mercredi 27 juillet 2016

Chronique : Thrice - To Be Everywhere Is To Be Nowhere

Thrice, ce groupe majeur de la scène punk/post-hardcore des années 2000 qui a emmené dans sa lignée et influencé toute une génération avec l'apothéose de The Artist In The Ambulance en 2003, est enfin de retour. Vheissu (en 2005), montrait le visage d'un combo sachant se renouveler à chaque album, en tentant à chaque fois de nouvelles choses tant au niveau de la composition, du style mais aussi du son. Certains fans hardcore sont restés sur les sons du début alors que beaucoup ont tout de même suivi et apprécié les expérimentations (notamment le concept
album The Alchemy Index basé sur les 4 éléments) et la sincérité des mecs d'Orange County, jusqu'à Major/Minor en 2011, un poil moins innovant mais toujours efficace. S'en suivra un hiatus à durée indéterminée accompagné d'une tournée d'au-revoir en 2012 (et une date mémorable au Groezrock). 

C'est fin 2015 que Dustin Kensrue et ses compères commencent à teaser l'Internet avec plusieurs images laissant place au questionnement. Retour sur scène ? Nouvel album ? Et bien les deux mon colonel ! C'est le 28 mai dernier qu'est sorti To Be Everywhere Is To Be Nowhere, après 5 ans d'attente donc, et on est ravis de les retrouver pour 11 titres sur lesquels on retrouve avec plaisir l'achimie indéniable propre au quatuor.

Après un premier single en forme de hit ("Blood On The Sand") qui nous rassure sur la capacité du groupe à aller à l'essentiel tout en titillant un côté rock et des suites d'accords encore inutilisés sous cette facette (que l'on retrouve aussi sur "Wake Up"), "Black Honey", deuxième morceau dévoilé, assène le côté puissant des Californiens en conservant leur style et leur élégance. La voix de Dustin nous apporte son lot d'émotions avec des paroles inspirées, remplies de métaphores classieuses et de sujets sensibles comme il en a le secret. On retrouve bon nombre de lignes mélodiques et poussées où l'on sent aussi l'influence de son expérience en solo, alors qu'il est accompagné ici de son guitariste Teppei Teranishi, pour un jeu de guitares fidèle, tout en allant chercher les subtilités çà et là, avec ou sans distorsion pour sublimer ces nouvelles compositions. 

La production, quant à elle, semble un peu moins léchée que sur leurs dernières sorties, peut-être pour conserver ce côté brut et rock. Avec To Be Everywhere Is To Be Nowhere, Thrice semble repartir de là où ils nous avaient laissés en 2011, le temps de reprendre un peu ses marques en ouvrant cet opus avec un "Hurricane" dans la foulée d'"Antolgy" pour nous amener vers de nouveaux sentiers dans lesquels on espère, et devine, qu'ils vont s'aventurer pour le successeur (on a déjà hâte !) de ce très beau disque très rock qui n'est certes, pas le meilleur de leur discographie mais qui fait beaucoup de bien aux oreilles et conforte leur statut de groupe incontournable de la scène.

4/5 

Antoine D.


1 Hurricane 4:45
2 Blood on the Sand 2:51
3 The Window 3:35
4 Wake Up 4:07
5 The Long Defeat 4:11
6 Seneca 1:00
7 Black Honey 3:59
8 Stay With Me 4:01
9 Death From Above 3:38
10 Whistleblower 3:26
11 Salt and Shadow 6:08

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1 commentaire :

ZER0 a dit…

J partage assez ton avis, néanmoins je les trouve meilleurs et plus sincères quand ils lâchent les chevaux (whistleblower death from above). Quand ca ralenti et tente la balade ca donne stay with me, peut être le pire morceau de leur carrière ! Jusqu'à maintenant j'avais toujours trouvé une finalité propre a chaque album. Beggars le plus sensible et profond, majorminor la conclusion (le 2 derniers titres sont chialant), l alchimie index le plus risqué etc. Ici j vois pas trop, j'ai un peu l'impression d un retour presque forcé, ou veulent ils aller ? Sil était sorti juste après alchemy et surtout vheissu je l'aurais vraiment pas apprécié en comparaison