mercredi 5 avril 2017

Interview : Merge

AlternativNews s’est entretenu avec Tim, le bassiste du groupe de rock alternatif parisien Merge. Entretien à lire dans l’article complet, accompagné de la première version acoustique du morceau "Ineffable" !

Commençons par parler de Merge, vous êtes un groupe qui a déjà plusieurs années à son compteur. Comment est né ce projet ?

Et bien je ne suis pas le mieux placé pour t’en parler dans la mesure où je suis la dernière pièce rapportée du groupe mais je vais faire de mon mieux ! C’est Julien (guitariste) qui a formé Merge fin 2011. Il est allé voir Underoath en concert cette même année et eu ce déclic, cette envie de lui aussi de pouvoir jouer avec son groupe ! Il a donc contacté ses amis afin d’aboutir au premier EP du groupe, Transmission.

Tu n’as rejoint le groupe que récemment, comment s’est passée ton intégration ? Pourquoi avoir décidé de rejoindre la formation ?

J’ai effectivement rejoint le groupe il y a moins d’un an ! Lorsque je jouais encore dans Straightaway nous avions partagé une date avec Merge au Backstage à Paris et depuis cette date, avec Julien nous avons toujours gardé contact. Merge m’avait mis une sacrée claque ce soir-là. Sans projet musical depuis un moment, lorsque j’ai appris que les gars recherchaient quelqu’un à la basse j’ai direct envoyé un message à Julien afin de savoir s’il était possible de me présenter aux auditions. Il en a profité pour me présenter la nouvelle direction musicale du groupe qui m’a vraiment énormément plu, du coup tout s’est fait assez naturellement !

Merge a une actualité assez chaude depuis quelques mois : tournée en Europe avec Don Broco, album, album acoustique… Peux-tu nous parler de tout ça ?

Lorsque j’ai rejoint Merge, les gars avaient déjà commencé à travailler sur l’album depuis un bon moment. L’arrivée de Max quelques temps auparavant a confirmé la nouvelle direction musicale et a laissé place à l’expérimentation, sans se fixer de limites. On adore tous composer, on s’envoie beaucoup de démos, on échange dessus et on avance de cette façon !
Pendant la composition d’Ineffable on a eu l’occasion de tourner avec Our Last Night et Being As An Ocean, ce qui nous a permis de tester ces nouveaux morceaux en live et de nous donner de nouvelles idées afin de finir cet album ! La composition finie, l’opportunité s’est présentée de tourner avec Don Broco qui est un groupe que nous aimions tous énormément ! C’était vraiment une superbe expérience, partager la scène avec eux pendant 3 semaines à travers l’Europe, on a vraiment beaucoup appris !
Concernant les morceaux acoustiques, on a décidé de reprendre 3 morceaux d’Ineffable et de les revisiter. Toujours dans l’esprit d’expérimenter et de repousser nos limites, c’était super intéressant en tant que groupe de se plier à cet exercice. On espère que le résultat plaira !

Merge a à son compteur 2 albums et un EP. Cependant, votre dernier album Ineffable a un son bien différent de ses prédécesseurs : bien plus mélodique, beaucoup moins violent. Qu’est-ce qui a motivé ce changement de direction ?

D’une oreille extérieure, n’ayant pas encore rejoint le groupe à cette période j’avais déjà constaté un changement à la sortie du single "Sacré Cœur". L’arrivée de Max a elle aussi permis d’affirmer cette nouvelle direction. L’envie de tous était de plus aller vers la mélodie et Max avait de son coté envie d’arrêter le scream donc, voici le résultat !

Vous êtes un groupe qui a largement changé son line-up depuis sa création : votre chanteur Max (ex-chanteur de Crown Cardinals), toi-même, Charly qui vient de quitter le groupe… Comment ces départs et arrivées ont influencé le son de Merge ?

Il est extrêmement compliqué de conserver un line-up indemne, garder une motivation et priorité commune pour les cinq personnes du groupe. Le changement de chanteur est quelque chose d’extrêmement délicat, évidemment, mais comme j’ai pu te l’expliquer plus tôt, Max a vraiment permis de confirmer la nouvelle direction musicale prise par le groupe. On est tous vraiment fiers de notre nouvel album ainsi que de l’évolution du groupe malgré les hauts et les bas que tu viens de soulever et qui font parti de la vie d’un groupe !

D’ailleurs, en parlant de Charly, vous avez déjà trouvé quelqu’un pour le remplacer ?

Comme Charly l’a lui-même expliqué, il avait besoin de prendre un peu de recul et de s’occuper de lui. On l’aime toujours comme notre frère et on essaie toujours de se voir et prendre des nouvelles régulièrement. Nous savions qu’il allait quitter le groupe et respectons sa décision. De notre coté, on fait du mieux possible pour continuer à avancer !



Pour revenir sur les sonorités de Merge, vous ayant vu jouer avec Don Broco, vous avez principalement défendu Ineffable. Il me semble que le seul morceau qui n’est pas du disque c’est "Sacré Cœur". Avez-vous vraiment décidé de tirer un trait sur le passé ou on peut entendre d’anciens titres lors de vos concerts en headline ?

On ne joue effectivement plus que des morceaux d’Ineffable ainsi que le single "Sacré Cœur" ! Non pas une question de tirer un trait sur le passé mais plutôt que cela ne nous correspond plus aujourd’hui ! Lors de notre release party à la Flèche d’Or le 2 décembre dernier nous avons rejoué "Joy Illusion" sur laquelle Anthony (l'ancien chanteur du groupe) est venu nous rejoindre, c’était vraiment super. Je ne suis personnellement pas contre en rejouer de temps en temps car j’avais beaucoup aimé Elysion mais en terme de cohérence de set, il est actuellement compliqué de confondre les deux albums.

Ineffable est sorti en full-indé contrairement à Elysion qui était produit sous Red Cord Records. Pourquoi ce choix ?

L’industrie de la musique ne cesse d’évoluer aujourd’hui. On peut attendre d’un label de soulever les fonds pour la production de ton album, la réalisation des clips qui viennent l’illustrer etc. Nous concernant, tout avait déjà été fait et nous sommes fiers d’en être arrivés a ce point. Il nous a paru normal d’aller jusqu’au bout des choses et d’être en auto-prod jusqu’au bout.

Vous avez annoncé la sortie d’un EP acoustique. A quoi peut-on s’attendre ? Une édition acoustique d’Ineffable ? Des morceaux inédits ? Un mix de plusieurs morceaux de votre discographie ?

Acoustics, qui devrait voir le jour courant avril, est une revisite de 3 morceaux d’Ineffable en version unplugged. On a aimé se mettre en danger lors de l’écriture d’Ineffable et on a trouvé intéressant de repousser nos limites à nouveau en se prêtant à cet exercice de ré-adapter nos morceaux en acoustique. Nous avons pris un réel plaisir à réaliser cet EP, on espère que cela vous plaira et pourquoi pas continuer avec le reste de l’album !

Tu as, en dehors de Merge, de nombreuses activités. Tu es ingé son et tour manager pour Polar, on a pu te voir officier, dans différents rôles, avec The Prestige, Straightaway, Jackie Palmer, Shuffle… Comment gères-tu tout ça ?

Comme le reste des personnes du groupe, nous avons tous un travail à coté et on fait notre maximum afin d’assurer les deux à la fois ! Travailler en freelance est souvent assez compliqué je dois admettre, mes dates de tournée doivent correspondre mais jusque-là on arrive à gérer tout ça au mieux ! Je remercie au passage Kaz, Max et Julien de leur patience !

Penses-tu que ces différentes casquettes peuvent apporter à Merge ? Est-ce que ton métier de Tour Manager vous aide à mieux appréhender des tournées ?

Cela fait maintenant près de 6 ans que Merge tourne donc c’est aussi ce qui m’a plu en rejoignant ce projet, tout le monde est très professionnel au sein du groupe. Ils ne m’ont pas attendu pour savoir comment appréhender les tournées, mais ça les a peut-être, eux, par contre, rassuré de savoir que j’étais habitué à tout ça aussi en les rejoignant !
Concernant les différentes casquettes, je fais de mon mieux pour justement bien rester à ma place. Je remercie d’ailleurs Aurélien (notre technicien son) ainsi que Marine (notre Tour Manager) pour leur gentillesse, patience et investissement. Aurélien est un ami de longue date et c’est un réel plaisir de travailler avec lui, on fonctionne de façon assez similaire donc c’est plutôt pratique. Lors des installations de plateau etc. on est bien content d’être deux techniciens pour être rapide et efficace !



En plus de ça, on peut t’entendre parfois sur Oui FM, dans l’émission Bring The Noise (dans laquelle on a pu intervenir quelques fois), et tu mixes également les sessions acoustiques qui sont faites à la radio. De ce fait, tu connais et suis pas mal de scènes musicales, y a-t-il musicalement quelque chose qui t’a surpris dernièrement ?

J’ai toujours adoré découvrir et m’intéresser au groupes émergents, je remercie Aurélie de m’avoir proposé de rejoindre cette équipe il y a quelques années et de me laisser parler de tout ca ! Les sessions acoustiques sont elles principalement le midi et dans un autre registre, plus généraliste, moins extrême musicalement parlant, donc c’est très intéressant de se diversifier.
Je n’ai rien qui me vienne à l’esprit tout de suite concernant quelque chose qui m’aurait surpris dernièrement !

Aujourd’hui, notre scène française semble beaucoup moins fournie qu’il y a 6-7 ans où des groupes comme Early Seasons, Back On Earth ou encore As They Burn existaient encore. Penses-tu qu’il y a eu à cette époque une sorte d’élan qui a motivé tout le monde comme la signature des Betraying The Martyrs chez Sumerian, les Chunk! No, Captain Chunk! qui se sont exportés aux Etats-Unis ?

Il n’est donné qu’à très peu de monde d’arriver à vivre de sa propre musique, c’est aujourd’hui quasiment impossible. Monter un groupe et l’emmener le plus loin possible demande énormément d’investissement, et de la part de tous les membres du groupe. On a tous besoin de payer notre loyer à la fin de chaque mois et de manger chaque jour. Réussir à accorder les emplois du temps de 3,4 ou 5 personnes en même temps sur le long terme peut s’avérer compliqué. Je suppose que c’est ce qui arrive à la plupart des groupes qui doivent arrêter.
Il est vrai qu’il a longtemps été compliqué d’être crédible en tant que groupe français pour s’imposer sur la scène métal. BTM et Chunk! ont renforcé notre fierté de faire la musique que l’on aime tout comme des groupes comme Gojira le font !
Je ne dirais pas que la scène est moins fournie aujourd’hui néanmoins, j’aurais même tendance à t’orienter vers les groupes provinciaux qui commencent à faire de plus en plus de bruit comme Uneven Structure ou encore In Arkadia par exemple et c’est vraiment encourageant.
C’est triste mais la plupart des groupes, lors d’un passage français, vont trop souvent privilégier un passage parisien profitant donc aux locaux de partager la scène avec eux. Je pense que cela demande aux groupes qui viennent de loin de faire preuve d’encore plus de détermination et c’est super de voir que cela fini par payer pour eux !


Quand on voit les groupes français qui existent aujourd’hui et qui font le bonheur de notre scène nationale, on remarque beaucoup plus d’originalité qu’alors Betraying The Martyrs est certes resté dans ses cordes, mais Merge vous avez complètement changé de style, Novelists a apporté une grande touche mélodique au metal français, Paerish a ramené un style assez inédit chez nous… Est-ce que tu crois que cette originalité, cette diversité des styles est nécessaire à la survie de notre scène ? Que si tout le monde s’engage dans le même courant musical on se tire une balle dans le pied ?

Je suis vraiment ouvert musicalement et mettre les groupes dans des cases me fait souvent rire plus qu’autre chose ! Je ne suis pas très fan de mettre des étiquettes sur chaque potentiel, style, déclinaison de courant. Je préfère te dire que j’ai trouvé que le nouveau BTM, The Resilient, est un excellent album, je sais que Novelists nous prépare un joli petit nouveau avec quelques surprises et que les copains de Paerish ont eux aussi marqué beaucoup de points avec leur album Semi Finalists. Il est important de jouer la musique que l’on aime sans se poser beaucoup plus de questions. Si un album est bon, il est bon, peu importe le courant musical.

Est-ce que le succès de ton groupe, mais aussi de ceux cités précédemment (notamment Paerish qui a tourné avec Sum 41), permet de redonner du crédit aux groupes français ?

Je n’aurais pas la prétention de dire ça. Je suis content de voir qu’on est plusieurs copains à faire tout notre possible pour aller de plus en plus loin. Comme dit précédemment, des groupes comme Gojira, BTM ou encore Chunk! (parmi tant d’autres) ont réussi à pousser des portes fermées, on a envie d’y croire. Paerish, en ouvrant pour Sum41 pendant un mois à travers l’Europe en étant en auto-prod, nous ont encore récemment prouvé que rien n’était impossible !

Enfin, même si vous venez de sortir votre album, commencez-vous déjà à travailler la suite ? Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter dans l’avenir ?

On est effectivement en train de travailler sur un potentiel troisième album. On adore composer donc, tant que ca vient ! On ne sait pas encore vers où on va mais c’est ce qui est super intéressant là tout de suite !
Ce que tu peux nous souhaiter ? Un maximum de dates en 2017, ca serait super !

Merci Tim !

Merci à toi !

Interview réalisée par Axel G.

Sortie du EP acoustique 3 titres ce vendredi 7 avril 2017

(1. Ineffable 2. Bloodstream 3. Soaring) précommandes ici




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