mardi 7 août 2018

Chronique Express : Deaf Havana - Rituals

Heureusement qu’on ne se décide pas sur la vie/l’avis d’un album sur une seule écoute (même si parfois c’est suffisant pour comprendre qu’on y reviendra pas/plus). Après quatre longues années entre Old Souls et All These Countless Nights, Rituals débarque dans nos oreilles seulement 18 mois après son éminent prédécesseur. Et comment dire… Rituals est différent. Au bout de son premier passage, la question qui s’est sincèrement posée était de savoir si un deuxième round allait être envisageable. Pas facile en effet de succéder à un disque ambitieux et héroïque, plein d’émotions et toutes guitares dehors. Ce nouvel album est pop et Deaf Havana tente clairement un all-in avec ces 13 nouvelles chansons. Après une courte intro, la galette démarre pour de bon avec "Sinner" : les guitares sont présentes mais en retrait, le synthé et les voix sont bien mises en avant, les chœurs sont imposants, la production est clinquante au possible. C’est propre, net et sans bavures. Le maître mot de ce disque est la recherche de la chanson pop parfaite. "Ritual" suit le même chemin en arrivant sur des terres beaucoup plus électroniques, toujours très produit, et "Hell" enfonce le clou avec un beat quasi industriel. Trois titres, trois mid-tempo où les guitares arrivent au mieux en deuxième lame, où les refrains sont accrocheurs, mais où on cherche une réelle profondeur, bref, on commence à s’ennuyer poliment. Il faut attendre "Savior" pour retrouver de quoi s’accrocher à ce disque et encore plus l’excellente "Pure", vestiges du passé de Deaf Havana où les guitares sont enfin mises en avant ! Deux superbes refrains plus tard, nous voilà un peu rassurés ! Des influences 80’s font même leur apparitions sur la dernière partie de l’album ("Heaven", la très réussie "Worship") et se termine tout en douceur. Il s'agit  d'un album concept qui se commence en enfer et se termine au paradis. Il ressemble d’ailleurs plus à un disque solo de James Veck-Gilodi que celui de Deaf Havana (la manière de composer totalement nouvelle ou encore le lien très fort entretenu avec le producteur de la galette qui lui a proposé ce challenge) et semble un pari risqué. Malgré tout, sur l’ensemble, Rituals reste cohérent et propose d’excellents morceaux. Mais aussi des morceaux nettement moins percutants. Deaf Havana n’a pas sorti l’album de l’année, c’est évident, mais on n’est bien loin de la déception cuisante (qui l’aurait été ici aussi après une seule écoute, soyons clair) que l’on peut lire un peu partout sur la toile. Les écoutes successives atténuent le côté très homogène de l'album et réussit à retenir l'auditeur. Rituals est différent… pour le meilleur et pour le pire. 

3,5/5 
Recommandé si vous aimez : Lower Than Atlantis, The 1975, Don Broco

Guillaume W.



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