mardi 7 février 2017

Live Report : Green Day + The Interrupters @ AccorHotels Arena, Paris - 03/02/17

Ce vendredi 3 février 2017 marquait le retour très attendu d'un groupe emblématique de notre scène : Green Day était enfin de retour à Paris pour présenter son nouvel album, Revolution Radio, mais aussi pour réinterpréter ses plus grands tubes face à un parterre de fans conquis. Retour sur cette soirée à l'esprit très punk dans la suite du post !
Rendez-vous nous était donné à 19h40 pour accéder à l’antre de l’AccorHotels Arena (aka Bercy pour les résistants) ce 3 février. Cela nous fait louper The Interrupters, la première partie, certes, mais tout compte fait c’était un mal pour un bien – de toute évidence, la prestation de la tête d’affiche aurait gommé tout spectacle qui l’aurait précédé.



À 20 heures, alors que le public déjà chaud scande les paroles de "Bohemian Rhapsody", puis de "Blitzkrieg Bop" dans la salle, les lumières s’éteignent et des cris d’excitation emplissent un Bercy plein à craquer. Green Day prend place sur la scène gigantesque, qui paraîtrait presque nue tant elle est dénuée d’artifices, de décors encombrants – le groupe n’a même pas d’écran(s), seul un immense rideau (noir pour le moment, il changera plusieurs fois au cours du concert) vient habiller le fond de scène. On comprend très vite que la formation américaine a choisi de livrer à son public un show « à l’ancienne », ne tenant pas vraiment compte de la taille des arènes qu’elle remplit, se focalisant sur la musique. Et c’est tout à son honneur !




L’entraînant "Know Your Enemy" donne le coup d’envoi de la soirée, et les fans ne se font pas prier pour chanter en chœur avec Billie Joe Armstrong, qui dégage une sacrée énergie communicative. Soudain, une énorme détonation vient faire trembler la salle ; à défaut d’habillage scénique, le groupe s’est en revanche offert de sacrés effets pyrotechniques dont il nous fera profiter tout au long du show, une sorte de feu d’artifices d’intérieur.



Les morceaux se succèdent de façon très fluide, mais jamais sans que le frontman ne puisse adresser quelques mots au public, d’ores et déjà conquis. À aucun moment on ne ressent l’effet « copier-coller » que certains shows peuvent avoir, où les interactions entre artistes et fans sont aussi rares que possible, et où chaque pas semble réfléchi d’avance. Du côté des fans, on sent que l’enthousiasme est nettement plus grand pour "Holiday" ou "Letterbomb" que pour "Revolution Radio". Mais alors, quand ils reconnaissent les premières notes de "Boulevard Of Broken Dreams", Billie Joe peut lâcher son micro en toute confiance, le public parisien reprenant en chœur l’intégralité des paroles de ce tube.


Les musiciens occupent la scène autant qu’ils peuvent, et il ne nous faut que quelques instants pour nous rendre compte à quel point les quadras incarnent la définition même de rockstars – Billie Joe en première ligne, bien sûr. Le chanteur ne lâche quasiment pas sa guitare, ne s’arrête pas de sauter à droite à gauche, allant même piquer la place du batteur Tré Cool pour un petit « drum solo », et le tout sans que cela ne paraisse lui demander trop d’efforts. 



Homme à tout faire de la soirée, le frontman empoigne également un canon à tee-shirts, se faisant un plaisir d’envoyer des petits cadeaux aux fans des gradins. Les fans des premiers rangs ont eux aussi droit à une petite attention spéciale quand Billie Joe attrape… une lance à eau, aspergeant les fans dans la fosse. Pas très cool quand on pense au froid de canard qu’il fait dehors, mais ça doit quand même faire du bien quand on voit l’ambiance électrique qui règne dans les premiers rangs.


Les blagues vont bon train entre les morceaux, mais l’ensemble du public est conscient des messages forts en engagés transmis par Green Day via bon nombre de leurs titres. Malheureusement, si le talent du groupe n’est aucunement à remettre en cause, on remarque une légère fatigue du public vers le milieu du show, "Hitchin’ A Ride", "When I Come Around", "Waiting" ou encore "Burnout" et "Scattered" ne reçoivent qu’un accueil mitigé. En revanche, le réveil semble sonner avec l’explosif et cultissime "St. Jimmy" sur lequel on peut quasiment sentir le sol trembler.



Peu après arrive l’épique "Basket Case", et l’horloge tourne sans que le concert ne semble vouloir se finir. Voilà qu’après une heure trente d’un show exceptionnel, les musiciens semblent encore tout frais. On ne va pas s’en plaindre, c’est tellement bon qu’on ne veut pas que ça s’arrête ! On arrive au medley "Shout"/"(I Can’t Get No) Satisfaction"/"Always Look on the Bright Side of Life"/"Hey Jude", sur lequel les musiciens s’en donnent à cœur joie, défendant ces titres comme s’il s’agissait des leurs.
Après "Still Breathing" et "Forever Now", la formation américaine quitte la scène, mais les fans n’attendent même pas que les musiciens aient complétement disparu pour réclamer leur retour à grands cris. Ça fait plaisir de sentir toute la salle unie, désireuse de prolonger ce moment exceptionnel. Cela fait déjà deux heures que le groupe est sur scène, mais on en veut encore.


Évidemment, Green Day revient quelques instants plus tard pour un combo des plus explosifs : c’est le titre phare du groupe, "American Idiot", qui débute ce rappel. Morceau on ne peut plus approprié par les temps qui courent. D’ailleurs, Billie Joe ne tarde pas à lancer la phrase que tout le monde attendait sans forcément le savoir : « Fuck you Donald Trump! »
À peine ces mots sont-ils balancés dans cette gigantesque salle parisienne que les fans présents, par réflexe, lèvent tous leur majeur au ciel en signe de protestation, acclamant leur Captain America à eux, armé d’une guitare et affublé d’eye-liner. Car les Américains le savent ; l’élection de Donald Trump à la présidence de leur pays ne touche pas qu’eux, et un groupe aussi engagé que Green Day ne pouvait pas boucler la soirée sans aborder le sujet. Attaque frontale, bam. Ce qui est bizarrement satisfaisant, c’est de réaliser que si Trump essaye de contrôler tout ce qui se passe sur son territoire, il est incapable de contrôler les dires des artistes à travers le monde, qui s’en vont prêcher « la bonne parole » sur tous les continents. Même si le discours de Billie Joe paraît un peu idéaliste quand il dit que le rock’n’roll nous sauvera tous, on ne peut qu’espérer qu’au bout du compte, l’union saura faire la force, et que ce vieux bonhomme orangé finisse par plier sous le poids.


Après cette dédicace à l’American Idiot dont tout le monde parle, il est temps de faire place à un autre morceau emblématique : "Jesus Of Suburbia". Si le titre dure quasiment dix minutes dans sa version « courte », il semble ne jamais finir dans sa version live, mais c’est excellentissime ! Les différents couplets et parties de cette chanson se succèdent alors que les musiciens gardent la tête haute, usant toute l’énergie qu’il leur reste. On sent qu’on arrive au bout du show, alors autant tout donner sur ce morceau ! Les fans pensent pareil et scandent les paroles, puis Bercy semble exploser sous une nouvelle détonation, mais aussi sous les applaudissements d’un public conquis.



Pour finir sur une note plus calme, nous retrouvons Billie Joe Armstrong tout seul, avec une guitare acoustique, pour les derniers instants du set, avec les titres "Ordinary World" et "Good Riddance". Les flashs des portables s’élèvent partout, dans les gradins comme dans la fosse, un peu comme pour dire au revoir aux héros de la soirée. D’ailleurs, Tré Cool et Mike Dirnt reviennent sur scène aux côtés de leur frontman pour saluer la foule parisienne. L’emblématique trio disparaît sous des acclamations amplement méritées, laissant un public toujours vibrant d’excitation reprendre peu à peu le chemin de la vie réelle.



S’il y a un point qu’il faut impérativement mettre en avant dans ce compte-rendu, c’est le rapport que le groupe entretient avec ses fans ; dès le premier morceau, une fan avait été invitée à chanter avec Billie Joe Armstrong, qui en fera monter plusieurs tout au long du concert. Le frontman ne craint rien et n’hésite pas à montrer du doigt les fans les plus motivés dans les premiers rangs, élisant ainsi les chanceux qui partageront un court instant sur scène à ses côtés. Quand il demande qui sait jouer de la guitare, forcément, une forêt de doigts s’élève face à lui – qui n’a, au passage, aucun moyen de savoir qui dit la vérité et qui veut uniquement faire un petit tour sur la scène de Bercy. Après une longue hésitation, le chanteur finit par demander à une jeune fille de le rejoindre. Si le débordement d’excitation peut à première vue effrayer un peu, celle-ci se reprend rapidement et apprend religieusement les quelques accords que lui montre Billie Joe Armstrong avant de lui confier une guitare.
Les premières secondes sont un peu timides, mais la jeune fan prend de l’assurance et va même jusqu’à arpenter l’avancée de la scène qui coupe la fosse en deux. Se prenant au jeu, elle clôture sa prestation en se laissant tomber sur le dos face au frontman de Green Day, visiblement plus que satisfait de son élève d’un soir. Cerise sur le gâteau : la fan peut même repartir avec la guitare, qui lui est offerte. Après avoir demandé les baguettes de Tré Cool (je pourrais vous sortir un truc du genre « qui, très cool, les lui a données avec plaisir » mais vous savez bien que les vannes de merde c’est pas mon genre), la jeune fille quitte la scène. Une chose est sûre, c’est que pour elle, le concert sera mémorable !



Vous avez dû comprendre, si vous avez pris la peine de lire ce live-report (merci si c’est le cas!) que nous avons passé une soirée incroyable en compagnie de rockstars authentiques, qui ont su conserver une sorte de simplicité et de sobriété quand d’autres se perdent parfois en voyant toujours plus grand, plus impressionnant. Green Day impressionne par son talent, son charisme, sa longévité.

Encore un groupe que l’on se réjouit de retrouver sur la Main Stage du Download Festival Paris en juin prochain !


Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde Miossec (site officiel)

Merci à Céline et Live Nation ! 

Setlist :

Know Your Enemy
Bang Bang
Revolution Radio
Holiday
Letterbomb
Boulevard of Broken Dreams
Longview
Youngblood
2000 Light Years Away
Hitchin' a Ride
When I Come Around
Waiting
Burnout
Scattered
Minority
Are We the Waiting
St. Jimmy
Knowledge (Operation Ivy cover)
Basket Case
She
King for a Day
Shout / (I Can't Get No) Satisfaction / Always Look on the Bright Side of Life / Hey Jude
Still Breathing
Forever Now
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American Idiot
Jesus of Suburbia
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Ordinary World
Good Riddance (Time of Your Life)



1 commentaire :

Anonyme a dit…

Je les ai vu la dernière fois en 2005 et ce concert ma donné l'étonnante impression d'avoir pris une machine à remonter le temps. Pour la meilleure des sensations : le temps ne semble pas avoir de prise sur le groupe qui déborde d'énergie communicative et pour la pire : un terrible effet déjà vu. Sous mes yeux se déroulait le même concert qu'il y a 10 ans. Les mêmes effets, les mêmes interludes, les canons à t-shirt, le jet d'eau, le fan qui monte sur scène qui joue avec Billie Joe et qui repart avec la gratte, les discours politiques (à l'époque c'était contre Bush, maintenant Trump), la participation à base de whoowhhooo du public, la même chanson finale. Tout était pareil. 10 ans plus tard. Même les nouveaux morceaux reprennent les mélodies et rythmiques déjà entendu sur leur précédents albums. Green Day, ou l'art du temps... qui ne passe pas !

Sinon j'ai trouvé la set list mal organisée, absolument pas fluide, beaucoup trop de rupture dans le rythme avec des changements de morceau qui tombent comme un cheveu sur la soupe. Trop de demande de participation du public, ça devenait lourd à la fin.

Reste un très bon spectacle, bien calibré, avec de nombreux évènements sur scène qui ont aidé à faire passer la monotonie des chansons. Et mention spécial au mec à la cravate rouge qui à éclipsé Joe pendant 2 min.