dimanche 18 septembre 2016

Live Report : Impericon Festival @ Cabaret Sauvage, Paris - 04/05/16

En ce mercredi 4 mai, il fallait partir tôt du travail ou des cours pour ne rien louper de l’Impericon Festival, qui s’arrêtait au Cabaret Sauvage de Paris pour une unique date française. Au programme : une dizaine de groupes qui se succèdent sur l’unique scène de cette salle, de 15 heures à 23 heures. Évidemment, les équipes d’Alternativ News étaient sur place du début à la fin et le live report complet de cette édition 2016 de l’Impericon Fest est à lire dans la suite du post. 

14 h 30 

Les portes du Cabaret s’ouvrent pour la petite horde de fans qui patiente sous un soleil qui tape pas mal. Mais en entrant dans le premier hall de la salle, dans lequel se trouvent les stands de merch, on en vient à regretter la chaleur extérieure. Après avoir déposé leurs affaires au vestiaire, jeté un œil aux tee-shirts et autres CDs disposés sur les tables, les premiers fans vont soit faire un tour dans la partie extérieure, soit prennent déjà place à la barrière du premier rang, face à la scène. 



15 h 00 

Ce sont les Australiens d’Hellions qui ouvrent les festivités, et la première chose qui me saute aux yeux c’est que le chanteur Dre porte le même pull rose qu’il avait déjà au Never Say Die! de Trier, dix jours auparavant... (live report en ligne ici) Peut-être qu’il a une valise pleine de pulls identiques certes, mais avouez que le rose ça sort de ce qu’on a l’habitude de voir. Les spectateurs déjà présents s’avancent tous vers la scène, et même si le Cabaret est loin d’être plein, il y a toutefois une foule non négligeable qui vient assister à ce premier set de la journée.


Pour cette première date sur le sol français, Hellions donnent de leurs personnes et semblent séduire les fans présents, qui ouvrent d’emblée un petit pit. Le groupe ne s’encombre pas de fioritures ou de jeux de scène trop complexes ; les musiciens errent en électrons libres sur la scène. Leur look de mecs de banlieue peut être surprenant au premier regard, mais on s’y fait très vite et la capitale de la mode ne leur en tient pas rigueur. Au contraire, si l’on en croit comme les premiers mosheurs s’en donnent à cœur joie, les Français ne font même pas attention à la dégaine des musiciens. Au bout d’une petite vingtaine de minutes de set, il est temps pour les Australiens de remercier Paris et de quitter la scène. 



15 h 25 

La transition entre Hellions et Hundredth est si courte que la foule a tout juste le temps de reprendre ses esprits. Voilà que nous sommes repartis pour un tour, avec un public beaucoup plus dense qui semble attendre avec impatience le groupe. Les Américains ont droit à un accueil très chaleureux de la part des fans, qui se pressent au premier rang, et Chadwick Johnson et sa bande donnent très vite le ton avec leur hardcore mélodique.



Bien chauffés par Hellions, les mosheurs remettent le couvert avec encore plus d’enthousiasme, et ils se font toujours plus nombreux dans la fosse du Cabaret Sauvage. Plutôt pas mal pour ce milieu d’après-midi ! Car Hundredth ont attiré beaucoup de monde aujourd’hui ; on voit que dans les premiers rangs, les fans chantent à plein poumons, le pit se met à remuer comme il faut, le public français n’a vraiment pas à rougir de l’accueil qu’il a réservé au groupe. De leur côté, les musiciens se donnent eux aussi, et la setlist d’une demi-douzaine de morceaux met en avant l’album Free, paru en 2015. Cela semble satisfaire les fans, qui participent jusqu’aux dernières secondes du show, se battant presque pour accéder au micro quand le chanteur le pointe vers la foule. 
Ce set plein d’énergie a réveillé tout le monde, et on a maintenant droit à un quart d’heure de break pour faire un tour sous le soleil de plomb qui nous fait l’honneur de sa présence pour la première fois depuis bien longtemps. 


16 h 10 

Les prochains à monter sur scène cet après-midi là sont les Allemands d’Eskimo Callboy. Alors qu’ils jouent en tête d’affiche sur pas mal de dates germaniques de la tournée, ils se retrouvent ici en troisième position, alors que le soleil est encore loin d’être couché. Mais au moment où ils débarquent en trombe sur scène, comme ils l’auraient fait devant une foule de trois mille personnes, on sent que le public – de plus en plus dense – est curieux.



Cela peut paraître surprenant, mais il a l’air d’y avoir un certain nombre de fans dans la salle, et les tubes comme "We Are The Mess", "My Own Summer", "Best Day" ou "Is Anyone Up" sont repris en chœur. Eskimo Callboy ont un genre bien à eux, qui est assez inédit en France. Un mélange metalcore/électronicore très second degré, qui semble néanmoins être une bonne surprise pour la plupart des Parisiens qui les découvrent ce jour-là – même si évidemment, il y en aura toujours pour reprocher au groupe d’user de ces sonorités électro et compagnie.



Le plus important et ce que l’on retiendra de ce show, c’est l’énergie distillée par les Allemands, qui semble électriser une bonne partie du public, mais aussi les efforts qu’ils ont mis dans le show et ces colonnes de fumée totalement inattendues – qu’ils seront les seuls à avoir de la journée. Quelques fans (car oui, il y en a) reprennent les paroles en chœur, et motivent d’autres festivaliers à faire bouger le pit.



Ce set mérite d’être acclamé pour de multiples raisons : l’excellente prestation du groupe, leur jeu de scène indéniable, et le fait que ce soit là leur premier passage en France (ce qu’ils répètent à plusieurs reprises, et ils semblent les premiers surpris de l’accueil qui leur est réservé). 


16 h 55 

Au tour des très attendus Chelsea Grin de prendre la scène d’assaut, et le Cabaret Sauvage semble littéralement exploser à leur arrivée. La foule est beaucoup plus dense qu’auparavant ; il est évident que beaucoup sont venus pour eux. Le groupe ouvre son set avec deux anciens morceaux, "Recreant" et "Cheyne Stokes", issus de l’album Desolation Of Eden, et les fans inconditionnels se ruent dans le pit. 



Inutile de préciser que la majorité des festivaliers connaissent les paroles par cœur, même le dernier morceau en date, "Skin Deep", sorti en décembre dernier et qui devrait être le premier extrait du prochain album du groupe, est repris par une grosse partie des fans. Les Américains nous offrent un show ultra-pro – on sent les habitués – et d’une excellente qualité, leur puissant deathcore bardé de breakdowns paraît convaincre même les rares sceptiques présents.



Il est évident que le groupe avait manqué à ses fans français – l’effervescence qui règne dans le Cabaret ne trompe pas. Des monstres de cette envergure-là, on aimerait clairement en voir plus souvent par chez nous. Chelsea Grin bouclent leur set avec "Revenant" et "My Damnation", qui provoquent une certaine euphorie dans le public, définitivement conquis. 
C’est ensuite l’heure pour le groupe de conclure leur show d’un peu plus d’une demi-heure, sous les acclamations enthousiastes des fans. 


17 h 45 

Alors qu’une version remixée de leur tube "Hollow Bodies" retentit dans la salle, à nouveau plongée dans le noir, Blessthefall sont les prochains à fouler la scène du Cabaret Sauvage et arrivent à tour de rôle, prenant place face au public, Beau Bokan débarquant en dernier et aspergeant aussitôt la foule d’eau (si on avait fait de l’humour douteux on aurait pu dire un truc du genre « histoire de mettre les fans dans le bain » mais c’est vraiment moyen donc on s’abstiendra).



Une fois l’intro terminée, le groupe peut entamer la « vraie » version d’"Hollow Bodies", et l’énergie des musiciens semble communicative ; alors que les mosheurs semblaient un peu sceptiques au premier abord, ils se laissent happer par la bonne humeur ambiante et font remuer la fosse. 
Blessthefall ont sorti leur dernier album à l’automne de l’année passée, mais ce n’est pas pour autant qu’ils laissent leurs anciens titres de côté, le public étant toujours ravi de retrouver "2.0" ou "What’s Left Of Me". Et les deux opus les plus récents, Hollow Bodies et To Those Left Behind, sont représentés chacun par 3 morceaux – dont, pour ce dernier, les excellents "Oathbreaker" et "Open Water".



Sur scène, Beau semble inépuisable ; il saute, il va embêter ses camarades, il descend contre les crash barrières pour faire chanter les fans des premiers rangs… Le tout en continuant d’assurer ses périlleuses parties de clean vocals (et en lâchant un scream de temps à autre), tandis que c’est Jared Wrath, derrière sa basse, qui se charge des parties « unclean ». 
Profitant d’une pause dans le set, Beau annonce que c’est aujourd’hui l’anniversaire de leur guitariste Elliott, le plus jeune du groupe (qui, comme à son habitude, a pris soin de revêtir un maillot du PSG). Un peu gêné d’être mis ainsi sous les feux des projecteurs, ce dernier baisse la tête pour cacher son rire et ses joues rouges alors que toute la salle entonne « Joyeux anniversaire Elliott ». 



Les Américains concluent leur show avec l’ultra-punchy "You Wear A Crown But You’re No King", sur lequel personne ne reste de marbre. Un beau moyen d’achever de convaincre les détracteurs du groupe (car il faut avouer que le metalcore de Blessthefall dénote quelque peu sur cette affiche, comme ils nous l’ont eux-mêmes confié lors d’une interview que vous découvrirez bientôt sur notre site, et que les parties chantées ne sont pas au goût de tous), et de convaincre tout le monde d’applaudir les musiciens alors qu’ils quittent la scène. 


18 h 35

Le groupe suivant semble particulièrement attendu au tournant. Il s’agit des Québécois de Despised Icon (qui, donc, s’adressent en français au public dès qu’ils montent sur scène), séparés pendant près de six ans (si l’on ne compte pas leur brève tournée « d’au revoir » en 2014) et qui ont récemment annoncé la reformation du groupe ainsi qu’un nouvel album intitulé Beast, censé sortir le 22 juillet chez Nuclear Blast Records. Album que le frontman Alex Erian ne manquera pas de promouvoir aujourd’hui. Despised Icon, c’est un peu – avec Hatebreed, annoncés en tête d’affiche – les « patrons » de ce festival. Les preuves sont faites, ils viennent ici en terrain conquis et retournent littéralement le Cabaret.



Car effectivement, le public est conquis, et c’est le moins qu’on puisse dire. Les amateurs de mosh se ruent dans la fosse tandis que les âmes sensibles évacuent sur les côtés, et la demi-douzaine de titres interprétés ce jour-là (incluant "Fractured Hand", "Day of Mourning" ou encore "MVP", qui clôture le show) fait carrément monter la température – alors qu’il fait déjà une chaleur mortelle ici. Un circle pit géant se forme à la demande du frontman, et les festivaliers peuvent se lâcher alors que les Montréalais délivrent un deathcore de haute voltige, pas toujours dans la finesse, mais redoutablement efficace.



Il y a de l’expérience ici, et quand on les voit aussi à l’aise sur scène, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi est-ce que Despised Icon ont un jour envisagé de laisser tomber le groupe. 


19 h 30 

Après un break et une virée à l’extérieur, nous revenons dans l’enceinte du Cabaret au moment où Bury Tomorrow nous font une entrée quelque peu mitigée sur scène. Visiblement ultra-motivé, le frontman Dani Winter-Bates aura cependant quelques petits problèmes de micro au début du set – qui seront réglés et oubliés à peine quelques minutes plus tard. 
Les Anglais enchaînent les morceaux tandis que le public enchaîne les pogos, sans laisser trop de temps aux discours de remerciements. Les parties de scream autant que le chant clair sont menées de main de maîtres, respectivement par le frontman et le guitariste rythmique Jason Cameron, et Dani fait preuve d’une énergie toute particulière, gambadant sur scène et tentant d’être toujours au plus près de ses fans.



Pour leurs dix ans d’existence, Bury Tomorrow peuvent se targuer d’avoir pris pas mal d’envergure, et célèbrent ici la sortie de leur quatrième album studio, Earthbound, sorti en janvier de cette année et qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de présenter à leurs fans français. 
Le public réagit un peu de la même manière que pour Blessthefall plus tôt dans la journée : décidé à s’éclater et à mosher dès que l’occasion se présenterait, il fait bouger le Cabaret, mais on peut quelque part sentir que l’engouement n’est pas de la même ampleur que pour Despised Icon par exemple. Néanmoins, il nous faut reconnaître que le set des Britanniques est très bon, très condensé ; il constitue trente-cinq minutes d’exaltation intense pour la foule et sera applaudi comme il le mérite. 


20 h 30 

Le public est – déjà ! – un peu fatigué quand les Australiens de Northlane montent sur scène. Si certains spectateurs semblent très réceptifs et bluffés par la prestation du groupe, d’autres prétendent avoir déjà été déçus par Northlane auparavant et n’attendent pas grand-chose de ce show, reprochant au groupe un manque de charisme et un jeu de scène bien trop plat.



Honnêtement, je me dois de les contredire ; si ce n’est pas le set que je retiendrai de cette journée, je ne trouve cependant pas qu’il soit à proscrire. Les Australiens savent ce qu’ils font, le frontman a de toute évidence gagné en prestance scénique, et le show est tout à fait honorable. Le pit se remet en ébullition alors que le chevelu Marcus Bridge bondit d’un bout à l’autre de la scène, un large sourire aux lèvres. En place depuis à peine deux ans, le chanteur a su se faire une place dans le groupe et ose aujourd’hui s’affirme totalement – ce qui lui manquait peut-être encore lors du dernier passage de Northlane à Paris. 
En tout cas, le groupe nous offre quarante bonnes minutes de set très satisfaisant ; on ne se prend pas de claque, mais on apprécie, on applaudit, et on attend la suite avec impatience (et/ou appréhension, peut-être). 


21 h 20 

Car la suite, c’est Emmure. Ou plutôt, Frankie Palmeri avec ses nouveaux musiciens. Quelques petites minutes de retard pendant lesquelles le groupe se laisse désirer, et voilà que les lumières s’éteignent et que la foule parisienne peut enfin découvrir les nouvelles têtes de ce groupe culte… qui incluent Josh Travis, guitariste de Glass Cloud, et Josh Miller, batteur qui avait lui aussi officié en studio pour Glass Cloud.



Au niveau du show, les musiciens sont tous très pros et savent ce qu’ils font. Face à nous, nous n’avons ni plus ni moins qu’une nouvelle version d’Emmure, qui interprète des morceaux déjà connus, sans grande nouveauté, mais avec une efficacité irréprochable. Alors forcément, c’est bon si on aimait le groupe auparavant, et forcément, cela reste relativement insipide si au contraire on n’était pas particulièrement fan d’Emmure. Mais comme on fait partie de ces gens qui ne crachent sur aucun groupe et qui cherchent toujours à mettre en avant les bons côtés de chaque prestation. 
Et ce soir-là, la prestation d’Emmure ne manque pas de bons côtés, justement, la foule déchaînée en est la preuve numéro un. 


22 h 20 

Pour clôturer cette journée bien chargée, le public est plus au taquet que jamais et accueille les très attendus Hatebreed avec des cris enthousiastes. Leur "Destroy Everything" semble vouloir dire « C’est qui les patrons ? » et le Cabaret n’a jamais été aussi Sauvage (je sais je sais, mais j’ai pas pu m’empêcher). 
Cela marque le coup d’envoi d’une heure de show déjanté, qui tiendra l’ensemble des spectateurs en haleine. Le groupe n’a pas le temps de traîner et dégaine un nombre insensé de morceaux (courts, mais ultra-efficaces) face à un public qui se donne à fond dans le pit. 
Jeunes et moins jeunes s’éclatent, Hatebreed est l’un des seuls groupes qui parvient ainsi à fédérer toutes les générations. Il faut dire que les musiciens sont en poste depuis plus de vingt ans – et toujours au top de la forme sur scène – et peuvent sans doute se targuer d’avoir fait partie des pionniers du metalcore. Qui sait, sans eux, ce festival aurait peut-être été bien différent. 



Nous avons droit à un show extra, une excellente prestation de la part des Américains et un parfait accueil de la part de la foule parisienne. L’indétrônable Jamey Jasta, au micro, ne cesse de motiver ses troupes à sauter, crier, mosher, mais il n’aurait même pas besoin de se donner cette peine tant les spectateurs sont décidés à tout déménager. 
Le groupe s’apprête à sortir son nouvel album (paru le 13 mai chez Nuclear Blast Entertainment) et présente au public français plusieurs morceaux récents, qui reçoivent un accueil très chaleureux. 
Au bout de l’heure de set qui était accordée à Hatebreed, les « seniors » saluent la foule et quittent la scène, alors que les festivaliers prennent doucement le chemin de la sortie, faisant pour beaucoup encore une halte aux stands de merch. 



Voici qu’une belle journée riche en émotions, révélations et en bons moments s’achève. Tous les ans, Impericon tente de se renouveler avec son festival désormais bien connu, et tous les ans c’est réussi. 
Le seul arrêt français de cette édition 2016 a permis aux Parisiens et aux festivaliers ayant fait le déplacement de passer un « May the Fourth » mémorable. 

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M. (site internet)

Merci à Impericon et Alternative Live pour cette journée ! 






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