jeudi 24 novembre 2016

Live Report : twenty one pilots + Bry @ Zénith, Paris - 17/11/16

Peu après leur concert au Trianon en février de cette année, twenty one pilots annonçaient une nouvelle date, au Zénith de Paris cette fois, le 17 novembre. Il a fallu moins d’un mois au duo montant pour remplir cette salle ; un exploit pour ceux qui étaient encore inconnus dans l’Hexagone il y a à peine plus d’un an.
Et cette date-là, il ne fallait surtout pas la louper ! Alternativ News y était, et vous pourrez vous replonger dans le concert (ou vous languir devant ce que vous avez manqué) dans la suite du post.

Un Zénith sold-out ; il faut le voir pour le croire. L’année passée à la même époque, quasiment jour pour jour d’ailleurs, nous étions au Trabendo pour voir twenty one pilots, et cette fois-ci Tyler Joseph et Josh Dun feront face à une foule dix fois plus dense. De quoi en perdre la tête !


C’est le jeune Irlandais Bry qui ouvre le show. Il accompagne le groupe sur toute sa tournée européenne et déclare lui-même que ce sont nuls autres que Tyler et Josh eux-mêmes qui lui ont proposé d’assurer leur première partie après l’avoir vu jouer.
Accompagné de sa guitare et vêtu d’un tee-shirt rayé noir et blanc qui fait partie de son personnage autant que ses cheveux rouges, le jeune chanteur propose une pop fraîche et sympathique. Il interagit beaucoup avec le public et n’hésite pas à partager des anecdotes rigolotes, avant de brandir un tee-shirt à l’effigie de Niall Horan, l’un des membres de One Direction, Irlandais lui aussi. Bry annonce : « Je tenais à rendre honneur à mon ami Niall ce soir, que j’aime énormément… Même si lui n’en sait rien du tout ». Nouveaux éclats de rire dans la foule, et Bry peut enchaîner, posant avec un drapeau irlandais, racontant des échanges avec des fans sur Twitter.


La  demi-heure de set qui lui est accordée permettra largement à Bry de se faire apprécier du public français (d’ailleurs, à la sortie du concert, nous le retrouverons entouré d’une horde de nouveaux fans, preuve qu’il a fait son petit effet !), et nous pouvons donc patienter dans les meilleures conditions imaginables, ce premier set ayant parfaitement rempli son rôle.

Il  est 21 heures quand les lumières s’éteignent à nouveau, et que les acclamations des fans font vrombir le Zénith. L’engouement pour twenty one pilots est tout bonnement hallucinant : partout autour de nous, les gens hurlent, les yeux se mettent à briller d’émerveillement face à l’immense rideau blanc qui cache la scène. Les deux musiciens apparaissent d’abord en ombres chinoises, et c’est "Heavydirtysoul" qui ouvre le bal – les cris n’ont toujours pas cessé, et redoublent même au moment où le rideau tombe.


Comme à leur habitude, Tyler et Josh apparaissent d’abord cachés derrière leurs masques, le batteur sautillant déjà sur son tabouret pendant que le chanteur arpente la scène d’un bout à l’autre au pas de course. Pendant le refrain, il reste calé derrière son micro avec son petit tambourin, qu’il renvoie aussitôt à un technicien une fois qu’il n’en n’a plus besoin.
Si le rythme de la première chanson est effréné, c’est presque encore pire si l’on essaye de suivre Tyler du regard. Le chanteur ne tient pas en place, se retrouve même au sol avec son tambourin après une glissade acrobatique.



Le  duo enchaîne avec "Migraine", puis "Hometown", sans s’accorder le moindre répit. Le public suit le rythme, continue de chanter et d’acclamer le groupe dès que l’occasion se présente. À la fin de ce dernier morceau, Tyler Joseph s’installe au piano, des membres de l’équipe du groupe viennent le recouvrir d’un drap noir, de façon à ce qu’on ne voit plus que sa silhouette. Puis le piano s’arrête, et le drap retombe comme si la personne en-dessous s’était évaporée. Quelques micro-secondes plus tard, une lumière s’allume en haut des gradins et Tyler Joseph y apparaît, toujours dissimulé sous sa cagoule. C’est la folie dans le Zénith alors que le chanteur retire son masque, prouvant que oui, c’est bel et bien lui perché là-haut. Puis il reprend le morceau là où il s’était arrêté, comme si de rien n’était, Josh Dun donnant le rythme, désormais seul sur l’immense scène.




Quand la chanson s’achève et que le groupe accorde à la foule quelques instants pour souffler – le temps que Tyler retourne sur scène – on réalise à quel point le show de twenty one pilots est taillé pour des salles aussi grandes, sinon plus, qu’un Zénith. Et d’ores et déjà, les spectateurs savent que leur soirée est rentabilisée.
Le duo enchaîne avec "Polarize", un autre extrait de leur dernier album en date, Blurryface. Arrive ensuite "Heathens", qui avait été écrit et enregistré pour la BO du film Suicide Squad, sorti cet été. Et au cas où on aurait oublié, les lumières vertes et violettes – couleurs emblématiques de ce film – qui illuminent la scène viennent nous le rappeler. On sent d’ailleurs qu’une partie du public est plus à l’aise avec ce morceau-là qu’avec les précédents, et le niveau sonore augmente encore un coup.


Le  show ne laisse que peu d’espace à Tyler pour s’adresser à la foule, mais dès que l’occasion se présente il la saisit pour motiver ses troupes et remercier les fans français. Il  dira d’ailleurs que Josh et lui adorent jouer à Paris, et qu’ils n’auraient pu rêver meilleur cadre pour finir leur tournée européenne !
Un joli message de la part de ces deux artistes qui, en février au Trianon, s’étaient montrés particulièrement affectés par les attentats qui avaient frappé Paris en novembre 2015, deux jours à peine après leur concert au Trabendo (ils avaient ensuite annulé le reste de leur tournée européenne, à l’époque). Revenir, quasiment un an pile plus tard, était donc quelque part symbolique pour eux – et pour leurs fans.


L’intro de "House of Gold" au yukulélé vient annoncer "We Don’t Believe What’s On TV", et Tyler n’a aucun mal à convaincre le public de reprendre les « yeah, yeah, yeah ! » de la chanson, tout le monde se prêtant au jeu.  
Sur scène, les jeux de lumières et les écrans géants disposés à l’arrière rappellent très souvent l’univers noir/blanc/rouge du groupe, et mettent en valeur les deux artistes chacun leur tour, sans jamais délaisser Josh, coupé du monde derrière son kit.
Mais tous les yeux se posent à nouveau sur Tyler quand arrive l’incontournable moment de la reprise d’Elvis Presley, "Can’t Help Falling In Love", dont la vidéo Youtube a été partagée des millions de fois.


On  reprend un rythme plus soutenu avec "The Judge", puis le tube "Lane Boy", et le public se perd complètement dans les parties rappées ultra-rapides de ce dernier titre. Des envahisseurs masqués viennent rejoindre le duo ; équipés de lances à fumée, ils transforment la scène en forêt de brouillard, en balançant également sur les premiers rangs. Pic d’euphorie dans ce Zénith bouillant, les cris se font toujours plus assourdissants, les yeux des fans toujours plus brillants d’admiration.


Puis, mini-entracte de deux minutes pendant que les deux musiciens prennent place sur la « Scène B », une petite scène installée au milieu de la fosse, plus proche des gradins, où les attendent une petite batterie et un piano.
C’est le moment « nostalgie » de la soirée, et c’est là aussi que l’on repère les fans de la première heure : si "Ode To Sleep" fait aujourd’hui partie des classiques, le mash-up qui suit et qui regroupe des morceaux quasiment relégués au fond du placard ("The Pantaloon", "Fall Away", "Johnny Boy", "Forest", "Addict With A Pen", "March To The Sea" et l’excellent "Kitchen Sink") laissera une grosse partie de la foule perplexe.


Il  est temps ensuite pour le duo de retourner sur la scène principale, et à nouveau les deux Américains se retrouvent face à un public haletant, pendu aux lèvres de Tyler et aux cœurs battant au rythme donné par Josh. Arrive le très apprécié "Holding On To You", et l’habituel scène d’un Joshua Dun en grande forme qui escalade le piano pour en redescendre en salto arrière.
Arrive ensuite la petite surprise du set : Tyler annonce que le prochain morceau est une reprise du tube "Jump Around", de House of Pain, et le Zénith entier se met à danser sur ce classique que twenty one pilots ont réussi à rendre encore plus entraînant que dans sa version originale. En même temps, on aurait été bête d’en douter.


Le  combo "Ride" + "Stressed Out" ravit l’intégralité de la salle ; peu importe pourquoi les gens sont là ou comment ils ont découvert twenty one pilots, ils connaissent forcément ces deux morceaux, qui sont les deux extraits diffusés sur les radios françaises. Le niveau sonore monte encore d’un cran, et les deux artistes semblent se nourrir de l’énergie de la foule pour rester aussi pimpants que lors des premières minutes du show.
À de multiples reprises tout au long du concert, Tyler demandera au public d’applaudir son meilleur ami, le talentueux Josh Dun, et celui-ci fera mine de se cacher derrière ses baguettes ; dépourvu de micro, il ne peut pas rendre la pareille à son acolyte, mais fait comprendre par des gestes que c’est Tyler qu’il faut applaudir plus fort. La foule ne se fait pas prier, acclamant autant l’un que l’autre.   



Les titres "Guns For Hands" et "Tear In My Heart" viennent souffler un vent de fraîcheur sur la salle, puis c’est le tour de "Car Radio" et on sait ce que ça veut dire : le concert touche – déjà – à sa fin. À un moment, Tyler disparaît à nouveau de la scène, laissant son camarade tout seul, puis rebelote : on le retrouve au beau milieu des gradins à escalader ce qui ressemble à une sorte de plongeoir, qui était installé depuis le début, la pointe culminant à au moins trois ou quatre mètres du sol.
Nouveaux cris de surprise et regards ébahis dans l’assistance (pour rappel, au Trianon, Tyler était réapparu accroché au premier balcon) alors que le chanteur continue le morceau du haut de son promontoire. Puis les lumières s’éteignent, le Zénith se retrouve plongé dans le noir, et les acclamations admiratives des fans se transforment très rapidement en réclamation.


La  salle entière vibre sous les applaudissements et cris d’un public conquis, et twenty one pilots revient sur scène avec "Goner". Comme nous l’expliquaient les deux artistes dans l’une de nos interviews, ils aimaient conclure leurs albums sur une note un peu plus mélancolique, plus douce. C’était pareil pour les concerts : tous finissaient de la même façon, et pourtant il était impossible de s’en lasser.
Même schéma pour "Trees" également : les membres de l’équipe du groupe ramènent les plateformes qu’ils glissent au-dessus de la foule, les premiers rangs se retrouvant à devoir porter ces installations sur lesquelles viennent s’installer Tyler et Josh, face à face, derrière une caisse de batterie.

Une tempête de confettis rouges vient envahir le Zénith, et autour de nous tout le monde reste bouche bée, des étoiles plein les yeux. Ces deux heures de concert nous ont littéralement coupé le souffle, et toute la salle s’est retrouvée déconnectée de la réalité. Quand Tyler conclut le concert avec l’habituel « We are twenty one pilots, and so are you », c’est difficile de ne pas aimer le groupe encore davantage.



Tyler Joseph et Joshua Dun sont de véritables showmen, comme nous avons rarement l’occasion d’en voir. Leur complicité évidente et leur incontestable talent sont leurs deux principales armes, ce sont ces deux atouts qui les ont propulsé où ils sont aujourd’hui, et qui vont sans le moindre doute leur permettre de rester au sommet pendant encore très longtemps.
Car la prochaine fois, nul doute que chaque personne présente dans la salle voudra revivre un tel moment. À mes yeux, il me semble évident que Bercy sera la prochaine étape (ou l’AccorHotels Arena, comme vous voudrez). Quoi qu’il en soit, c’est un honneur d’avoir pu assister à l’hallucinante évolution de ces ovnis que sont twenty one pilots.


Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M. (site officiel)

Un immense merci à Valentin de WEA Music.

Setlist :

Heavydirtysoul
Migraine
Hometown
Polarize
Heathens
Intro House of Gold
We Don’t Believe What’s On TV
Can’t Help Falling In Love (cover Elvis Presley)
The Judge
Lane Boy
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Ode To Sleep
Mash-up The Pantaloon/Fall Away/Johnny Boy/Forest/Addict With A Pen/March To The Sea/Kitchen Sink
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Holding On To You
Jump Around (cover House Of Pain)
Ride
Stressed Out
Guns For Hands
Tear In My Heart
Car Radio
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Goner
Trees





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