lundi 13 mars 2017

Live Report : Circa Survive + mewithoutYou + Turnover @The Warfield, San Francisco (US) - 20/02/17

J’arrive un peu en retard au Warfield Theater en ce début de soirée légèrement frisquet du lundi 20 février et Turnover sont déjà en train de jouer "Humming", qui semble être la deuxième chanson de leur set. Comme il y a un peu plus d’un an, le quatuor se concentrera uniquement sur leur dernier album, Peripheral Vision, marquant définitivement leur abandon de l’emo-punk des débuts. Difficile en effet d’imaginer Austin Getz soulever d’un coup la foule sur "Like Slow Disappearing" ou "Hello Euphoria".
Le bassiste Danny Dempsey est le membre le plus actif sur scène, c’est dire ! Et alors qu’ils jouent l’une de leurs dernières chansons en date, "Humblest Pleasures", on se dit que le frère jumeau de Peripheral Vision ne saurait plus tarder ! Le public réagit néanmoins très bien et alors que leur set se termine, j’arpente le théâtre qui fait salle comble ce soir. L’endroit évoque un théâtre italien avec un décor presque rococo et possède certainement l’une des plus grandes capacités de la scène underground de la Baie. L’arrangement en plusieurs semi-niveaux rend cependant la fosse très petite et limitera fortement l’activité du public durant la soirée.


C’est au tour de mewithoutYou d’investir la scène, et je devrais plutôt dire envahir ! Aaron Weiss envoie le pâté sur "Red Cow" en finissant son chant phrasé par des rugissements des plus sauvages. Le chanteur vit ses textes ("C-Minor", "February", "1878") et les retranscrit en gesticulant partout sur scène, s’écroulant de temps à autre lorsque son spoken word se fait moins agressif. Les musiciens ne sont pas en reste, la folie étant contagieuse au sein du groupe ! Le second frère Weiss et l’autre guitariste Brandon Beaver s’agitent dans tous les sens, portés par le rythme implacable du batteur ("O", "Porcupine"), avant de terminer sur l’intense "Rainbow Signs". Moi qui ne connaissais pas bien mewithoutYou, je fus comblé avec un set parcourant l’ensemble de leur discographie en une petite heure de folie créatrice !


On prépare ensuite la scène pour les héros de la soirée, qui se proposent de jouer dans son intégralité un album désormais culte, ayant sans nul doute influencé la scène emo vers des sonorités plus progressives (bien que votre serviteur lui ait toujours préféré ses deux successeurs, oui c’est dit) !


Deux ballons à l’effigie de celui de l’album sont gonflés dans le noir tandis que les artistes en profitent pour s’installer, et lorsque les premières notes de "Living Together" se font entendre, une explosion de petits papiers les accompagne. Le public suit bien les premières chansons mais c’est vraiment sur l’excellente "The Difference Between Medicine And Poison Is In The Dose" que les choses prennent un autre tournant, sieur Green étant dans une grande forme. Comment cet homme peut-il autant gesticuler et sortir des notes aussi incroyablement hautes ?! Même s’il laissera de temps à autre le public (tenter de) compléter ses phrases, sa maîtrise technique est des plus impressionnantes, d’autant plus qu’il arpente sans cesse la scène, ici relativement grande !


L’avantage du live est également de faire ressortir la session rythmique, tout de même très étouffée sur l’album par la production de McTernan. Steve Clifford impressionne ainsi derrière ses fûts, par exemple sur la complexe "Mandala". Green dédie ensuite "Travel Hymn" au public, rappelant que son écriture fut influencée par les rencontres en tournée. "1,000 Witnesses" est ensuite ingénieusement placée au milieu de la tracklist originelle de On Letting Go, et le quintet réchauffe rapidement la foule. A noter d’ailleurs que la 2ème B-Side qui apparaitra plus tard, "The Most Dangerous Commercials", envoie tout comme sa consœur plus le bois que le reste de l’album. On atteint néanmoins le point d’orgue du concert sur l’enchainement de "Semi-Constructive Criticism", "Kicking Your Crosses Down" et le fameux morceau titre. Le live rend toute leur puissance à la première et dernière chanson, tandis qu’Anthony nous berce de sa voix angélique sur la seconde. "Carry Us Away" portera quant à elle bien son nom sur son dernier tiers, alors que même la foule au premier étage se lève. Assez classique dans ses interventions, Green nous confie à quel point il ne peut exprimer sa gratitude et fait quitter le groupe une première fois sur "Close Your Eyes To See". Après une courte attente, le quintet revient pour jouer le titre de clôture "All Your Friends Are Gone", chéri de part et d’autre de la scène.


Circa Survive nous quittent sur une dernière explosion de sons et de petits papiers, à l’image de la beauté fragile et éphémère du moment.

Texte & Photos : Benoît D.

Setlist Circa Survive :
01 Living Together
02 In The Morning And Amazing...
03 The Greatest Lie
04 The Difference Between Medicine And Poison Is In The Dose
05 Mandala
06 Travel Hymn
07 1,000 Witnesses
08 Semi-Constructive Criticiscm
09 Kicking Your Crosses Down
10 On Letting Go
11 Carry Us Away
12 The Most Dangerous Commercials
13 Close Your Eyes To See
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14 Your Friends Are Gone




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