vendredi 9 septembre 2016

Live Report : Parkway Drive + The Word Alive + Burning Down Alaska @ Parc Expo de Colmar, 24/08/16

Il faut avouer que ce n’est pas tous les jours qu’il se passe quelque chose dans cette belle région qu’est l’Alsace ; mais les fois où ça bouge, on ne fait pas les choses à moitié ! Deux semaines à peine après la Hard Rock Session de la Foire aux Vins de Colmar (avec Limp Bizkit en tête d’affiche, report à relire ici), le Parc des Expositions ouvrait à nouveau ses portes à un public metalcore, pour l’unique date française de Parkway Drive. Cette belle affiche était complétée par The Word Alive et Burning Down Alaska – un show qu’il ne fallait manquer sous aucun prétexte en cette fin août !

Mercredi 24 août, il régnait un soleil de plomb dans le ciel alsacien, pourtant à 19 heures, une longue file se dessinait déjà le long des grilles bordant le Parc des Expos de Colmar. Après quelques petits soucis de serrure, les vigiles parviennent enfin à ouvrir les portes, laissant entrer des fans de Parkway Drive, The Word Alive ou encore Burning Down Alaska qui se ruent vers le hall du Cabaret.
Car si ce sont les Australiens en haut de l’affiche, un simple coup d’œil autour de nous nous permet de repérer des t-shirts portant les noms des deux groupes de première partie, ce qui laisse présager une bonne ambiance tout au long de la soirée.

Une fois à l’intérieur, de nombreux timides restent attroupés vers le fond de cette salle tout en largeur, mais dès l’instant où les Allemands de Burning Down Alaska prennent la scène d’assaut, les Alsaciens, autres Français, Suisses et Allemands ayant fait le déplacement s’avancent de quelques pas. 




C’est l’excellent titre "Trophies" qui ouvre ce premier set de la soirée, et l’énergie communicative du groupe fait son petit effet sur le public, qui se prend au jeu d’emblée. Même si ce dernier reste un peu timide, on sent qu’il apprécie, et quand le frontman Tobias demande aux Colmariens de former le premier wall of death de la soirée, ils s’exécutent sans hésiter.
Le dernier arrivé dans la bande, Kassim, vient assurer les parties de chant clair et quelques screams en renfort. Les deux chanteurs assurent le show sans empiéter sur les platebandes de l’autre et le rendu est vraiment très bon – et tout au long du set, ils n’auront de cesse d’interagir avec le public, lâchant çà et là des « Merci » (en français s’il vous plaît). 



Quand arrive le tour de "Blossom", le titre qui avait plus ou moins « intégré » Kassim dans le groupe (et le seul à ce jour dont il est l’interprète original), Tobias déclare qu’il s’agit d’un morceau très spécial pour le groupe, et qu’il souhaiterait le dédicacer ce soir à la mémoire de Tom Searle, le guitariste d’Architects décédé quelques jours plus tôt. Des applaudissements francs et émus viennent saluer ce très beau geste – dans la foule, tout le monde sait qui est Tom Searle. 

Parmi les premiers rangs, des fans reprennent les paroles en chœur, et le public tout entier tape dans les mains quand l’un des musiciens le sollicite. Les deux guitaristes Dario et Marvin et le bassiste Julian donnent eux aussi le meilleur d’eux-mêmes, leurs regards scrutant la foule, et ça fait vraiment du bien de voir un groupe dont tous les membres semblent animés d’une telle passion. Les titres "Clockwork", "Phantoms" et "Brighter Days" s’enchaînent, Kassim ne reste sur scène que pour ses parties chantées, s’éclipsant discrètement dès qu’il a fini son boulot – s’octroyant également un bref moment sur les crash-barrières alors que des mosheurs ouvrent un pit à quelques mètres de lui.
Burning Down Alaska conclut son set avec "Savior", un morceau très mélodique qui achèvera de séduire les ultimes sceptiques – s’il en restait. Une demi-heure, c’était beaucoup trop court pour tant de talent ; vivement que le groupe dévoile le successeur de leur premier EP Values and Virtues, qu’on ait droit à des sets plus étoffés ! 



Une chose est sûre, c’est qu’au moment de quitter la scène, les Allemands peuvent être certains de compter dès les heures qui suivent plusieurs centaines de nouveaux amateurs. Une très bonne chose quand on sait qu’ils sont à l’affiche d’une tournée pour le moins séduisante aux côtés de Being As An Ocean, Capsize et Casey… Rendez-vous en novembre !

Le changement de plateau est très rapide, et les lumières s’éteignent à nouveau rapidement pour accueillir la deuxième partie de soirée : les Américains de The Word Alive débarquent sur la scène du Parc Expo avec leur titre "Made This Way". Là encore, on sent qu’un certain nombre d’amateurs ont fait le déplacement, les fans reprenant les paroles en chœur. Le chanteur Telle Smith est une véritable boule d’énergie, qui saute d’un bout à l’autre de la scène, s’amusant avec les photographes, faisant de petits signes aux fans qu’il repère dans la foule. 



Quand on enchaîne avec l’explosif "Sellout", l’un des tubes du dernier album en date du groupe, Dark Matter – qui est largement mis en avant ce soir (chronique à lire ici) –, les mouvements de foule se font plus intenses et les pits se succèdent, quelques crowdsurfers viendront taper dans la main de leur idole. Telle affiche un sourire éclatant tout au long du set et exprime à quel point il est content d’être de passage en France – en profitant pour afficher leur ingénieur du son, un Français, qui se retrouve enfin « sur ses terres » après quatre mois de tournée à travers les États-Unis puis l’Europe. 




Le public connait également les morceaux plus anciens du groupe, comme "Entirety" ou "Life Cycles", qui engendrent tout autant de mouvements de cette foule enthousiaste et survoltée. La chaleur suffocante n’a pas altéré le dynamisme de Telle, qui ne cesse de bondir sur scène, sans que ça n’ait d’influence sur ses parties vocales. Le frontman peut demander n’importe quoi au public : sauter, s’agenouiller, mosher, et tout le monde s’exécutera, motivé par l’endurance des Américains.



L’intro de "Life Cycles" est reprise en chœur par l’assemblée, les mots « I’d rather die for what I believe than live a life without meaning » semblent connus d’une grande majorité des fans présents. Après ce morceau phare, il est déjà temps de faire place à la dernière chanson de ce set : il s’agit de "Trapped", issu de Dark Matter. Telle remercie le public colmarien un nombre incalculable de fois, visiblement satisfait de l’accueil qui a été réservé à The Word Alive, et les musiciens peuvent repartir la tête haute, fiers de leur superbe prestation qui signait également la fin de leur mini-tournée européenne.



Il est à présent l’heure d’accueillir les patrons de la soirée, les très attendus Parkway Drive. Nous nous retrouvons face à l’immense rideau aux couleurs de leur album IRE, alors que les ombres chinoises des membres se reflètent et que l’intro de "Destroyer" résonne dans le Cabaret. Le public est chaud bouillant (en même temps, il doit faire 40 degrés dans la salle) et hurle les « DESTROY » jusqu’à ce que le rideau tombe et que la formation australienne apparaisse sous nos yeux. Quelques secondes suffisent à – encore – faire grimper la température, et les fans ne se font pas prier pour ouvrir un immense moshpit, histoire de mettre tout le monde dans le bain. 



Comme d’habitude, le groupe enchaîne avec "Dying To Believe", et les paroles sont reprises en chœur par les Alsaciens – et tous les autres, car il faut dire qu’on entend pas mal parler allemand aussi. Encore une fois, nous nous retrouvons face à un groupe sincèrement heureux d’être ici – de tels sourires ne peuvent pas mentir, et une énergie pareille ça ne s’invente pas non plus. Le charismatique Winston McCall fait office de maître de cérémonie, et chaque geste, chaque mouvement semblent parfaitement calculés, mais en même temps exécutés si naturellement !



Le tube "Vice Grip" déclenche un enthousiasme décoiffant chez le public ; il est clair que les nouveaux morceaux, qui sont bien mis en avant ce soir-là, sont très efficaces en live. Les plus anciens sont en revanche laissés au placard : nous n’aurons droit à aucun titre du premier album, Killing With A Smile. Si certains morceaux sont regrettés par les fans, d’autres viennent en revanche prendre le relais. C’est le cas du dernier né "Devil’s Calling", paru sur la version deluxe de l’album IRE en juillet dernier, à peine plus d’un mois auparavant.



Ce qu’il manque aussi, ce sont les célèbres effets pyrotechniques du groupe : ils auraient fait un carton si le concert avait pu avoir lieu au théâtre de plein air de Colmar (capacité de 10 000 personnes), mais dans cette petite salle à l’atmosphère déjà suffocante, il vaut sans doute mieux éviter de faire encore grimper la température (en plus, il est clair et net que ce n’était pas envisageable étant donné la configuration et la hauteur de plafond). Dommage pour cette fois, mais on espère y avoir droit pour le retour du groupe au Bataclan en avril prochain !



Quand le groupe quitte la scène après "Bottom Feeder", sous les acclamations d’un public à bout de souffle, mais qui en veut encore et le fait savoir. Quelques secondes suffisent à donner le ton, les mosheurs ont à peine le temps de souffler que résonne l’intro de "Crushed". Enfin !
Si l’air est devenu irrespirable, les fans resteront au taquet jusqu’aux derniers instants, reprenant les paroles en chœur et prenant le relai chaque fois que Winston tend le micro à l’assemblée. La soirée s’achève avec "Home Is For The Heartless", et les Australiens quittent la scène en remerciant une énième fois le public colmarien.



Voici une soirée comme on les aime, avec un public en forme et des groupes bourrés de talent et d’énergie. De quoi finir l’été en beauté, dommage que cette date ait été la seule sur le sol français : mais pas de panique, Burning Down Alaska seront de retour dès le mois de novembre (avec une date à Paris le 6, en première partie de Being As An Ocean) et Parkway Drive reviendront en avril en compagnie d’Asking Alexandria. Quant à The Word Alive, ils ne devraient pas tarder à annoncer leur retour en Europe non plus… Faites ce que bon vous semble, mais nous ne manquerons aucun de ces trois groupes !

Texte : Laurie B.
Photos : Nicolas Keshvary pour Daily Rock France

Merci à Live! Colmar et Alternative Live, ainsi qu'à Nicolas pour ces beaux clichés !

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