mercredi 28 septembre 2016

Interview : Chunk! No, Captain Chunk! @ Vans Warped Tour, Wantagh, NY

Cet été, nous avons retrouvé nos petits Français de Chunk! No Captain Chunk! sur le Vans Warped Tour (notre live-report est à lire ici), et nous en avons profité pour faire une interview "100% Warped" du frontman Bert Poncet, à lire dans la suite du post !

Salut Bert, comment vas-tu ?
Bert : Ça va très très bien ! Merci d’être venus nous voir jusqu’ici, ça fait vraiment plaisir.

Vous êtes de retour sur le Vans Warped Tour, ça vous en fait combien sur le CV maintenant ?
C’est notre troisième Warped Tour, on l’a fait en 2012 et 2014 avant ça. C’est assez marrant d’ailleurs ; les deux premières fois on a joué sur la même scène, on avait un peu l’impression de revivre le même truc. Cette année, on joue sur une scène plus grande, c’est un peu différent mais toujours aussi cool.

Comment décrirais-tu l’accueil des Américains ?
Très bon, honnêtement. Notre premier marché a toujours été les Etats-Unis. Notre label est américain, dès le départ on a fonctionné un peu à l’américaine et le but de notre label était avant tout de nous faire tourner ici plus qu’ailleurs. Du coup on s’est développés en Europe et dans le reste du monde bien après. Ça a mis environ trois ans pour qu’on se détache un peu du marché américain. Ça fait un petit moment qu’on n’était pas revenus, en plus. Enfin bon, on avait une petite tournée en mars dernier mais y avait quand même une période d’absence. Mais ce qui est cool c’est qu’on revient un peu « en force », et aujourd’hui même si on a joué parmi les tout premiers groupes on avait quand même pas mal de monde, les gens étaient motivés. On est très content de la réaction des gens ici.

Et vous retrouvez certaines têtes d’une date à l’autre, il y a des gens qui vous suivent ?
Y en a qui arrivent, y en a qui partent, et bien sûr il y a toujours les inconditionnels que l’on va retrouver sur deux, trois dates. J’ai l’impression qu’en comparaison avec la France, les gens ici vont être beaucoup plus « fans », beaucoup plus impliqués dans le truc, à fond. C’est quand même appréciable, c’est quelque chose qui manque un peu en Europe. Les gens vont à un concert pour regarder un show, ils font que passer, mais c’est vrai qu’ici, on a une fanbase très active, une street-team très dévouée, c’est vraiment une bonne chose pour nous. Encore une fois, comme c’est notre premier marché, c’est très important.

En général vous jouez dans des grandes salles sur le sol américain ?
Ça dépend, mais plutôt, oui ! En mars dernier, on était avec I See Stars et là à New-York on a fait une salle qui s’appelle Grammercy Theater, qui est en plein Manhattan, une super salle ! Je connais pas vraiment la capacité, mais ici c’est une institution, c’est un peu comme si à Paris on jouait une sorte de Bataclan quoi.

Imagine que tu aies à choisir entre faire le Warped Tour tout l’été – et uniquement le Warped Tour – ou jouer dans plein d’autres festivals à travers le monde… Qu’est-ce que tu choisirais ?
L’été pour moi, c’est le Warped Tour. J’aime beaucoup certains festivals européens, mais ce qui est assez pénible en tant que groupe c’est que c’est un concert par-ci par-là. Je comprends qu’ils organisent les festivals uniquement les week-ends bien sûr, mais pour les artistes ça nous laisse quand même de grosses périodes vides. Je me souviens, l’année dernière on a fait le Download, le Pukkelpop, l’année d’avant on avait fait le Groezrock, le Slam Dunk, et c’est super cool mais à chaque fois on doit faire l’aller-retour, et ça c’est pénible. Alors que là on est sur un run entier où on joue presque tous les jours, on est sur une lancée. Mais ça a ses avantages et ses inconvénients, là aussi. Le Warped Tour c’est long. Et c’est fatiguant. Et franchement, quand on arrive à la fin des deux mois là, qu’on a fait nos quarante-cinq/cinquante concerts, on a envie de mourir ! Alors que c’est vrai que sur des festivals européens, on va faire des trajets à droite à gauche, on peut se reposer entre deux dates et avant de repartir. Mais ça demande vraiment plus d’efforts en termes de logistique et d’organisation. Mais on trouve notre compte dans une situation comme dans l’autre !

Pourrais-tu décrire le Warped Tour en trois mots ?
Chaud. Fatiguant. Mais surtout, beaucoup beaucoup de fun ! Par moments sur cette tournée, tu détestes ta vie, mais au bout du compte, à la fin des deux mois, tu te dis que c’était énorme, on s’amuse en non-stop. Quand tu rentres à la maison et que tu dis « J’ai fait le Warped Tour ! » c’est un peu comme si tu revenais de la guerre ! C’est la tournée ultime, et cette qualité là efface tous les défauts.
Non mais, pour en revenir à la question, mes trois mots ce serait ça : Chaud, fatiguant, fun.

Est-ce que t’as un « souvenir préféré » du Warped Tour ?
En fait, j’aurais un truc à raconter sur chaque journée. Même si je me limite aux trois dernières semaines, je n’arrive pas à penser à un truc qui se détache du reste. Mais après oui, il y a des situations un peu absurdes. Je me souviens, lors de l’un de nos Warped Tours, il me semble que c’était à Montréal à l’époque où le festival passait encore au Canada, il y avait un gamin qui a crowdsurfé avec son fauteuil roulant, les fans l’ont porté jusqu’à la scène et j’ai pu lui faire un high five. C’est pas que ce soit un souvenir dingue, c’est juste une image particulière, un truc que tu ne pourrais pas voir ailleurs qu’ici.



Et au niveau des « pires souvenirs »… ?
Oh ben ça il y en a aussi, ouais ! Chaque tournée a son lot d’aventures, aussi bien bonnes que mauvaises. Lors de la dernière tournée, on a dû passer par une sacrée tornade, c’était un peu bizarre. On avait vraiment l’impression que c’était la fin du monde, on a pas mal flippé.
Et ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’un groupe en tournée, c’est un groupe qui roule la nuit, donc on vit la nuit plus que le jour, et quand il y a ce genre d’intempéries, la nuit, qu’il y a une ambiance très glauque, ça te prend aux tripes. Mais bon c’est l’aventure, c’est comme ça ! Ma mère me dit « Au final, vos tournées c’est comme si vous faisiez votre service militaire » et… ouais, c’est un peu ça en fait !

Sur le Vans Warped Tour de cette année, est-ce qu’il y a des groupes que t’avais hâte de voir, de revoir ?
Pour être honnête, ça fait trois semaines qu’on est en tournée et j’ai pas eu le temps de voir un seul groupe… à mon grand regret. Mais j’espère que je pourrai me rattraper parce qu’en effet, il y a des groupes que je voudrais voir, comme Issues, que j’ai entraperçu y a deux jours et ça avait l’air sympa, en plus j’aime bien leur dernier album ! Sleeping With Sirens aussi, ou des groupes avec qui on a tourné comme Yellowcard, Sum 41, et aussi Good Charlotte, même s’ils sont pas encore sur la tournée pour le moment !

Est-ce que tu peux nous dire à quoi ressemble une journée-type au Vans Warped Tour ?
Tu te réveilles dans ton bus – ce qui est bien d’ailleurs c’est que les bus sont fermés, y a pas trop de fenêtres, du coup tu vois pas la route, t’as pas vraiment conscience du trajet – et en général t’es au milieu de nulle part. Tu crèves de chaud, tu sues, tu bois beaucoup d’eau, tu prends ton café. Puis le manager nous ramène le planning et nous montre à quoi va ressembler notre journée. Ce qu’il faut savoir, c’est que sur cette tournée les horaires changent tous les jours, et on ne sait jamais à l’avance de quoi le lendemain sera fait ! Du coup la « bonne surprise » de ce matin, c’est qu’on jouait en premiers… Alors qu’hier soir, on a bien fait la fête comme il faut, on a déconné toute la nuit, je t’explique pas notre réaction au réveil quand on nous a donné notre horaire de passage… Jouer à 11h30 pour nous, ça veut dire rendez-vous à 10h30 à la scène. Avec en plus le trajet bien difficile sur des routes bien dégueulasses, on a pas pu bien dormir… M’enfin, ça fait partie des surprises de la journée !
Du coup, tout le reste de la journée va être planifié par rapport à l’horaire de notre show. C’est-à-dire la presse, qui fait partie de mon emploi du temps chaque jour, et on a aussi une séance de dédicaces. En général j’essaye d’en faire deux par jour, un avant le show et un après, mais aujourd’hui c’était pas trop possible d’en faire avant. Après tout ça, on se repose un peu dans le bus, puis y a certains soirs où on a des « barbecues », où tous les groupes se retrouvent pour passer une soirée détente, discuter… C’est pas une rave-party hein, c’est pas la grosse bringue, c’est plus un moment pour décompresser et rencontrer d’autres artistes, on boit quelques bières, on mange des hot-dogs, puis on s’en va mourir dans nos bus !

En rentrant de cette tournée mi-août, est-ce que vous prévoyez de vous reposer, ou vous avez déjà des plans ?
Oui, on va d’abord se reposer ! Pour l’avoir fait déjà deux fois, on sait que c’est quasi-impossible d’enchaîner avec autre chose après le Warped Tour, c’est inhumain. Y a certains groupes qui le font mais je sais franchement pas comment c’est possible. Au fur et à mesure, on accumule une certaine fatigue dont on a pas forcément conscience au départ, mais en rentrant chez soi, dans son lit, ça explose, et on met des semaines à s’en remettre ! Puis on a pas beaucoup de jours libres, on en a maximum un par semaine… Faut pas mal enchaîner, ça arrive qu’on ait des runs de 12-13 jours d’affilée. Et j’avoue qu’un day off, c’est un peu un jour qui n’existe pas, on ne voit rien, on en profite vraiment pour récupérer… Donc à la fin de la tournée, c’est ça fois mille !

Est-ce que vous avez prévu de rejouer sur Paris dans les mois qui viennent ?
Ouais, carrément ! Dans la mesure où je pense qu’on fera – volontairement – sûrement pas grand-chose après cette tournée, je pense que oui, ce serait bienvenue de faire un petit concert à Paris. Nous ça ne nous coûte rien, niveau organisation ça ne nous demande pas de gros efforts comparé au reste. En plus on adore jouer à Paris ! Le dernier concert au Divan du Monde c’était super bien, vraiment l’un des meilleurs qu’on ait pu jouer chez nous !

Vous êtes les bienvenus en tout cas, on vous attend de pied ferme.
On espère vraiment pouvoir remonter sur scène en France le plus vite possible !


Propos recueillis lors du Vans Warped Tour de Wantagh, New-York, par Laurie B.






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