mercredi 27 juin 2018

Live Report : Rock Am Ring (Allemagne) - jour 1 - 01/06/18

Mon dieu, mon 14ème ROCK AM RING… C’est désormais un rituel, cet énorme festival, c’est un peu mon pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ou mon voyage annuel à la Mecque, le truc qu’on ne raterait pour rien au monde, malgré trois dernières éditions marquées par un temps exécrable ou encore une tentative d’attentat qui nous a fait raté Rammstein et beaucoup d’autres l’année dernière (souvenez-vous). Du coup, pour 2018, on se demandait bien ce qui allait se passer : une météorite ? Un tremblement de terre ? L’éruption du volcan inactif d’à côté ? Rien de tout cela heureusement. On vous dit tout de cette première journée du vendredi 1er juin 2018 dans le post complet.

Après les éternels bouchons sur les routes françaises et allemandes, les presque 5h de route au total, le passage à l’hôtel, la récupération de nos pass presse, il est comme d’habitude un peu tard lorsque nous sommes enfin prêts à voir nos groupes préférés et cette fois ce sont le furieux ANDREW W.K. et les metalleux locaux de CALLEJON qui feront les frais de notre retard. Dommage... Surtout pour le premier qui ouvrait le festival à 14h en même temps que la nouvelle sensation rock GRETA VAN FLEET. Mais pas de quoi se morfondre pour autant, la suite a tenu (presque) toutes ces promesses.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu JIMMY EAT WORLD et c’est avec énormément d’enthousiasme que nous assistons à notre premier concert du jour, et sur la grande scène s’il vous plait. Il est un peu plus de 16h et la fosse est déjà bien remplie pour voir les 45 minutes allouées à ce magnifique groupe tout droit venu d’Arizona. Jim Adkins a sorti sa chemise à carreaux, le son est gros depuis le haut de la tribune presse, on note un musicien supplémentaire aux clavier-guitare-backvocals, mais malgré toute l’énergie déployée et donnée au public, le retour de ce dernier se fait attendre.



C’est la triplette de fin de set avec notamment les hits incontournables "The Sweetness" et "The Middle", qui vont réellement faire réagir et chanter l’auditoire. Au final ce fût un très bon moment et le frontman prendra une minute pour venir saluer la foule au plus près en marchant sur une longue avancée, qui servira plus tard pour le show de la tête d’affiche du jour.

setlist : Bleed American / A Praise Chorus / Sure and Certain / Big Casino / Futures / Pain / Work / Lucky Denver Mint / Love Never / Hear You Me / The Authority Song / The Sweetness / The Middle

On descend de notre perchoir (les journalistes ont le droit à un accès spécial et privilégié sur le toit des stands de la grande scène du festival, avec les personnes à mobilité réduite), direction la moyenne scène où BABY METAL vient de terminer de jouer. Du coup ça sera pour une autre fois, j’aurais aimé voir le résultat en live, mais comme dans tous les festivals, il faut faire des choix, et ça ne sera que le début de nombreux dilemmes sur tout le weekend.

Avec presque 10 minutes de retard, JONATHAN DAVIS entre en scène avec ses musiciens vers 17h30, dont Ray Luzier, son collègue batteur de Korn. Background blanc sobre avec les initiales du chanteur, claviers, violons et violoncelle sont de sortie, tout comme le prompteur et la bouteille d’oxygène du célébre frontman. Le public est d’avance conquis tellement Davis sait qu’il est aimé ici, il adore venir au Rock Am Ring (en plus des nombreux shows avec son groupe, nous l’avions d’ailleurs vu aussi ici lors de sa première tournée en solo sous un chapiteau en 2008) et le fait savoir.





Vocalement, rien à dire, musicalement tout est carré et nous prenons plaisir à écouter les morceaux de l’univers moins metal proposé, tout comme ré-entendre "Forsaken", morceau extrait de la bande originale du film La Reine des Damnés sorti en 2002. Luzier aura le droit de nous pondre un joli solo de batterie sur "Basic Needs", avant d’entendre le super nouveau titre "Walk On By", puis enfin le déjà hit "What It Is". Set court mais assez agréable à écouter et ovation pour le Californien. Rendez-vous (normalement) l'année prochaine avec Korn au même endroit !

setlist : Underneath My Skin / Everyone / Forsaken / What You Believe / Final Days / Basic Needs / Walk On By / What It Is


18h35, c’est au tour d’ENTER SHIKARI de faire bouger le public. Les quatre garçons de St Albans sont chauds comme la braise et entrent sur l’intro "The Spark", les photographes sont ultra nombreux pour les shooter, ce qui embêtera un peu Rou, qui s’amusera à les contourner pour finir tout devant, face aux crash barrières. Le frontman est dans une forme exceptionnelle, motivé comme jamais de revenir sur cette manifestation que lui et son groupe adorent. Cette première date de festival retourne littéralement la fosse comparé au set de Davis, en efffet, le public allemand est très friand d’Enter Shikari et il est même étrange de les retrouver sur scène aussi tôt dans cette journée.



Alors que les trois musiciens respectent le code couleur du dernier opus, blanc et turquoise, Rou, coiffé en pétard, tranche avec son haut noir à longues franges indiennes et ses lunettes hippie rondes rouges à la Janis Joplin. On reprochera de pas entendre assez les beats electro des morceaux ni même la basse sur le corsé "Anaesthetist". "The Sights" et "Live Outside" rendent plutôt bien en live (seuls titres qui ressortent vraiment du dernier album...), mais c'est clairement le fameux quickfire medley de 4 titres en 8 minutes qui mettra tout le monde d’accord. Rou ne s’arrête plus de courir d’un bout à l’autre de la scène, torse nu, dansant face à la caméra et venant taper dans les mains des premiers rangs. L’outro "The Embers" retentit, annonçant la fin du spectacle, qui sera sans hésiter la performance la plus fun de tout le weekend.

setlist : The Sights / Solidarity / Anything Can Happen in the Next Half Hour... / The Last Garrison / Undercover Agents / Destabilise / Arguing with Thermometers / Rabble Rouser / Anaesthetist / quickfire medley : Sorry, You're Not a Winner, Sssnakepit (with Hamilton Remix), ...Meltdown, The Jester / Live Outside / The Embers



Après cette bonne compagnie, il est temps d’aller manger un petit truc et de faire un tour sur le site pendant le changement de plateau pour voir les dernières innovations du festival. En fait, rien n’a vraiment changé, la zone centrale n’a plus de piste de danse et de DJ sets, mais concentre une flopée de food-trucks proposants plein de bonnes choses à déguster, allant du sandwichs libanais au burger maison. On y trouve aussi une grande roue, des autos-tamponneuses et un manège à sensation (payant bien évidemment) !

Retour sur la moyenne scène où HOLLYWOOD UNDEAD ambiance ses fans, malgré l'absence de J-Dog, bloqué à Los Angeles à cause de son passeport. Masqués les 10 premières minutes, c’est finalement à découverts que les rap-metalleux américains finiront leur set, à base de hits et autres vannes pourries, notamment quand un jeune (français ?) nommé Antoine (il me semble) prendra la guitare sur "Comin' In Hot". Le pauvre se fera vanner sans comprendre ce qui lui arrive, mais assurera son passage aux côtés de ses idoles. Histoire de se mettre le public dans la poche, le quintet reprendra Metallica, puis Rammstein, mais sans véritablement convaincre. Les premiers rangs sauteront sans hésiter, le reste du public regardera gentiment. Rien de bien inoubliable…

setlist : Whatever It Takes / Undead / Been to Hell / California Dreaming / Renegade / Comin' in Hot / War Child / Enter Sandman (Metallica cover) / Du Hast (Rammstein cover) / Bullet / Another Way Out / Riot / Day of the Dead / Everywhere I Go / Hear Me Now

21h35, le moment certainement le plus attendu de tout le weekend (pour moi) avec le retour d’A PERFECT CIRCLE, toujours sur la moyenne scène, la Crater Stage, notre base du jour ! Cette dernière met du temps à se remplir, d’ailleurs elle ne sera largement pas pleine si on compare à Enter Shikari, et même si la formation californienne n’est pas venue jouer en Europe depuis 14 ans. Le groupe entre sur "Counting Bodies Like Sheep To The Rhythm Of The War Drums", Maynard James Keenan, en costume cravate bleue et perruque aux cheveux longs, et comme d’habitude, en retrait au centre sur une estrade. Le son est aux petits oignons, Billy Howerdel mène la danse, les jeux de lumières sont intenses, tout ça dans une nuit qui s’annonce très humide.



La setlist fera la part belle au dernier album, Eat The Elephant, avec 6 titres tirés de ce dernier, mais les autres albums ne seront pas pour autant oubliés. On sautera de joie lorsque "The Hollow" sera lancé, suivi par un "Weak And Powerless" sublime. Le frontman à la voix irréprochable prendra une minute pour remercier le public pour l’accueil du nouvel album dans le pays (placé N°1 dans les charts à sa sortie) et proposera une version revisitée, presque shoegaze de "3 Libras". Complètement déroutant mais assez intéressant. Un set d’1h15 composé de 14 sublimes morceaux. Comme les autres projets de Keenan (Tool, Puscifer), A Perfect Circle est un groupe à part, une expérience sonore, quelque chose qui dépasse l’entendement. L’un des, si ce n’est le, meilleur concert du weekend.

setlist : Counting Bodies Like Sheep to the Rhythm of the War Drums / Hourglass / The Hollow / Weak and Powerless / Rose / Disillusioned / The Contrarian / Thomas / The Package / 3 Libras / So Long, and Thanks for All the Fish / TalkTalk / The Doomed / The Outsider


22h50, direction les tribunes de la Volcano Stage, pour le retour de THIRTY SECONDS TO MARS. C’est avec beaucoup d’appréhensions, limite à reculons, que nous nous dirigeons vers l'énorme scène, très bien garnie pour l’occasion, où l’on aperçoit de très nombreux drapeaux "triade". Comme dit plus bas, une longue avancée dans la première fosse a été mise en place pour que Jared Leto puisse venir au plus près de ses fans. 23h, toujours rien… Au final, passé l’intro "Monolith", c’est déjà avec 15 minutes de retard que le désormais duo prend place sur l’immense scène quasiment vide. Un écran géant XXL comme unique décor, la batterie de Shannon, et planqué derrière lui, un clavier pour le multi-instrumentiste Stevie Aiello (dont on ne verra jamais le visage…). Jésus entre en scène, vêtu de son désormais traditionnel tapis-poncho, lunettes de soleil vissées sur les yeux, sur "Up In The Air", suivi inlassablement de près par un cameramen tout de noir vêtu, alors que des feux d’artifices verts éclatent sur le toit de la scène vers le ciel.



La foule est ultra réceptive et chante dès le début, mais l’euphorie ne sera que de courte durée (pour moi). Les éternels conversations et autres demandes du frontman vont une nouvelle fois plomber l’ambiance et casser le rythme du show. C’est ne sont pas les ballons géants de "This Is War" qui y changeront quoique ce soit. Sans déconner, hormis les parties de batterie (de plus en plus simplistes) de Shannon et la voix de son frère, tout est (ou semble) enregistré. Quel intérêt de jouer sur une bande son pour un groupe de rock. Après cinq pénibles titres et du bla bla à n’en plus finir - l’épisode pitoyable de la fan russe qui pleure et qui monte sur scène pour faire des calins - nous préférons abréger nos souffrances visuelles et auditives au début du nouveau single et des feux d’articifes de "Dangerous Night" pour aller voir Corey Taylor sur la moyenne scène.



Pour la petite histoire, après vérification, sur les 1h30 de concert prévu, le groupe n’aura joué qu’1h (sans compter les multiples discours donc) et interprété seulement 10 vrais titres entiers. Affreusement faible pour une tête d’affiche et une formation qui compte désormais cinq albums dans sa discographie… Rock En Seine, tu es prévenu ! Clairement la déception du jour et du festival, mais ça c’était presque sûr d’avance. Changer d’orientation musicale, ok, on peut l’accepter, même difficilement, mais se foutre ouvertement de la tête de milliers de spectateurs avec autant de vide, c’est totalement irrespectueux. Dommage, le potentiel était là mais les égos et l’argent ont pris le dessus sur ce qui aurait pu être un des meilleurs groupes de rock de sa génération.

setlist : Monolith / Up in the Air / Kings and Queens / Night of the Hunter / This Is War / Dangerous Night / Do or Die / Hail to the Victor / Pyres of Varanasi / The Kill (Bury Me) / Rescue Me / Walk on Water / Closer to the Edge

STONE SOUR est plus qu’un simple autre projet du chanteur de Slipknot, c’est une véritable machine à tubes et en live, il n’y pas de secret, c’est un rouleau compresseur. Evidemment que Taylor y est pour beaucoup avec sa voix charismatique, mais musicalement la barre est placée très haut. Les musiciens sont irréprochables, notamment Roy Mayorga et son énorme kit de batterie. Nous arrivons sur la deuxième partie de "Say You’ll Haunt Me", unique titre joué de l’album Audio Secrecy.



La plus grosse partie de la setlist sera réservée au dernier né, Hydrograd (2017), et nous pouvons constater que ces morceaux passent haut la main l’étape du live comme "Song#3" ou le final sur "Fabuless" et ses silhouettes gonflables présentes dans le clip officiel de ce dernier. Gros frisson sur le tube rentre-dedans "30/30-150" et séquence émotion avec Corey seul à la guitare pour la ballade "Bother" dont le refrain est repris par toute la foule. Même "Made Of Scars", non jouée en live depuis un bail, sera interprétée. Un super (et vrai) concert de rock énervé !

setlist : Whiplash Pants / Absolute Zero / Knievel Has Landed / Say You'll Haunt Me / 30/30-150 / Bother / Tired / Cold Reader / Rose Red Violent Blue (This Song Is Dumb & So Am I) / Made Of Scars / Song #3 / Through Glass / Fabuless

Il est 1h15 du matin, il fait très frais et on compte sur MARILYN MANSON pour nous réchauffer avant de quitter le site. Là aussi, l’anxiété est autant palpable que l’excitation car on le sait bien, avec le révérend, on peut s’attendre au pire comme au meilleur.
Pour cette seconde date de la tournée européenne, Brian Warner, visage à moitié peint en noir, est très en forme ! Ça fait plaisir de voir un peu de rythme dans un de ses concerts, de plus, le chanteur remplit parfaitement sa tâche, ne rate quasiment pas une parole, et cerise sur le gâteau, ira même jusqu’à parler à plusieurs reprises à son public. Loin de nous la pathétique prestation au Hellfest 2015 par exemple (apparemment ce n’était pas la folie non plus quelques jours plus tard au Download parisien).



La setlist est particulièrement plaisante avec 4 titres d’Antichrist Superstar et le maître de cérémonie fera même preuve d’un peu de zèle en recommençant depuis le début le titre "Deep Six" car il a raté son entrée vocale sur le couplet. Le background change pendant le show mais on est loin de la mise en scène et des déguisements de la grande époque des années 2000. On aurait aussi bien voulu entendre "I Don't Like The Drugs (But The Drugs Like Me)" en entier et pas un simple extrait coincé avant "The Dope Show". C’est avec beaucoup du culot que le groupe quitte la scène sur sa nouvelle reprise, "Cry Little Sister", bande originale du film The Lost Boys paru en 1987, qui n’était pas encore officiellement disponible et qu’il a interprété pour la toute première fois sur scène ce soir-là. 2h30, nous sortons heureux de ce show réussi du groupe de choc-rock culte, qui a prouvé qu’il pouvait encore tirer son épingle du jeu avec de la bonne volonté.

setlist : Irresponsible Hate Anthem / Angel With the Scabbed Wings / Deep Six / This Is the New Shit / Disposable Teens / mOBSCENE / Kill4Me / Rock Is Dead / The Dope Show (+ un extrait de "I Don't Like the Drugs (But The Drugs Like Me)") / Sweet Dreams (Are Made of This)(Eurythmics cover) / Say10 / rappel : Antichrist Superstar / The Beautiful People / Cry Little Sister (Gerard McMann cover)

En se dirigeant vers la sortie, nous passons sans nous attarder par la petite scène qui accueille le DJ français VITALIC, mais vu le temps glacial, il est temps d’aller se reposer pour être d’attaque le lendemain pour la journée chargée du samedi.

Texte : Sébastian D.
Photos : Rock Am Ring / Malika D.

Merci à Katharina Wenisch et toute l'équipe du Rock Am Ring.

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