lundi 25 juillet 2016

Live Report : Muse + X-Ambassadors @ Fanzone Tour Eiffel, Paris - 28/06/16

Vous le savez-tous, en ce moment c’est l’Euro de foot. Pour les supporters malchanceux qui n’ont pas réussi à obtenir des billets pour aller voir leur équipe préférée dans les stades, l’UEFA a mis en place dans chaque ville possédant un stade, des fanzones, sortes de grands espaces libres d’accès (modulo les contrôle policiers) dans lesquelles vous pouvez suivre toute la compétition. C’est dans la zone de Paris au pied de la Tour Eiffel, le 28 juin dernier (entre les 8èmes et les quarts de finale) que la formation Muse, qu’on ne présente plus, a décidé de poser ses valises avec les Américains de X-Ambassadors. Alternativ News était là également. 

Nous arrivons dans la queue en milieu d’après-midi et sommes surpris du nombre de fans présents, une centaine tout au plus, ce qui est relativement peu pour un groupe de cette envergure. La foule arrive au fur et à mesure que le temps s’écoule (et que les journées de travail se terminent) et, à 17h heure de l’ouverture des portes, la file est pleine à craquer. Une fois les portes ouvertes, les fans se ruent sur le Champ de Mars pour essayer d’avoir la meilleure place possible. Non sans la présence de complices, nous parvenons à rejoindre la barrière à une cinquantaine de mètres de la scène car devant se trouve le carré or, où vous devez payer 15 euros de plus pour accéder, bien plus grand au passage que ce qui était annoncé sur les différents sites de réservation. Au milieu de cet immense carré or se trouve la zone technique de la régie avec une bâche dressée pour la couvrir en cas de pluie (le ciel est un peu nuageux sur la capitale mais ce n’est pas vraiment menaçant), bâche masquant la scène pour 80% du public présent ce soir. Autant dire que la situation déplait et que le public commence à se faire entendre pour faire enlever cette fâcheuse verrue, car « certes les écrans géants diffusent les images du concert, autant aller sur YouTube pour voir un concert sur écrans et en plus ça ne nous coûte pas 55€ » peut-on entendre de la bouche de certains. 
Après avoir même créé une page Facebook pour bien montrer le mécontentement des fans, la bâche sera finalement et heureusement retirée peu avant 20h30 et le début du concert (ce sera sûrement la seule fois de la soirée où on entendra le public crier aussi fort). L’ambiance extérieure, la foule immense, les bars aménagés le long du Champ de Mars, les vendeurs de boissons qui se déplacent dans toute la fanzone et les écrans géants n’est pas sans rappeler l’ambiance des plus grands festivals. Au prix d’un concert de Muse. C’est toutefois très sympathique de pouvoir profiter de la Dame de Fer dans ces conditions. 

20h30 donc, les 3 pubs de NRJ et M6 qui tournent en boucle depuis 17h s’arrêtent enfin et le groupe X-Ambassadors débarque sur scène. La formation américaine, qui avait déjà ouvert pour Muse en février sur 2 des 6 dates à Ber… l’AccorHotels Arena commence son set par le morceau "Loveless". Une chose qui marque dès le premier coup d’œil, au-delà des réglages pas spécialement optimums, est la qualité des 4 musiciens sur scène et en particulier des frères Harris. En effet, même si Adam Levin (batterie, à ne pas confondre avec Adam Levine le chanteur de Maroon 5) et Noah Feldshuh (guitare) se défendent très bien, il arrive très souvent à Sam Harris (chanteur) de prendre la guitare, la basse, même le saxophone, et de monter sa voix très haut dans les aigus avec une grande justesse technique. Casey Harris est excellent derrière ses claviers, sa performance est d’autant plus impressionnante qu’il est légalement aveugle ! La prestation scénique n’en est pas moins déplaisante à voir : Casey et Adam restent évidemment derrière leur instrument mais n’hésitent pas à donner de leur personne et Sam bouge d’un bout à l’autre de la scène. Petit bémol pour Noah qui est resté statique tout le long du concert. X-Ambassadors joue principalement des morceaux de leur album VHS, et "Love Songs Drug Songs", titre tiré du EP du même nom, viendra agrémenter la setlist. Le public semble apprécier ce qu’il voit et entend, même s’il ne le manifeste pas tellement. Il réagit toutefois aux nombreuses sollicitations du chanteur américain qui dédie à son public du soir de nombreux morceaux comme "Gorgeous" ou "Fear", qu’ils ont écrit avec Imagine Dragons. Le quatuor originaire d’Ithaca conclut évidemment son set de 11 morceaux par l’inévitable "Renegades", titre qui a tourné sur toutes les radios, télévisions et plages du monde l’été dernier et sur lequel le public se lâche un peu et reprend en chœur les « Hey hey hey » du refrain désormais incontournable. X-Ambassadors quitte alors un public plutôt conquis dans l’ensemble et nous a parfaitement mis l’eau à la bouche pour Muse. 

Setlist : 1. Loveless 2. Hang On 3. Love Songs Drug Songs 4. Fear 5. Unsteady 6. Low Life 7. Naked 8. Nervous 9. Gorgeous 10. Jungle 11. Renegades

La nuit commence à tomber sur Paris, la tour Eiffel s’allume pendant l’entracte, le ciel se dégage et du Nine Inch Nails, entre autre, est diffusé dans la fanzone pendant le changement de set et l’installation du matériel de Muse. L’entracte sera plutôt court car après 30 à 45 minutes et de nombreuses feintes, la musique d’ambiance se coupe enfin. C’est un peu avant 22h que le célèbre trio débarque sur scène, l’ambiance monte alors d’un cran, mais reste très mesurée par rapport aux précédents concerts du groupe en France et plus particulièrement ceux au Stade de France d’il y a quelques années. Toutefois, le public ne se prive pas de reprendre les paroles de "Psycho", chanson qui ouvre le concert des Anglais. Les réglages sont beaucoup plus agréables, on entend distinctement chaque instrument (à titre personnel je n’ai jamais entendu une grosse caisse aussi propre en live) et la voix perçante de Matthew Bellamy (chant + guitare et piano). 

Muse enchaîne ensuite avec "Plug In Baby" au plus grand bonheur des personnes présentes dans la zone en place le temps d’un mois de compétition de football. Clou du spectacle, 22h sonne et la tour Eiffel scintille pile au moment où est lancé le premier refrain, refrain que tout le public reprendra en chœur en sautant dans tous les sens. La soirée continue, Matthew Bellamy, Chris Wolstehnolme (basse) et Dominic Howard (batterie) maîtrisent parfaitement leur sujet. Même si on n’a pas les mêmes installations que lors d’un concert en stade ou en salle, on en prend visuellement une claque, tout est travaillé à la perfection : les lumières, l’ambiance lumineuse grâce aux écrans dans le dos des musiciens, le travail sur l’image diffusée à l’écran et la gestuelle du groupe. C’est peut-être même un peu trop travaillé, en témoigne par exemple le morceau "The Handler". Sur ce morceau, des mains apparaîssent sur les écrans, de chaque doigt part un trait de lumière qui file vers un des membres du groupe, si bien que chaque musicien est un pantin, une marionnette. Toutefois, les cordes lumineuses suivent le musicien dans tous ses déplacements, sauf quelques rares fois où Bellamy, par exemple, se retourne un peu vite. Le manque de spontanéité se fait sentir sur ce morceau en particulier justement à cause de ces déplacements sur scène travaillés au centimètre, mais n'enlève en rien la grande qualité du show. Il n’y a juste plus ce grain de folie que l’on pouvait voir avant, on perd un peu en magie. On pourra regretter également un petit manque de communication avec le public, les Anglais ne s’adressant que de rares fois au public pour dire « Nous aimons la France » ou d’autres phrases de ce genre. Cela dit, la soirée ne perd pas en rythme puisque les tubes s’enchaînent comme "Supermassive Black Hole" et "Starlight" ou "Hysteria" (qui porte bien son nom en live), "Time Is Running Out" et les différentes jams et outros alternatives que nous proposent le groupe du Devon. 

La setlist tape dans l’efficace et le hit à souhait, une chose est sûre, on ne peut pas reprocher à Muse le choix des titres. Le public cependant lui assez décevant, on voit encore beaucoup de téléphones en l’air pendant l’intégralité du concert (même si c’est beaucoup moins que lors de concerts de Thirty Seconds To Mars par exemple) et seules quelques personnes chantent les paroles et les riffs (car oui, à un concert de Muse on chante les riffs, si ça c’est pas la classe !) ou font au moins semblant. Les pogos sont timides, les gens ne voulant pas perdre leur place. Il est vrai qu’on a déjà vu mieux niveau ambiance. Le rythme retombe un peu lorsque Muse entame "The Globalist", morceau qui dure 10 minutes, où l’on profite alors pleinement de l’aspect visuel via des graphismes et décors sur les écrans alors qu’il fait nuit sur Paris. D’ailleurs, sur la fin de ce morceau, la Tour Eiffel se met de nouveau à scintiller pour indiquer qu’il est 23h. Le groupe entame enfin un rappel un peu déguisé en attaquant "Mercy", morceau pendant lequel on pourra voir une étoile filante dans le ciel de la capitale ! "Uprising" s’ensuit alors et c’est sûrement le morceau que le public connait le mieux. Enfin, Muse joue "Knights of Cydonia" pour faire sauter, danser et chanter encore une fois son public. 

Les 3 Anglais saluent alors le public, lui témoigne tout leur amour et lui souhaite une bonne soirée. Tout le monde s’attend alors à un ultime morceau en guise de rappel mais il n’en sera rien car une annonce est faite dans les haut-parleurs de la fanzone annonçant que cette dernière va fermer. C’est donc un peu surpris et déçus que les fans quittent le Champ de Mars après un concert toutefois réussi au cours duquel le trio a encore une fois éclaboussé de son talent un public pas autant réactif qu’à l’ordinaire. La magie du cadre et de la météo a quand même opéré puisqu’on aura quand même passé une soirée, aux allures de festival, originale et très agréable. Muse est un groupe qui a indéniablement de la bouteille et qu’il faut voir au moins une fois sur scène dans sa vie. Les musiciens de X-Ambassadors ont quant à eux énormément d’avenir et il est certain que partager des affiches avec des artistes comme Muse ou Stevie Wonder vont les aider à s’améliorer et à en mettre encore plus plein aux yeux à ceux qui viennent les voir. 

Setlist : 1. Psycho 2. Plug In Baby (Extended outro) 3. Dead Inside 4. Map of the Problematique ('Who Knows Who' riff outro) 5. The 2nd Law: Isolated System (raccourcie) 6. The Handler 7. Supermassive Black Hole (The Jimi Hendrix Experience's 'Voodoo Child' intro) 8. Starlight 9. Munich Jam (fin accélérée) 10. Madness 11. Resistance 12. Interlude 13. Hysteria (AC/DC's 'Back In Black' riff outro) 14. Time Is Running Out (Jimmy Jam intro) 15. The Globalist 16. Mercy 17. Uprising (Extended outro) 18. Knights of Cydonia (Ennio Morricone's 'Man With a Harmonica' intro+ Hyper Chondriac Music Outro) 

Texte : Axel G.





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