mardi 11 octobre 2016

Live Report : The Black Queen + L'Âge D'Or @ Paris, Le Klub, le 04/10/2016

Il y a quelques semaines, The Dillinger Escape Plan annonçait son hiatus, et la sortie d'un ultime album. Tristesse infinie pour leurs fans et tout un pan de la scène mathcore, et du metal en règle générale, mais hey, Greg Puciato est loin d'en avoir fini avec la musique. Ce soir à Paris, nous avions la chance de voir, en tout petit comité, ce monsieur et son nouveau side-project, nommé The Black Queen. A mille lieux de la furie déstructurée et cathartique habituelle du gaillard, nous avons assisté à une belle démonstration d'une new-wave glaçante et originale, accompagnée par L'Âge D'Or, une découverte inattendue et fort intéressante.

Alors que la salle est déjà presque comble, et que les bières commencent à descendre pour se réchauffer (c'est qu'il fait de plus en plus froid dehors !), voilà que deux garçons un peu distants s'installent derrière des Mac, des pads et des synthés. Voici L'Âge D'Or, un duo local, ajouté à l'affiche peu de temps avant la tenue du concert. Originaire de Grenoble mais résidant sur Paris, il propose une alchimie entre electro nourries en basses profondes et en nappes ambiantes, des influences IDM et post-rock, et des jeux de lumières et d'images complètement immersifs et transcendants. Les projections allaient de pair avec la musique des garçons : sombre, mystérieuse, pesante, mais parfois légère, mélancolique. Les saccades s'entremêlaient avec les guitares en feedback, les voix fantomatiques, les ambiances aux certaines allures de montées d'adrénalines... Oui, il est certainement là, le côté post-rock de leur musique : les contrastes, les progressions, puis le climax. Le tout fortement approuvé par deux femmes qui ont monopolisé le premier rang, dansant avec enthousiasme et sensualité au rythme des sonorités obscures et hypnotiques des ¨Parisiens. Curieusement, cela ajoutait beaucoup à l'ambiance du concert, à cette balance entre chaleur et glace. Les morceaux sont assez différents les uns des autres, certains très dansants et percutants, d'autres beaucoup plus abstraits et planants. Une première partie assez osée puisque relativement différente de The Black Queen, qui se veut un peu plus dancefloor que lunaire.

Mais ceci dit, ils jouaient également avec nos sens, les bougres Ricains. Lors du changement de plateau, c'est une boucle ambiante distillée par Joshua Eustis, musicien live de Nine Inch Nails et Puscifer, et également l'un des musiciens de Telefon Tel Aviv, qui nous faisait patienter avant que le groupe ne monte sur scène. Et on sentait une certaine anxiété chez Joshua et Steven Alexander, qui ajustaient leurs instruments et le son, quelques minutes avant de lancer leur set. Le Klub, c'est forcément loin d'être une salle extraordinaire en termes d'acoustique, mais il y est relativement correct. Mais visiblement, ces messieurs sont exigeants. 


Quoi qu'il en soit, le trio nous a proposé une bonne heure de musique entraînante, glaçante mais jamais trop froide, elle aussi parsemée d'ambiances planantes, tantôt cold wave tantôt ambiant, parfois même grâce à une trap classieuse aux basses assez percutantes pour qu'elles fassent bourdonner les tympans et le cerveau à les en bercer. Steven se déchaînait sur sa guitare, arpentant la scène et fonçant dans le public comme si il jouait pour un groupe de hardcore, quand Greg occupait l'espace à sa disposition, usant de son chartisme et de sa prestance pour garantir l'attention et l'osmose du public, autant que sa voix indéfectible oscillant entre chuchotements et vocalises puissantes toujours dans la fluidité et l'aisance, quand Joshua était toujours très concentré à faire de son mieux pour que les instrumentaux ressortent au mieux entre les murs épais de la cave du Klub. 

Alors que le concert en lui-même fût, franchement, un bon moment de décompression et même de voyage, le groupe semble avoir été déçu, et s'est même platement excusé... Assez bizarre, alors que le public a longuement acclamé les garçons, pendant et à la fin du concert, réclamant un encore alors que le groupe avait joué ce soir tous les morceaux qu'ils avaient composé jusque là (du moins, ce qui est sorti en physique...). On ne refait pas des musiciens aguerris, on peut comprendre que les lieux et leur prestation les aient déstabilisés, d'autant plus que définitivement, l'acoustique de la salle a réellement étouffé le son de la guitare de Steven. Mais tout de même, on retiendra de cet instant, privilégié puisque très intimiste, pas mal de bonnes choses, pour peu que l'on soit sensible à la musique électronique et aux années 80.

Guillaume D.

Merci au Klub et à Speakeasy !





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