mercredi 26 septembre 2018

Interview : CROWN THE EMPIRE

Le 14 octobre, Crown The Empire sera de retour à Paris. En attendant de voir le groupe sur la scène du Petit Bain aux côtés de coldrain et Volumes, nous nous sommes entretenus avec Andy Leo, le chanteur, sur l’une des dates du dernier Vans Warped Tour.

Salut Andy, comment vas-tu ?

Andy Leo [chanteur] : Salut ! Ça fait plaisir de te voir de l’autre côté du monde, merci d’avoir fait le déplacement ! Tout va bien pour nous, on s'éclate pas mal sur cette tournée. 


La dernière fois qu’on s’est vus, c’était à Paris, quand vous avez joué en première partie de One Ok Rock…

Exact, c’était complètement dingue ! Comment s’appelait cette salle, déjà ? Ah oui, le Zénith, c’est ça. C’était un truc de malade, je ne m’attendais pas à me trouver face à autant de monde et à ce que le public réagisse avec autant d’enthousiasme. C’était super cool.
Au passage, désolé si je parle super vite et que je me perds un peu dans des délires bizarres, j’ai bu beaucoup trop de café aujourd’hui – ils ont un stand de cold brew ici, j’en ai tellement bu depuis ce matin que j’ai l’impression de pouvoir voir à travers les murs.


Crown The Empire a connu un sacré nombre de changements de line-up ces dernières années, dirais-tu que vous avez aujourd’hui trouvé un juste équilibre ?

Absolument ! Il faut dire qu’au départ, nous étions sept personnes dans le groupe : ça fait beaucoup de personnalités à canaliser et c’était compliqué de tous s’adapter les uns aux autres ! Quand on est nombreux dans un groupe, c’est un peu comme si on se retrouvait dans la cuisine d’un grand restaurant avec plusieurs chefs. Chacun a ses idées, ses préférences, mais certains parviendront plus facilement à accepter et apprécier les idées de ses collègues que d’autres. Les quatre membres restants du groupe étaient des membres qui étaient là dès le départ. A l’époque, on avait à peine quinze ou seize ans, on répétait dans notre garage, on sait donc tous quel chemin on a parcouru, et on sait aussi qu’on l’a fait ensemble, c’est donc d’autant plus gratifiant, et on se sent vraiment liés les uns aux autres. Alors oui, là, on a trouvé un bon équilibre, et c’est sans doute le plus important pour un groupe.


Vous n’avez jamais cherché de remplaçants quand Benn ou Dave sont partis ?

Non ! On a évoqué l’idée de prendre un nouveau guitariste, juste histoire de pouvoir améliorer notre son, de le rendre plus puissant et d’avoir un meilleur rendu aussi bien en studio qu’en live. Mais de toute façon, on a besoin d’utiliser un ordi avec une bande-son sur scène, ne serait-ce que pour tous les claviers et tout, alors pourquoi ne pas en profiter pour ajouter à la bande une deuxième guitare ! Et puis de toute façon, on est tous d’accord sur le fait que l’on préfère largement que le groupe reste « une affaire de famille », si on peut dire ça comme ça !


Votre nouvelle chanson "20/20" a-t-elle une particularité par rapport aux chansons d’avant ? Comment la décrirais-tu ?

C’est la première chanson que nous avons écrit sur la route, en tournée ! Nous n’avions jamais eu à faire ça jusqu’à présent. Et au moment de l’écrire, on gardait surtout à l’esprit qu’il fallait faire plaisir, et en quelque sorte rendre hommage à nos fans les plus fidèles, sans nous donner d’autre consignes particulières. On tenait à ce que la chanson soit un mélange de tous les trucs les plus cools chez nous, de tous les trucs que nos fans préfèrent, sans sonner comme quelque chose qu’ils auraient déjà entendu. Si on avait commencé par une intro au piano, la moitié d’entre eux auraient arrêté le morceau et se seraient dit « Ouais c’est bon, on en a assez entendu ». On voulait créer quelque chose de très intense, plein d’énergie, de fédérateur.


L’album est-il déjà prêt, ou est-ce que vous avez encore du pain sur la planche ?

Pour le moment, on a huit chansons enregistrées, qui sont prêtes à sortir. Mais il nous en reste quinze à boucler et enregistrer avant qu’on fasse un choix final pour sélectionner celles qui figureront sur l’album. Donc après le Warped Tour, on retourne illico à Los Angeles pour terminer le boulot. On a trois jours off, puis on s’enferme en studio !


Nous ne l’aurons donc pas avant la tournée européenne prévue en octobre, mais planifiez-vous de le sortir avant la fin de l’année ?

Avant la tournée européenne, ça aurait été génial ! Mais pour des questions de logistique, malheureusement, ce ne sera pas possible de boucler tout ça en trois mois, notamment à cause des services de streaming du type Spotify, Apple Music, etc. D’ailleurs, 20/20 était censée sortir avant le commencement du Warped Tour, donc mi-juin, et on a dû attendre plus d’un mois supplémentaire ! Mais ce qui est sûr, c’est que d’autres chansons seront diffusées avant la tournée. On a des vidéos dans les starting-blocks, prêtes à être dégainées dans les semaines qui viennent !


En quoi les fans européens sont-ils différents de vos fans américains, d’après toi ?

Le fait qu’on ne soit pas aussi « communs » là-bas qu’aux Etats-Unis – on a fait un nombre incalculable de tournées ici, ils nous connaissent tous en long, en large et en travers – rend chaque concert un peu plus dingue. On sent une énergie particulière, on peut presque entendre les fans se dire « Wow bordel on est enfin à ce show ! ». Cela dit, on est actuellement en plein Warped Tour, et c’est plutôt différent de nos tournées habituelles : ici, l’ambiance est beaucoup plus à la fête, tout le temps, les gens s’éclatent devant n’importe quel groupe et on se retrouve souvent face à nos fans, certes, mais aussi face à des gens qui ne nous connaissent pas beaucoup et qui passent un super moment !


Nous parlions tout à l’heure de votre show avec One Ok Rock, dans l’une des plus grandes salles de Paris. Qu’est-ce qui vous a amenés sur cette si grande scène ?

C’était fou ! Nous avons rencontré One Ok Rock sur le Warped Tour 2016, alors qu’ils jouaient sur la scène DJ, face à maximum 50 personnes, et encore ! Personne ne les connaissait, ici. Il y a beaucoup de groupes – nous y compris – qui étaient en mode « C’est qui ces mecs, ils sortent d’où ? » et, un jour, on s’est rendus compte qu’ils remplissaient des stades entiers au Japon. Comment des mecs comme eux pouvaient-ils passer de 50 000 à 50 spectateurs ? Nous sommes devenus amis, ils sont venus nous voir au Japon quand on était en tournée là-bas et on s’est mis une grosse mine dans un endroit un peu chic, et avant que l’on puisse comprendre ce qui nous arrivait, on s’est retrouvés sur une tournée commune ! Ce show à Paris, c’est sans doute l’un des plus gros de toute ma carrière. Je leur en suis éternellement reconnaissant.


Comment imagines-tu votre retour à Paris, du coup ?

J’espère qu’on aura pu gagner quelques fans, quand même ! Les concerts vont être géniaux dans tous les cas. Nous avons une alchimie super-forte en ce moment avec les autres membres, nous n’avons jamais été aussi proches en tant que groupe, en tant qu’amis. Et personnellement, je crois que je n’ai jamais été aussi bien avec moi-même qu’en ce moment. Que vous nous connaissiez déjà ou pas, n’hésitez pas à venir voir ce que ça donne en live, parce qu’on est vraiment en forme olympique, et peut-être qu’on a atteint aujourd’hui notre point culminant, quelque part.


Vous avez déjà repris quelques chansons pop pour Punk Goes Pop… Si tu devais en choisir une nouvelle, laquelle choisirais-tu ?

Ouh… C’est compliqué… [explose de rire] Ah non, attends, je sais ! Il y a cette chanson… Bon, en fait c’est une chanson country, ça marche aussi ? Il faudrait qu’ils fassent un « Punk Goes Country », ce serait d’enfer. Bref, cette chanson s’appelle "Tequila", et on l’écoute en boucle depuis des jours, ou des semaines ! J’ai dénigré la country toute ma vie mais dès la première fois que j’ai entendu cette chanson-là, c’était la révélation. Je me déteste d’adorer cette chanson à ce point-là !


Et si tu devais choisir un autre artiste pour reprendre l’une de vos chansons, quel artiste et quelle chanson choisirais-tu ?

Wow, c’est compliqué ça… Peut-être Austin Post [Post Malone] qui ferait une version acoustique de l’une de nos chansons tristes… Il aura le droit de choisir laquelle en revanche, ce serait déjà un miracle qu’il le fasse ! [rires]


Merci d’avoir pris le temps de discuter avec nous, Andy, et on se voit à Paris !

Oui, rendez-vous à Paris, ne manquez pas cette date !


Pour la forme, voici "What I Am", le dernier morceau en date qui n'avait pas encore été dévoilé au moment de l'interview :



Rendez-vous le 14 octobre 2018 au Petit Bain, où nous pourrons retrouver Crown The Empire 
aux côtés de Volumes et coldrain. Une soirée qui s'annonce très prometteuse, ne manquez pas ça !


Propos recueillis par Laurie B. en face à face. 
Merci à HIM Media, à Becky Kovach et à Kevin Lyman. 




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