lundi 17 octobre 2016

Live Report : Crown The Empire + Hands Like Houses @ Le Trabendo, Paris, 11/10/16

Le mardi 11 octobre au matin, une bien mauvaise nouvelle tombait pour les fans d’Of Mice & Men : après un début de tournée difficile, la santé du chanteur Austin Carlile s’était détériorée, le contraignant à rentrer aux Etats-Unis pour se faire hospitaliser au plus vite. Annoncer l’annulation le jour-même du concert aurait, dans d’autres circonstances, provoqué une tempête chez les fans impatients qui attendaient ce moment depuis des mois. 
Mais alors que l’on commençait tout juste à encaisser cette déception, une bonne nouvelle plutôt inattendue tombait : ce soir, Crown The Empire et Hands Like Houses, les deux groupes de première partie qui accompagnaient Of Mice & Men sur leur tournée européenne, se produiraient tout de même sur la scène du Trabendo. Retour sur cette soirée inattendue dans la suite du post. 

Deux choix s’offraient aux fans qui avait déjà acheté leurs billets : se faire rembourser leur place en intégralité et ne pas venir au concert, ou se faire rembourser le prix initial pour racheter un billet moins cher (20€) pour tout de même voir les deux groupes qui restaient à l’affiche. L’organisateur n’avait de ce fait pas la moindre idée du nombre de personnes qui décideraient d’assister au show malgré tout, mais la bonne surprise, c’est qu’en arrivant peu après l’ouverture des portes, on remarque que le Trabendo est tout de même bien plein, et que les groupes n’auront pas à se produire devant seulement une cinquantaine de personnes. 

Il faut dire que pas mal de fans avaient acheté leur billet « uniquement » pour voir Crown The Empire ou Hands Like Houses, plutôt rares sur le sol français. Pour ceux-là, on peut presque dire que l’annulation de la tête d’affiche tombait à point, puisque cela leur permettrait d’avoir des sets plus longs de leurs groupes favoris. 


C’est Hands Like Houses qui ouvrent la soirée à 20 heures, face à une salle très honorablement remplie (tout le monde en est d’ailleurs surpris, les musiciens en premier lieu !). Le public est d’ailleurs bien décidé à faire honneur aux deux groupes pour les remercier de jouer ce soir, et l’accueil réservé à Trenton Woodley et ses comparses fait plaisir à voir – et à entendre. Le groupe met en avant son dernier album en date, Dissonants, sorti en février de cette année, à travers des morceaux comme "I Am", "Colourblind", "Division Symbols" ou "Perspectives". 



Le  bon point pour eux et pour leurs fans présents ce soir, c’est que ce set – dont la durée initiale ne devait pas excéder une demi-heure – va durer plus longtemps que prévu. 
 Et franchement, c’est une bonne chose pour tout le monde : ceux qui connaissaient le groupe ont pu donner de la voix sur leurs morceaux favoris, y compris les plus anciens qui avaient été laissés à l’abandon sur le reste de la tournée, faute de temps. Quant à ceux qui ne connaissaient pas les Australiens, cela leur donne l’occasion de les voir en action plus longtemps, et la sauce prendra chez tout le monde ! 



Il  faut dire que les sourires de ces musiciens comblés et ravis de se retrouver face à un public si dense les rendent immédiatement sympathiques, et leur volonté de bien faire se ressent à travers chaque morceau. Trent remerciera à de multiples reprises les spectateurs d’avoir fait le déplacement malgré tout, et le set s’achèvera sur l’un des morceaux-phares du groupe, "Introduced Species", que le public français se fera un plaisir de reprendre en chœur. Les musiciens quittent la scène sous des applaudissements nourris et bien mérités. 

Arrive le tour, à 21 heures, des très attendus Crown The Empire, qui se retrouvent en tête d’affiche de dernière minute et ont donc eu très peu de temps pour concocter une setlist plus longue. Dans la foule présente au Trabendo, on sent qu’un grand nombre de personnes sont venues spécialement pour eux. L’excitation est à son comble quand quatre des cinq membres du groupe débarquent sur scène (il manque David Escamilla, l’un des chanteurs, officiellement absent de la tournée « pour reposer sa voix »). 


Le  groupe avait malgré cela maintenu cette tournée, et la perspective d’un show en headline ce soir était bien loin de les effrayer. Menés par l’autre chanteur, Andy Leo, le groupe prend place sur scène sur l’intro de leur dernier album, Retrograde, avant d’enchaîner naturellement avec "Are You Coming With Me?" Très vite, on remarque que le public parisien est à la page : les paroles des nouveaux morceaux sont maîtrisées aussi bien que celles des plus anciens. 
Ainsi, la transition entre "Zero" et "The Fallout" ne perturbe personne. Mais ce sont évidemment les chansons les plus récentes qui sont mises à l’honneur ici, y compris "Prisoners Of War" (qui vient de souffler sa première bougie) et le tube "Hologram", qui avait également fait un malheur au Vans Warped Tour


Sur scène, le départ du guitariste Benn Suede – il y a presque un an déjà – et l’absence de Dave n’ont pas réellement d’impact sur la performance du groupe. Au contraire, les musiciens se démènent deux fois plus, on sent l’envie tenace de réussir, de faire plaisir aux fans, et de profiter à fond du dernier show de cette tournée. 
Le résultat est là : chaque titre est ponctué par des acclamations enthousiastes. Quand Andy annonce "Voices", on sent encore une fois que les Parisiens suivent le groupe depuis un moment : la foule reprend les paroles jusqu’à couvrir la voix du chanteur. La surprise de la soirée, en quelque sorte, c’est le retour sur la setlist de "Milennia", l’un des meilleurs morceaux du groupe, tiré de l’album The Resistance: Rise Of The Runaways paru en 2014. Petite déception : le superbe solo de guitare, joué sur l’album par Benn Suede, a été éradiqué de la version live, remplacé par une sorte d’interlude instrumentale sans grand intérêt. 
On n’en tiendra pas rigueur à Brandon Hoover, qui se retrouve à devoir assurer les parties de guitare de tête et a dû préférer se concentrer sur les nouveaux morceaux plutôt que sur les anciens, qu’ils n’avaient sans doute même pas préparés pour cette tournée-là. 



Après deux autres nouveaux morceaux, "Lucky Us" et "Weight Of The World", les musiciens remercient leur public et s’éclipsent en coulisses. La réaction des fans français est plutôt hallucinante : les acclamations sont immédiates, la foule réclame le groupe à grands cris en tapant dans les mains. 
Difficile de se souvenir qu’à la base, cette soirée n’était pas censée être « la leur ». 
Mais Crown The Empire ont définitivement séduit Paris, et c’est avec soulagement que nous les voyons réapparaître sur l’intro de The Resistance, pour un rappel 100% consacré à cet album-là. "Initiation" vient soulever une dernière fois la foule, les plus courageux lançant un mosh-pit ou partant crowdsurfer pour saluer leurs idoles sur scène. Au bout d’une heure de set, le dernier morceau de la soirée sera le très apprécié "Machines", qui est là encore repris par le public parisien. 




Une  fois sa prestation terminée, Andy Leo remercie au public d’être resté pour eux, et de s’être montré si enthousiaste et si clément face à ce set de tête d’affiche préparé en dernière minute. C’est de toute évidence un honneur pour le groupe d’avoir pu jouer un show si long face à un public si dense dans de telles conditions. 


Au  niveau de la performance, il y a vraiment peu de choses à redire si l’on prend en compte tous les éléments « perturbateurs » (annulation d’Of Mice & Men, absence de l’un des deux chanteurs du groupe, etc.). Évidemment, par moments Andy préférait laisser Hayden Tree, le bassiste, assurer les chœurs de certains morceaux ; assurer les parties chantées de deux personnes tout seul, ce n’est quand même pas rien. 
La setlist a su ravir les fans et sans doute séduire un certain nombre de non-fans parmi l’assistance. Et sur scène, l’énergie débordante des musiciens a également fait son petit effet. 
Quant à Hands Like Houses, qui ont ouvert la soirée, ils ont eux aussi su séduire le public du Trabendo. Dommage que ces deux groupes talentueux et ambitieux, qui nous ont ce soir-là signé des prestations exceptionnelles, soient si rares sur le sol français. On aimerait voir davantage de « premières parties » qui ressemblent à celles-ci !





Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.

Merci à toute l'équipe d'Alternative Live, et bravo pour cette soirée !




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