lundi 20 février 2017

Interview : Memphis May Fire

Hebergeur d'image
Lors de la venue de Memphis May Fire à Paris dans le cadre du Rise Up Tour en novembre 2016, nous avions pu nous entretenir avec Matty Mullins, le frontman du groupe. L'entretien et les photos de la rencontre sont à retrouver ci-dessous.

Salut Matty, et bienvenue à Paris ! Ça fait un moment que vous n’étiez plus venus en France, n’est-ce pas ?

Matty Mullins [chanteur] : Oui oui, ça fait un bon bout de temps… Il me semble que ça fait trois ans, mon Dieu ! La dernière fois on avait joué au Bataclan, et ça remonte à bien trop longtemps.


Votre dernier album en date, This Light I Hold, a reçu un accueil très chaleureux de la part de vos fans et des critiques en général. D’après toi, qu’est-ce qui différencie cet album des précédents ?

Nous savions que si nous voulions continuer à faire de la musique – c’est notre cinquième LP – nous devions écrire des chansons qui étaient dignes de l’amour que nous portent nos fans depuis tant d’années. On a pris un très gros risque financier en arrêtant de tourner pendant quatre mois complets pour nous consacrer à l’écriture et l’enregistrement de cet album. D’habitude, on profite des pauses entre deux tournées pour faire un saut en studio, puis on repart sur les routes. Mais cette fois-ci, nous savions qu’il nous fallait du temps pour vraiment nous concentrer sur ce nouvel opus, pour nous plonger dans l’ambiance de l’album que nous voulions faire. On avait deux mois pour écrire, puis deux mois qu’on a passé quasiment enfermés dans le studio pour enregistrer. C’était très spécial : le fait d’avoir eu autant de temps pour travailler notre art, cela nous a permis de faire en sorte qu’il devienne exactement ce que nous désirions. Et je pense que les gens ont senti cela !


Pourrais-tu le décrire en trois mots ?

Honnête, transparent et… rock !




En  général vous avez déjà du matériel « prêt à l’emploi » quand vous arrivez en studio, est-ce que ce n’est pas trop dur pour vous d’écrire alors que vous êtes en tournée ?

Si, pour être honnête c’est assez compliqué, nous avons rarement le temps de nous poser tranquillement pour écrire, entre les concerts, les balances, les promos et autres obligations, il ne reste à la fin de la journée plus aucune plage horaire dispo, et quand on griffonne des paroles à droite à gauche, le résultat n’est pas toujours excellent, l’inspiration n’arrive pas toujours quand on en a besoin.
C’est pourquoi j’ai ressenti le besoin de me poser pendant deux mois pour écrire et vraiment mettre toute mon énergie, tout mon temps là-dedans. Chacun de notre côté, nous avons pu nous concentrer sur l’écriture des paroles et la composition de chaque morceau, chacun y a mis tout son cœur pour que cet album soit le meilleur possible.


Quels sont tes principales sources d’inspiration ?

La vie en général. Quand tu écris à propos de ton quotidien, les possibilités sont infinies, les sujets sont intarissables. Je préfère écrire à propos de mes expériences personnelles et être tout à fait honnête avec les fans, parce que je pense qu’ils le sentent et qu’ils peuvent se retrouver dans nos paroles.


Il y a une sacrée différence entre votre style aujourd’hui et celui des débuts du groupe. Penses-tu que ce changement reflète davantage l’évolution de vos goûts musicaux ou votre évolution personnelle ?

Les deux, absolument ! Chaque fois qu’on enregistre un album, il reflète complétement notre état d’esprit du moment. Cet opus est un peu plus rock que le précédent, il exprime où nous sommes actuellement et quel genre de personnes nous sommes, mais aussi quelque part la direction que l’on souhaite emprunter. C’est un peu comme les différentes saisons d’une série : la base reste la même, mais le contexte change, les personnages évoluent !





Vous avez invité Jacoby Shaddix, de Papa Roach, à chanter sur l’un de vos morceaux. Pourrais-tu nous expliquer comment c’est arrivé, ce qui vous a donné envie de le contacter ?

J’ai rencontré Jacoby aux Revolver Golden Gods Awards il y a quelques années. Nous avons discuté et il m’a avoué qu’il admirait le fait que je reste toujours fidèle à moi-même, à défendre ce que j’aimais dans la scène. On a gardé contact suite à cela et, une fois que le morceau [This Light I Hold, chanson-titre de l’album] fut terminé, j’ai réalisé que la voix de Jacoby collerait parfaitement dessus. J’aime aussi l’idée qu’il n’était pas vraiment le guest qu’on aurait pu attendre sur une chanson de Memphis May Fire, je trouvais ça cool que l’on sorte un peu du moule en surprenant tout le monde.


Avec quels autres artistes aimerais-tu collaborer ?

Larry Soliman est le deuxième guest à avoir posé sa voix sur l’une des chansons de notre dernier album. C’était le chanteur d’un groupe appelé My American Heart, que j’adorais quand j’étais plus jeune, je me passais leurs albums en boucle. C’est l’une de mes voix préférées de tous les temps, l’avoir sur notre dernier opus, c’est quelque chose de très spécial pour moi. Il est génial !
J’aimerais aussi beaucoup travailler avec Christian [Lindskog] du groupe Blindside. C’était aussi l’un des groupes favoris de mon adolescence.



Vous êtes actuellement en tournée avec des groupes géniaux, Silverstein et The Devil Wears Prada… Mais avec quels autres groupes rêverais-tu de tourner ?

On adorerait commencer à faire des « rock tours » ! On adore ces mecs-là, et on pourrait passer le reste de nos vies à tourner avec des groupes que l’on connaît déjà et auxquels on est habitués, mais c’est vrai que notre objectif premier reste de partir sur les routes avec des groupes avec lesquels nous n’avons jamais tourné, pour aller rencontrer un public qu’on ne connaît pas encore et qui n’a jamais eu l’occasion de nous voir non plus. On aimerait par exemple partir avec Five Finger Death Punch ou Papa Roach, ou encore Avenged Sevenfold et Sevendust.


Je n’ai pas vu votre nom sur des affiches de festival pour cet été…

Pas encore, non, on n’a pas encore décidé de ce qu’on voulait faire cet été… Mais c’est possible que ce soit un été américain pour nous !


Pourrais-tu citer trois groupes que tu aimerais voir en tête d’affiche d’un festival ?

Aerosmith, ce serait dingue ! Metallica, aussi. Et j’aimerais que Pantera revienne aussi, avec Dimebag…  


Même si chaque tournée, chaque festival, chaque album est important pour vous, pourrais-tu nous donner les trois moments décisifs de ta carrière ?

Wow, c’est vraiment dur… Chaque jour semble être un moment décisif pour moi ! Jouer au Soundwave Festival, en Australie, c’était une expérience inoubliable pour nous : nous avons joué face à tellement de monde ! Ils nous avaient placés sur la même scène sur laquelle allait jouer Metallica, ce qui est un truc complétement dingue.
La sortie de notre album The Hollow a aussi changé beaucoup de choses pour nous. Notre premier album, Sleepwalking, était déjà écrit quand j’ai intégré le groupe, et n’était pas vraiment fait pour ma voix… Alors sortir The Hollow, c’était aussi dire « Voici qui nous sommes maintenant », c’est le moment où les gens ont commencé à vraiment s’intéresser à nous.
Travailler avec Cameron Mizell en général était une expérience inoubliable. Il a fait tellement pour le groupe, il nous a aidés à faire la transition entre le Memphis May Fire « d’avant » et celui d’aujourd’hui. Je lui en suis très reconnaissant.


Imagine que tu aies à trouver un nouveau nom pour le groupe. Comment le baptiserais-tu aujourd’hui ?

Probablement « Paris May Fire » ! Je ne sais pas, mais sûrement un nom avec un seul mot, je pense que c’est plus tendance ces derniers temps, c’est aussi plus facile de s’en souvenir. Ou alors « Matty and the Mayfirers », ce genre de trucs aussi c’est à la mode !
  



Il me semble que le groupe a en quelque sorte « adopté » un chaton que vous avez baptisé Memphis et qui vous suit sur les tournées américaines… Pourrais-tu nous raconter comment c’est arrivé ? 

Exact oui, c’était fou ! L’assistante de notre manager, Chelsea, a trouvé ce chaton dans une boîte, abandonnée sur le bas-côté d’une route – c’était l’animal le plus mignon du monde. Elle a ramené la petite chez elle, puis l’a emmenée à notre concert le jour suivant. Quand nous l’avons vue, c’était une évidence : c’était elle notre nouvelle mascotte ! Nous l’avons appelée Memphis Meow Fur, c’est trop mignon non ? Elle est à Los Angeles maintenant, peut-être qu’elle nous accompagnera sur notre tournée américaine, mais c’est plus compliqué de l’emmener de l’autre côté de l’océan !


Elle est maintenant sur énormément de vos posts Instagram, on peut sentir quelque part que vous essayez de sensibiliser vos fans face à la cause animale, est-ce que c’est quelque chose qui vous tient à cœur ?

Oui, absolument. On essaye de faire passer une sorte de message subliminal. Nous sommes pour l’adoption des animaux, et souhaitons lutter contre l’abandon sauvage comme celui dont Memphis a été victime. La cause animale nous tient beaucoup à cœur, et nous espérons que le sauvetage de Memphis saura interpeller certains de nos fans.



J’ai préparé une série de courtes questions pour toi, auxquelles tu pourras répondre en quelques mots seulement… Prêt ?
Toujours !

Quelle est la chanson que tu préfères interpréter en live ?
No Ordinary Love.

Le premier concert auquel tu aies assisté ?
Jars Of Clay.

Et le meilleur concert auquel tu aies assisté ?
Wow… Sûrement le concert de Blindside sur la tournée de leur album The Great Depression, en 2006 il me semble.


Le groupe le plus sous-estimé ?
[Matty réfléchit un moment, puis se lève, ouvre la porte et appelle Kellen et Jake] 
Les mecs, comment s’appelle ce groupe dont on a rencontré le chanteur à San Francisco… Ah non laissez tomber je m’en souviens ! [referme la porte] I The Mighty ! Personne ne prête beaucoup d’attention à ce groupe j’ai l’impression, alors qu’ils sont géniaux, et leur chanteur est extraordinairement talentueux !


Une chanson que tu as honte d’avouer adorer ?

Je n’ai pas beaucoup de « plaisirs coupables », parce que je n’écoute pas vraiment de musique populaire à la mode… Mais j’adore le titre Dangerous Woman d’Ariana Grande, je pense que c’était l’une des meilleures chansons écrites ces dix dernières années ! La mélodie, le piano, tout est magnifiquement orchestré… Je peux me la passer en boucle et danser dessus !


Y a-t-il un artiste ou un groupe que tu rêverais de rencontrer ?

Quitte à me répéter un peu, je dirais Christian de Blindside. La dernière fois qu’on a joué à Stockholm, en Suède, d’où est originaire le groupe, je pensais qu’il viendrait mais il a eu un empêchement. J’aimerais vraiment beaucoup avoir l’occasion de discuter avec lui !

Ton réseau social favori ?

Aujourd’hui c’est sans doute Snapchat ! J’aimais beaucoup Instagram mais je n’ai pas du tout aimé qu’ils ajoutent ce système de stories, je préfère largement celles de Snapchat.

 
Y a-t-il une chose que tu n’aimes pas chez les Français ?

La pire chose ici, c’est comment certains Français traitent les Américains et les dénigrent quasiment quand ils se rendent compte qu’ils ne parlent pas français… Nos fans ici, ou les gens qui nous interviewent en France sont vraiment les personnes les plus adorables au monde, je les adore, mais quand on se retrouve dans un restaurant et que le serveur réalise qu’on ne parle pas un mot de français, il devient arrogant et désagréable au possible. Je peux le comprendre, parce que si des Français venaient à débarquer aux États-Unis sans parler un mot d’anglais je ne pourrais pas les aider non plus, mais je m’excuserais plutôt que de me braquer… Le point négatif, ce serait donc la barrière de la langue en règle générale, que ce soit ici ou ailleurs ! Mais moi, j’adore la France !


D’ailleurs, qu’est-ce que tu préfères en France ?

Votre accent ! Je trouve qu’il est merveilleux, votre langue est superbe. Et le pays en général – surtout Paris – est très romantique, il y a cette ambiance particulière qui donne un charme fou. Aujourd’hui on s’est promenés dans les rues autour de la salle, il n’y avait pas de monument particulièrement connu ou quoi que ce soit, mais le simple fait de passer dans ces petites rues pleines de bars, de restaurants, c’est très sympa. J’adorerais avoir l’occasion d’y passer plus de temps !

As-tu un message à faire passer à nos lecteurs et à vos fans français ?

On sera de retour en France en 2017 ! Allez acheter ou télécharger notre dernier album si vous ne l’avez pas encore fait, on est très fiers de This Light I Hold. Continuez à nous suivre d’ici là et… on se voit au prochain concert !

Propos recueillis par Laurie B. en face à face le 27 novembre 2016. 
Photos par Mathilde M. 

Merci à Elodie de HIM Media !




Aucun commentaire :