vendredi 7 décembre 2018

Chronique Express : Frontierer - Unloved

Point de surplus de testostérone à évacuer, point d'arrière pensée pseudo-viriliste, juste un fait : la modernité (en terme de pure production) est parfois synonyme de course à l'armement. Soit on y s'oppose et on cultive un son raw/true/whatev' (aucun jugement ici de ma part), soit on en tire parti et on l'intègre dans son processus de création. En l'occurrence, on pourra difficilement reprocher à Frontierer d'avoir choisi la seconde option. D'autant plus lorsqu'on se mange de pareilles tartes dans la gueule. Allez donc demander à The Acacia Strain ou à Admiral Angry s'ils ont des remords quand ils vous fissurent les tympans, tiens... Quant à ce qui est de l'intégrité, remballez cash votre fiel, car y'a pas plus intègre que Frontierer. Les types pourraient tirer à pile ou face pour savoir dans quelle grosse écurie atterrir, mais que dalle, ils continuent de faire les choses à leur manière, sans se laisser influencer par qui ou quoi que ce soit. Autrement dit : Frontierer a un plan, Frontierer s'en tient à son plan, et son plan consiste à vous broyer, et repousser encore les limites tant qu'à faire (c'est pas comme si le prodigieux Orange Mathematics mettait pas déjà la barre très très haut). Et comme ça nous arrange, tiens. Combien d'entre nous en ont rêvé, de cet album ? Soit un genre de Tony Danza Tapdance Extravaganza sans concession, ni pitié, ni distinction. Un genre de mathcore total (pour ne pas dire totalitaire), de mathcore de l'abattage humain à échelle industriel, de mathcore version T-1000 programmé à réduire la population terrestre de moitié et réduit à son langage le plus élémentaire : de la percussion, des tonnes de plomb qui s'abattent sur votre tronche sans discontinuer et un rempart de saturation aux frontières du plausible. Bref, Frontierer a (une nouvelle fois, si j'ose dire) élevé son jeu à un niveau de bestialité et de brutalité qu'on a tout simplement jamais entendu, définitivement affranchi du peu d'humanité qui leur restait, guidé par un Chad Kapper tout bonnement invincible et des musiciens à la froide cruauté cyborg. 

4,5/5
Recommandé si vous aimez : The Dillinger Escape Plan, Tony Danza Tapdance Extravaganza, Sectioned

Nacho

https://intraveinoise.blogspot.com/





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