mardi 20 mars 2018

Live Report : Thirty Seconds To Mars @ AccorHotels Arena, Paris - 14/03/18

Nous attendions ce moment avec autant d’impatience que d’appréhension : ce 14 mars 2018 marquait le grand retour de Thirty Seconds To Mars sur le sol français. Cette fois-ci, rendez-vous était donné à l’AccorHotels Arena de Bercy. Bien sûr, on y était, et on revient sur cette soirée en mots et en images dans la suite du post.


L’Arena est à peine à moitié remplie quand nous arrivons. Il est encore tôt, certes, mais ça nous interpelle quand même. Ce soir, la scène à laquelle nous avons droit d’habitude a disparu, et c’est un énorme cube noir qui est installé dans la fosse. Etrange, à première vue, mais cet écrin d’écrans nous réserve sans doute de belles surprises visuelles.
Une première partie était annoncée à 19h30. Mais sur scène, rien ne bouge, nous avons toujours droit à la musique d’ambiance et autres pubs de Bercy, vidéo promotionnelle sur le "Camp Mars", et c’est seulement aux alentours de 20h40 que la voix off de la salle nous annonce 20 minutes d’entracte. Ah bon. Soit.



Le publie se met à huer ; l’arrivée sur scène de Thirty Seconds To Mars avait été annoncée à 20h45, nous avons dû patienter une demi-heure supplémentaire avant que les lumières ne finissent enfin par s’éteindre. Soit près de trois heures d’attente « pour rien », sans première partie, pour ceux qui étaient là depuis l’ouverture des portes.


Résonne alors l’intro du Monolith Tour. Les écrans qui forment les parois du cube s’illuminent et se lèvent ensuite progressivement, laissant apparaître les tant attendus Jared Leto, son frère Shannon Leto à la batterie et leur acolyte Tomo Milicevic, l’homme-orchestre qui jongle entre guitare, grosse caisse et synthés. Les fans acclament leurs idoles à grands cris, et quand on reconnaît "Up In The Air" et que Jared, aussitôt, se met à tournoyer avec son énorme manteau-plaid-tapis, on sent cette adrénaline qui monte et qui nous rappelle illico les bons moments que nous avons pu passer en compagnie du groupe il y a quelques années de cela.

 
Un petit truc dérange quand même : les moments où Jared préfère tendre le micro à la foule plutôt que de chanter sont un peu trop nombreux. Cela continue ensuite sur "Conquistador", où les « Hey, hey, say a prayer » et tous les « oh, oh, oh, oh » sont exclusivement chantés par le public. L’euphorie provoquée par l’annonce de "Search And Destroy" nous fait oublier ça pendant un instant, mais la réalité nous rattrape bien vite avec "This Is War", où le chanteur laisse les fans faire tout le boulot à sa place.

 
D’ailleurs, les fans ne sont pas dupes et font la grimace. Même si Jared a annoncé qu’il était malade, et que l’on peut bien évidemment comprendre qu’assurer un tel show et une telle cadence est mission impossible… on ne peut s’empêcher d’être déçus.

 
Le groupe présente ensuite son nouveau single "Dangerous Night" au public parisien. Là, Jared ne peut pas utiliser la carte « foule qui chante à ma place », parce que rares sont ceux qui reprennent les paroles en chœur… il se remet donc à donner de la voix, mais au milieu du morceau, il nous demande d’accueillir notre star nationale… Marina Kay. Sous les regards sidérés de milliers de personnes, la jeune chanteuse débarque donc sur scène pour interpréter le dernier refrain avec Jared.


Sa performance est admirable, oui, mais tout le monde autour de nous se pose deux questions : « Comment ? » et « Pourquoi ? » Nous n’aurons pas les réponses, mais il faut dire que ça passe plutôt bien. Petit câlin de fin exigé par le frontman, puis la chanteuse quitte la scène et on peut enchaîner avec l’un des morceaux favoris des fans, "Kings & Queens".

 
Un autre moment qui nous a laissés perplexes, c’est celui où Jared a fait monter un fan sur scène pour envoyer un tweet à Emmanuel Macron. Il demande à l’assemblée de choisir le message à écrire à notre Président, et l’heureux élu a la lourde tâche de le rédiger sur le clavier QWERTY du téléphone de Jared.



Les petites appréhensions et réticences qui ont accompagné les premiers morceaux disparaissent peu à peu : on retrouve le groupe que l’on connaît, mais aussi et surtout sa fanbase surmotivée et ultra-enthousiaste. Celle qui est si bien illustrée dans les clips de Thirty Seconds To Mars, comme "Do Or Die", chanson avec laquelle nous enchaînons d’ailleurs. Les fans scandent les paroles, et cela semble remotiver notre Joker – qui a entretemps fait tomber le tapis qui lui servait de manteau.
Le frontman aux airs de messie rédempteur puise sa force dans les cris du public et occupe tout le rectangle qui sert de scène, zigzaguant entre son frère et Tomo.

 
On calme un peu le jeu avec la reprise "Stay", de Rihanna, et un petit medley comprenant entre autres "Heroes", de David Bowie. Puis nous avons droit à une petite session acoustique un poil déstabilisante : on s’attend à deux ou trois morceaux entiers, mais au lieu de cela, Jared choisit de n’interpréter que des extraits de chansons qui auraient pourtant mérité une vraie place dans ce set. Le chanteur prend d’ailleurs le temps de demander au public ce qu’il a envie d’entendre, et semble s’adapter à ses expectations.


Ainsi, nous avons droit à "Hurricane", un refrain de "From Yesterday", le refrain d’"Attack", une partie d’"A Modern Myth", puis, enfin, "The Kill". On sent que Jared se retient encore un peu (trop), et que du coup, cette session acoustique n’est pas tout à fait ce qu’elle aurait pu être dans des circonstances optimales.

 
Les deux autres musiciens reprennent place sur scène pour "City Of Angels" et l’exceptionnel "Vox Populi", qui rend merveilleusement bien avec la participation du public. Les poings sont brandis, les fans hurlent à pleins poumons. L’enchaînement avec "Night Of The Hunter" semble faire l’unanimité, et personne ne cache son enthousiasme, surtout que l’on sent que la fin du set approche.
Ce set est d’ailleurs clôturé avec le nouveau morceau "Rider", qui est déjà connu de certains fans avertis mais que les autres découvrent ce soir. Bon, on va dire que ce n’est pas ce morceau-là qui marquera notre soirée.

 
Pour le rappel, nous savons déjà vaguement à quoi nous attendre, du coup. Ce sont les premières notes et les premiers « Oh oh, oh oh » de "Walk On Water" qui résonnent dans Bercy et déclenchent de nouvelles acclamations. Puis, Jared demande qui veut monter sur scène, et bien sûr toute la salle lève la main, mais seuls quelques chanceux des premiers rangs pourront rejoindre le groupe pour le dernier morceau, qui n’est autre que "Closer To The Edge".

 
Un beau final pour une soirée un peu inégale et déstabilisante, mais dont on préférera ne garder que le meilleur. Je ne peux m’empêcher d’être un peu déçue du tournant pris par le groupe, et je ne parle pas là d’un tournant musical, mais de cet aspect un peu mégalo de notre Jared Leto préféré. Ses interactions avec les fans sont-elles toujours aussi sincères qu’avant ? Pourquoi cette configuration de scène, qui prive plus de la moitié du public de la vue des deux autres musiciens ?


Pas de quoi débattre pendant des heures, cependant ; comme je l’écrivais quelques lignes plus haut, je ne garderai que le meilleur de cette soirée-là, et mettrai la faiblesse vocale sur le compte de la maladie. C’est toujours un plaisir de revoir Thirty Seconds To Mars, et de communier avec tous ces Echelons qui ont bien souvent fait de longs voyages pour venir voir le groupe. Ce 14 mars, c’était un peu la messe à Bercy, avec un Jésus en guise de curé. Et, bien sûr, on sera là la prochaine fois aussi !

Merci à Nina de Polydor France !

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.






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