vendredi 25 novembre 2016

Chronique : NOFX - First Ditch Effort

NOFX est de retour et ce n'est pas sans mal qu'ils ont composé ce 13ème album qui porte d'ailleurs les traces de la récente et difficile détox de son leader emblématique, Fat Mike, qui a exploré les frontières de la défonce et de la mort comme jamais auparavant. "California Drought", "Sid & Nancy", ou encore "Oxy Moronic" en sont l'empreinte même ("Six Years On Dope" parle de l'addiction à l'héroïne du batteur, Smelly). Le reste des titres forme un long pamphlet que Mike et ses compères avaient commencé à esquisser dans le (génial) livre autobiographique sorti plus tôt dans
l'année: NOFX: The Hepatitis Bathtub And Other Stories, dans lequel ils se mettent à nu depuis l'enfance et qui a logiquement mené à ce nouvel album. Un disque auquel le guitariste rythmique sauteur, Eric Melvin participe à la composition avec Mike pour la première fois comme on le remarque sur "It Ain’t So Lonely At The Bottom" et "I Don’t Like Me Anymore". Même si on adore l'entendre s'égosiller depuis longtemps, les deux punks se partagent ici le lead et viennent renforcer l'identité du groupe.

Musicalement on ressent l'influence de la comédie musicale punk Home Street Home (étonnamment sur les thèmes des drogues et du S&M) sur laquelle le bassiste-chanteur a bossé pendant 6 ans avec sa femme, et ce n'est pas pour nous déplaire. On retrouve des touches de Pump Up The Valuum, White Trash, War On Errorism., voire même de The Decline dans les mélodies. Mais c'est ici que le quartet de Frisco arrive encore à se renouveler - dans le style du moins - et à proposer quelque chose qui tient vraiment la route avec des morceaux old-school, hardcore, mélodiques et comme à son habitude avec de sacrés tubes. Armé de la rythmique en béton d'Erik "Smelly" Sandin, c'est le guitariste Aaron El Hefe qui vient apposer ses gimmicks de guitares et autres arrangements au clavier ou trompette sur un son très propre et reconnaissable entre 1000.

Le producteur Cameron Webb (Motörhead, Alkaline Trio) a visiblement apporté une dynamique à toutes ces chansons, composées pour la premières fois en jam session comme sur "Ditch Effort" (sur laquelle on retrouve d'ailleurs discrètement Fletcher de Pennywise au chant) versus l'album Coaster composé à l'arrache par Fatty entre deux bières chez lui. Petit aparté introspectif avec "I'm So Sorry Tony" qui rend un hommage tout en mélancolie à feu-Tony Sly (No Use For A Name) qui faisait partie lui aussi de la famille Fat Wreck Chords et NOFX, et sur laquelle le frontman se livre comme il avait déjà pu le faire par le passé sur le sublime morceau "My Orphan Years".

On a le sentiment au final que le groupe s'est engagé dans une sorte de thérapie par la mélodie et les textes tout en gardant les jeux de mots et onomatopées géniales qui les caractérisent. Cet album nous offre un NOFX libéré, voire délié, à tel point que Burket fait chanter sa fille sur "Generation Z" en fin de disque. En revanche, côté artwork de la pochette on repassera. Si aujourd'hui le groupe et ses membres n'ont plus rien à prouver à personne, sauf peut-être à eux-mêmes, nous on les suivra pour encore 33 ans comme ça avec plaisir.

3,5/5

Antoine D.

1: Six Years on Dope
2: Happy Father’s Day
3: Sid and Nancy
4: California Drought
5: Oxy Moronic
6: I Don’t Like Me Anymore
7: I’m A Transvest-lite
8: Ditch Effort
9: Dead Beat Mom
10: Bye Bye Biopsy Girl
11: It Ain’t Lonely at the Bottom
12: I’m So Sorry Tony
13: Generation Z

Facebook NOFX



Aucun commentaire :