le contrôle », c’est vraiment de la collab avec Chris depuis le début.

AN : Ensuite Pierrick Noel a masterisé l’album.

M : Grâce à Chris, c’est un super pote à lui, ils bossent souvent ensemble. On ne le connaissait pas avant. Pareil ça, c’est super. Le genre de mec qui t’envoie le premier master et tu fais « bah ouais, c’est bon ». T’as compris le délire, y a besoin de rien dire. Pareil, fan des années 90…

S : Tout analogique.

M : Ouais tout analo, c’est facile.

AN : Changeons un peu de thème. On vous voit un peu partout sur internet, dans la presse spécialisée, sur les réseaux sociaux… Est-ce que tout ça c’est depuis que vous avez rejoints Arising Empire ?

M : Je t’avoue que ça aide sévère ouais. Y a 6 mois, on se voyait encore sortir l’album tout seul, se démerder. On se serait démerder à faire mieux qu’Ascendancy, mais de là à avoir ce résultat… On n’a pas accès aux mêmes choses quand t’as un label comme ça qui te pousse au cul, et le fait est qu’on a découvert que c’était pas juste un label qui signait encore un groupe et compagnie quoi. Pendant notre tournée avec Monuments on a reçu des mecs de Nuclear Blast et les mecs sont fans, ils sont contents de bosser sur Kadinja, donc c’est cool. Financièrement, ils nous aident beaucoup plus que prévu, on peut discuter, ils n’imposent rien, c’est vraiment cool.

AN : Parlons d’actu toute fraiche, puisque ça date de ce matin. Vous avez rejoint le roster Xenoshark Booking de Sydney Taieb (batterie pour Atlantis Chronicles). Je suppose que vous n’êtes pas les mieux placés pour parler de cette nouvelle entité sur notre scène, Sydney l’est forcément plus, mais qu’est que ça vous apporte à vous ?

S : On est très potes avec Atlantis depuis très longtemps. Ça fait un moment, que ce soit avec Atlantis Chronicles ou Dali Thundering Concept, on essaye de partager un maximum les trucs, de monter un genre de « collectif », même s’il n’y a rien de formel, d’essayer de partager un maximum de plans, de s’entraider etc. Ça fait un moment qu’on en parlait avec Sydney, qui voulait commencer à travailler dans le booking donc on s’est dit que c’était l’occasion pour se lancer. Donc Sydney a monté son entité pour faire ça et là il s’occupe de tout notre booking France maintenant. 

M : Ça permet pour nous de déléguer un petit peu, c’est jamais évident pour un groupe, pour des musiciens, de se vendre. Quand c’est quelqu’un qui le fait pour toi, c’est quand même plus facile.

AN : On parlait de booking, c’est une bonne transition pour enchaîner sur les tournées. Vous venez de rentrer de tournée en Europe de l’est, vous avez joué au Royaume-Uni, deux dates en France : Nantes et Paris il me semble…

M : Nantes qui a été annulé malheureusement.

S : On a joué dans une quinzaine de pays, un truc comme ça.

AN : Avec le nouvel album qui sort, il va falloir commencer à repréparer le matos.

M : Oui, c’est ça. Je t’avoue qu’on était commençait à booker une tournée en tête d’affiche, c’était le mois dernier, puis est tombée une tournée asiatique avec Chine et Japon pendant 15 jours mi-février, puis nous sont tombées sur 2-3 propositions de tournées assez grosses donc on va se calmer sur la tête d’affiche, on s’est dit qu’on allait faire ça plus tard. Là on a le choix entre plusieurs tournées, on va voir ce qu’il y a de mieux à faire.

AN : Justement, c’est ce que je voulais aborder. J’ai vu que votre album serait distribué partout, à priori, l’objectif du coup c’est bien d’étendre vos frontières ?

M : Carrément ouais. Après, on ne pensait pas que ça allait être aussi vite. L’album n’est pas sorti qu’on nous propose déjà des Chine, des Japon, des Australie… Ça fait du bien, c’est super, on pense quand même que même s’il a commencé à nous saouler, on n’a pas énormément défendu Ascendancy sur scène. Celui-là, déjà ça part autrement. Il est pas sorti que déjà t’arrive à jouer une partie du nouvel album avec Monuments sur 36 dates, quand ça commence déjà comme ça, c’est super cool.

S : Ouais, ça va être bien chargé. 2019 niveau live, ça se remplit doucement.

AN : Vous avez fait en sorte que ce nouvel album soit plus accessible, il se prêtera donc mieux au live.

M : Le problème c’est que, plus tu fais technique, plus tu fais déstructuré, plus tu perds des gens. Là majoritairement on a joué devant des gens qui ne nous connaissent pas ou ne nous ont jamais vu, c’est sûr que tu les accroches plus avec une structure claire, même si dedans tu fous toute la technique que tu veux, c’est structuré. Sur cet album, les chansons sont plus structurées et les gens seront plus réceptifs. Forcément.

S : Ouais c’est sûr, puis même, niveau dynamisme ça permet de plus aérer le set, de calmer le jeu par moment et de ne pas rester sur un schéma autoroute pendant 30 ou 40 minutes. Cela laisse plus de ficelle pour créer des setlists intéressantes.

AN : Du coup, si je vous écoute bien, si je vous comprends bien, vous allez plus prendre le temps de défendre Super 90’s parce qu’il y a plus d’opportunités. Vous n’allez pas enchaîner le troisième album dans un an…

M : Euh… Si ! Si, si, je pense que si, quand même. On va essayer de ne pas trop traîner quand même, pour des raisons différentes. Cette fois, je pense qu’à un moment il faut rentrer dans une certaine logique…

AN : Vous êtes productifs !

M : A un moment, je pense que t’es obligé. Si tu veux développer ton groupe, je pense qu’il faut enchaîner au moins 2-3 albums pour asseoir un truc cool. On n’est pas à un stade où les fans vont nous attendre pendant 4 ans. Après, on ne peut pas faire de la magie. C’est pas nous, Philippe, Steve, Quentin (guitare) et moi qui composons, c’est Pierre. On sait qu’il a des phases dans l’année assez agressives, où il ne faut pas l’arrêter. On a déjà des titres pré-prodés. Donc je pense qu’on ne va pas trop traîner. Le seul truc qui pourrait nous faire traîner c’est si on tourne tellement qu’on n’a pas le temps de bosser sur le prochain. Après je nous le souhaite. Mais dans l’absolu, on va essayer de ne pas traîner.

AN : Bon, là on arrive à la fin de l’interview, encore une petite question. On est en pleine période de fêtes, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2019 ?

M : Plein de dates !

S : Une belle sortie d’album. Plein de nouveaux projets innovants et fous pour l’année prochaine.

AN : Merci les gars

M & S : Merci à toi !


Merci à Elodie et Julien d’HIM Media.

Itw réalisée par Axel G. le 14/12/2018 au Black Dog à Paris.



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