lundi 21 novembre 2016

Live Report : Being As An Ocean + Burning Down Alaska + Capsize + Casey @ La Boule Noire, Paris - 06/11/16

Si cet automne est très chargé en concert, toutes les affiches ne ressemblent pas à celle-là : Being As An Ocean ont embarqué avec eux les Allemands de Burning Down Alaska, les Américains de Capsize et les Anglais de Casey. Une affiche multinationale qui sentait bon le hardcore mélodique et donnait rendez-vous aux fans de ces quatre groupes à la Boule Noire de Paris, le dimanche 6 novembre.

À 18h45, c’est Casey qui ouvre le bal. Nous les avions découverts en première partie de Burning Down Alaska en mars, avant de les retrouver au Longlive Rockfest à Lyon au mois de mai. Cette formation prometteuse vient tout juste de sortir son premier album studio, Love Is Not Enough.
Sur scène, alors que les guitaristes Toby et Ryan [Knowles, de Capsize, venu prêter main forte au groupe sur la tournée] ne tiennent pas en place, le frontman Tom Weaver reste le plus souvent immobile, alternant scream et chant clair, sa voix se suffisant à elle-même à meubler l’espace.



Alternant les nouveaux morceaux issus de l’album et les plus anciens comme l’incontournable "Hell", le groupe propose un set court mais très efficace. Dans les premiers rangs, les fans scandent les paroles, et au bout d’un peu moins d’une demi-heure de show, Tom boucle le set sans micro, sa voix écorchée emplissant la Boule Noire sans le moindre artifice. Après tout, c’est à travers leurs textes que Casey sont les plus impactants.



Quand les Britanniques quittent la scène, ils sont acclamés avec un enthousiasme bien mérité. Il est très peu probable que Casey remplisse des stades, mais si une chose est sûre c’est que le groupe mérite amplement de continuer à tourner et de jouer dans des salles un peu plus grandes autour du monde.


Après une courte pause, nous retrouvons les Américains de Capsize sur la petite scène de la Boule Noire, et là encore les musiciens sont intenables, complétement habités par leur musique qui reçoit un accueil passionné de la part du public.
Le set début avec "XX (Sew My Eyes)", un extrait du dernier album en date du groupe sorti en juillet de cette année. Dès les premiers instants, les fans sont dedans et n’ont aucun mal à faire bouger la fosse. Daniel Wand, chanteur de la formation, n’hésite pas à descendre au milieu des spectateurs pour leur passer le micro.




Entre deux morceaux, le frontman prend un instant pour remercier la foule, qui semble s’être densifiée au cours du set. On ne les avait certes pas vu lors de leurs précédents passages dans la capitale, mais on n’a aucun mal à croire que ce soir-là, les Américains signent leur meilleure prestation parisienne. Ils sont totalement bluffants, la qualité est au rendez-vous et le dynamisme que dégagent les musiciens est communicatif, il est impossible de rester de marbre face au talent et à la motivation indéniables de la formation.



Des titres comme "The Angst In My Veins" et "Tear Me Apart" remueront encore la foule, repris en chœur par les connaisseurs, plus nombreux qu’on aurait pu le penser et qui réservent une ovation aux Américains. C’est avec une certaine émotion que Daniel adresse des remerciements sincères au public parisien.




Arrive ensuite un groupe que nous avons pu découvrir à Paris pour la première fois en novembre 2015 dans le cadre de la tournée Never Say Die!, puis revoir à de multiples reprises entre temps : Burning Down Alaska.






La formation allemande prend possession de la scène face à un public d’avertis, et l’intro de "Blossom" nous informe d’emblée que nous n’allons pas débuter avec une chanson des plus joyeuses (celle-ci parlant de la perte d’un être cher). Mais ce morceau permet aux deux chanteurs, Tobias et Kassim, de donner au public un aperçu de leur symbiose sur scène, ce titre étant le premier à introduire le chanteur à la voix claire au sein du groupe.

Le groupe embraye ensuite sur des extraits de son EP Values & Virtues. Sur scène, ça bouge bien, et comme à chaque fois on se laisse embarquer dans l’univers des Allemands. Tobias prend la parole à plusieurs reprises pour remercier les groupes en tournée avec eux, puis pour remercier les fans qui ont répondu présent ce soir-là.

Les musiciens sont fidèles à eux-mêmes et gèrent parfaitement leur public, parvenant à former un wall of death ou à faire s’accroupir tous les fans, et Tobi s’accorde même un rapide crowdsurf. Les refrains sont souvent repris en chœur et, à la fin de chaque titre, les acclamations fusent dans la salle.


Quand le groupe annonce un morceau inédit, les fans ne contiennent pas leur joie ; nous avons droit à une chanson qui, à l’image de "Blossom", met en valeur aussi bien les screams de Tobias que la voix claire de Kassim (qui, comme nous l’avions expliqué dans nos précédents reports, est arrivé au sein du groupe il y a moins d’un an, il n’a donc pas participé à l’enregistrement de l’EP). Il nous tarde de découvrir ce morceau inédit dans sa version studio – et, si possible, en même temps qu’un album complet du groupe, sur lequel Kassim aura une place à part entière !


C’est avec un certain pincement au cœur que nous disons au revoir à ce groupe allemand, qu’on a toujours plus de plaisir à revoir au fil des shows. Espérons que 2017 puisse les ramener sur les terres de l’Hexagone pour une nouvelle tournée.

Décidément, quel plateau ! Le groupe de tête d’affiche n’est pas encore arrivé que les Parisiens en prennent déjà plein la vue – et les oreilles – avec trois jeunes groupes à l’avenir plus que prometteur.

Quand arrive l’heure de Being As An Ocean et que la Boule Noire est plongée dans l’obscurité totale, les cris des fans redoublent d’intensité pendant que le groupe fait son apparition derrière un rideau de fumée. Les lumières restent très faibles, la scène prend tour à tour des tons bleus, rouges ou violets, les musiciens n’étant jamais très visibles alors que le set débute sur leur titre "Ok".
Dans la fosse, la température est montée d’un cran et on ne tarde pas à voir un semblant de pit se former.


Le charismatique frontman Joel Quartuccio, fidèle à lui-même, refuse d’établir une barrière entre lui et les fans et n’hésite pas à sauter dans la fosse, se mêlant à une foule parisienne ravie. Les musiciens restent quelque peu en retrait, dans l’atmosphère sombre quasi-mystique dans laquelle baigne la scène, tous les regards étant rivés vers le chanteur. Mais encore une fois, l’accent est principalement mis sur la puissance des morceaux et la qualité des textes du groupe. Pas besoin d’en faire des tonnes sur scène pour toucher le public, ça change de certains concerts !


Les  gens ne sont pas ici par hasard ce soir : les paroles de chacun des morceaux interprétés par le groupe sera repris en chœur par la Boule Noire. Qu’il s’agisse de "The Hardest Part Is Forgetting Those You Swore You Would Never Forget", "L’exquisite Douleur" ou "Dissolve" : pas de favoritisme qu’il s’agisse des anciens titres ou des plus récents, ils font tous l’unanimité et sont clamés avec la même émotion (bon, en même temps le groupe vient de souffler sa 5e bougie, on ne peut pas vraiment parler « d’ancienneté » certes, mais vous aurez compris le concept).


Seul le moment du rappel et les hésitations de la foule nous feront tiquer – mais les fans se rattrapent vite et Being As An Ocean vient clore son set avec "This Loneliness Won’t Be The Death Of Me", arrachant au passage quelques ultimes larmes et sourires dans les premiers rangs.


Pour cette troisième date de leur tournée européenne, les quatre groupes présents sur cette affiche exceptionnelle ont assuré un spectacle largement à la hauteur de nos espérances.
On n’aurait pu trouver de meilleur line-up pour représenter le hardcore mélodique, et le dynamisme de ces formations talentueuses et extrêmement prometteuses nous laisse à croire que nous risquons d’entendre encore souvent parler d’elles à l’avenir ! (… et c’est une très bonne chose)
Ne passez pas à côté, et dès que l’occasion se présentera à nouveau, foncez voir chacun de ces groupes, ils valent franchement le détour.


Une interview de Capsize sera très prochainement mise en ligne sur notre site !


Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.


Merci à Alternative Live d’avoir permis à cet excellent plateau d’atterrir à Paris !




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