mardi 6 novembre 2018

Chronique : Atreyu - In Our Wake

Les Californiens d'Atreyu étaient revenus sur le devant de la scène en 2015 avec Long Live, un album en guise de retour aux sources, six ans après un Congregation Of The Damned qui confirmait un virage plus rock alors amorcé avec l'excellent Lead Sails Paper Anchor. Nous sommes aujourd'hui face à In Our Wake, leur septième opus, pour lequel ils se sont associés à une figure bien connue de la scène, John Feldmann (frontman de Goldfinger). 

Le quintet avait déjà travaillé avec le célèbre producteur
pour le fameux Lead Sails Paper Anchor, et c'est donc tout naturellement dans cette lignée que l'on attendait ce nouvel opus. Et on ne s'y est pas trompé. Grosse production, son énorme, refrains catchy comme jamais, mais c'est aussi souvent un peu lisse et, malheureusement, à l'habitude des productions du bonhomme, sans âme et parfois un peu creux. Et pourtant, ça commence fort avec le morceau-titre "In Our Wake". Mélodie pop au possible, qui s'inscrit aussitôt dans le crâne de l'auditeur, changement de rythmes intéréssants, notamment avec le second couplet sur lequel Alex Varkatzas chante en voix claire, que l'on pourrait apparenter aux derniers blink-182. 

C'est d'ailleurs un point très important de la galette, la dualité vocale entre Brandon Saller et Alex Varkatzas se fait souvent en voix claire, les cris metalcore bien puissants de ce dernier étant ici utilisés avec plus de parcimonie, tandis que le batteur-chanteur rayonne tout au long de la galette. L'album se repose également sur l'utilisation très importante d'arrangements électroniques apportant un plus certain, sans pour autant qu'ils prennent le dessus sur les guitares, souvent bien rock et brutes, flirtants souvent vers le punk-rock puissant, comme sur le costaud "Blind Deaf & Dumb". Les gars n'oublient pas non plus leur metalcore le plus ravageur le temps d'un "Nothing Will Ever Change" faisant incontestablement son effet. 

In Our Wake s'avère être un opus varié, allant de la ballade parfaitement éxecutée avec "Terrified", et des titres aux allures de rock moderne calibrés comme peuvent l'être "Safety Pin" et ses OH-OH malheureusement trop entendus, ou plus surprenant comme "The Time Is Now", sorte de morceau mélangeant les dernières oeuvres de Fall Out Boy, avec une dimension stade à la Imagine Dragons, le tout sauce Atreyu bien entendu. 

Il serait injuste de ne pas parler de la fin de l'album, d'une première part avec "Anger Left Behind", impressionnant de maîtrise et d'efficacité, alternant riffs bien rock et ambiance plus légère, mais c'est surtout "Super Hero" qui marquera les esprits. Clotûrant les débats de fort belle manière, la piste se paie le luxe d'avoir en guest Aaron Gillepsie, chanteur-batteur d'Underoath / frontman de The Almost, et M.Shadows (que l'on ne présente plus) pour une prestation toute en finesse, sur une composition aux gros relants de hard-rock classieux et pourvu d'un solo efficace. 

Au final, il est très dur de juger cet album aux qualités indéniables. Précis, millimétré et calibré, Atreyu ne laisse aucune place au hasard et fournit un album sans réel temps mort ou titre faiblard, mais c'est peut-être sur un autre terrain que son public l'attendait. Même si on est loin de la référence The Curse (2004), ce septième long-jeu surpasse Congregation Of The Damned et tutoie presque Lead Sails Paper Anchor sur son propre terrain en manquant légèrement d'un peu d'audace et de surprise. 

3,5/5

Axel R.


01. In Our Wake
02. House Of Gold
03. The Time Is Now
04. Nothing Will Ever Change
05. Blind Deaf & Dumb
06. Terrified
07. Safety Pin
08. Into the Open
09. Paper Castle
10. No Control
11. Anger Left Behind
12. Super Hero (feat. Aaron Gillepsie et M.Shadow)

https://www.facebook.com/Atreyu/




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