mercredi 21 septembre 2016

Live Report : Vans Warped Tour @ Wantagh, NY, 09/07/16

Après une édition 2015 qui nous avait mis des étoiles plein les yeux, nous étions de retour au Nikon Jones Beach Theater de Long Island (près de New York) ce 9 juillet 2016, pour un Vans Warped Tour 2016 qui s’annonçait explosif. Retour sur cette incroyable journée dans la suite du post.

Si vous vous souvenez du report de 2015, il régnait sur Long Island une chaleur suffocante et un soleil de plomb qui a causé d’innombrables insolations au cours de la journée. Cette année, le ciel était couvert, il faisait un peu moins de trente degrés, un petit vent venait rafraîchir les festivaliers, et à en croire les artistes et le staff du Warped Tour, cette météo était une véritable bénédiction.
Une interminable file d’attente s’est formée au moins une heure avant l’ouverture des portes, les bénévoles s’activent, tout le monde est très calme, quelques artistes circulent entre les fans pour faire la promotion de leur nouvel album, brandissant une pancarte avec l’horaire de leur set du jour et d’une éventuelle séance de dédicaces. Nous croiserons ainsi ROAM, Crown The Empire, Waterparks ou encore With Confidence, qui ne rechignent jamais à poser avec leurs admirateurs.

Quand vient l’ouverture des portes, les festivaliers sont nombreux à se ruer à l’intérieur du site, pour diverses raisons : ne surtout pas louper les premiers sets de la journée, récupérer les bracelets pour certaines séances de dédicaces dont le nombre est limité… Mais très rares sont ceux qui courent dans l’espoir de choper une barrière sur l’une des sept scènes pour y rester toute la journée – en général, les festivaliers préfèrent bouger un maximum, il y a tant à voir !
Le premier arrêt se fait la plupart du temps face à l’immense time table du jour, l’emblématique panneau Vans sur lequel on découvre à quelle heure passeront nos groupes favoris, qui peut parfois nous réserver de très bonnes comme de très mauvaises surprises (il y a tant de groupes à voir qu’il est très courant que deux de nos « must see » jouent en même temps…).
Ensuite, petit tour du côté de l’espace presse où l’on apprend le jour même quels groupes on va interviewer, et à quelle heure. Là encore, on a une petite boule au ventre en espérant que les interviews ne tomberont pas pile lors des sets que l’on ne voulait pas manquer (bon, pour cette fois c’était un peu loupé… vous le découvrirez plus tard).


Notre journée commence à 11h30, sur la scène Cyclops, pour voir nuls autres que les Français de Chunk! No, Captain Chunk! (eh oui, en tant que Frenchies on est chauvins jusqu’au bout que voulez-vous). Et puis, c’est une chose d’applaudir le groupe quand il se produit dans l’Hexagone, c’en est une autre de voir comment il se débrouille outre-Atlantique.


Tous les festivaliers n’ont évidemment pas encore eu le temps d’entrer sur le site, mais la foule ne cesse de grossir lors des premiers instants du set, et l’on remarque que des fans « purs et durs » sont là aussi, à scander les paroles dans les premiers rangs, slammer et acclamer la formation française à la fin de chaque morceau. C’est une excellente surprise de voir autant de monde à une heure si « matinale », surtout quand on sait que Four Year Strong et Whitechapel se produisent pile au même moment à l’autre bout du site !
On fait d’ailleurs un tour du côté du set de Whitechapel sur la scène Monster « Nord », où les plus courageux ont d’ores et déjà lancé les hostilités et ouvert un pit plutôt violent – sacré contraste. Pas le temps de rigoler par ici ! Mais c’est presque dommage de programmer un tel groupe si tôt ; le public reste relativement épars, et une petite « mise en bouche » avant de passer sur le grill ça ne fait jamais de mal…

De retour sur la scène Cyclops, en tout cas, Bert et sa bande se débrouillent comme des chefs, ils savent à qui ils ont à faire et comment motiver ces fans américains qui se sont pris d’affection pour « Chunk ». Leur cover d’All Star fait un tabac, surprend les festivaliers qui ne faisaient que passer mais ravit les connaisseurs. Le frontman s’offre un bref bain de foule qui rendra les premiers rangs hystériques, puis le groupe achèvera son show sous des acclamations franches plus que méritées. Pourquoi on ne les a pas plus souvent dans l’Hexagone, ceux-là ?

Pas le temps de s’éterniser, on file vitesse grand V vers l’une des scènes Journeys pour voir la fin du set de Four Year Strong. Là aussi, la foule est venue nombreuse et reprend les paroles des titres "Who Cares?" puis "Wasting Time", les deux derniers de ce set. Mais le plus surprenant ici, c’est sans nul doute les accoutrements des musiciens et le décor insolite de la scène habituellement ultra-basique : la couleur rouge domine largement, des bonhommes de neige, une guirlande de Noël et des flocons blancs sont dessinés sur l’énorme drapeau en arrière-plan. Des pères Noël en plein mois de juillet, il y en a qui sont sacrément en avance pour préparer les fêtes ! Sur scène comme dans le public, l’ambiance est très bon enfant – et le sera d’ailleurs tout au long de la journée.

Comme nous l’avions déjà remarqué l’année passée, le public américain est très différent du public français, beaucoup moins dans la réserve. Les festivaliers sont relativement jeunes dans l’ensemble, parfois accompagnés de leurs parents (pour qui l’entrée est gratuite), mais on peut tout à fait retrouver des quinquagénaires venus en bande. Il y a tellement de scènes et tellement de groupes à voir qu’il est très rare d’entendre quelqu’un se moquer des artistes qu’il a face à lui - les gens auront le réflexe de zapper ce qu’ils n’aiment pas pour se concentrer sur les groupes qu’ils préfèrent.



Avant que le stand ne soit pris d’assaut, je file du côté du camion Monster pour récupérer une canette gratuite « pour l’apéro » (car ici, on rappelle qu’il n’y a pas d’alcool, que les canettes de Monster sont distribuées dans la limite des stocks disponibles et qu’il est possible de recharger sa bouteille d’eau gratuitement). Canette à la main, on observe le show de Vanna sur l’une des scènes Monster Energy, et ça déboîte complétement. Les musiciens livrent un show très carré, d’une qualité irréprochable, et le public est déchaîné, moshpits et wall of death se succèdent tout au long du set. Voici un groupe qu’il ne faudra pas louper à Paris lors de leur venue en compagnie de Beartooth, en décembre prochain ! Qualitativement, c’est sans doute l’un des meilleurs shows de la journée. 



Mais nous n’avons malheureusement pas le temps de le regarder dans son intégralité, il y a trop de choses à voir ailleurs : sur la scène Journeys Left Foot, à midi pile, We The Kings débarquent face à un public impressionnant, le plus important de la matinée. Impossible de rester de marbre face à la bonne humeur communicative de Travis Clark et sa bande, qui viennent faire danser les festivaliers. Après une dizaine de minutes d’un set punchy et bon enfant, direction la scène Poseidon pour retrouver Secrets, l’un des groupes que nous ne voulions pas rater aujourd’hui. À force de cavaler dans tous les sens et de ne pas pouvoir prendre le temps de bien profiter d’un set entier, on a – déjà – un peu la tête ailleurs, et le groupe ne parvient malheureusement pas à nous captiver.
Tant pis, car quelque chose de très important se prépare sur la Monster Energy North : le décor de scène de Crown The Empire est posé face à une hallucinante masse de fans. Deux immenses cosmonautes gonflables trônent d’un côté et de l’autre de la scène, et quand les premières notes de l’intro résonnent, des cris stridents se font entendre. Ce Warped Tour est particulièrement important pour Crown The Empire, qui s’apprête à sortir son nouvel album Retrograde et profite de la tournée pour présenter quelques-uns de ses nouveaux titres aux fans ayant fait le déplacement. L’occasion pour nous de revoir le groupe, et de voir ce que ça donne en live !
Les musiciens débarquent, visiblement débordant d’énergie, et le public ne tarde pas à sauter en rythme. Les anciens morceaux sont repris en chœur, les nouveaux sont accueillis avec un enthousiasme non feint : il est clair que Crown The Empire ont face à eux des admirateurs fidèles. Si le groupe ne révolutionne certes pas le metalcore – dont il se détache d’ailleurs de plus en plus –, il n’en reste pas moins agréable à regarder en live, fidèle aux versions studio. Des tubes comme "Machines" ou les tous récents "Zero" et "Hologram" sont repris en chœur par la foule ; plutôt prometteur pour la venue du groupe en Europe, en première partie d’Of Mice & Men !

On jette ensuite un œil à Tonight Alive, qui se produit sur la Journeys Right Foot à quelques mètres de là. Les Australiens ont eux aussi droit à un accueil très chaleureux, et la chanteuse Jenna McDougall est rayonnante, tout de blanc vêtue et ses cheveux platine coupés courts. Le spectacle n’est cependant pas exceptionnel (même s’il faut avouer qu’on se prend vite au jeu des refrains entraînants du groupe) et on file jeter un coup d’œil à Ghost Town sur la scène Cyclops. Eux qu’on avait découverts – et adoré – en première partie de Simple Plan à La Cigale, en début d’année, sont toujours aussi bons en live et ont face à eux un public moins dense que les deux groupes précédents, mais dont ils n’ont pas à rougir.


12h50 : il est temps de rappliquer près de la Monster Energy South pour le début du set de Chelsea Grin. Même si nous avons eu plusieurs occasions de voir le groupe ces derniers mois (à l’Impericon Fest àParis et au Never Say Die! de Trier en avril), il fait partie de ces groupes qu’on prend toujours autant plaisir à observer. Et pour le coup, les fans sont tellement déchaînés qu’ils valent le déplacement à eux tout seuls. D’immenses circle pits se forment coup sur coup, les plus frileux devront s’éloigner au plus vite, au risque d’être happés par les fans en grande forme. Tout sourire, les musiciens donnent le meilleur d’eux-mêmes et le frontman déborde lui aussi d’énergie – difficile de croire que ceux-là ont passé le plus gros de 2016 sur les routes !


Sur la Journeys Right Foot, c’est ambiance « Fête du village » avec Reel Big Fish, leurs costumes décalés et leur son de trompette qui en fait sourire plus d’un. Ambiance beaucoup plus calme, on danse à droite à gauche, on applaudit, on chante "Smells Like Teen Spirit" ou "Take On Me".
Sur la scène Poseidon, c’est Knuckle Puck qui font une arrivée fracassante face à un public là aussi prêt à faire la fête, dans une atmosphère pop-punk comme on les aime. Mais les groupes pop-punk, c’est pas ça qui manque ici et on va dire qu’après avoir vu deux fois Knuckle Puck ces derniers mois (et sachant qu’on allait les revoir en décembre), on préfère privilégier des groupes qui se font rares en France, comme c’est le cas pour Motionless In White, qui sont les suivants à monter sur la Monster Energy North. Quand on n’est pas ultra-fan du groupe à la base, on appréhende un peu de se retrouver face à un énième groupe qui passe plus de temps à peaufiner son maquillage que sa musique… mais on se rend compte dès les premiers instants du set que ce n’est pas le cas de Chris Motionless et ses acolytes.
Débordant d’énergie, sachant comment fédérer leurs fans et faire bouger le public qui leur fait face, les musiciens sont plutôt captivants. Qualitativement parlant, c’est très bon aussi, et le public – qui, non, n’est pas composé uniquement de midinettes – est plutôt survolté.

Pour la forme, et surtout pour voir ce que ça donne sur le sol américain, on passe voir Mayday Parade sur l’une des scènes principales du festival. Et là, surprise : c’est un véritable océan de fans qui leur fait face. Derek est toujours aussi souriant, sautillant, sympathique, mais ça nous change pas mal des dates parisiennes du groupe, où le groupe peine à rassembler une centaine de fans… Ici, à vue de nez, près de deux mille personnes applaudissent le groupe et reprennent les tubes en chœur. Ça fait plaisir à voir, car l’énergie positive véhiculée par Mayday Parade, c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas partout !


Retour « côté Monster » pour voir la fin du set de Motionless In White, mais aussi pour assister à l’arrivée sur scène de coldrain. Et là, grosse surprise : il n’y a personne. Certes, New Found Glory se produit sur une scène Journeys, mais où sont passés les festivaliers ? Seules une cinquantaine de personnes restent face à cette scène Monster Energy South pour accueillir les Japonais, qui ne se formalisent pas et arrivent comme ils le feraient face à un stade rempli. Et ils ont bien raison, car très vite la foule se densifie et se motive à bouger.



Comme à chaque fois qu’on les voit en live, les Japonais nous scotchent littéralement. Bourrés de talent et ultra-mobiles, ce sont de véritables bêtes de scène et prouvent qu’ils ont bel et bien leur place sur l’affiche de ce mythique festival américain. 



On reste pour une bonne partie du set, parce qu’il faut bien se faire plaisir, mais ensuite le devoir appelle et on va jeter un œil du côté de New Found Glory.
La foule est très, très dense ici. Pourtant, le groupe ne nous donnera pas envie de rester, proposant quelque chose de vu et revu – au Warped Tour, si l’on veut attirer un nouveau public, il faut sortir du lot, proposer quelque chose de nouveau.
C’est un peu ce qu’ont fait les intrigants membres de Masked Intruder, qui sont (si vous ne les connaissez pas) tous dissimulés derrière des cagoules colorées. Un policier en tenue leur tient compagnie sur scène, bras croisés, lunettes aviateurs sur le nez, grosse moustache… mais il ne gardera pas bien longtemps son uniforme ; à chaque morceau ou presque, il se dénude un peu plus. Le punk-rock de ces Américains originaires du Wisconsin prend grâce à cette mise en scène une certaine valeur et pique notre curiosité. On se prend au jeu – il y a d’ailleurs ici plus de spectateurs qui sont là « pour voir ce que ça donne » que de véritables fans. Les musiciens font participer le public, l’ambiance est très sympathique, si bien qu’on ne voit pas le temps passer et qu’on loupe le début du set de Wage War sur la Monster Energy North. Nous les avions découverts en première partie de coldrain à Paris, en mai dernier, alors qu’ils étaient quasiment inconnus dans l’Hexagone. Au bout de trois ans d’existence, ils ont en revanche réussi à se créer une véritable notoriété aux États-Unis. La foule est dense, et sait ce qui l’attend (c’est-à-dire des moshpits on repeat et une ambiance survoltée de la première à la dernière note). Les Floridiens sont vraiment exceptionnels sur scène, et c’est avec un pincement au cœur que nous nous éclipsons avant la fin du set, interview oblige.
Il nous faut traverser le site entier pour nous rendre au coin presse (et, comme vous pouvez l’imaginer, cela ne prend pas cinq minutes), on entraperçoit Ballyhoo! qui en est au début de son set, mais on loupera State Champs, alors qu’ils faisaient partie de notre liste « à ne pas manquer »… Heureusement pour nous, notre photographe a rattrapé le coup le mois suivant à la date de Mountain View, et nous a fourni quelques clichés :





De retour sur le site après une vingtaine de minutes d’interview en français (devinez avec qui ?), on se rue vers la Journeys Left Foot, et de loin, on entend les cris des fans qui annoncent l’arrivée sur cette grande scène de Sum 41. Ouf, on n’aura pas loupé grand-chose ! C’est le seul set qu’on prendra le temps d’apprécier dans son intégralité (enfin un peu de « repos »).
Le groupe culte n’a droit qu’à huit morceaux, alors on sucre les ballades "With Me" et "Pieces" pour aller directement dans le vif du sujet : "The Hell Song", le nouveau "Fake My Own Death", mais aussi "Grab the Devil by the Horns and Fuck Him Up the Ass", qu’on pensait jeté aux oubliettes il y a presque dix ans mais qui nous a fait son grand retour au début de cette année.


Et puis c’est l’apothéose sur la deuxième moitié du set, avec une sélection des plus gros tubes de Sum 41 : "We’re All Too Blame", "Still Waiting", "In Too Deep" et "Fat Lip". Inutile de mentionner les pits successifs, les incessants crowdsurfs ; je pense que vous ne les imaginez que trop bien. Il est quasiment impossible de voir où s’arrête cet océan de gens, nous avons eu de la chance de parvenir à nous faufiler pas trop loin de la scène, mais quand Deryck Whibley laisse son micro au public, le sol semble vibrer tant les fans chantent fort. Les applaudissements et acclamations tonitruantes qui viennent clôturer ce set semblent sincèrement émouvoir les musiciens, qui ne cessent de remercier ce public exceptionnel (et vraiment, il l’a été). Le groupe revient de loin, mais semble n’avoir jamais été aussi en forme qu’aujourd’hui.


Mais nous n’avons même pas le temps de nous repasser les images de ce show magique en tête, il faut déjà continuer notre marathon. 



Là, gros dilemme : The Word Alive et Sleeping With Sirens jouent en même temps (je vous vois venir, lecteurs aigris qui pensent tout haut « Facile, va voir aucun des deux c’est nul de toute façon » ; oui mais non, c’est comme ça et puis c’est tout, j’suis pas là pour compter les nuages). La scène Journeys Right Foot sur laquelle se produit Sleeping With Sirens étant située juste à côté de celle que nous essayons de quitter, nous pouvons donc assister à l’arrivée en fanfare de Kellin Quinn et sa bande. Les fans hurlent alors que le groupe entame son titre "We Like It Loud", issu de leur dernier album Madness. Et puis croyez-le ou non, on se laisse facilement prendre au jeu, la formule marche bien, et le punchy "Kick Me" avec lequel les musiciens enchaînent est tout aussi entraînant. C’est rare de voir Sleeping With Sirens sur une scène française, alors autant en profiter au maximum !



Cela dit, même si je les ai vus deux mois plus tôt (au Longlive Rockfest) et que je sais que je vais les revoir un mois plus tard (à Colmar avec Parkway Drive), je ne peux pas m’empêcher de faire un tour du côté de la Monster Energy North pour voir The Word Alive. Et ça tombe bien, les deux scènes sont très proches l’une de l’autre. 



La foule est très dense ici aussi, les fans prouvent leur motivation à coups de slams et en reprenant les paroles en chœur, chantant parfois plus fort que l’incroyable Telle Smith, qui est une vraie boule d’énergie, sautant d’un bout à l’autre de la scène, à un moment même dans le public… Nous ne voyons que "Life Cycles" et "Trapped", mais c’est suffisant pour juger de l’excellente qualité du set – et les regards admiratifs des spectateurs en disent très long également.





On retourne voir la fin du set de Sleeping With Sirens, avec les incontournables "If I’m James Dean, You’re Audrey Hepburn" et "If You Can’t Hang". Il est vrai qu’on sent que la voix de Kellin fatigue un peu, qu’il force parfois, mais ça ne gâche pas vraiment le show, et sa prestance compense largement. En tout cas, le public est toujours aussi enthousiaste, et les mines ravies des fans laissent penser qu’ils auraient apprécié avoir droit à quelques minutes supplémentaires.


Direction le « coin Monster », où l’on assiste à un bout du show de Veil Of Maya. Encore une fois, c’est un groupe que l’on pourrait être surpris de retrouver au Warped Tour, aux côtés de Sleeping With Sirens ou State Champs, mais le deathcore de ces musiciens originaires de Chicago a trouvé des amateurs auprès des festivaliers, qui s’en donnent à cœur joie dans la foule. Il est 16h, l’heure du goûter peut-être, mais surtout l’heure de pointe au niveau du stand Monster, où tout le monde va refaire le plein de boisson énergisante avant que le semi-remorque ne soit en rupture de stock (ce qui ne va pas tarder).

Ensuite, on embraye du côté Journeys pour espérer voir un bout du show de Yellowcard – et aussi espérer voir un bout des musiciens, car la foule est si dense qu’on peine à distinguer les silhouettes sur scène. Alors qu’énormément de groupes font leurs débuts sur les scènes de ce festival itinérant, eux en profitent pour faire leurs (presque) adieux à leur public américain à travers le pays, comme pour terminer sur une note légère quatorze ans après leur premier Warped Tour. Et le groupe n’a effectivement rien à envier aux jeunes formations qui prendront la relève ; toujours aussi énergiques, fédérateurs et adulés, les musiciens originaires de Jacksonville nous livrent leurs meilleurs tubes. 


C’est avec un petit pincement au cœur que l’on quitte ce superbe spectacle après 15-20 minutes, mais à l’autre bout du site, Emarosa est d’ores et déjà en train de mettre le feu face à un parterre de fans beaucoup moins impressionnant, mais tout aussi bluffé par la prestation du groupe de post-hardcore. Et franchement, c’est quelque chose à voir ! Un coup sur scène, un coup dans la foule, toujours en train de sauter ou d’escalader, Bradley Walden donne de sa personne et surprend même tout le monde en débarquant derrière son guitariste, l’attrapant par la taille alors qu’il continue de jouer et le faisant tourner sur lui-même, ce qui laisse les fans bouche bée. Pour mieux vous rendre compte de ce que ça donne, une vidéo du set entier de ce jour-là (9 juillet 2016) est disponible sur Youtube via ce lien. https://www.youtube.com/watch?v=ty5KVKBiTeo, et ça vaut vraiment le coup d’œil (merci au gentil monsieur d’avoir capturé ces moments !)


On enchaîne avec Ice Nine Kills sur l’une des scènes Monster Energy ; et même si l’on ne voit pas grand-chose du set, cela reste l’un des meilleurs moments de ce Warped Tour. Encore un groupe que je ne connaissais que vaguement, et qui a su me bluffer par la qualité de sa prestation. Une chose est sûre, c’est que le 11 novembre je ne louperai pas leur passage à Paris, et je vous conseille de faire de même !

Il nous reste très peu de temps avant la prochaine interview, on en profite pour voir les jeunes Australiens de With Confidence sur la plus petite scène du festival, la Full Sail. Signé chez Hopeless Records depuis le début de l’année, ce groupe pop-punk prometteur en veut et le fait savoir. Dans la lignée d’As It Is ou ROAM (avec lesquels les Australiens ont d’ailleurs déjà tourné), ils ont assurément de beaux jours devant eux !

Après avoir jeté un coup d’œil au set d’In Hearts Wake, nous allons regarder l’entrée sur scène de Falling In Reverse, et surtout de son maître de cérémonie très controversé Ronnie Radke. Eh bien, laissons les mauvaises langues dire ce qu’elles veulent : Ronnie a de toute évidence fait des erreurs sur le plan personnel, mais sur scène, c’est un véritable showman qui attire tous les regards, et assure le spectacle comme très peu d’artistes savent le faire. Qu’on aime sa musique ou non, il faut lui laisser cela. Le morceau "Rolling Stone" donne une pêche incroyable, parfait pour donner le coup d’envoi du set. Les fans sont au rendez-vous, tout le monde semble faire l’impasse sur les scandales qui pullulent sur le net. Et les gens qui se prennent trop au sérieux n’ont de toute évidence pas grand-chose à faire sur un festival comme le Vans Warped Tour.

Mais trêve de bavardages quant à ce groupe si critiqué : Telle Smith, frontman de The Word Alive, nous attend en coulisses pour une interview que vous avez pu découvrir le mois dernier sur notre site.
Ce très sympathique entretien me fait louper Every Time I Die – je m’en remettrai, c’est pas comme si je ne les avais jamais vus – mais je peux encore filer voir la fin du set d’Issues, qui vaut le détour uniquement pour son look 100% Pokémon. Le groupe avait flairé le phénomène qui allait affoler les jeunes aspirants dresseurs à travers le monde (le jeu Pokemon Go était déjà lancé aux USA, et on ne pouvait faire trois mètres dans le festival sans croiser des gens le nez collé à leur appli). Cerise sur le gâteau, au milieu de morceaux comme "Hooligans", "COMA" ou "Never Lose Your Flames", le groupe reprenait également le générique de la série Pokémon…  Encore un set qu’il fallait voir juste pour le fun !

On alterne ensuite entre The Maine et Young Guns, deux bons groupes qui ont leur public certes, mais qui ne déclencheront pas vraiment de coup de cœur. Il faut dire que les festivaliers commencent à fatiguer après une journée si remplie, beaucoup se prennent le temps d’aller faire la file pour chercher à manger à l’un ou l’autre food-trucks installés les uns à côté des autres, à l’écart des stands de merch.
En se baladant dans les allées, on peut croiser certains membres de groupes ayant joué plus tôt dans la journée, on remarque que les stands se vident petit à petit, la fatigue se lit sur beaucoup de visages… Il n’a beau être « que » 18h30, ça fait près de six heures que nous cavalons tous d’un bout à l’autre de ce site immense, et que malgré les nuages, la chaleur n’arrange rien.



Je décide de me partager les sets de The Color Morale et Against The Current, regardant à peu près la moitié de chacun. Ça fait vraiment plaisir de voir un excellent groupe comme The Color Morale avoir droit à un accueil aussi chaleureux ici, quand on sait qu’en France ils peinent à rameuter deux-cent personnes… Les musiciens, très souriants et ne tarissant pas de remerciements pour leurs fans, prennent chacun leur rôle très au sérieux, et le rendu est impeccable.



Quant à Against The Current, c’est très énergique, la jeune Chrissy Costanza semble d’ailleurs être la « role-model » d’énormément de jeunes adolescentes, amassées dans les premiers rangs, qui ne lâchent pas la chanteuse des yeux. Niveau prestation, rien à redire, ils assurent comme des pros, mais il manque un petit quelque chose, ou peut-être qu’il y a un petit quelque chose en trop. En tout cas, ce « quelque chose » sur lequel nous n’arriverons pas à mettre le doigt nous fera errer du côté de la Full Sail, où un groupe inconnu au bataillon (pour nous en tout cas), Bad Seed Rising, informe la trentaine de festivaliers rassemblés devant la petite scène que s’ils se rendent au stand du groupe, ils auront droit à des CD et du merch gratuit – avec en prime, à la fin du concert, l’occasion d’obtenir selfies et dédicaces avec les membres du groupe. La chanteuse ne cesse de remercier les personnes qui se sont arrêtées pour les voir, répétant à quel point c’est surréaliste pour elle de se retrouver ici, alors qu’elle venait à ce festival en tant que spectatrice l’année passée encore – un moment 100% Warped Tour.

Retour ensuite du côté des scènes Journeys pour une valeur sûre du Vans Warped Tour : Set It Off, de grands habitués qui savent transformer n’importe quelle salle en grosse boum d’adolescents. Ici c’est presque trop facile, tout le monde est déjà en mode summertime/pool parties/beer pong/snapbacks (on est parfaitement bilingue chez Alternativ News vous avez vu). Évidemment, on adore. C’est exactement ce que l’on attend d’un tel groupe : du dynamisme, des sourires, des refrains entraînants que la foule reprend à tue-tête, une overdose de bons sentiments. Le tout bien exécuté, en prime. Le charismatique Cody Carson présente également des nouveaux morceaux au public, qui seront accueillis avec un enthousiasme non feint. 

On part de là le sourire aux lèvres, puis c’est direction le set d’I See Stars, qui eux aussi se font désirer sur le sol français – et maintenant qu’on les a sous les yeux, on comprend pourquoi ! Devin Oliver switche avec brio entre le chant clair et les screams, s’en va crowdsurfer sur une marée de fans ébahis. Leur electronicore s’est décrassé au fil des ans, et leur dernier album Treehouse, sorti trois semaines auparavant, avait beau laisser certains fans perplexes au début, les chansons qui en sont issues font l’unanimité en live.
Un excellent show, qu’on aura du mal à quitter, mais quelque chose de tout aussi excitant nous attend sur l’une des scènes Journeys : The Story So Far vient de donner le coup d’envoi de son set au moment où l’on arrive, et les musiciens n’ont même pas encore fini de prendre place sur scène que l’on remarque déjà deux, trois, puis six ou sept crowdsurfers qui s’en vont high-fiver Parker Cannon. Une orque gonflable apparaît soudain dans les premiers rangs, partant voguer au-dessus de la foule. Le frontman ne laisse aucun répit à celle-ci, qui est littéralement en ébullition tout au long de la demi-heure de set.

Nous partons ensuite vagabonder d’une scène à l’autre, captant un petit bout du show des excellents Oceans Ate Alaska, avant de filer voir, par curiosité, la sensation du moment si l’on en croit les magazines Alternative Press, Rock Sound, mais aussi et surtout les fans en délire qui se pressent dans les premiers rangs : Waterparks. Look très « 5 Seconds Of Summer » (d’ailleurs la musique aussi), ces petits jeunes ont l’air bien sympathique certes, mais… rien ne se passe. Ils sont énergiques et mettent plein de bonne volonté, mais ne proposent rien de révolutionnaire (non pas que nous nous attendions à la révélation de l’année), et ça sonne presque faux, parfois.


Pour finir la journée avec une valeur sûre, on se rend chez les Anglais de ROAM tandis que partout autour de nous, les tentes disparaissent au fur et à mesure, les autres scènes sont démontées en deux temps trois mouvements, et bientôt il ne reste presque plus rien de ce festival gigantesque.



Mais sur la scène Poseidon, le pop-punk du groupe britannique qui clôture cette journée exténuante nous redonne la pêche, et Alex Costello, chanteur de la formation, remercie sans cesse les personnes qui ont patienté si tard pour les voir. Il est 20 h, il fait déjà sombre et la majeure partie des festivaliers a déjà quitté le site pour choper des navettes de bus, des trains, ou pour reprendre la route tant qu’il fait encore jour. Mais ROAM n’a pas à rougir de ce public tout de même relativement dense qui fait face à la scène – d’autant plus que, même s’ils auraient sans doute été plus nombreux en milieu d’après-midi. Les festivaliers qui sont restés sont décidés à profiter au mieux de ces derniers instants, ils reprennent les paroles en chœur et répondent à chacune des sollicitations du frontman, qui lui aussi mouille la chemise en sautant dans le public. Comme à chaque fois, on n’a rien à redire quant à la qualité de la prestation, sublimée par le dynamisme des musiciens.


Puis il est l’heure de dire au revoir à ROAM, puis aux personnes extraordinaires qui m’ont accueillie, guidée à travers ce festival qui ne ressemble à aucun autre. Cette journée a été extrêmement fatigante ; courir d’une scène à l’autre, zigzaguer entre les tentes et les files de fans qui attendent leurs idoles, essayer de voir, de vivre un maximum, c’est pas de tout repos. Mais le Vans Warped Tour, c’est la garantie de voir de multiples shows de qualité, de découvrir des groupes prometteurs, et surtout de passer une journée dans une ambiance très bon enfant et chaleureuse.
Comme après tout festival, nous repartons avec certains souvenirs plus marquants que d’autres, et nous avons eu droit à toutes sortes de surprises (plus souvent bonnes que mauvaises). Les groupes nous ont rarement déçus, et au contraire, certains que nous n’attendions pas au tournant ont prouvé qu’il ne fallait pas les sous-estimer. Au côté de valeurs sûres comme Sum 41 ou Yellowcard, nous avons donc eu droit aux excellentes prestations d’Ice Nine Kills ou Emarosa, qui ne figuraient même pas sur notre liste des « must-see » !

NB : Le live report a été rédigé par Laurie B. à partir de la date du Vans Warped Tour de Wantagh, le 09 juillet 2016, les photos ont quant à elle été prises par Mathilde M. sur la date de Mountain View, le 04 août 2016 (ce qui explique la différence entre le blabla météo du report et le beau temps des photos!)

Many, many thanks to Danielle and Kevin for this incredible opportunity! 




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