vendredi 12 août 2016

Hard Rock Session : Limp Bizkit + Slayer + Arch Enemy + Mass Hysteria @ Foire Aux Vins, Colmar - 10/08/16

Rendez-vous incontournable en centre-Alsace en août, la Foire Aux Vins de Colmar offre chaque été, et cela depuis 69 ans maintenant, une série de concerts à la programmation des plus éclectiques (allant cette année de Louane à Manu Chao, aux Cranberries), en plus de ces nombreux stands de vente où l'on trouve pêle-mêle les meilleurs vins de la région et autres étals en tous genres. Vous savez le genre de foire où, si vous êtes complètement à la masse, vous pouvez repartir avec un lit à 7000€...
En ce mercredi 10 août, c'est au théâtre de plein air situé juste à côté de cette dernière que nous avons rendez-vous pour cette septième édition de la Hard Rock Session. Retour sur cette soirée "spéciale"...

Il est 17h30 lorsque je me présente pour récupérer mon pass presse, mais je suis bloqué derrière le chanteur du groupe de trash metal allemand Destruction et ses amis, qui n'arrivent pas à obtenir leurs accréditations (chose réglée finalement). Le temps de traverser le site, de passer au contrôle et me voilà dans l'enceinte semie-couverte de la "coquille" du Parc des Expositions où les MASS HYSTERIA sont en plein travail. Le set est déjà bien avancé, il est 18h et je ne profiterai que des trois derniers titres du groupe dont l'excellent "Positif à bloc" qui fait bien remuer la fosse. Le public semble déjà ultra chaud en cette fin d'après-midi, les musiciens bougent beaucoup sur scène, en particulier le guitariste Fred Duquesne, qui est une vraie pile !



Mouss, en sueur, remercie à plusieurs reprises l'audience, Yann balance le début de "Raining Blood" de Slayer, la foule est en délire, avant d'enchaîner sur "Plus que du metal", tirée de Matière Noire, le dernier opus du groupe. Le son est compact, tout est carré, mais c'est déjà l'heure de la fin et c'est bien entendu l'incontournable "Furia" qui terminera le set de la formation française en pleine forme. A noter le fan (ou personne backstage ?) qui s'est incrustée à deux reprises sur scène pendant ce titre avant de se faire gentiment sortir de l'espace réservé au groupe... C'est sous des applaudissements soutenus et mérités que les Mass quittent le plateau après une petite photo souvenir devant son chaleureux public.


18h30, il est l'heure d'aller manger un petit cornet de frites-mayo avant de continuer la soirée. Comme d'habitude, un système de bracelet (remi aux festivaliers le désirant à la fin de ce premier concert), permettra de quitter la zone festival pour rejoindre le site de la foire et profiter des nombreux stands de restauration.


19h05, direction l'espace presse pour la très attendue conférence de Limp Bizkit prévue à 19h15... La zone est quasiment déserte, je fais la connaissance des collègues d'All Rock Station venus spécialement de Paris pour l'occasion, alors que la pluie fait son apparition. 19h20, les journalistes et autres photographes-caméramens s'installent rapidement autour des deux petits canapés prévus pour la séance, alors que Fred Durst arrive vers 19h30 à bord d'une grosse berline allemande, accompagné de près par son garde du corps.
On nous a prévenus avant, pas de question en direct, nous devons passer par un seul et unique journaliste (français), désigné au préalable (à qui nous avons dû donner nos questions auparavant).
Casquette noire à l'envers vissée sur la tête, short, pull gris, veste noire, lunettes de soleil, Monsieur Durst nous fait la grâce de nous accorder 11 minutes de son précieux temps... Lorsque les premières questions tombent, notamment à propos du futur nouvel album du groupe, le frontman répond sans enthousiasme par un systématique "Surprise", "It's a surprise"... A quatre reprises, nous aurons droit au même discours et donc à strictement aucune information concernant le fameux Stampede Of The Disco Elephants (si il a toujours l'intention de le nommer ainsi ?)... De plus, l'homme refuse de parler dans le micro, donc il faut bien tendre ses oreilles afin de comprendre quelque chose, vu qu'on entend beaucoup plus Arch Enemy en train de jouer juste à côté que ses brèves réponses. En gros, on retiendra qu'il est honoré de jouer ici, notamment avec Slayer (il demandera à son garde du corps de lui rappeler d'acheter un t-shirt du groupe...), qu'il n'a pas découvert Eminem et qu'il n'a pas de contact avec lui mais qu'il l'apprécie toujours énormément, que Limp Bizkit ne prévoit pas de sortir d'album live en attendant la sortie d'un nouvel album, qu'il ne suit pas vraiment la scène metal d'aujourd'hui, qu'il est trop occupé pour aller voir des concerts, qu'on devrait tous aller voir le show d'Arch Enemy au lieu de rester là à écouter ses réponses, qu'il a apprécié la croisière ShipRocked 2015, qu'il va emporter quelques bonnes bouteilles avec lui (mais attention, il ne boit jamais avant un concert selon ses dires... Faudra qu'on lui rappelle le Rock Am Ring 2013 alors) Il nous dit ouvertement qu'il n'aime pas parler à la presse, qu'il est heureux et que c'est incroyable d'en être arrivé là après plus de 20 ans de carrière et que son seul plaisir est de jouer live. Pour le reste, l'intégralité de l'interview (sans grand intérêt) est à voir ci-dessous...


Visiblement en forme mais blasé par la presse, Durst remercie poliment le journaliste qui lui a posé les questions et s'en va à pied vers le catering, escorté par 2 vigiles, pour manger quelque chose, laissant derrière lui les personnes présentes plutôt perplexes et légitiment moqueuses, le mot "surprise" restant bien ancré dans les mémoires.
Passé cet étrange moment, à la fois sympa de voir une telle personnalité d'aussi près, mais aussi très frustrant de se rendre compte que cette dernière ne vaut pas grand chose, je rejoins le théâtre pour les deux derniers morceaux d'ARCH ENEMY.


Bon je ne vais pas m'étaler sur ce groupe dont je n'apprécie absolument rien, même si il faut remarquer que tous assurent musicalement et que leur chanteuse aux cheveux bleus et verts a une sacrée pêche. Le son est malheureusement trop gonflé en basse et c'est avec impatience que j'attends la fin du dernier morceau. Là aussi, après avoir remercier son public, le groupe fera sa photo souvenir sur scène.



20h30, le backdrop de SLAYER est en place, quelques fumées sont lancées sur scène et le quatuor entre en scène pour une heure de set. Tom Araya, très souriant, envoient ses paroles sur les rythmes déments de ses musiciens. Kerry King, posé de la même façon quasiment tout le début du set et Gary Holt, la guitare souvent en l'air, envoient les solos trash metal vitesse grand V, alors que Paul Bostaph assure ses parties de batterie avec puissance, surelevé derrière les trois imposants gaillards. C'est toujours aussi plaisant d'entendre les tubes comme "Postmortem" et surtout "War Ensemble" qui fera son effet sur le théâtre colmarien, mais le son est vraiment très fort et les basses font à nouveaux un véritable carnage, rendant certains titres difficilement appréciables.


Quand on a déjà vu 15 fois Slayer, on peut se permettre de prendre congé une partie du concert et c'est ce que je ferai histoire de préserver un petit peu mon audition. La crèpe au chocolat réparatrice sera la bienvenue tout en marchant dans les stands en écoutant les discours de requins des vendeurs d'économes de légumes ! Retour pile poil pour le final sur "Angel Of Death" mais le son est malheureusement toujours aussi brouillon... Araya quitte la scène en remerciant sincèrement toute l'assistance de les avoir regardé.



22h, il est l'heure de se mettre en mode LIMP BIZKIT. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, le théâtre aurait pu un peu se vider après les papys californiens de Slayer, que beaucoup voyaient tête d'affiche de la soirée, mais au final, les metalleux de tous bords sont (en grande partie) restés, fans ou curieux dirons-nous, voulant se faire leur propre avis sur la valeur scènique du groupe de Jacksonville. 7000 personnes ont tout de même fait le déplacement (sur les 10 000 places possibles), un très bon score pour l'organisation par rapport aux années précédentes.
Le backdrop que le groupe avait au Hellfest l'an dernier est hissé, la batterie de John Otto et les amplis sont avancés assez près de la fosse, je me demande à quelle sauce nous allons être mangés les 75 prochaines minutes (au lieu des 90 annoncées sur le site d'ailleurs...) et combien de reprises de Metallica Wes Borland va-t-il nous pondre aussi ?
C'est sur "Hot Dog" que le groupe démarre après une longue intro de 3 minutes. Le public est véritablement déchaîner sur le flow de Fred, qui a au passage troqué sa casquette contre un pauvre bob camouflage... Niveau son, rien à dire, c'est fort mais vraiment bon, Fred assure son chant, crie même par moments, sur "Rollin", le public chante le refrain comme il le faut et saute avec ferveur, mais passé ces deux premiers titres, le groupe met du temps à recommencer et c'est à ce moment-là que les choses vont se gâter... 

Pourquoi faire des reprises (déjà en faire une c'est beaucoup), pire, pourquoi passer des morceaux d'autres groupes entre ses propres chansons ? Alors oui, c'est super, on est là pour s'amuser, prendre du bon temps, faire la fête, mais y'a un moment il faut arrêter de se foutre de la gueule des gens ! J'ai beau être ultra fan du groupe, là j'commence sérieusement à être déçu.
Franko Carino, le remplaçant de DJ Lethal passera plusieurs longues secondes du titre "Walk" de Pantera, et Wes Borland, superbement maquillé et habillé en blanc intégral cela-dit, ne fera pas moins de quatre extraits de Metallica, sans compter les autres interludes reprenant Kiss, Megadeth, AC/DC, les moitiés de "Heart-Shaped Box" et de "Smells Like Teen Spirit" de Nirvana où il chantera lui-même les paroles... En fait, ce soir Limp Bizkit auront joué plus de morceaux d'autres groupes que les leurs ! Après 6 titres et je-ne-sais combien de covers donc, on a quand même le droit à un "Gold Cobra", qui fera du bien dans cette pauvre et facile setlist.

Fred Durst viendra taquiner la crash-barrière puis finira finalement par faire le tour de la salle sur "My Way", profitant pleinement du bain de foule et surtout des caméras. Ce dernier a certainement pris plaisir à voir son visage en gros plan pendant plusieurs minutes sur les deux écrans géants de la salle !



Sur "Faith", leur reprise de George Michael et unique morceau tiré du premier album (dire qu'on a même pas eu le droit à un "Counterfeit"), Durst appelle les filles à monter sur scène... Moment assez risible ou une vingtaine de pauvres jeunes filles en fleur se sont données en spectacle devant 7000 metalleux interloqués. Après que Fred ait "high-fiver" la totalité du troupeau, le DJ balancera "Move Bitch" de Ludacris, pour faire sortir tout le monde de scène... Pas forcément de bon goût j'ai envie de dire (Move bitch, get out the way, Get out the way bitch, get out the way!).

Le temps passe très vite, les blancs, tentatives de parler en français et autres introductions tirées en longueur par Wes et Fred n'arrangent pas les choses et on comprend que le groupe ne va pas donner son maximum ce soir, même si encore une fois on prend plaisir à entendre leurs tubes. Durst arrivera même à lancer "La Marseillaise" qui sera repris en choeur par tout le théâtre ! Par chance, on aura le droit quand même à "Break Stuff" histoire de bien nous retourner et, bien entendu, le mega-hit "Take A Look Around" clôturera ce show de 10 titres (et autant de reprises) torché en 1h15.

Comme d'habitude Fred Durst termine seul sur scène, esquissant quelques pas de danse sur "Stayin' Alive" des Bee Gees, apparemment content de lui... A noter que tous les musiciens ont eu leur moment de gloire, excepté le jeune bassiste allemand Samuel G. Mpungu, remplaçant de Sam Rivers, en convalescence (problème de dos aux dernières nouvelles).

Que penser de ce nouveau concert de Limp Bizkit ? Difficile à dire. Les plus extrêmes diront que c'était clairement un concert épouvantable, d'autres seront plus positifs (probablement ceux qui n'ont jamais eu la chance de voir le groupe avant), je resterai mitigé, partagé entre le plaisir de revoir un groupe que j'adore sur disque, qui peut être très bon lorsqu'il joue ses propres morceaux, notamment ce soir, avec un Fred Durst en grande forme, une section rythmique et un son (fort) mais aux petits oignons, et une haine profonde envers l’incapacité de ce dernier à ne pas jouer que des titres de son répertoire. Même si la soirée a été bonne au final, après tant d'années de carrière, tant d'albums, de hits (dieu merci on a échappé à leur immonde version de "Behind Blue Eyes" des Who), il est tout à fait inconcevable de ne pas jouer plusieurs anciens morceaux et de se focaliser quasi uniquement sur Chocolate Starfish And The Hot Dog Flavored Water (7 titres sur 10), leur période de gloire ultime (désormais révolue il faut bien l'admettre). Le jour où les Limp Bizkit sortiront leur nouvel album et joueront un vrai set digne d'un groupe de cette envergure, je pourrai alors être plus positif à leur égard.

Le rendez-vous d'aôut 2017 pour une nouvelle édition de la Hard Rock Session est pris, avec on l'espère, une affiche encore plus belle !

Texte : Sébastian D.
Photos et vidéo : Foire aux Vins Colmar

Merci à Julie SPENLIHAUER et Stéphanie JUEN pour l'acceuil.

Setlist Limp Bizkit :

Hot Dog
Rollin' (Air Raid Vehicle)
My Generation
Livin' It Up
My Way
Boiler
Gold Cobra
Faith (George Michael cover)
Break Stuff
Take A Look Around


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1 commentaire :

Thomas Peyrache a dit…

À te lire, on dirait qu'ils (Limp Bizkit) ont fait la même chose qu'au Hellfest... J'avais eu l'impression de voir un groupe au bord du split, j'espère qu'ils vont se reprendre en main car ils ont le potentiel pour faire des concerts de folie, mais ils cassent tout entre les chansons...