lundi 6 février 2017

Live Report : The Pretty Reckless + The Cruel Knives @ Bataclan, Paris - 26/01/17

Voici une affiche qui a comme un air de déjà-vu : souvenez-vous, en octobre dernier, nous avions vu The Pretty Reckless au Divan du Monde. Le groupe était alors accompagné des Britanniques de Heaven’s Basement qui présentaient leur nouveau chanteur au public, et qui entre temps ont délaissé ce nom là pour repartir de zéro, avec un petit changement de line-up au passage, pour devenir The Cruel Knives. Mais ce qui change radicalement de la dernière fois, c’était le lieu. Ce concert a lieu au Bataclan, et nous n’y avions pas remis les pieds depuis 2015.

C’est au moment d’entrer dans la salle que l’émotion est la plus forte, que l’on revoit cette scène, ce balcon, ces poteaux que l’on connaissait par cœur et qui ont ce soir une apparence nouvelle. Le concert est sold-out, et il semble évident que chaque fan présent pense à la même chose en attendant le groupe de première partie.

À l’extérieur, la file d’attente semble infinie et avance tout doucement. Le concert commence plus tard que prévu si l’on en croit les horaires communiqués par les organisateurs, mais la salle est à peine à moitié remplie au moment où The Cruel Knives fait son entrée sur la scène du Bataclan. Les musiciens en veulent, on le sent dès les premières secondes, et leur dynamisme est communicatif. À la guitare, l’ultra-charismatique Sid Glover est toujours aussi impressionnant, et au chant, on se fait un plaisir de retrouver pour la deuxième fois Tom Harris et sa voix claire.

Le changement de nom n’a évidemment rien enlevé au talent des musiciens, qui repartent ainsi sur de nouvelles bases tout en conservant les valeurs sûres qui ont fait leur succès par le passé. Tom n’hésite pas, à de multiples reprises, à solliciter le public parisien, s’adressant aux fans entre deux chansons sans se soucier du temps qui s’écoulait.
Des morceaux comme "Kill The Messenger" sont déjà connus par une partie du public, et on reconnaît également "Crawl", dernier morceau de ce set d’un peu plus d’une demi-heure, qui avait été présenté en octobre dernier au Divan du Monde, alors que le groupe s’appelait encore Heaven’s Basement. Et comme à chaque fois – on ne perd pas les bonnes habitudes – Sid Glover fait tomber le haut, nous faisant profiter de ses abdos parfaitement dessinés.


Le groupe quitte la scène sous des applaudissements nourris et très mérités. Le changement de plateau est plutôt rapide et, une bonne vingtaine de minutes plus tard, les lumières s’éteignent à nouveau. Des silhouettes bougent prennent place sur scène, et on a une étrange impression de déjà-vu ; l’intro est la même depuis un sacré bout de temps maintenant, Taylor Momsen fait toujours encore son entrée vêtue d’un long manteau de cuir noir… Ce n’est donc pas sur cette tournée que nous aurons droit à des innovations de la part de The Pretty Reckless, ce qui n’est certes pas forcément une mauvaise chose, mais on aimerait bien voir un peu de nouveauté, parfois.


Cela dit, Taylor Momsen nous rappelle dès les premières notes de "Follow Me Down" que le groupe n’a pas besoin de mises en scène spectaculaires pour attirer l’attention du public : la voix de la chanteuse nous satisfait amplement. Son timbre unique, envoûtant, se suffit presque à lui-même, sans artifices quels qu’ils soient. Laissant son air mystérieux de côté, elle salue avec enthousiasme la foule à ses pieds, évoque à plusieurs reprises le plaisir qu’elle prend à chaque fois qu’elle retrouve le public parisien.


"Since You’re Gone", puis "Oh My God" et "Hangman" s’enchaînent (après quelques problèmes techniques très vite résolus), et Taylor annonce ensuite “la première chanson” du groupe. Tout le monde sait que cela annonce "Make Me Wanna Die" et accueille ce morceau avec enthousiasme, reprenant les paroles en chœur. Pour rester dans la même époque, on embraye sur "My Medicine", et le Bataclan tout entier semble transporté.


La chanteuse a fait tomber le manteau, mais reste relativement sobre dans ses déhanchés et autres jeux de scène un peu provoc’. Son côté très sensuel est tempéré par son rire cristallin qui vient résonner dans la salle entre deux morceaux et rappelle son côté enfant (on croirait presque revoir sa bouille dans Le Grinch).


Après "Prisoner", "Sweet Things" et "Light Me Up", Taylor annonce une légère accalmie pour la chanson-titre du dernier album du groupe, Who You Selling For. On reste dans les ballades mélancoliques avec "Just Tonight" avant de virer vers "Living In The Storm" puis les géniales "Heaven Knows", "Going To Hell" et "Take Me Down", qui semblent particulièrement plaire au public parisien. C’est ensuite l’heure pour le groupe de quitter la scène… avant de revenir quelques instants plus tard pour "Fucked Up World", un morceau on ne peut plus approprié dans les temps qui courent.
Les musiciens semblent sincèrement ravis de l’accueil de Paris, et sont visiblement émus de se retrouver dans cette salle, même s’ils préfèrent ne pas trop s’étaler sur cette émotion-là. Après une dernière salutation au public, la formation américaine s’éclipse, pour de bon cette fois, laissant derrière elle une salle comblée.



C’était la sixième fois que je voyais The Pretty Reckless sur scène, et c’est une valeur sûre pour passer une agréable soirée. Mon seul regret, c’est peut-être que le groupe ne se renouvelle pas tant que ça entre les tournées (mais après tout, cela peut également être un point positif, si ça se trouve je crierais au scandale s’ils osaient trop changer…).
Quant à la présence de The Cruel Knives en première partie, je pense qu’il s’agit non seulement d’un choix judicieux, mais de l’option parfaite pour ouvrir le show ! Rien à redire sur ce set qui s’est montré à la hauteur de ce qu’on aurait pu espérer. Et dans l’ensemble, excellent concert pour se remettre dans le bain avant la folie de février/mars !


Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M. (site officiel)

Merci à Live nation.




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