lundi 22 août 2016

Live Report : Rock Am Ring Festival 2016 @ Flugplatz, Mendig (Allemagne) - 03 & 04/06/16

Depuis plusieurs jours, nous n'avons qu'une chose en tête, à savoir quelle sera la météo du weekend. Pour ceux qui connaissent le Rock Am Ring, c'est un peu comme les Eurockéennes (on ne parle pas de l'affiche proposée hein...), sans pluie, ça n'est pas trop normal. Pour cette 31ème édition et deuxième sur le nouveau site, l'énorme festival allemand ne dérogera pas à la règle et c'est sous une pluie battante que nous pénétrons sur les lieux. Récit d'un weekend chaotique. 

Vendredi 3 Juin 2016

Après 3h30 de route et un rapide passage à l'hôtel pour déposer nos affaires, rendez-vous au Media Center, le QG des journalistes, sur les coups de 16h pour récupérer notre précieux sésame. A ce moment-là, We Came As Romans et Of Mice & Men ont déjà chauffé la grande scène de la manifestation, et nous ne les aurons donc pas vus (dommage notamment pour le deuxième que je n'ai toujours pas eu la chance d’apprécier en live).


16h30, le temps d'une accalmie, nous découvrons le site, ou plutôt le champ de bataille, car il faut bien l'avouer, la zone festival ressemble déjà plus à un immense pré de boue traversé par deux grandes pistes d'atterrissage, qu'à un ancien aéroport désaffecté. Un énorme cerf-bar (blindé de monde) à l'effigie d'une célèbre boisson aux plantes médicinales et une grande roue surplombent le site. Retour direct à la voiture (le parking presse est situé par chance juste derrière la moyenne scène !) pour enfiler paires de bottes et sortir les imperméables longs ! Ça promet... 

16h55, pour la première fois de sa carrière, BREAKING BENJAMIN se lance sur la Volcano Stage (la plus grande des quatre scènes), et va nourrir les festivaliers de quelques-unes de ses compositions (nous resterons 5 morceaux notamment pour les tubes "So Cold" et "Sooner Or Later"). Sur scène, le frontman et ses deux guitaristes, assurent à tour de rôle les paroles, tandis que le batteur maîtrise ses parties de la plus belle des manières. Rien de super excitant, juste une bonne entrée en matière saluée chaleureusement par les festivaliers, habillés à 80% de k-way et de bottes, comme nous. Il reste aussi, comme dans tous les festivals de ce type, certains irréductibles fous torses-nus... 


17h20, le planning chargé de ce vendredi 3 juin nous pousse vers l'Alternatent, où la jeune formation metal américaine CANE HILL est en train de jouer. Le grand chapiteau de cirque est quasi vide mais le groupe ne se démonte pas et donne tout ce qu'il peut. Sur album c'est assez correct, sorte de Korn 2.0, en plus violent, mais en live il devient difficile de comprendre quoique ce soit, la qualité de la sonorisation n'aidant absolument pas. L'attitude pseudo-violente du jeune chanteur est presque détestable et la mayonnaise a réellement du mal à prendre pendant ces 7 titres expédiés en 30 minutes. Il faudra donc revoir ce groupe une seconde fois et dans de meilleures conditions pour avoir un véritable avis (ou pas…).


C'est un peu dans l’indifférence que les 5 sortent de scène, laissant leur place aux plus expérimentés TESSERACT. Les roadies sont rodés et le changement de plateau a lieu en moins de 20 minutes chrono, balances comprises (ou presque !). Le djent c'est cool, mais pas avec une acoustique aussi mal réglée et surtout dans une immense coquille vide, ça l’est beaucoup moins. Le chanteur Daniel Tompkins se débrouille cependant très bien mais l'ensemble manque de relief et de visualité : aucun backdrop, quasi pas d'effets de lumières... Du coup, faute à un programme compliqué, c’est après le premier morceau et sans grand regret, que nous sortons de là pour rejoindre comme nous le pouvons la grande scène, où DISTURBED ne va pas tarder à arriver.


Avant cela, Marek et Andrea Lieberberg, le créateur du festival et son fils (qui gère aujourd'hui la programmation des deux manifestations jumelles Rock Am Ring et Rock Im Park), montent sur scène pour dire quelques mots et remercier les festivaliers pour leur fidélité, car oui, les 95 000 pass trois jours se sont vendus comme des petits pains cette année, rendant une nouvelle fois le festival complet depuis plusieurs semaines.
 
Retour à la musique, et sous le soleil s'il vous plaît, avec la très attendue bande à David Draiman, vêtu pour l’occasion d’une longue tunique noire fendue au niveau des jambes. Il a toujours eu des goûts vestimentaires douteux le monsieur, en revanche niveau performance vocale, il n’y a absolument rien à redire, c’est propre et précis. La prestation sera d’ailleurs de haute qualité avec des hits à la pelle, repris les uns après les autres par la foule en délire.



Après leur (pénible) version de "Sound Of Silence" de Simon & Garfukel, le quatuor se lance dans un medley de reprises complètement dingue, enchaînant "Closer" de Nine Inch Nails, "I’m Still Haven’t Found What I’m Looking For" de U2, "Baba O’Riley" des Who et le dévastateur "Killing In The Name" de Rage Against The Machine, point d’orgue du concert, voire du festival, où le public se lâchera comme jamais. C’est durant les 3 derniers morceaux-tubes ("Indestructible", "Voices" et "Down With The Sickness") que nous décidons d’aller manger, avant que ça ne soit la méga queue, tout en croisant les Japonais de One Ok Rock se baladant quasi incognitos dans les parages. 

C’est au centre du nouveau site qu’une zone spéciale restaurants a été aménagée. Plutôt bien pensée, avec des noms de rues en fonction des plats proposés, le choix est divin et encore plus varié que sur les éditions précédentes. De plus, des tables et des bancs, couverts et non couverts, ont aussi été mis en place pour le confort des festivaliers, chose qui manquait cruellement sur l’ancien site.

En traversant complètement cette zone, on se retrouve à 19h15 sur la Crater Stage (la deuxième grande scène), pour le show de PUSCIFER, tandis que While She Sleeps sont au même moment en action sous l’Alternatent. L’autre groupe de Maynard James Keenan, chanteur de Tool et A Perfect Circle, est en place avec sa troupe de catcheurs. Car oui avec ce groupe sur scène, on est loin de l’ambiance des concerts de ces deux autres groupes, mis à part les projections sur écrans géants. Un ring est installé au milieu de la scène où se succèdent tour à tour deux duos de catcheurs masculins et féminins, ainsi qu’un homme araignée à la langue d’une longueur complètement hallucinante. C’est majoritairement sur les titres des deux derniers opus, Money Shot et Conditions Of My Parole, que la formation américaine va s’amuser, devant un public plutôt restreint et peu récéptif. Normal puisqu’à part les fans de Tool ou de Panic ! At The Disco qui squattent les premiers rangs, tous les autres attendent Tenacious D sur la grande scène !


Maynard est à nouveau déguisé, costard, lunettes sous un masque de catcheur avec une fausse crête de cheveux et balance ses paroles en compagnie de la chanteuse Carina Round, tout en enchaînant diverses positions de combat (pour rappel, le monsieur est ceinture violette de Jui Jitsu !). Le son est parfait, les voix et les musiciens au top, et la mise en scène fait sourire à de nombreuses reprises, que ça soit lors des combats de catch simulé, presque réel ou en slowmotion, ou lorsque deux faux poulets automatisés sont amenés sur scène pour un faux combat dans un mini-ring, le tout sponsorisé avec humour et dérision par la chaîne de fast-food KFC. Un moment très sympa face à un groupe assez barré mais qui mérite vraiment d’être écouté.


Il est 20h10 et c’est à ce moment précis que les choses vont se compliquer. Puscifer sortent de scène en file indienne après avoir salué l’audience tel un spectacle de théâtre, et c’est alors qu’un message retentit en allemand dans tous les hauts-parleurs du site disant grossièrement : « Un orage va éclater dans 5 minutes, merci de ne pas former de groupe, ni de toucher des éléments métalliques… » En se retournant et en regardant au loin, on comprend que ce n’est pas du chiqué et que ce qui va nous tomber dessus risque de faire mal. Ni une, ni deux, nous voilà contraints de quitter le site et de rejoindre au plus vite notre véhicule, heureusement situé à 5 minutes de marche. Chance qui ne sera pas la même pour des milliers d’autres personnes restées sur le site ou rentrées au camping, dont 81 exactement qui seront blessées et 2 particulièrement touchées qui auront été heureusement réanimées par les secours sur place. Ce qui est en train de tomber sur la zone est catastrophique, des mètres cubes d’eau et des éclairs plus violents les uns que les autres. Le festival doit à ce moment s’arrêter jusqu’à 21h20… 

La tempête est passée et a fait pas mal de dégâts, notamment sur le sol du site, qui en reprend un coup. La majorité de la deuxième scène (après la première fosse, protégée elle par des dalles plastiques) est sous la boue et il est très compliqué de marcher pour accéder à la grande scène qui se situe de l’autre côté du site. Les festivaliers ne se sont pas découragés et même trempés comme pas possible, se sont regroupés à nouveau sur la grande scène pour TENACIOUS D.



Le duo à entre temps filmer une courte vidéo spécialement pour nous (à voir ci-dessus), nous demandant de rester patients et que tout aller recommencer bientôt. Du coup, Panic ! At The Disco démarrera un peu plus tard et vu la boue, nous n’assisterons pas au concert. On profite du duo Jack Black et Kyle Gass chantant "Kickapoo" et "Classico" en attendant la réouverture du grand chapiteau pour ISSUES

21h50, les videurs bloquent toujours l’entrée du chapiteau alors que les nu-metalcoreux viennent d’entrer sur scène ! Incompréhension des festivaliers, dialogue de sourds avec la sécurité et ouverture enfin des portes alors que le groupe termine son premier titre, "Life Of A Nine". Le festival a pris plus d’une heure de retard dans son planning mais aucun groupe ne sera annulé ce premier soir, tous les concerts seront décalés ! Sur scène, le duo de chanteurs Michael Bohn et Tyler Carter anime la soirée d'une bien belle manière. Les musiciens ne sont pas en reste, en particulier leur bassiste Skyler Acord, qui tourne en rond, saute, donne une réelle dynamique au show, en plus de son excellent jeu de cordes. Une setlist de 10 morceaux équilibrée piochant aussi bien dans les tubes du premier album (le terrible "Stingray Affliction") que dans le dernier né. Un réel bon moment apprécié par l'auditoire qui se lâche et bouge bien devant la scène, histoire de réchauffer un peu les corps détrempés !


Après ce symathique moment, nous passons chercher un bon cheesburger pour reprendre des forces pour AUGUST BURNS RED. Le chapiteau s'est d'ailleurs bien garni après Issues et réserve un joli accueil au groupe de metalcore technique américain. Véritable machine de guerre, les 5 garçons envoient la sauce et nous en mettent plein la vue. Solos de guitares, un chanteur omniprésent et carré à souhait, mais quelque chose manque cruellement à l'ensemble, un je-ne-sais-quoi d'inexplicable qui me fait quitter cet espace direction la Crater Stage, la deuxième scène, ou un autre groupe très attendu est en train déjà de jouer.


Mais avant cela, comment faire pour traverser tout le site sans trop en baver ? Il ne faut pas chercher loin, c'est totalement impossible, la boue est partout et en quantité folle ! Après 15 minutes de bataille pour ne pas tomber, nous voilà devant THE 1975. Matthew Healy est habillé tout de blanc, les écrans géants balancent de magnifiques tons pastels, on remarque que le batteur originel n'est pas là, et le groupe enchaîne les tubes de ses deux premiers très bons albums. Un poil mégalo, Matthew se prend pour le Christ, tout en fumant sa cigarette sur scène, perché sur ses infâmes chaussures hautes ! Côté setlist, on ne sera pas déçus avec que des hits, de "She's American" à "Somebody Else", en passant par les désormais classiques "Girls" et "Heart Out", on en prend plein les oreilles et le spectacle visuel en vaut aussi la chandelle.


La triplette "Chocolate", "The Sound", "Sex", mettra fin à un show d'une bonne heure d'une qualité parfaite, alors que sur la grande scène, les festivaliers crient à plein poumons les paroles des titres de Volbeat et que plusieurs feux d'artifices sont tirés dans le ciel.


Gros dilème de la nuit : traverser tout le site dans la quasi-pénombre et risquer de tomber dans la boue pour voir Architects, puis Shinedown ou rester sur place et profiter de notre endroit sec pour regarder ce que Major Lazer peut donner en live sur la même scène que The 1975 ?
Ayant déjà vu plusieurs fois Architects et Shinedown (programmés du coup à 2h du matin ! Le show de One Ok Rock s'est terminé à presque 4h au passage!), nous décidons de rester en place, près aussi à partir en cas de souci météo, car rien n'est réglé et quelques gouttes tombent aléatoirement sur le site.

Il est 1h15 du matin, la scène est agencée pour le show de MAJOR LAZER. Le collectif electro dancehall va faire danser les courageux festivaliers jusqu'au bout de la nuit, les faisant bien patienter avant d'envoyer leurs tubes les plus connus. Animations sur écrans géants, distribution de t-shirt à l'aide de canons, fumigènes en tous genres, confettis, danseuses en petites tenues... Tous les artifices sont de sortie ce soir pour égayer le spectacle, qui s'avère plutôt intéressant dans ses 20 premières minutes, puis totalement redondant et poussif après !

Vers 2h30, c'est sur ces dernières notes que notre premier jour compliqué au Rock Am Ring s'achève, malheureusement découragés et fatigués de traverser un site impraticable pour finir la nuit sur Shinedown et One Ok Rock...

Samedi 4 Juin 2016

Réveil difficile en ce samedi matin. La nuit a été courte et il faut se lever à 9h car à 10h, plus de petit déjeuner ! C'est, je pense, l'unique inconvénient de dormir à l’hôtel. La journée de concerts débute aujourd'hui vers 14h, ce qui nous laisse du temps pour encore profiter un peu du lit avant de retourner sur le site situé à une vingtaine de minutes de voiture.

De retour au Media Center pour 14h, une conférence de presse doit avoir lieu... A ce moment-là nous ne sommes pas au courant de ce qu'il est en train de se passer vu que nous ne parlons avec personne. Cette dernière prend du retard et nous décidons de nous rendre dans le festival pour assister au premier concert du jour, celui des métalleux floridiens de Wage War sur la Crater Stage.
Imcompréhension totale, nous pénétrons un site à 98% vide ! Les portes du festival sont fermées, des festivaliers attendent derrière les barrières... Les groupes sont censés avoir commencé à jouer, mais rien ne se passe. Les mecs de Wage War sont assis sur les retours de leurs amplis, en pleine discussion, quelques techniciens s'affairent à droite et à gauche, la sécurité se met doucement en place, tout ça sous un magnifique soleil.


En marchant, on se rend compte que le site a pris cher dans la nuit et que l'organisation a fait venir en urgence des camions supplémentaires de coupeaux de bois pour essayer d'éponger le sol, mais a aussi posé quelques grandes plaques métalliques afin de faire un chemin correct depuis la grande scène vers la zone de restauration (mais pas vers la Crater Stage... le carnage !).


Le temps change vite dans cette région volcanique du Eiffel et une fois de plus, une nouvelle alerte nous poussera à revenir au Media Center. La nouvelle est entre temps tombée, le festtival ne réouvrira peut-être pas aujourd'hui, au mieux pas avant 20h. Coup dur pour l'organisation et les milliers de festivaliers qui se voient priver de concerts et forcer à attendre que la météo veuille bien se calmer. Il est 15h30, nous n'avons plus qu'à retourner sagement à l’hôtel pour patienter...


Il est 19h lorsque nous apprenons via les réseaux sociaux que le feu vert est donné pour une reprise des festivités. Nous sommes de retour 30 minutes plus tard, le festival va réouvrir, nous entrons sur le site et découvrons quel programme va avoir lieu les prochaines heures. La veille aucun groupe n'avait été annulé, mais en ce samedi, il en est tout autre chose ! Pas de Starset, de Wage War, d'Halestorm, de Foals, de The Amity Affliction... Faute de temps, seuls les plus gros groupes pourront jouer. La Crater Stage démarrera avec Killswitch Engage, et je serai plus qu'heureux en voyant le backdrop de Gore sur la Volcano Stage, confirmant que les DEFTONES feront partie des privilégiés à jouer.


C'est à la fois tristes et soulagés de reprendre le fil du festival que nous assistons à l'entrée des spectateurs sur le site et... sous la pluie, pour changer. Le programme a fondu et nous ne bougerons quasiment pas de la grande scène de la soirée. Juste avant que la bande à Chino Moreno ne s'approprie les lieux, Marek Lieberberg est à nouveau sur scène pour un court discours, la larme à l’œil. À ce moment-là, ce dernier se doute que la suite du festival est compromise, mais garde la face et ne se démonte pas face aux spectateurs, qui l'applaudiront poliment et avec respect. 

Les concerts reprennent et c'est donc le groupe de Sacramento qui remet l'ambiance. Le son est ultra correct, Chino, blond-décoloré, ultra-souriant, se déplace sur scène et viendra même taquiner la crash-barrière le temps d'un morceau ("Prince"). Sur les 1h annoncée au planning, le groupe ne jouera que trois-quart d'heure, ce qui réduira fortement la setlist qui ne proposera malheureusement aucun morceau de son nouvel album. C'est toujours top de revoir Deftones en live, mais c'est vrai qu'on aurait aimé en voir plus, surtout 10 ans après leur dernière venue au Rock Am Ring, mais c'est de ce petit best-of (comptez 2 titres par album en gros) que nous devrons nous contenter.


Accrochés à la barrière au milieu de la seconde fosse, nous attendons la tête d'affiche du jour, alors que les spectateurs continuent d'arriver. Par chance, nous ne serons pas écrasés. Il est 23h10 lorsque les RED HOT CHILI PEPPERS entrent sur l'immense scène, après un long problème de guitare apparemment. Il ne manquait plus que ça ! Mais les quatre Californiens sont bien présents et prêts à relever le défi de faire bouger les festivaliers pendant environ 1h20, sur les 2h prévues initialement. Habillés de façon relativement douteuse (trop de couleurs tue la couleur ?), Anthony Kiedis et ses compères jam quelques minutes devant la batterie avant d'entamer le hit "Can't Stop", que tout le monde reprendra dans l'assistance (merci pour nos oreilles !). Le frontman ne jouie pas d'une super réputation live, leur dernier set au Rock Am Ring en 2004 fut très laborieux pour lui, mais cette fois, ce dernier s'en sort avec les honneurs et ça fait plaisir. C'est plutôt le guitariste qui devrait arrêter de faire des doubles-voix !



Les hits pleuvent comme il pleut sur le site allemand, "Dani California", "Snow (Hey Oh!)... Les festivaliers s’époumonent pour le plus grand plaisir de nos oreilles... Chanter les paroles lors d'un concert c'est bien, mais n'oubliez pas qu'il y a un mec qui a un job et qui le fait normalement très bien sur scène. Aussi, connaître les tubes récents, c'est bien, mais ne pas chanter alors sur "Suck My Kiss" ou "Soul To Squeeze", il n'y aurait pas comme un souci ? Je ne parle même pas du funky "Nobody Weird Like Me" qui ne fera remuer uniquement les (vrais ou plus âgés, au choix ?) fans !
Sur scène tout est en place, les écrans géants circulaires envoient de belles illustrations, tandis que le single "Dark Necessities" fait son effet. Flea est très communicatif, rendra un petit hommage à Mohamed Ali disparu la veille et tout le monde saluera longuement le groupe après un classique "Give It Away" des familles, sonnant la fin d'un très bon moment même si encore une fois, beaucoup trop court !


Conscients que la foule va se déchaîner pour le final du soir sur BILLY TALENT, nous laissons notre place aux jeunes guerriers et rebroussons chemin de quelques (longs) mètres afin de profiter pleinement du show, assis à une table, en mangeant des falafels ! Fort d'un nouvel opus dans leurs bagages, les Canadiens, accompagnés du batteur d'Alexisonfire, vont littéralement retourner la grande scène du Ring avec une avalanche de tubes. Le groupe présentera trois titres d'Afraid Of Heights, dont "Big Red Gun" en ouverture, mélangés à tous leurs immenses tubes. "Kingdom Of Zod" sera dédiée à la "personne la plus terrifiante du monde", j'ai nommé Donald Trump. Un super groupe, bourré de talent et plein d'énergie qui revient en forme et qu'il vous faudra absolument ne pas rater lors de leur prochaine tournée européenne.
Planning oblige, on scinde le concert en deux et on se retrouve sur la Crater Stage où BULLET FOR MY VALENTINE envoie un gros gros show. Beaucoup mieux que les dernières prestations live du groupe données ces dernières années, les Gallois font plaisir à voir et c'est non sans nostalgie qu'on se prend à hocher la tête et chanter les paroles de "The Poison" ou encore du terrible "Tears Don't Fall".  

A la fin du set de Billy Talent, un dernier discours de Marek Lieberberg, très ému, vient annoncer aux festivaliers la sentence : il n'y aura pas de concerts demain, dimanche, les experts en météorologie l'ont fortement déconseillé et le ministre est venu mettre son grain de sel, obligeant à fermer le site pour des raisons de sécurité. Les 95 000 personnes sont priées de quitter tous les lieux et les campings avant dimanche midi, ce qui engendrera de nombreux problèmes, notamment de traffic, mais aussi sur les parkings pour certains malheureux festivaliers dont les voitures sont restées bloquées dans les prés inondés ou boueux. A noter que les spectateurs ont extrêmement bien encaissé la nouvelle et qu'aucun débordement ou excès de colère n'a été signalé. Nous quittons la pleine de Mendig vers 2h30 alors que les rockeurs de THE BOSSHOSS ont la lourde tâche de clôturer le festival jusqu'à 3h30 du matin.

C'est le cœur lourd que nous rentrons chez nous dimanche, écourtant notre beau et tant attendu weekend, alors que le soleil brille à nouveaux sur les reliefs allemands. Nous n'aurons donc pas pu assister aux concerts de Beach Slang, From Ashes To New, Bring Me The Horizon, Lonely The Brave, Korn, Biffy Clyro, Caliban, Skillet, ni pu dire au revoir à Mr. Ozzy Osbourne, qui devait donner ce jour-là l'un de ses derniers shows avec Black Sabbath.

Pour mon quatorzième Rock Am Ring, j'aurai espéré mieux, mais bon, c'est la vie... Rendez-vous en 2017, avec on l'espère, une météo qui sera plus clémente.

Texte : Sébastian D.
Photos : Sébastian D. et Malika D.

Merci à Katharina Wenisch et toute l'équipe du Rock Am Ring pour l'accueil.

Un remboursement de 40% de la valeur du pass 3 jours est proposé aux festivaliers en suivant certaines conditions (ici) (si vous n'avez plus votre ticket, vous pouvez envoyer votre bracelet du festival et ce avant le 16 septembre prochain).







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