lundi 27 février 2017

Interview : The Blackmordia

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Les 16 et 17 décembre 2016, The Blackmordia avaient investi la Boule Noire pour offrir à leurs fans – et à leurs amis – deux derniers concerts parisiens avant la fin de l’année. Nous nous sommes entretenus avec Hugo (chant), Enzo (guitare, chœurs), Mehdi (guitariste) et Sofiane (batterie) quelques instants avant qu’ils ne montent sur scène.



Salut tout le monde ! Avant toute chose, pouvez-vous nous dire comment vous vous êtes rencontrés et ce qui vous a donné envie de monter le groupe ?

Sofiane : Il y a tout juste trois ans, je rencontrais Mehdi dans le studio de répétitions où on travaillait, et on a très vite réalisé qu’on avait les mêmes goûts musicaux. Il nous est très vite venu l’idée de monter un projet musical sérieux : nous venions tous de groupes différents, et c’est à ce moment-là qu’on a aussi rencontré Lucas, qui faisait avant partie du même groupe qu’Hugo. Une fois que le projet a vu le jour, on a commencé à faire des petits concerts – beaucoup, beaucoup, beaucoup de concerts.
Enzo : On faisait au moins un concert par semaine à cette époque.
Hugo : Notre objectif, c’était de jouer le plus possible, un peu partout. C’était des petites salles, parfois dans Paris mais souvent autour, on allait assez loin si on arrivait à trouver une salle qui acceptait de nous laisser jouer.
Sofiane : Je me rappelle qu’au début je nous faisais passer pour un groupe de pop, pour qu’on puisse booker un maximum de salles – parce que quand tu dis un truc qui ressemble à « metalcore », ça fait peur à certaines personnes ! D’ailleurs, au tout début de l’un de nos premiers concerts, au bout de genre cinq ou dix minutes, on nous a coupé le son parce que c’était trop violent…
Hugo : C’était au Abracadabar, dans le XIXe arrondissement, c’est pour te dire le genre de petites salles qu’on faisait !
Sofiane : Bon, faut dire aussi qu’en général ce bar-là passe plutôt du zouk, on a un peu fait le grand écart… Mais malgré tout, on a continué de tourner, de faire des tremplins, on a commencé à rencontrer des gens de plus en plus influents avec qui on a pu travailler notre musique.
Hugo : Petit à petit on a augmenté la cadence, pareil pour les salles, plus on avançait, plus les salles étaient grandes et prestigieuses. On a quand même fait le Bataclan, par exemple, et ce week-end on a droit à une petite résidence à la Boule Noire… C’est assez prometteur pour la suite !


En ce qui concerne l’écriture et la composition, comment procédez-vous ? Est-ce que vous vous regroupez pour en discuter et travailler ensemble ou est-ce que chacun écrit de son côté ?

Enzo : On travaille tous ensemble, mais un peu à la chaîne en fait. Souvent c’est moi qui m’occupe de trouver des bases de morceaux, avec des idées que j’ai récupérées auprès d’un autre membre du groupe. Je me charge de bâtir une structure pour le morceau, et plus tard, avec Hugo, on va réfléchir aux paroles. Des fois les paroles arrivent en même temps que la musique, et d’autres fois on ne s’en préoccupe que plus tard.


Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

Enzo : Une sorte de mélange entre nos vies, nos expériences personnelles et les musiques d’autres artistes. Mais justement, comme on l’expliquait tout à l’heure, parfois les paroles viennent une fois qu’on a la partie instrumentale, dans ce cas c’est notre propre musique qui nous met sur le chemin, parce qu’on a eu le temps de s’imprégner de la musique, de ce qu’elle nous inspire. Quand on écrit tout en même temps, musique et paroles, ça veut souvent dire que l’on s’inspire d’une expérience bien particulière, qui nous a marqués et qu’on a envie de partager.


Il me semble que le mois prochain [janvier 2017], vous prévoyez de jouer en Grande-Bretagne. Est-ce que c’est la première fois que The Blackmordia joue à l’étranger ?

Sofiane : Dans pile un mois ! Oui, exactement, c’est la première fois.
Hugo : La première fois qu’on joue à l’étranger et, en plus, on est en tête d’affiche ! C’est un gros challenge pour nous. Beaucoup d’excitation par rapport à ça, on a tous hâte d’y être.
Sofiane : On nous l’avait proposé plusieurs fois avant, mais nous n’avions pas le contenu suffisant. Puis on a senti que le moment approchait, on en a discuté avec le management, et on a décidé que c’était le bon moment pour se lancer.


Est-ce que vous imaginez une plus grosse tournée européenne l’année prochaine ?

Hugo : Après la sortie de l’album, bien sûr !
Sofiane : Avant tout, on a cette mini-tournée qui nous attend, et une fois que l’album sera sorti on pourra en discuter avec plus de précisions. On va tenter de faire des premières parties de groupes plus gros, que ce soit sur une date ou sur toute une tournée. Ce serait un bon tremplin avant de repartir pour une tournée en tête d’affiche.


En parlant de première partie, vous avez déjà ouvert pour pas mal de groupes, mais quel serait LE groupe avec lequel vous aimeriez partir en tournée ?

Enzo : Bring Me The Horizon!
Hugo : N’en choisir qu’un seul c’est dur quand même…
Sofiane : Non franchement, Bring Me The Horizon direct.
Enzo : Ou alors Metallica, pourquoi pas ?
Hugo : Bon c’est vrai qu’on serait sans doute tous d’accord pour BMTH… Ou alors Metallica ouais, pas mal non plus pour le prestige.
Sofiane : Nan mais les mecs les gens qui vont lire l’interview en voyant « Metallica » ils vont se dire « Woah c’est des oufs eux ». Faut pas abuser non plus, même si ce serait plus qu’un rêve, BMTH c’est déjà bien assez prestigieux !


Est-ce qu’on peut s’attendre à vous voir sur des scènes de festivals l’été prochain ?

Sofiane : Oui oui, complétement ! Ce sera annoncé prochainement mais on va essayer d’être aussi présents que possible. Je pense qu’il faudra attendre minimum un mois avant l’annonce, mais restez à l’affût !


Uniquement en France ou ailleurs aussi ?

Sofiane : En France bien sûr, mais aussi en Angleterre et sans doute en Allemagne, ce sont deux pays où la scène est très développée. On va essayer de bouger un peu partout en Europe pour faire parler du groupe. Mais on ne va pas oublier la France, pour nous ça reste notre priorité ; on voit beaucoup de groupes qui, dès que l’occasion se présente, quittent la France pour signer à l’étranger et mettre l’accent sur des tournées aux États-Unis, par exemple.


Si vous deviez organiser votre propre festival, quelles sont les cinq têtes d’affiche que vous choisiriez ?


Sofiane : Bring Me The Horizon.
Enzo : Linkin Park !
Sofiane : Ouais, plus Of Mice & Men, Pierce The Veil et… il nous en manque un.
Hugo : Gojira ?
Enzo : Nan mais ce serait bizarre quand même…
Sofiane : Et Architects, sans doute. Je pense qu’on pourrait faire un Stade de France avec une affiche pareille !


Y a-t-il des musiciens célèbres que vous admirez, qui vous ont marqués, influencés plus que les autres ?

Sofiane : Je pense qu’on a tous été marqués par le même…
Hugo : Dis pas Oli Sykes non plus par contre…
Sofiane : Nan j’allais dire Lars Ulrich !
Enzo : Moi je dirais Ace Frehley, de Kiss.
Mehdi : Pour moi ce serait plutôt Dimebag Darrell.
Hugo : Moi effectivement j’ai un scream qui se rapproche plutôt de Chester Bennington, donc ce serait sûrement lui !


Imaginez que The Blackmordia n’existe pas, que vous ne faites partie d’aucun groupe… D’après vous, qu’est-ce que vous feriez aujourd’hui ?

Enzo : Moi j’avais deux rêves dans la vie, c’était faire de la musique et vendre des marrons chauds. Donc je m’achèterais un petit charriot et je ferais mes marrons tranquille.
Hugo : Je me serais isolé dans une petite île des Philippines, dans une maison sur pilotis.
Sofiane : Je me serais sûrement tourné vers le cinéma.
Mehdi : Moi j’aurais fait pareil, le cinéma ! Ca me ferait vraiment kiffer. Si un jour j’ai l’opportunité d’intégrer ce monde-là, je saute dessus.
Hugo : C’est vrai que le cinéma c’est pas mal en fait. On pourrait se reconvertir en troupe d’acteurs !
Sofiane : Ou alors homme politique… J’ai pas mal le swag d’Obama, ça pourrait plaire aux States.


C’est vrai que tu pourrais cartonner, surtout aux États-Unis. T’es un peu un mix entre les deux en fait : le swag d’Obama, la couleur de cheveux de Trump…

Mehdi : C’est mort, aux États-Unis il se ferait lyncher !
Hugo : Faudrait déjà que tu puisses y aller en fait.


Quels sont vos projets pour 2017 avec le groupe ?

Sofiane : Déjà, notre album qu’on est en train de préparer et qui sortira courant 2017. On est vraiment en train de faire un gros travail dessus.
Enzo : La plus grosse partie de la composition est faite, maintenant c’est plus un travail de fignolage, de finitions… Il nous faut un peu de temps pour nous habituer à ces sons, pour avoir les dernières idées pour les peaufiner et parvenir au résultat espéré, quelques paroles à écrire, etc. On va commencer l’enregistrement tout début 2017.
Hugo : Ce sera avec un gros producteur, que l’on espère pouvoir annoncer prochainement.
Sofiane : Sur notre dernier single "Lying To Ourselves", on a travaillé avec Al Groves, qui a produit entre autres That’s The Spirit, de Bring Me The Horizon, et on avait travaillé avec Nicolas Delestrade pour notre premier EP, sur un son beaucoup moins organique, beaucoup plus moderne. Par la suite, on passera par des producteurs beaucoup plus rock.


Est-ce que l’esprit de cet album à venir correspond à ce que l’on a déjà pu entendre de The Blackmordia ?

Hugo : Ça va être beaucoup plus chanté, déjà. À ce niveau-là, on sentira bien plus la démarcation entre rock et métal. On va tester de nouvelles choses, évoluer dans ce style-là… On espère pouvoir montrer ce que ça donne au plus vite, mais pour le moment on n’a pas de date malheureusement.


Un dernier petit message pour les lecteurs d’Alternativ News peut-être ?

Merci à toi, merci à eux, et rendez-vous on l’espère très vite pour de nouveaux sons ! 



Propos recueillis par Laurie B. le 17 décembre 2016.
Photos backstage prises par Mathilde M. 




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