vendredi 24 juin 2016

Live Report : Wolfmother + Electric Citizen @ Le Trianon, Paris - 25/04/16

Voilà 6 ans qu'on n'avait pas vu Wolfmother à Paris, c'était au Bataclan en 2010, puis plus grand-chose malgré depuis l'album New Crown en 2014 qui n'avait pas eu un franc succès à sa sortie, et c'est après plusieurs changements de line-up et l'arrivée d'un nouveau batteur, que le trio enfin stabilisé, emmené par son leader Andrew Stockdale, avait sans doute à cœur de remettre le pied à l'étrier et de travailler sur un nouveau disque au nom prémonitoire. Victorious, pour une arrivée dans les bacs en début d'année, soit 12 morceaux qui oscillent entre hymnes rock, riffs en forme de cavalcades endiablées et autres ballades qui renouent donc avec leur plus pur style pour signer un retour en grâce avec des titres que l'on a hâte d'entendre en live. Et ça tombe bien car la tournée mondiale des Australiens s'arrête à Paris et son Trianon qui sera sold-out ce lundi 25 avril, annoçant une ambiance des plus chaudes connaissant la réputation scénique des gars de Sydney.

Leur tour bus ou caravane gypsy (cf. chanson "Gypsy Caravan") est garée devant la salle alors que nous prenons place assez tôt pour assister à concert du groupe avec qui ils tournent en Europe, le duo féminin Deap Vally, présent sur le tour US, ne les a hélas pour nous pas suivi jusqu'ici. Ce sont quand même des Américains, Electric Citizen, qui ont été choisis pour ouvrir le bal sur le vieux continent, et qui vont devoir chauffer l'ambiance bien qu'ils soient peu connus ici. Le combo surf sur la vague rock 70's / heavy metal fortement influencés par Black Sabbath et certains titres filtrent même avec du Wolfmother, comme "Light Years Beyond", illustrant parfaitement leur style musical. Un groupe composé de musiciens barbus et aux cheveux lookés dans les style des 70's, pantalons "pates d'ef" et chaussures compensées en avant, mais proposant une touche féminine avec la claviériste ajoutée pour le live et la jolie chanteuse Laura Dolan. 



Leur set puissant et efficace, bien qu'un peu redondant en matière de compositions, plait à l'assemblée qui passe un bon moment et répond bien aux sollicitations de la frontwoman qui esquissent quelques pas de danse. La fosse bouge et saute, on se croirait 40 ans en arrière et on se rendra compte après le concert que les Electric Citizen auront glané des fans ce soir, tous disponibles pour signer des autographes et des disques au stand de merchandising.

Wolfmother est attendu pour 20h30 et c'est avec une bonne dizaine de minutes que "la Louve" débarque sur les planches du Trianon, chaque musicien se place devant son instrument pour un départ de set en trombe avec le hit éponyme "Victorious" et la culte "Woman" avant de nous saluer brièvement d'un "Hello Paris" énergique. "The Love That You Give" cède place à "White Unicorn" aux accents psychédéliques qui intègre un interlude de rigueur, "Riders On The Storm" des Doors sur laquelle Ian Peres au clavier / basse se lâche totalement. Andrew laisse sa guitare de côté pour laisser tourner ce riff mystique avant de nous glisser un petit mot sur son ressenti des attentats du 13 novembre (comme chacun des groupes étrangers que j'ai pu voir depuis) en nous disant qu'il étant très touché et qu'il n'y avait aucun moyen pour eux d'annuler cette date ni aucun autre, qu'il fallait "Rocker". "Let's do this !".

Solo de piano frénétique en agitant sa touffe de cheveux, santiags dehors, basse aux genoux, nonchalance hippie, lié à un batteur qui ne fait pas semblant de taper sur ses fûts, cet interlude aura enflammé la scène avant de reprendre sur les plus classiques "California Queen", "How Many Times" et "Gypsy Caravan" avant laquelle Adrew fait son éloge de Paris, ville dans laquelle il se verrait bien vivre en allant acheter sa "baguette" le matin (en français dans le texte). C'est ensuite sur "Dimension", titre aux riffs oldschool qui ouvre leur premier album, que la foule entière repend le refrain "Into another Dimension" à l'unisson et nous fait frissonner !


Le trio donne du plaisir et se fait plaisir au cours d'une prestation de haut vol, Andrew change de nombreuses fois de guitare entre les différents morceaux qui nécessitent un grain et un son particulier tout en nous assénant sa maîtrise totale et sobre de ses six-cordes avec des riffs envoyés comme il le faut et des solos pratiqués avec finesse. Il communique beaucoup, nous avoue que son surnom au collège était "Frenchy" et se fera donc chambrer par la foule qui scandera plusieurs fois ce nouveau blaze entre des "City Lights" ou autres "Pyramid" interprétés avec un talent certain, puis nous fait part de sa déception d'avoir en loge du vin australien et non français (NDLR : le groupe vient de Sydney) ! Wolfmother calme un peu le jeu avec la balade "Pretty Peggy" très bien placée en cette fin de concert, et envoi des baisers virtuels au public parisien avant de nous laisser sur une longue version de "Colossal" et son final rapide à la punk en laissant l'ampli siffler, avant de quitter la scène... 

Les Parisiens ne l'entendent pas de cette oreille et commencent à crier le nom de "Frenchy ! Frenchy !" pour demander le rappel qui va mettre quelques minutes à intervenir, chacun reprend sa place et nous avons droit à une version inédite de "Best Of A Bad Situation" avec Laura d'Electric Citizen au chant en guise d'invitée qui se balade sur scène avec son tambourin puis le groupe reste sur un titre mid-tempo avec "Vagabon" avant d'en finir avec le bouquet final de "Joker & The Thief" et ce gimmick à la AC/DC.



Pris dans la folie de l'ambiance Andrew en oubli sa guitare désaccordée qui rend le riff dissonant mais ne retire rien à la fougue de ce moment de pur rock'n'roll, les musiciens sont sur piles électriques, le solo prend encore plus d'ampleur, Andrew se met torse-nu et saute dans la fosse pour avoir son bain de foule alors que Ian est debout sur son clavier. Wolfmother aura tout donné, et beaucoup reçu pour l'un des meilleurs concerts dans le style cette année c'est certain : ils ne s'y trompent pas et rendent la pareil en remerciant en se mettant presque à genoux devant leurs fans. Une vraie soirée de rock à l'Australienne ! Un conseil : foncez les voir en festival cet été !

Texte et photos : Antoine D.

Setlist Wolfmother :

Victorious
New Moon Rising
Woman
Apple Tree
The Love That You Give
White Unicorn (+ "Riders on the Storm" the Doors)
White Feather
California Queen
How Many Times
Gypsy Caravan
Dimension
The Simple Life
City Lights
Pretty Peggy
Pyramid
Colossal
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Best of a Bad Situation (avec Laura Dolan de Electric Citizen)
Vagabond
Joker & the Thief



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