lundi 19 septembre 2016

Live Report : The Fall Of Troy + Tiny Moving Parts + Paerish @ Backstage, Paris - 08/09/16

Ce soir au Backstage du O'Sullivans, se sont confrontés, ou plutôt amusés, deux générations de kids : les fans de The Fall Of Troy et de Tiny Moving Parts. Car oui, nous avions la chance de pouvoir les voir se produire sur la même scène, le même soir, une occasion en or. Nous étions bien évidemment au rendez-vous, et nous ne nous attendions pas à une telle raclée, n'ayons pas peur des mots. Mais à la surprise générale, ce n'est pas à la formation culte du post-hardcore progressif qu'est revenu le titre de "meilleur set du soir", mais plutôt à des emokids au background et à l'attitude fondamentalement différents.

Deux générations de kids ? Parfaitement : la plupart des fans de The Fall Of Troy présents ce soir ont atteint le quart de siècle au minimum, mais sont restés les mêmes kids qu'il y a 10 ans, qui auront fait ce soir une démonstration de force à leur groupe favori, motivés par la prestation sans faute des Américains. Les fans de Tiny Moving Parts, eux, sont plus jeunes, sont les seuls à utiliser le terme "twinkle" pour parler de math-rock, mais pas moins passionnés, au contraire. Le tout mélangé, et vous obtenez un cocktail explosif, festif, tout en bonne humeur et en attentes comblées. Cette joyeuse assemblée a été chauffée par les Parisiens de Paerish, nos surdoués de l'alt-rock grungy qui pourrait sans problème devenir le premier groupe français signé chez Run For Cover un jour, que j'ai malheureusement loupé (remercions entre autres les couloirs du métro de l'enfer de la gare Montparnasse...), mais qui selon mes sources ont fait bonne impression, malgré leur style musical relativement différent du reste de l'affiche, où le tapping est à 99% remplacé par les pédales d'effets.



Il était intéressant de se demander comment le public de The Fall Of Troy allait accueillir les éternels emokids du Minnesota, et également si le microcosme parisien de la scène emo et math-rock allait être présent pour eux. Manifestement, une bonne partie de la salle était comble lorsqu'ils sont montés sur scène. Il faut dire que l'attente était forte, ils étaient attendus chez nous depuis plusieurs années, notamment depuis que le plateau TMP / Old Gray / Modern Baseball qui a tourné en Europe et qui a soigneusement évité la France, alors que l'affiche de la tournée était un improbable. Boulanger tenant une baguette ! Un troll de qualité supérieure, si vous voulez mon avis.



Trèves de bavardages, revenons à nos tricots : Tiny Moving Parts nous ont offert en un peu plus d'une demi-heure quelques titres de leur dernier (et rassurant) album Celebrate, et quelques hits de leur album presque culte, This Couch Is Long And Full Of Friendship. Ils ne se sont pas contentés de jouer ces morceaux, loin de là, ils les ont interprété avec un enthousiasme phénoménal, et avec la même passion qui les animent depuis le début.



Le trio (oui, j'ai toujours du mal à y croire...) s'est démené à nous faire danser, chanter, suant à grosses gouttes, mais n'ont jamais, ô grand jamais bronché. Il ne pouvait y avoir qu'une coupure de courant qui pouvait les stopper, et c'est précisément ce qu'il s'est passé, l'alarme incendie en prime. D'ailleurs, elle aura donné lieu à quelques blagues sur les attentats, comme quoi le traumatisme reste encore bien présent dans nos salles... Mais pensez-vous que cela allait effacer l'humeur festive et la détermination de nos musiciens ? Pour le monde du monde ! Sous une effusion de sing-alongs virant au screamo, de sourires et de danses saccadées, les garçons ont terminé leur set avec leur tube "Dakota". Quel plaisir ce fût de les découvrir en live, on a déjà grand hâte de les revoir chez nous !



Mais potentiellement, le meilleur restait à venir. Car The Fall Of Troy, ce n'est pas n'importe qui : ils ont marqué les différents courants du mouvement post-hardcore américain depuis leurs débuts en 2003, et c'est à eux que l'on doit l'émergence de groupes tels qu'A Lot Like Birds ou Dance Gavin Dance. Il s'agit aussi d'un trio, et là aussi, c'est dur à croire tant les riffs et les rythmes pleuvent dans leurs compositions.



À la surprise générale, ils sont revenus cette année avec OK, un album arrivé 7 ans après In The Unlikely Event et leur break-up, où ils se révèlent être plus en forme que jamais. Et ça s'est vérifié ce soir... Mais, là ou Tiny Moving Parts nous ont touché par leur spontanéité couplée à leurs talents de musicien, The Fall Of Troy ont fait un boulot impeccable, mais il manquait clairement de cette chaleur humaine. C'est dommage, car cette distance fausse un peu le côté fou, déchaîné, cathartique de leurs compositions, qu’on retrouvait clairement sur scène. 



On ne peut pas le nier, ce sont de redoutables musiciens eux aussi, et connaissent leurs morceaux sur le bout des doigts. Thomas Erak, en maître de cérémonie, se présentait souvent droit à la foule pour envoûter ses fans de ses riffs tantôt mathy, tantôt hardcore bulldozer, tantôt catchy, ou de ses solos endiablés, et semblait ce soir ne pas trop aimer qu'on le filme pendant ses exploits guitaristiques, en témoigne ce petit rejet de la main de Thomas du smartphone d'un spectateur voulant immortaliser le mouvement. 



Du groovy "F.C.P.R.E.M.I.X" au chaotique " Laces Out, Dan ", en passant par " Inside Out ", "A Single Word" ou "Ex-Creations", il y en a eu pour tous les goûts et tous les types de danses. Une bonne heure de set intense et ébouriffante, même si l’on aurait aimé un peu plus de communication de leur part.

Texte : Guillaume D.
Photos : Edouard C.

Merci à Alternative Live.






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