vendredi 16 décembre 2016

Live Report : Max & Iggor Cavalera + The ARRS @ Elysée Montmarte, Paris - 03/12/16

Max & Iggor Cavalera Return To Roots : en voilà un titre accrocheur quand on connaît l'histoire de ceux qu'on appelait il y a quelques mois encore les "frères ennemis". On ne va pas refaire l'histoire mais simplement rappeler que Max Cavalera a quitté Sepultura peu après la sortie de leur œuvre phare, ce fameux disque, Roots, en 1996 et dont on va beaucoup parler dans ce billet. Une sale histoire de manager et de désaccords internes entre Max et Andreas Kisser, le guitariste, dont on n'aura bien sûr jamais de version objective et officielle. Une chose est sûre : Gloria, la femme de Max et manager du groupe à l'époque, y est étrangement mêlée. La même Gloria qui pourrit le line-up actuel de Sepultura aujourd'hui encore par Tweet interposés...

Environ 10 ans après son frère, c'est Iggor Cavalera qui quitte ses partenaires en 2007, plutôt pour des raisons artistiques : il dit en avoir assez de jouer que du metal et s'essaye à la musique électronique avec sa compagne, lui aussi dans Mixhell. Il rejoint tout de même sont "bro" (qui a entre-temps a créé Soulfly) et Joe Duplantier de Gojira pour jouer dans – le bien nommé - Cavalera Conspiracy (avec qui ils reprennent entre autres, oh surprise, des chansons de Sepultura en live).

C'est donc pour les 20 ans de l'album culte Roots que les deux frangins brésiliens décident de faire une tournée anniversaire sans leurs comparses de l'époque. Un événement qui surprend et ravi tous les fans de la première heure tant ce disque a marqué l'histoire du metal et les années 90.
On reste un peu sceptique sur une reformation à moitié du combo même si les deux piliers sont bien présents. Cette tournée parcourt donc le Monde depuis le début d'année et les voit même cocassement se retrouver sur certains festivals sur la même affiche que Sepultura. Et c'est en fin d'année que nous aurons le droit à leur passage en France, sans trop de communication sur l'évènement, dans un Elysée Montmartre flambant neuf (sans jeu de mots, la salle ayant périt dans les flammes d'un incendie en 2011). Un concert parisien à guichet fermé attendu de pied ferme ce samedi 3 décembre.

On l'apprend quelques jours avant que ce sont les Parisiens de The ARRS qui ouvriront la voie ! Nos Frenchys auront la lourde tache de chauffer la foule, voire de convaincre de nouveaux fans. Cette salle justement, déjà bien remplie de métalleux essentiellement : cheveux longs, barbes, vestes en cuir, à patches, t-shrits de groupes et bières en mains, on est dans l'ambiance. Mais attention on remarque ussi une population un peu différente (look plus classique, décontracté ou même en costard) qui a clairement évolué vers un autre style que le metal avec le temps qui qui vient sans doute revoir son amour de jeunesse sur cette date.

The ARRS toujours en tournée promo pour son dernier très bon opus Khronos nous joue sa musique très brutale avec l'intensité scénique dont ils savent faire preuve. Un show puissant, massif et impressionnant provoque dans la fosse un déchaînement quasi-immédiat formant un moshpit version metal-hardcore. Leur musique prenante et sincère aux paroles en français fonctionne extrêmement bien en live et leur place parmi les meilleurs est loin d'être volé.


T-shirt noir, bandana et short de sport version NYHC, Nico au chant mêne le bal et The ARRS donnent le meilleur d'eux-mêmes avec le public parisien qui leur rend bien, et qui est cette fois bien échauffé pour la suite de la soirée.

Drapeau brésilien sur les amplis, c'est à 20h30 précise que les frères Cavalera montent sur scène accompagnés par le guitariste Marc Rizzo (compagnon de Max dans Soulfly depuis de nombreuses années) et du bassiste Johny Chow (lui aussi dans Soulfly un temps puis officiant actuellement chez Stone Sour). Au-delà du revival, c'est de l'inédit qui nous attend ce soir car l'album Roots va nous être joué en intégralité et dans l'ordre avec beaucoup de titres jamais exécutés encore en concert avant cette tournée. Pas de chichi donc, à peine sur scène et déjà acclamés, le quartet lance le riff de "Roots Bloody Roots" le fameux tube, et l'hystérie s'empare de l'Elysée Montmartre, en reprenant en chœurs le refrain qui donne son titre à la chanson : ça y est, quelques minutes suffisent pour effectivement retourner 20 ans en arrière (les quelques kilos en plus de Max mis à part) et l'effet est là avec ce son de guitare et le jeu si particulier d'Iggor à la batterie qui a, faut-il le rappeler, innové et créé des figures de style avec ses fûts, qui a influencé bon nombre de batteurs de metal aujourd'hui.



Le groupe enchaîne les titres dans un ordre qu'on connait bien sans trop d'interruptions pour le plaisir de tous avec un Marc Rizzo qui fait le show et surtout très bon dans son rôle de guitariste omniprésent, car il faut dire que Max ne touche que très peu sa six cordes. Il délaisse effectivement souvent sa main gauche pour nous inciter à sauter en criant "Jump ! Jump !", "come on France !". Il gratouille de temps en temps sa corde grave pour donner un peu de rythmique supplémentaire mais il est là pour mener la danse et asséner ses vocalises si mythiques à base de "Un Dos Trè Quatro" si reconnaissables. Il nous joue aussi des instruments traditionnels et autres chants sur "Attitude" ou "Ratamahatta". "Spit" fait toujours autant effet dans la puissance et la violence et encore une fois le tout repris par toute l'assemblée avec les "destroy this place" lancés au micro !



Ils nous accordent un peu de répit avec un titre plus calme comme "Lookaway". On à peine le temps de se prendre une bière bien méritée que "Dusted" et "Born Stubborn" enfoncent à nouveau le clou puis tout le monde quitte la scène alors que Max nous présent comme s'il le fallait vraiment, "Iggor on the drums". Ils nous font la totale et le cadet nous interprète la partie de percussions sur la traditionnelle "Itsári".

Tout le reste se déroule de la même façon avec un Max qui met l'ambiance et s'époumone au chant. Il saute dès qu'il peut et agite sa gigantesque dreadlock, alors que la rythmique est assurée d'une main de maître par Iggor et Johny à la basse, tout de noir vêtu avec sa très longue barbe. Les metalheads quittent la scène au bout d'une bonne heure de show et le frontman de lancer très sûr de lui : "make some noise if you want more shit !". Ce qui sera bien évidemment le cas.



Seuls les deux Cavalera remontent sur scène (Iggor est vêtu d'un maillot de foot du PSG) et nous proposent un petit medley trash metal, avec notamment les B-sides "Policia", très old-school, mais on regrettera la présence du groupe au complet pour donner plus d'ampleur.
On entend quand même dans le public "mais c'est génial on dirait la K7 audio qu'il y a chez mes parents !" Les renforts arrivent ensuite avec une reprise de et surtout une version ultra speed d'"Ace Of Spades" de Motörhead, cette fois Max en chanteur, se baladant à gauche et à droite de la scène pour un ultime hommage à feu-Lemmy. (l'un des t-shirt au stand de merchandising reprend d'ailleurs le logo du powertrio anglais). Le grand final est une version death-metal de "Roots Bloody Roots", donc autant dire que les mecs ne se sont pas foulés. Un peu déçus on aurait préféré un bon vieux "Refuse / Resist" ou "Territory" tant qu'à faire.

Quoi qu'il en soit c'est une soirée réussie pour les Brésiliens et chacun sur scène, comme dans la salle, à l'air d'avoir passé un très bon moment. Preuve à l'appui que 20 ans après cet album est un putain d'album metal et même une pierre angulaire du trash et du metal moderne tant il a infuencé de monde. A découvrir ou redécouvrir absolument.

Texte et photos : Antoine D.

Merci à Céline et Live Nation France.

Setlist :

Roots Bloody Roots
Attitude
Cut-Throat
Ratamahatta
Breed Apart
Straighthate
Spit
Lookaway
Dusted
Born Stubborn
Jasco
Itsári
Ambush
Endangered Species
Dictatorshit
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Procreation (of the Wicked) (Celtic Frost cover)
Ace of Spades (Motörhead cover)
Roots Bloody Roots



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