vendredi 27 octobre 2017

Chronique : Weezer - Pacific Daydream

Près de 25 ans après leur formation, Weezer reste une énigme. Enfin, plutôt Rivers Cuomo reste une énigme. Obsédé par le Japon, les Beach Boys et la création de la chanson pop parfaite, le groupe a connu un parcours des plus atypiques. L’album blanc (une référence à peine déguisée au White Album des Beatles), sorti en 2016 avait réconcilié les fans de l’album bleu avec Weezer, en sortant très certainement leur meilleur album depuis 15 ans (et Maladroit). Le problème du groupe depuis une dizaine d’années, c’est l’irrégularité de la qualité de leurs
productions. On est plus proche de la réussite de Shaquille O’Neal aux lancers francs en carrière que celle de Stephen Curry, si on veut jouer la comparaison sportive (qui, pour des nerds comme Rivers, est quand même un comble).

Est-ce que Pacific Daydream change la donne, ou au contraire, continue sur la lancée du on-va-attendre-le-prochain-pour-avoir-un-vrai-bon-album ? Si on se base sur les singles présentés avant la sortie de la galette, on penche plutôt pour la réserve et l’attente de l’écoute entière : "Mexican Fender" commence au top, sonne comme du pur Weezer, les riffs, la voix de Cuomo, un texte sur le garçon qui perd la fille, le garçon est triste, un refrain terrible rempli de choeurs et un pont Pinkerton-esque. Allez, ce Pacific Daydream commence super bien. "Beach Boys" continue les réjouissance, très très très (trop?) pop, bourré de choeurs à la Beach Boys justement, mais sans trop de guitares malheureusement, et surtout des passages électro pas du meilleur goût. Et c’est là qu’on met le doigt sur le principal souci de Weezer : l’obsession maladive de Rivers pour écrire la chanson pop radio qui ravagera tout sur son chemin. On sait que le bonhomme a un talent inné pour trouver la mélodie qui fait mouche (il est capable d’en écrire dans son sommeil, c’est une certitude). Mais sincèrement, le groupe n’a pas besoin de ça, surtout à ce stade de leur carrière. Ils n’ont plus rien à prouver et en essayant à tout prix de pondre des hits radio, ils se trouent méchamment : "Feels Like Summer" passera sans problème entre Pink et 21 Pilots (dont le titre est assez proche), mais quel intérêt pour les fans ?

Alors, oui le groupe fait ce qu’il veut, mais donne l’impression de vouloir rester en phase avec le jeune public, sans prendre en compte que ses fans ont grandi et évolué aussi. Du coup, on reste le cul entre deux chaises. Parfois, Weezer retrouve la main : "Weekend Woman", qui aussi bizarre que cela puise paraître sonne comme du Butch Walker, le bonhomme aux manettes de cette album, "QB Blitz" est une balade cheesy mais bien foutue, tout comme "Any Friend Of Diane’s", est une jolie manière de clore la galette. Mais c’est à peu près tout. Entre électro mal venue, une surenchère d’effets, une production au top mais ultra clinquante (Butch Walker écrit et produit pour Katy Perry par exemple), on se retrouve face à un album de Weezer, mais du Weezer sans direction claire.

Le groupe trace son chemin, c’est sa musique, il n’a de compte à rendre à personne. L’évolution n’est pas un mal. Mais Pacific Daydream n’est sûrement pas le meilleur de Weezer et ce n’est même pas un bon album des Californiens. Sauvé de la correctionnelle par quelques très bons titres, l’oreille de la bande pour créer des refrains toujours accrocheurs et le fait d'avoir fait pire (Ratitude par exemple), on reste bien sur le 1/2 annoncé au départ. Bon, l’avantage c’est que du coup, on est presque content et impatient d’écouter le prochain… qui devrait être excellent. A dans deux ans les gars (ou peut-être avant) ! 

3/5 
Recommandé si vous aimez : le Weezer ultra poppy, cheesy et un peu chiant.

Guillaume W. 




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