mercredi 8 août 2018

Chronique Express : Trophy Eyes - The American Dream

Trophy Eyes n’est pas un groupe du genre à se reposer sur ses acquis et encore plus sur un style. On avait déjà senti une réelle évolution entre Mend, Move On et Chemical Miracle. Le premier beaucoup plus agressif et influencé hardcore mélodique, le second plus travaillé et plus pop-punk dans son ensemble. Les Australiens avaient prévenu sur les réseaux sociaux qu’il fallait s’attendre à tout… sauf à une redite de ce qu’ils avaient déjà pu produire auparavant. Déjà, à l’écoute des singles postés sur la toile, on sentait un groupe au besoin évident de s’émanciper musicalement, et pas effrayer à l’idée de partir vers quelque chose qui leur faisait envie stylistiquement parlant. The American Dream est à la fois pop-punk, rock alternatif, emo-rock, post-hardcore et tout cela pourrait créer un gros bordel sans queue ni tête. Et pourtant, tout coule de source. Il suffit d’écouter "Autumn" pour se convaincre (si on en avait besoin !) de la qualité d’écriture du groupe. On flirte clairement avec le rock alternatif qui pourrait passer en radio sans que l’on y trouve à redire quoi que ce soit. Les choeurs sur "Something Bigger Than This" et "Friday Forever" sont juste indispensables et ces refrains bordel de nom de dieu ! Et vous allez rigoler, mais on pense un peu au cirque de Jared Leto, pardon à Thirty Seconds To Mars, dans une version passée à la moulinette pop-punk bien sûr. Et ça rend super bien. "More Like You" envoie le bois comme le Taking Back Sunday période Where You Want To Be avec les paroles "More like you / Less like Me’" chantées comme une incantation. Le même constat est à faire sur l’irrésistible single "You Can Count On Me" et son refrain en or massif ("Some of my friends sell drugs / but I just sell sad songs / To the ones who fell alone / You can count on me when it all goes wrong"). Et que dire de la performance vocal de John Floreani ? Cela fait bien longtemps qu’un disque de la scène n’avait pas été aussi impressionnant en terme de chant : d’une voix clair digne d’un baryton, profonde et solennelle en passant par une voix claire pleine d’émotions, jusqu’au chant hurlé des prédécesseurs. Et on se rend compte que le traitement de la voix est similaire à celle des instruments. Tout ce que les chansons exigent, le groupe leur donne. Et cette voix est le fil conducteur de cet album, le point d’ancrage qui guide tout le reste. Et l’autre chose, c’est que derrière tous les styles pratiqués, c’est que chaque titre contient son lot de passages hyper catchy qui donnent envie de revenir au disque ("Broken" et la douceur "TipToe" sont des titres cachés de Anberlin et pourraient tout casser en radio). Et pourquoi ne pas finir sur un titre de plus de 6 minutes ? Bah si, soyons fou, allons-y gaiement ! "I Can Feel It Calling" mélange tous les ingrédients des 11 morceaux précédents en un seul et ça fonctionne ! The American Dream est à la fois leur album le plus ambitieux, et aussi contradictoire que cela puisse paraître, c’est aussi leur plus accessible. Et surtout, Trophy Eyes vient de nous pondre un des meilleurs albums sortis en 2018, mené de main de maître de bout en bout. Surprenant, aventureux et absolument indispensable ! 

4,5/5 
Recommandé si vous aimez : Taking Back Sunday, Anberlin, Thirty Seconds To Mars des débuts (des deux premiers albums avant qu’ils ne fassent de la merde en barres)

Guillaume W. 




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