mercredi 22 février 2017

Live Report : Modern Baseball + Thin Lips + The Superweaks @ Paris, Espace B - 26/01/17

Une semaine après avoir été le théâtre de la libération émotionnelle avec The Saddest Landscape et Svalbard, l'Espace B de Paris accueillait ce soir un line-up qui allait nous offrir tout autant de catharsis, avec tout autant de fun, mais avec beaucoup plus de soleil. Et ce fût notamment grâce à l’un des groupes les plus attendus de la scène indie-emo actuelle, Modern Baseball. Les garçons étaient accompagnés de la power-pop sismique de The Superweaks et du garage punk-funny et féministe de Thin Lips. Un line-up éclectique, ou tout allait finalement de pair, et qui a donné du baume au cœur à beaucoup de kids, et la génération précédente, plus sage mais pas moins attendrie.

L’organisation s’est bien gardée de communiquer les horaires de passage de ce soir. À mon sens, ce fût une riche idée, car cela a motivé tout le monde à se présenter à l’heure pour être sûr de ne rien manquer de la soirée. Et il est vrai qu’il aurait été dommage de manquer The Superweaks, qui a ouvert les festivités. Et quitte à ouvrir une soirée, autant en profiter pour carrément ouvrir une brèche sur le sol de l’Espace B non ? L’idée est périlleuse, mais c’est précisément ce que s’est attelé à faire la bande, avec une musique ouvertement influencée par Weezer, mais gavée au grunge et aux riffs pachydermiques. Pour celui – celle qui est étranger.e à cet univers fait de fuzz à outrance, de solos, de claviers entre les consoles Nintendo et les Japandroids, la surprise peut-être grande, et les acouphènes intenses si les bouchons d’oreilles fût oubliés. Car The Superweaks ne déconne pas non plus sur l’acoustique : ça joue fort ! Je m’attendais cependant à plus d’entrain de leur part, leur musique étant relativement fun. Mais nous avions en face de nous des musiciens plutôt concentrés, contents d’être là mais pas très expressifs. Ils nous ont présentés une bonne partie des morceaux de leur dernier disque, Better Heavens, et forcément leur morceau du split avec Modern Baseball et Thin Lips. Un début de concert qui a réveillé les tympans, qui a convaincu l’audience, mais où il semblait manquer un peu de cette chaleur humaine qu’on est venu chercher.

Mais Thin Lips a vite réparé ce souci, dans une salle qui trépignait de plus en plus d’impatience à l’idée de voir Modern Baseball. Dans une ambiance bon enfant, les punks ont arpenté la petite scène de l’Espace B et ont conquis l’auditoire, très attentifs à leurs compositions quelque part entre garage punk et power-pop. Dans l’ensemble, leur univers sonore dénotait un peu des autres groupes de la soirée : moins moody, plus franc. Mais c’est toujours très catchy, on se laisse volontiers aller à quelques mouvements saccadés où à hocher la tête, emmené-e-s par la voix puissante et enjouée de Chrissy. Plus set avançait, plus le public semblait attentif à leur musique. J’en venais presque à croire que leur prestation devenait longue, mais pas du tout : de belles acclamations se sont faites entendre entre les morceaux.

Nous voilà enfin au moment crucial de la soirée. Celui que tant de kids (et d’ancien-ne-s aussi !) attendaient : le concert de Modern Baseball ! Mais la veille, Brendan (chant / guitare) a posté sur la page Facebook du groupe, pour expliquer qu’il ne sera pas sur la tournée européenne de MoBo, tout simplement pour prendre soin de lui : il est sujet à des problèmes de dépression, de troubles mentaux, qu’il veut absolument guérir. Pouvons-nous en vouloir à ce courageux bonhomme de 24 ans de choisir de se battre coûte que coûte, mais choisir de le faire bien ? Pouvons-nous en vouloir à ses bandmates de respecter son choix ? Absolument pas, et le contraire serait stupide. C’est ainsi avec un remplaçant faisant parti du crew de Mobo, un beau t-shirt Glocca Morra sur les épaules, que les Américains ont pris possession d’un Espace B acquis à leur cause, celle d’un indie-rock sensiblement teinté d’emo et de folk, qui depuis 3 albums fait chavirer les cœurs sensibles de la planète à coups de récits intimes, de témoignages de vies comme ils nous sont chers dans l’emo game. Eux choisissent de les exprimer sur une musique chaleureuse, douce, mais également nourrie aux guitares généreuses, aux riffs simples mais mémorables. C’est avec "Holy Ghost", titre éponyme de leur troisième album, que le groupe a commencé son show, déclenchant d’emblée les sing-along et les joyeuses bousculades dans le public… Bon, on se demandait quand même à quoi bon pogoter sur MoBo. Mais hey, c’est quand même top de voir toute cette insouciance et cet entrain dans un concert parisien non ? C’est pas la génération Y qu’on entend sans cesse plaindre de l’ambiance morose ? :)

Le groupe s‘est surtout concentré sur Holy Ghost pour ce concert, mais nous ont quand même offert quelques tubes, tels que "Tears Over Bears", "Rock Bottom" ou "Pothole", le tout en partageant le set entre acoustique (on avait bien besoin de ces instants plus tranquilles vu la chaleur qu’il faisait dans la salle !) et électrique. Nous avons eu le droit du début à la fin à des instants de partage et de fun qui ont donné le sourire à 100% de la salle, nous avons eu en face de nous un vrai groupe d’amis soudés et heureux d’être en face de nous, c’était plus que de la musique. Et comble de la reconnaissance du groupe envers son public, les garçons ont invité un jeune fan à chanter l’un de leurs morceaux avec eux, et il s’est bien débrouillé ! C’était chouette de voir autant de belles choses dans les yeux de ces musiciens, de ce petit gars, du public. C’est aussi ça, Modern Baseball : on s’y retrouve tou-te-s dans ces récits de vie, dans ces instants simples, qui deviennent des communions intenses. 

Report par Guillaume D.

Merci à Alternative Live !





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