jeudi 27 avril 2017

Live Report : Parkway Drive + Asking Alexandria + Stick To Your Guns @ Bataclan, Paris - 13/04/17

Jeudi 13 avril 2017. Cette date était sans conteste l'une des plus importantes de l'année, marquant le passage à Paris de l'une des affiches les plus prometteuses de ce début d'année : Stick To Your Guns, Asking Alexandria, mais aussi et surtout Parkway Drive étaient de retour au Bataclan. Une soirée qu'il ne fallait pas manquer !

Ce sont Stick To Your Guns les premiers à monter sur cette scène du Bataclan. Très attendus, ils arrivent face à une salle quasiment pleine alors qu’il n’est que 19 heures, et dès les premiers instants, le pit semble entrer en ébullition.



Comme à son habitude, le frontman ponctue le set de quelques tirades engagées, dont une qui vise directement le public français. Évoquant les élections qui approchent, il supplie les fans de ne pas répéter les mêmes erreurs que les Américains ou les Anglais, et de faire barrage à tout prix à Marine Le Pen. Rien ne justifie la haine de cette « fucking » femme blonde – dont Jesse avait oublié le nom –, et ce discours est applaudi par un public qui semble unanime (reste à savoir si tout le monde a retenu la leçon). 


Mais bien évidemment, le groupe n'est pas seulement connu uniquement pour ses engagements politiques, et nous avons droit à des morceaux explosifs comme "Against Them All", "We Still Believe" ou encore "Amber". Une excellente mise en jambe pour ce qu'il nous attend ensuite !


Arrive l’heure d’accueillir sur scène Asking Alexandria, groupe le plus décrié de cette affiche pourtant prometteuse. Et en effet, le public ne se montre pas totalement ravi de l’arrivée du groupe sur scène : alors que les lumières sont éteintes et que l’intro de leur set résonne dans le Bataclan, on entend davantage de huées et sifflements que d’acclamations. C’est toujours un peu triste de constater un degré de non-tolérance si élevé dans une salle qui, quelques minutes plus tôt à peine, applaudissait à s’en arracher les mains un discours sur l’acceptation des différences.


Toujours est-il que cela ne semble pas déstabiliser les membres d’Asking Alexandria, qui font leur apparition au compte-goutte dans une mise en scène bien maîtrisée. Une fois tous les musiciens en place, c’est au tour du frontman Danny Worsnop de faire une entrée (pas très) triomphale.


Tout de suite, on sent que le groupe n’est plus celui que nous avions pu voir les deux ou trois dernières fois (au Cabaret Sauvage ou au Warped Tour 2015 par exemple). Ce n’est pas juste le chanteur qui change, c’est toute l’ambiance, tout l’esprit ; on a l’impression d’être retombé en 2008, avec attitudes de rockstars et commentaires salaces – et pas très agréables – à la pelle.


Évidemment, Worsnop a toujours cette voix puissante, ce timbre si reconnaissable, mais il semble tellement à côté de ses pompes ce soir-là que l’on peine à reconnaître les chansons tant il ne respecte pas les versions originales. Nous mettrons cela sur le compte de la « fin de tournée », après un mois et demi à traverser l’Europe en long et en large d’abord en compagnie de The Word Alive, puis avec Parkway Drive.


Le groupe interprète des grands titres comme "The Death Of Me", "Run Free", "Moving On" et l’incontournable "Not The American Average" en rappel. Mais aucun extrait de son dernier album, The Black, qui avait pourtant ramené Asking Alexandria sur le devant de la scène avec Denis Stoff.


Chose plutôt étonnante, les musiciens s’accordent des pauses relativement conséquentes entre deux morceaux, quittant parfois la scène, ou s’asseyant quelques instants pour reprendre des forces… Aucun d’entre eux n’est pourtant très vieux, mais encore une fois, après presque deux mois de tournée, la fatigue doit se faire ressentir – et qui sommes-nous pour juger, n’est-ce pas ?


Les fans présents dans la salle se font tout de même entendre, et la fosse finira par ouvrir un moshpit ; nous aurons même droit à un wall of death en fin de set, signe que l’on termine mieux que l’on avait commencé.

Ça m’a toujours fait plaisir de voir Asking Alexandria sur scène, mais ce soir il y a comme un goût amer. La prestation n’était pas mauvaise, mais manquait cruellement de ce punch que le groupe semblait avoir retrouvé avec Denis Stoff les dernières fois que nous les avions vus. Pendant la période « The Black », la renaissance du groupe était flagrante, on avait l’impression de retrouver le panache des musiciens adolescents, on pouvait voir des étoiles dans leurs yeux… Le retour de Danny au sein de ce groupe qu’il avait si vivement critiqué n’est finalement pas si glorieux que ça, la prestance inexistante du chanteur ternissant incontestablement ce set.


La déception fait un peu mal, surtout pour moi qui avais tenté de défendre Asking Alexandria dans leurs changements de line-up ou de direction musicale envers et contre tout. Mais il n’y a pas à dire, c’est vraiment Denis qui avait redonné de la fougue et de l’intérêt au groupe.

Pas le temps de s’éterniser sur cette deuxième prestation, car c’est désormais l’heure d’accueillir Parkway Drive. L’intro de "Wild Eyes" déclenche des cris ultra-enthousiastes dans la foule, et la température semble aussitôt grimper – pourtant, nous n’avons encore une fois pas droit aux effets pyrotechniques. Et, ce que l’on avait pu constater dès l’arrivée dans la salle se confirme désormais : Paris n’aura pas droit à la cage tournante pour la batterie, ni aux plateformes amovibles des guitaristes et du chanteur. Petite déception certes, mais d’une façon ou d’une autre, on sait que c’est là le seul élément qui viendra noircir le tableau de la prestation des Australiens – qui n’attendent même pas la fin du premier morceau pour provoquer une avalanche de confettis sur les fans.



Et on ne croit pas si bien dire : Parkway Drive sont toujours aussi bons et font toujours autant remuer la foule dès les premières notes. Un autre excellent point pour le groupe est qu’il n’y a pas de relâchement au cours du concert, on garde du début à la fin un rythme effréné ; enchaînant tube sur tube. Ainsi, on passe de "Carrion" à "Dedicated", "Vice Grip" puis "Karma" sans que la foule ne laisse retomber l’enthousiasme. Et au moindre signe de faiblesse dans le pit, Winston McCall se hâte de remotiver ses troupes, qui se remettent aussitôt au petit trot.


Le Bataclan se transforme rapidement en sauna. Il fait une chaleur quasi-insupportable dans la salle, qui semble également gêner les membres du groupe, leurs chemises collant à leur peau. Micro-entracte pour les musiciens après Dark Days à cette moitié de set, et l’on reconnait l’intro de Destroyer, titre d’ouverture de l’album IRE. Le public se fait un plaisir de scander les « De-stroy ! » en chœur avec le chanteur.  


Plus tard, le groupe reprend également Bulls On Parade, de Rage Against The Machine, un titre visiblement très connu des fans qui l’accueillent chaleureusement. Après "Swing", les Australiens remercient leur public, puis s’éclipsent alors que, sans attendre, toute la salle se met à hurler le nom du groupe. On en profite néanmoins quelques instants pour reprendre son souffle dans cette étouffante chaleur, et avant de revoir l’ombre de l’un des musiciens revenir sur scène, c’est l’intro de "Crushed" qui annonce le rappel.


Tout le monde semble à bout de forces, mais personne ne veut lâcher l’affaire avant le coup de sifflet final du show. À la fin du morceau, Winston se lance dans un discours émouvant et avisé, dans lequel il rappellera les attentats de novembre 2015 sans évoquer l’horreur, disant simplement : « On sait tous ce qui s’est passé ici, et pourtant vous avez choisi de continuer à vivre, à faire la fête. J’aime la France, je vous aime. » ; « Voir vos sourires, vos beaux visages, ça me donne des frissons ».



Bien sûr, il n’en faut pas plus aux plus émotifs pour verser une larme, mais tout le monde a été touché par cette poignante tirade, et le fera savoir au groupe en entonnant une Marseillaise. L’hymne national est repris par l’ensemble de la foule, et les Australiens semblent s’en sentir honorés. Un très beau moment d’unité dans cette période qui pourtant divise tout un peuple.


Mais il est temps de revenir au cœur du sujet : l’heure est venue de dire au revoir à Parkway Drive avec un dernier morceau, l’entraînant Bottom Feeder. Encore une fois, Winston demande aux fans de faire remuer la fosse – et n’a aucunement besoin d’insister.


Après une dernière pluie de confettis, le titre touche à sa fin, et le groupe s’incline face à ce public exemplaire. Comme à chaque fois, Parkway Drive sont reçus à Paris comme des patrons, et ils savent nous livrer, en retour, un show complétement décoiffant qui se retrouve à coup sûr dans notre Top 10 des meilleurs concerts de l’année.
Au final, nous n’avions même pas besoin de toutes les installations scéniques pour en prendre plein les yeux. On ne se lasse pas de Parkway Drive, et ils nous ont prouvé une fois de plus qu’ils étaient non seulement un groupe hors du commun, mais aussi des showmen ultra-professionnels et, surtout, très talentueux.


La déception ressentie pendant le set d’Asking Alexandria est comme gommée par la performance qui a suivi, et le set de Stick To Your Guns, aussi puissant qu’il ait pu être sur le moment, semble lui aussi déjà très loin, tous deux ayant été supplantés par l’ouragan australien.


Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M. 

Merci à Ninon d'Alternative Live !




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