mardi 4 avril 2017

Live Report : In Flames @ La Laiterie, Strasbourg - 28/03/17

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Mardi 28 mars dernier, la formation suédoise In Flames investissait la grande salle de La Laiterie de Strasbourg pour un concert sold-out. Comment résumer cette soirée ? Au moment où j’écris ce texte, je ne sais toujours pas si j’ai assisté à un bon ou un mauvais concert du groupe nordique, et je pense que je ne le saurai probablement jamais. Explications.

La salle est déjà bien pleine (et chaude !) lorsque j’entre vers 20h20 dans ce haut lieu du Grand Est, composée d’habitués, mais surtout d’un public allemand très fortement représenté (comme c’est souvent le cas pour les concerts de metal par chez nous). A l’image de l’affiche et du nom de la tournée « In Our Room, An Evening With In Flames », la scène est agencée de façon un peu différente de ce que l’on peut voir d’habitude. On sent que le groupe a voulu proposer quelque chose de nouveau à son public et c’est dans un décor quasi-théâtral que le concert va se dérouler. Imposants luminaires au plafond, énormes rideaux tombants, lumière tamisée plus bas, une étagère, un canapé en cuir et sa table basse (faite de casiers de bières) à droite, la batterie à gauche devant une sorte de pentacle lumieux, quelques accessoires déco, une plante et un frigo sur scène, pour un accès rapide aux bières fraîches. Tout à été pensé pour que le groupe oublie presque d’être sur une scène devant un public, et c’est peut-être là le souci… D’où l’absence aussi de « vraie » première partie ce soir-là vu la configuration de la scène.

20h45, 4 musiciens classiques (2 violons et 2 violoncelles), prennent place au centre du décor et vont, en guise d’introduction, reprendre, un peu comme savent très bien le faire Apocalyptica, 35 titres de la discographie d’In Flames. Chalenge compliqué mais pari réussi, en 15 minutes, les talentueux virtuoses ont enchaîné les tubes de leurs hôtes de tournée, devant un public à la fois scotché, mais surtout très impatient d’entendre du metal.

21h, les membres d’In Flames arrivent tranquillement sur scène, arborants de larges sourrires aux lèvres, sans artifice, saluants le public, qui se manifeste bruyamment, alors qu’au même moment, un homme muni d’un tableau se poste en arrière-plan, derrière le canapé, et commence à peindre.
Le groupe entame "Alias", morceau datant de 2008, qui fait son effet dans la salle. Poussé par l’engouement suscité par ce premier morceau, c’est avec "Before I Fall", une nouvelle chanson tirée de Battles, le dernier album du groupe paru en novembre dernier, qu'il continue son set. La réception de ce dernier est plutôt bonne malgré l’accueil plus que mitigé de l’album, qui a une fois encore, déçu bon nombre de fans, car trop « grand public » dirons-nous. Un album très moyen et des gros changements de line-up n’arrangent pas les choses, mention spéciale au bassiste de remplacement, Håkan Skoger, compagnon de route du chanteur au sein de Passenger, qui, même si il est bon dans son interprétation, fait vraiment tâche avec ses poses pataudes, genou rivé sur son retour.

Après le troisième morceau, "All For Me", la tension retombe un peu, voire carrément. Le chanteur Anders Fridén se lance dans un speech interminable pour dire qu’il est content de nous voir, que nous allons vivre quelque chose d’étrange ce soir et qu’il se fout royalement de tous les commentaires négatifs à l’égard de son groupe. Il en profitera aussi pour inviter un fan et sa femme à venir assister au concert depuis le canapé, tout en sirotant des bières du pays. S’en suivra un autre dialogue autour de cette personne, qui, même s’il était plutôt drôle, à tout simplement plomber le concert. La copine de ce jeune homme se fera un plaisir de fangirl en se jetant littérallement sur tous les musiciens.

Le groupe reprend et on a le droit à "Moonshield" et "The Jester’s Dance", deux anciens titres issus de The Jester Race (qui vient de fêter ses 21 ans…), avant que toute la fosse ne se secoue sur le hit "Only For The Weak", un des meilleurs moments du show. La performance du groupe est jusque-là plutôt bonne, les deux guitaristes sont ultra-souriants, font des blagues, Björn Gelotte, caché sous sa casquette et sa capuche, manie parfaitement son manche et ses solis, mais cela va se gâter, pas au niveau musical, mais au niveau de l’ambiance.

Alors personnellement j’aime assez le classique, j’peux écouter des string quartet tribute sans souci, ou même les plus grands compositeurs, mais lorsque les roadies installent des tabourets et que les 4 virtuoses reviennent sur scène, beaucoup dans la salle ont probablement eu le même sentiment que moi, avec plus ou moins de retenue. "Like Sand" et "In My Room", déjà peu connues (car provenants du dernier album), deviennent presque pénibles en acoustique, mais encore une fois cela ne dérange pas le groupe qui enchaîne en se moquant d’un spectateur qui s’exclamera à plusieurs reprises : « We paid for metal » (« Nous avons payé pour du metal »). Une expression qui finira peut-être un jour en tant que slogan sur un t-shirt du groupe...

Comme se le demande si bien Fridén, chose géniale ou totalement ratée, c’est avec une reprise du méga-hit "Hurt" de Nine Inch Nails que le groupe essaye de remotiver son public. Certains chanteront les paroles, d’autres se demanderont de qui il s’agit... Résultat correct mais pas de quoi nous faire monter les poils. Ca fait déjà 3 titres en version débranchée et ce n’est (malheureusement) pas fini, la chaleur n'aidant pas à nous faire apprécier cet instant. "Through Oblivion" et "Dawn Of A New Day" auront aussi le droit au même traitement.
Le concert a débuté depuis plus d’une heure maintenant et le constat n’est pas des plus reluisants. Pas mauvais, juste dénué de rythme et haché par beaucoup trop de bla bla, ce qui fera bouger pas mal de monde dans la salle, préférant aller chercher une bière fraîche, faire pipi, fumer un clope ou tout simplement reprendre quelques bouffées d’air frais dans le hall. Au passage j’en profite pour dire que je ne comprendrai jamais tous ces gens qui ne font que bouger pendant les concerts, monter, descendre les gradins, etc… (je ne parle même pas de ceux qui jouent à Candy Crush ou surfent sur leurs téléphones) Si vous ne tenez pas en place 2h, ne venez pas faire chier les autres spectateurs dans les salles, restez chez vous devant YouTube !

Du coup, sur scène, les deux nouveaux musiciens, le batteur et le bassiste, sont cantonnés à squatter le canapé une bonne partie du temps, alors que derrière eux, l'artiste continue sa toile. Toile qui sera vendue aux enchères à la fin du concert, comme chaque soir de la tournée, et les fonds reversés à une association pour les enfants. Le violoncelliste salue la foule, ce qui laisse le temps aux autres de reprendre les instruments électriques est de lancer "Come Clarity", attendue de tous.

La fosse se lâche, après tant de patience, le pit est déchaîné, quelques spectateurs slamment, même si on sent que Fridén galère un peu au chant sur les passages les plus criés, et c'est naturellement avec le nouveau single "The Truth" que les Suédois continuent. La bande-son envoie les chants d'enfants, le public scande le refrain avec ferveur, étonnant pour un titre récent et à l'opposé de toutes les compositions passées du quintet, plus proche d'un Bring Me The Horizon (version 2015) que de leurs morceaux death-metal mélodique.

Lorsque le hit "Cloud Connected" retentit, toute la salle exulte et chante sur ce morceau incontournable de la discographie du groupe. On sent que la fin approche (déjà), surtout que "The Quiet Place" est balancée dans la foulée. On retrouve le sourrire et on se dit qu'on va avoir le droit à une fin de concert metal burnée, mais il n'en sera rien puisque la bande ne trouvera rien de mieux que de finir son set avec "The End" et "Wallflower", deux autres nouveaux titres...

A la fin de ce dernier (et long, trop long) titre, les musiciens s'avancent et saluent les spectateurs, distribuants médiators et autres baguettes de batterie. Les lumières se rallument et c'est sans rappel, un peu déboussolés, que la salle se vide doucement.
Vous l'aurez compris en lisant ce texte, ce n'était pas LE concert d'In Flames, la soirée inoubliable, la tournée à voir absolument. Les Suédois ont (encore) pris un risque en proposant un show mi-électrique, mi-acoustique, et cela sans prévenir au préalable les spectateurs, troquant leurs habituels effets pyrotechniques pour un show théatral avec beaucoup de temps morts et de discussions parfois amusantes, mais qui auront au final déservies la soirée. Sur les 2h, le set musical (hors medley) n'aura aproximativment duré qu'1h20 grand maximum (à 30€ la place et sans première partie !).  De plus, une flopée de titres phares manquent à l'appel de la setlist, comme "Deliver Us", "My Sweet Shadow" ou encore l'excellente "Take This Life". Vraiment dommage !
On les retrouvera cet été dans de nombreux festivals, mais il faudra revenir à quelque chose de plus « conventionnel » pour ne pas les voir spliter d'ici quelques mois...

Hebergeur d'imageTexte : Sébastian D.

Merci à Céline et Live Nation

Setlist :

intro medley classique (15 min)

metal :
1. Alias
2. Before I Fall
3. All For Me
4. Moonshield
5. The Jester's Dance
6. Only For The Weak

acoustique :
7. Like Sand
8. In My Room
9. Hurt (Nine Inch Nails cover)
10. Through Oblivion
11. Dawn Of A New Day

metal :
12. Come Clarity
13. The Truth
14. Paralyzed
15. Cloud Connected
16. The Quiet Place
17. The End
18. Wallflower




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