mardi 22 novembre 2016

Live Report : Panic! At The Disco + Tigertown @ Salle Pleyel, Paris - 12/11/16

On ne pourrait décemment pas dire que Panic! At The Disco nous avait manqué à Paris, même si c’était le cas ; après tout, nous avions pu les voir en 2014 au Trianon, puis en mai 2016 à La Cigale. Mais le 12 novembre, le groupe était de retour à Paris, dans la Salle Pleyel cette fois, et à vrai dire, c’était pile ce qu’il nous manquait : ce groupe dans cette salle, pile cette combinaison. Nous revenons sur cette soirée magique dans la suite du post !

Ce sont les Australiens de Tigertown qui ouvrent la soirée. Une formation électro-pop qui nous rappelle vaguement CHVRCHES (peut-être le côté féminin, car sur scène nous avons deux filles, l’une au micro principale et l’autre en backing vocals), et qui dès les premiers instants donne la pêche au public parisien. Le groupe n’a besoin que de quelques secondes pour séduire la foule, et le sourire contagieux de la lumineuse Charlie Collins, chanteuse principale, est en quelque sorte l’atout charme de Tigertown.

Le groupe vient de sortir son EP Papernote et bénéficie de l’opportunité énorme d’assurer la première partie de Panic! At The Disco sur toute leur tournée européenne ; une chance inouïe pour les musiciens originaires de Sydney. Le côté pop-électro de leur musique fait danser la foule, et Charlie ne cesse de sourire en s’adressant au public parisien.
Le groupe a visiblement du mal à réaliser l’engouement qu’il a suscité auprès des fans de Panic – et rappelez-vous, déjà lors du dernier passage de la bande à Brendon Urie à Paris, c’était Rocky NTi qui avait fait sensation et répétait, encore des semaines après le show, que son concert parisien restait son préféré. Les fans de P!ATD savent recevoir, en somme !

Le set de Tigertown est largement acclamé à la fin, le public continuant d’applaudir alors que les musiciens remballent leur matériel sur scène. De quoi commencer la soirée sur les meilleures bases.
Autre excellent point : la qualité de l’acoustique de la Salle Pleyel est hallucinante, c’est un véritable plaisir pour les oreilles ! Pour beaucoup, c’est notre première fois dans cette salle spécifiquement conçue pour les concerts symphoniques, et franchement, on exagère à peine en disant que ça change une vie.

Après un changement de plateau qui semble interminable, les lumières s’éteignent enfin à nouveau, et la BO de Kill Bill fait vibrer la salle, donnant ainsi un coup d’envoi explosif et original au set de Panic! At The Disco. Dans le noir, des silhouettes apparaissent sur scène, et la voix de Brendon Urie qui s’écrie « Bonsoir Paris ! » nous parvient avant que nous ne puissions l’apercevoir.
"Don’t Threaten Me With A Good Time" puis "Vegas Lights" viennent donner le ton de la soirée. Le public reprend les paroles en chœur, et ce sera le cas tout au long du set : pas une seule chanson ne lui est inconnue, pas une seule phrase ne passe à la trappe. L’ambiance s’électrise encore un peu plus quand arrive "The Ballad Of Mona Lisa", un morceau déjà âgé de cinq ans aujourd’hui. 




Petit saut dans le temps, encore, quand on reconnaît les premières notes d’"Hallelujah", extrait de l’album Death Of A Bachelor sorti en janvier de cette année, mais énorme grand écart quand après celui-ci, on revient à l’âge d’or de Panic! At The Disco avec "Time To Dance", titre qui a désormais plus de dix ans – ça ne nous rajeunit pas. Mais étrangement, alors qu’une grande partie du public n’a de toute évidence pas pu être de la partie à l’époque de A Fever You Can’t Sweat Out (sorti en 2005), cette chanson remporte un franc succès auprès de la foule, y compris des plus jeunes de 16-18 ans dans les premiers rangs.



Sur scène, les musiciens ne se laissent pas reléguer au second plan et arpentent la scène derrière le chanteur, n’hésitant pas à se pencher sur le public pour motiver leurs troupes. Plus au fond, sur une estrade surélevée, trois cuivres ont même été ajoutés aux musiciens du groupe, et il faut dire que cela donne au show une toute autre dimension ! 




Viennent ensuite le nouveau "Emperor’s New Clothes" puis l’ancien "Girls/Girls/Boys" (non, on n’arrête pas de voyager dans le temps). Entre deux morceaux, Brendon s’adresse au public pour le remercier d’être venu, sort le couplet habituel disant qu’il est heureux d’être de retour à Paris, pendant qu’à côté de lui Dallon Weekes, à la basse, adresse des grimaces aux premiers rangs et aux gens sur les balcons.
Ne faisant plus officiellement partie du groupe, Dallon continue d’accompagner Panic! At The Disco en tournée. À l’heure actuelle, le « groupe » compte donc uniquement Brendon Urie en tant que membre officiel. Même si le chanteur dispose d’un talent certain, d’un charisme indiscutable et d’un tas d’autres atouts époustouflants, nous ne pouvons que regretter l’époque où Ryan Ross et Spencer Smith étaient eux aussi des figures emblématiques de la formation (oui, je suis très nostalgique de la période 2005-2009, et oui je sais qu’il est temps de tourner la page mais que voulez-vous).




En parlant d’eux d’ailleurs, voici l’heure de "Nine In The Afternoon", et encore une fois nous sommes forcés de constater que ce titre, datant de 2008, reçoit lui aussi un accueil particulièrement chaleureux.
Un peu plus tard, c’est "Miss Jackson" et son emblématique « Are you nasty ? » qui va enflammer la foule – ou cette hausse de température serait-elle due à un Brendon Urie qui se trémousse torse nu… et manque son premier essai de salto arrière ? L’artiste dira ensuite, alors qu’il tente de reprendre son souffle : « C’était tellement facile, avant, quand j’avais dix-huit ans… » Mais il ne se laisse pas abattre pour autant et réussira un salto arrière parfait, pour le plus grand bonheur des fans – et pour sauver l’honneur, aussi !



Arrive l’un des moments sans doute les plus émouvants du concert : Brendon s’installe derrière l’immense piano à queue surélevé au fond de la scène, et les premières notes de "Bohemian Rhapsody" de Queen viennent envahir la salle Pleyel. Les fans sont friands de cette reprise (qui a été utilisée dans le très médiatisé Suicide Squad, sorti au cinéma cet été) et reprennent encore une fois les paroles à tue-tête, quitte à parfois couvrir la voix de Brendon. 



Mais c’est mission quasi-impossible, car le chanteur a un sacré coffre et n’hésite pas à en jouer – s’il décide de rester plutôt fidèle à l’interprétation de Freddie Mercury sur ce titre précis, c’est autre chose en ce qui concerne les morceaux de Panic! At The Disco. L’artiste sait monter dans les aigus, il sait descendre très bas, il sait rapper, il sait tout faire, ou du moins c’est l’impression que l’on a. Il est tout simplement bluffant d’un bout à l’autre du show.



Après les deux morceaux "Death Of A Bachelor" et "LA Devotee", tous deux tirés du dernier album en date du groupe, Brendon et sa bande tirent leur révérence (oui, maintenant qu’il est officiellement le dernier vrai membre du groupe on peut parler de « Brendon et co » sans complexe).
Les lumières s’éteignent, et très vite la salle se remet à vibrer au son des cris des fans, qui réclament à grands cris une (ou deux) (ou trois) chansons supplémentaires. Évidemment, il suffit de demander : Panic! At The Disco revient sur scène, et Brendon annonce l’un des morceaux les plus anciens du groupe. On sait tous ce qui nous attend, et les cris des fans prouvent à quel point ils sont encore attachés au premier album du groupe. "I Write Sins Not Tragedies" est le titre qui a révélé le groupe il y a une dizaine d’années, et reste aujourd’hui l’un des favoris de la fanbase.
Le sourire comblé de Brendon suffit de remerciements au public, qui maîtrise la chanson sur le bout des lèvres. De même pour "This Is Gospel" qui vient ensuite, et qui est très apprécié aussi (MAIS ce n’est pas pareil, quand même).



Le show se boucle sur "Victorious", comme un hymne signifiant qu’encore une fois, P!ATD a frappé en offrant à ses fans une soirée mémorable. Celle-ci risque d’être encore un peu plus belle qu’à l’accoutumée ; la formidable acoustique de la Salle Pleyel a donné à ce concert un côté magique, soulignant les talents de chanteur de Brendon Urie, sublimant chacun des morceaux interprétés au cours de la soirée.



Il fallait y être pour le croire ; de simples mots ne sauraient rendre justice à la prestation exceptionnelle à laquelle nous avons eu droit ce soir. Panic! At The Disco, qu’il s’agisse d’un groupe ou d’un chanteur accompagné de musiciens, reste une valeur sûre en live. Encore une belle surprise (par là, on entend que l’on pensait que le show serait très bon, mais pas qu’il dépasse à ce point toutes nos attentes !) en cet automne 2016… Et c’est loin d’être fini !

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M. (site officiel)

Setlist P!ATD :

Don't Threaten Me With A Good Time
Vegas Lights
The Ballad Of Mona Lisa
Hallelujah
Time To Dance
Emperor's New Clothes
Girls/Girls/Boys
Ready To Go (Get Me Out Of My Mind)
Nine In The Afternoon
Crazy = Genius
Miss Jackson
Golden Days
Bohemian Rhapsody
Death Of A Bachelor
LA Devotee
----
I Write Sins Not Tragedies
This Is Gospel
Victorious



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